Eco-hameau dans les Landes de Gascogne

Sud-Ouest,  Jean-François Renault, le 16 Octobre 2008

LANDES DE GASCOGNE. Garein, petit village landais de 422 âmes, fait bâtir un écohameau, enfant du développement durable et du pin maritime. C’est une première. Chronique d’un succès annoncé ?

Le pin, le maire et le hameau

Modèles. Il existe trois types de maison différents, entre 100 et 120 m2 de surface, avec ou sans étage image dr

Garein, 422 habitants, à 20 kilomètres au nord de Mont-de-Marsan, au coeur du Parc naturel régional des Landes de Gascogne et du pays du même nom. Pas besoin d’un dessin, on est là dans le plus grand massif forestier d’Europe. À Garein, comme dans toutes les communes voisines, les pins sont nettement plus nombreux que les habitants, chevreuils et sangliers compris. Pourtant, après trois décennies d’exode rural, la population augmente. C’est récent, quelques années tout au plus, et presque infime, 1 % de population supplémentaire par an.

Parallèlement, l’industrie forestière, longtemps en perte de vitesse, a enfin ressenti la nécessité d’innover. Philippe Sartre, premier magistrat de Garein, encouragé par le Parc comme par le Pays, a souhaité utiliser l’une, la diversification et les progrès de la filière bois, pour amplifier l’autre, l’arrivée de nouveaux habitants.

75 % en pin des Landes.

L’homme n’en est pas à son coup d’essai en matière d’innovation. à Garein, l’assainissement collectif se fait par phytoépuration. Le bourg, coupé en deux par la nationale, était, selon ses termes, « minéralisé et en déshérence ». Il a peu à peu retrouvé vie. Philippe Sartre estime à juste titre que les lotissements stéréotypés, avec le même modèle de maison posé sur un mouchoir de poche et dupliqué à l’envi par les promoteurs, ont fait leur temps.

« Notre souhait, sans vision passéiste, est de créer un quartier d’ici comme peut l’être un airial. » La ressemblance avec Marquèze n’est absolument pas fortuite. « Nous voulons un hameau qui soit en phase avec son environnement et son temps. » L’idée d’écohameau est née.

Un architecte bordelais, Stéphane Giet, a été choisi pour matérialiser cette vue de l’esprit. Le cahier des charges est à la fois ambitieux et contraignant. Le pin des Landes doit représenter 75 % des matériaux de fabrication. Il est partout, en fait : structure des façades, bardage extérieur, parquet, terrasse, menuiseries, volets, escalier…

Cahier exigeant.

Nouveauté, le pin constitue aussi la charpente. En la matière, il a pâti de longueurs de sciage historiquement trop courtes. Ce n’est plus un obstacle. On colle, on aboute et le tour est joué. Autres exigences du maître d’ouvrage qu’est la mairie de Garein : chauffage aux granulés de bois et à l’aide de panneaux solaires, intégration paysagère, haute qualité environnementale à tous les étages, pas de fibres minérales pour l’isolation, récupération des eaux pluviales, ventilation, pas de solvant organique dans les peintures, les lasures et les colles, pas de produits chimiques pour le traitement des bois…

200 000 euros, clés en main. Le hameau Graine de forêt s’étendra sur 1,5 ha de clairière, proche du centre-bourg, et se divisera en huit lots de 1 100 mètres carrés chacun. Trois modèles différents de maison seront proposés, avec ou sans étage, de 100 à 120 mètres carrés, toutes orientées nord-sud et pourvues d’une terrasse. Évolution prévue et personnalisation possible dans une certaine mesure. Les habitations seront disposées autour d’une coulée verte qui constituera l’axe et le coeur du hameau. Murs de séparation interdits, clôtures minimalistes encouragées ou pas de clôtures du tout, « pour conserver les perspectives ».

200 000 euros clés en main.

Elles seront vendues clés en main selon un contrat de vente en état futur d’achèvement (1). Les apports financiers se feront par fraction (2 % à la réservation, 18 % au début du chantier, puis étapes successives jusqu’au solde). Leur prix moyen oscillera autour de 200 000 euros. Philippe Sartre aurait préféré moins. Les ventes se feront sur plan, voire au besoin avec une maison témoin. Les travaux sont censés débuter au plus tard au deuxième trimestre 2009.

Si le succès est au rendez-vous, d’autres réalisations de ce type suivront. Jean-Luc Gleyze, vice-président du Parc, du Pays et du Conseil général de Gironde, l’atteste. « Il y a déjà quatre ans qu’un groupe de réflexion a été mis en place autour des constructions en pin maritime. Au départ, on a adapté les commandes à la capacité de la filière, bientôt la filière s’adaptera aux commandes. »

Déjà, à Captieux (Gironde), il existe un projet d’habitat social en pin maritime. Au même endroit, on réfléchit à la conception d’un airial économique. D’autres conceptions d’habitat sont à l’étude en Pays de Born, dans le nord des Landes. Le pin, longtemps utilisé pour la fabrication de palettes, traverses de chemin de fer et pâte à papier, est en train de trouver de plus nobles débouchés.

(1) Renseignements au 06 88 81 30 08 ou sur grainedeforetlandes@yahoo.fr.

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