Pour une écologie anticapitaliste

Site NPA, octobre 2008

Pour une écologie anticapitaliste.

Écologie et anticapitalisme, intrinsèquement liés, doivent être au centre du projet politique du NPA, tant théoriquement que pratiquement.

Après avoir détruit une partie de notre environnement, la folle course au profit menace désormais les équilibres de la planète. Cette dernière traverse une crise écologique sans précèdent due aux conséquences désastreuses d’un système économique et énergétique fondé sur les énergies fossiles, le gaspillage, l’utilisation de technologies dangereuses et l’absence de principe de précaution. La pollution et la destruction engendrées par les activités humaines croissent et s’étendent au même rythme que le capitalisme.

Ces crises inédites ne peuvent aller qu’en s’amplifiant : les combattre, c’est remettre en cause le capitalisme. La période tourmentée, et durable, que traverse le cours du pétrole n’est qu’un nouvel exemple d’un système incapable de résoudre ses contradictions. Cette crise pétrolière a des conséquences sur le quotidien de chacun. On ne la résoudra pas par des demi-mesures, qui ne pourront qu’atténuer ces conséquences et ne feront que reculer de quelques années l’échéance d’une catastrophe d’ampleur. C’est dès maintenant qu’une alternative à la société pétrolière est indispensable.

Les partis politiques qui défendent ce système et qui, en même temps, prétendent protéger l’environnement sont au mieux inconséquents, au pire hypocrites. L’exercice de tartufferie, auquel s’est livré Nicolas Sarkozy lors du Grenelle de l’environnement, ne doit pas créer d’illusions quant au vernis vert de ce gouvernement : sitôt les micros des journalistes éteints, ce sont les industriels du pétrole, du nucléaire, de l’agrobusiness, les défenseurs du transport routier et des OGM qui ont repris le pouvoir pour qu’au final, tout continue comme avant. On ne peut pourtant pas lutter contre la prédation des sociétés humaines sur l’environnement si on ne se bat pas contre la prédation de quelques-uns sur tous les autres.

De son côté, la gauche traditionnelle, qui refuse de s’en prendre aux causes profondes des pollutions, n’est pas en capacité de mettre en œuvre un programme réellement écologiste. Quant à la direction des Verts, sa participation croissante aux rouages de la cogestion sociale-libérale lui fait accepter nombre de compromis, y compris en matière environnementale, l’empêchant d’être porteuse d’une écologie radicale.

Il y a pourtant urgence, comme le montrent les nombreuses luttes écologistes qui se mènent sur des terrains aussi variés que le nucléaire, les OGM en plein champ, la poursuite des projets autoroutiers, la défense du transport ferré, le maintien d’une agriculture paysanne, le droit à la santé en particulier pour les salariés des industries polluantes, la défense du climat, la préservation de la biodiversité, la défense de services publics respectueux de l’environnement… Mais celles-ci restent souvent locales et isolées. Lire la suite

ONG-entreprises : des relations constructives ?

Novethic, Rouba Naaman, le 9 octobre 2008

ONG-entreprises : des relations constructives ?

De plus en plus d’entreprises développent des partenariats stratégiques avec des ONG. Au-delà de la visibilité, quel est l’intérêt d’une telle démarche, pour le groupe comme pour l’association ?

Unilever et Rainforest Alliance, Carrefour et le FIDH, Lafarge et le WWF, Leclerc et la Fondation Nicolas Hulot… Certains partenariats stratégiques durent, d’autres moins ; certains sont discrets, d’autres donnent lieu à une campagne de communication massive. Les raisons qui motivent les entreprises sont diverses. Souvent, l’ONG apporte son savoir pour la mise en place d’une politique de développement durable. Parfois, c’est un réel échange de bons procédés qui s’instaure.

Le WWF France remporte, de loin, la palme des partenariats stratégiques. En plus des “produits partages” (des produits sur lesquels est apposé le logo “Panda”), l’ONG s’est associée avec Lafarge, La Poste, Rip Curl, Lafuma, Rainett, Carrefour, Castorama, la Caisse d’Epargne, et dernièrement Orange. « Les entreprises nous sollicitent beaucoup, mais il y a de tout dans leurs demandes » avoue Julia Haake, directrice des partenariats entreprises du WWF France. Pour faire le tri entre les prétendants, l’ONG a dressé une liste noire des secteurs qu’elle évite, et étudie en amont chaque proposition. L’association aide ses partenaires à mettre en place une politique environnementale, tout en les faisant profiter de son image verte et populaire. « Nous ne sommes pas des consultants, mais sur le marché une telle expertise coûterait cher » affirme Julia Haake.

Expertise, sensibilisation, mais surtout visibilité

Marie Balmain, responsable du développement durable chez Pierre & Vacances, explique que le groupe s’est tourné vers le WWF pour des conseils dans l’élaboration de son plan d’action développement durable. « A l’époque, peu d’ONG acceptaient des partenariats, et le WWF avait la meilleure visibilité auprès du grand public ». Aucun intérêt économique dans cette alliance ? « Non, ça n’encourage pas les clients à venir chez nous plutôt que chez le concurrent » soutient Marie Balmain. De même, l’enseigne Carrefour « souhaitait bénéficier de l’expertise, de la caution, de la reconnaissance internationale et du réseau de bénévoles du WWF ». Sur ce point, les ONG jouent donc le rôle de conseillers techniques. Lire la suite

Eco-hameau dans les Landes de Gascogne

Sud-Ouest,  Jean-François Renault, le 16 Octobre 2008

LANDES DE GASCOGNE. Garein, petit village landais de 422 âmes, fait bâtir un écohameau, enfant du développement durable et du pin maritime. C’est une première. Chronique d’un succès annoncé ?

Le pin, le maire et le hameau

Modèles. Il existe trois types de maison différents, entre 100 et 120 m2 de surface, avec ou sans étage image dr

Garein, 422 habitants, à 20 kilomètres au nord de Mont-de-Marsan, au coeur du Parc naturel régional des Landes de Gascogne et du pays du même nom. Pas besoin d’un dessin, on est là dans le plus grand massif forestier d’Europe. À Garein, comme dans toutes les communes voisines, les pins sont nettement plus nombreux que les habitants, chevreuils et sangliers compris. Pourtant, après trois décennies d’exode rural, la population augmente. C’est récent, quelques années tout au plus, et presque infime, 1 % de population supplémentaire par an.

Parallèlement, l’industrie forestière, longtemps en perte de vitesse, a enfin ressenti la nécessité d’innover. Philippe Sartre, premier magistrat de Garein, encouragé par le Parc comme par le Pays, a souhaité utiliser l’une, la diversification et les progrès de la filière bois, pour amplifier l’autre, l’arrivée de nouveaux habitants.

75 % en pin des Landes.

L’homme n’en est pas à son coup d’essai en matière d’innovation. à Garein, l’assainissement collectif se fait par phytoépuration. Le bourg, coupé en deux par la nationale, était, selon ses termes, « minéralisé et en déshérence ». Il a peu à peu retrouvé vie. Philippe Sartre estime à juste titre que les lotissements stéréotypés, avec le même modèle de maison posé sur un mouchoir de poche et dupliqué à l’envi par les promoteurs, ont fait leur temps.

« Notre souhait, sans vision passéiste, est de créer un quartier d’ici comme peut l’être un airial. » La ressemblance avec Marquèze n’est absolument pas fortuite. « Nous voulons un hameau qui soit en phase avec son environnement et son temps. » L’idée d’écohameau est née.

Un architecte bordelais, Stéphane Giet, a été choisi pour matérialiser cette vue de l’esprit. Le cahier des charges est à la fois ambitieux et contraignant. Le pin des Landes doit représenter 75 % des matériaux de fabrication. Il est partout, en fait : structure des façades, bardage extérieur, parquet, terrasse, menuiseries, volets, escalier…

Cahier exigeant.

Nouveauté, le pin constitue aussi la charpente. En la matière, il a pâti de longueurs de sciage historiquement trop courtes. Ce n’est plus un obstacle. On colle, on aboute et le tour est joué. Autres exigences du maître d’ouvrage qu’est la mairie de Garein : chauffage aux granulés de bois et à l’aide de panneaux solaires, intégration paysagère, haute qualité environnementale à tous les étages, pas de fibres minérales pour l’isolation, récupération des eaux pluviales, ventilation, pas de solvant organique dans les peintures, les lasures et les colles, pas de produits chimiques pour le traitement des bois… Lire la suite

Eoliennes : Valorem a ciblé le Médoc

Sud-Ouest, Julien Lestage, le 16 Octobre 2008

ÉOLIENNES. Pour Valorem, société spécialisée dans le développement de parcs éoliens, le Médoc est un site d’implantation idéal. Reste à convaincre les autochtones

Valorem a ciblé le Médoc

Valorem, bureau d’études spécialisé dans le développement de parcs éoliens, a jeté son dévolu sur le Médoc. Même s’il n’emploie pas le terme, la presqu’île est bien une terre promise pour Vincent Vignon. Le chef de projet de cette société, dont le siège est implanté à Bègles, est clair. « En Gironde, on trouve du vent au nord, et à proximité du littoral. Inutile de penser au Bassin d’Arcachon, nous sommes donc remontés vers le Médoc, en évitant la zone des lacs sur laquelle on ne peut pas se développer ». Un simple coup d’œil sur une carte permet de comprendre la stratégie. Les communes du Porge, Hourtin, Vendays-Montalivet, Le Verdon si le projet du Méthanier échoue, et Naujac-sur-Mer au dossier déjà bien avancé, sont ciblées.

Le projet de Naujac.

« Alors que de nombreuses régions ont leurs éoliennes, la région Aquitaine ne compte aucun parc à ce jour » rappelle Vincent Vigon. Et c’est en Gironde, à Naujac-sur-mer, à moins de 4 km de l’océan, que les premières machines, entre 5 et 10 au total, pourraient voir le jour. « L’étude de faisabilité touche à son terme. L’enquête publique sera déterminante. Si tout se passe bien, il y aura un parc en 2011-2012 » confie le chef de projet. Dans ce village du nord Médoc, Jean-Bernard Dufourd, le maire, défend bec et ongles le dossier. « Notre commune est inconnue. Elle dort depuis des années. Nous allons pouvoir développer le tourisme industriel à travers une énergie propre. Ici, la plupart des habitants sont favorables. C’est une chance pour nous« . Frédéric Dubosc, gérant du groupement forestier de la Côte d’Argent, sur lequel le parc éolien doit être implanté, relève aussi l’intérêt économique d’un tel projet, mais sous un autre angle. « Depuis 1999, nous vivons dans la crainte d’une deuxième tempête. Sans les aides de l’État, nous n’aurions pas pu relever la tête. Dans la perspective d’un scénario catastrophe, l’éolien représente un revenu complémentaire très intéressant. En louant quelques parcelles, nous ne prenons aucun risque à tenter le projet ».

La parole des opposants.

Dans le Médoc, Vive la Forêt, association de défense du massif forestier, s’inquiète de la multiplication des projets « qui risquent de dénaturer les paysages du littoral« . Sans être opposée par principe à l’énergie éolienne, elle craint « le massacre des plus beaux sites si des règles strictes ne sont pas fixées par l’État« . Francis Magenties, Conseiller général CPNT du canton de Lesparre, défend l’éolien offshore (installé en mer). Dans le Médoc, pour lui, « ce n’est pas possible ». Il développe. « C’est un hachoir à oiseaux. Les migrateurs vont se mettre dedans. Lire la suite

Le BTP dans le train de la construction économe en énergie

Sud-ouest, le 16 Octobre 2008, Jean-Bernard Gilles

ÉCONOMIE. Une centaine d’entrepreneurs ont participé, hier, au colloque Bâtiment et Energie à la maison du BTP de Bruges.

Le BTP dans le train de la construction économe en énergie

Les entrepreneurs du Bâtiment ne sont pas du genre à jouer des rôles qui ne sont pas les leurs. Ils savent qu’ils ont un gros effort à accomplir avant de prétendre tous assumer l’ensemble des futures normes thermiques et exigences de performances énergétiques qui se profilent.

Mais ils ont participé à l’élaboration, au niveau national, du Grenelle de l’environnement. Et veulent être dans la course lorsque les premiers textes de loi s’imposeront, vraisemblablement début 2009, à toute la filière de l’acte de construire. » Nous avons pleinement conscience que nous sommes à la croisée des chemins mais nous voulons aujourd’hui anticiper nos besoins de formation pour être prêt quand le train accélèrera « explique Bruno Louges. Il préside la commission environnement de la Fédération.

Formation.

Une soixantaine de formations aux économies d’énergie des entreprises et artisans du bâtiment, des modules de deux jours- ont été dispensés dans toute la région dont une trentaine en Gironde. La fédération fait un incontestable effort de communication et de formation à l’adresse de ses ouailles.

La partie n’est pas commode car il ne s’agit pas seulement de sensibiliser, ou de transférer quelques savoirs faire techniques « mais bel et bien d’imaginer de nouvelles façon de construire » comme le note Eric Auffaure, chargé de mission à l’Ademe.

Prêts bonifies.

Les objectifs de construction de logements en basse consommation d’énergie, d’ici à 2012, voire de bâtiments à énergie positive, d’ici à 2020, impose des pratiques de chantiers plus transversales. Le peintre, le plâtrier, l’électricien et le chauffagiste vont devoir apprendre à parler ensemble régulation thermique avant d’intervenir. Les clients du bâtiment savent que cette coordination ne va pas toujours de soi.

Mais l’autre souci pointé hier à Bruges est celui du financement. Lire la suite

Périgord : 3ème fête des cueilleurs volontaires de biodiversité

Devenez cueilleurs volontaires et fêtez la biodiversité

Le 25 octobre à St Martial d’Artenset

La 3ème Fête des Cueilleurs Volontaires de Biodiversité aura lieu pour la 1ère fois en Périgord le samedi 25 octobre 2008 à St Martial d’Artenset.

Cet évènement est le moment phare du programme « l’Aquitaine cultive la biodiversité » piloté par Bio d’Aquitaine, fédération régionale des agriculteurs bio.

AU PROGRAMME :

09h00 Initiation aux techniques de sélection de semences paysannes   Application pratique dans un champ de maïs de pays

10h30 Cueillette de maïs de pays en musique avec Samba Garage

13h00 Apéro & Repas bio Produits bio du Périgord et polenta de maïs de pays seront au menu

14h00 Après-midi festive à la découverte de la biodiversité Animations, forums, expos, démonstrations de matériels agricoles, stand jardinage, ateliers enfants…

19h00 Grand Concert (avec Wombolombakéhé Orchestra, Ska Pute Orchestra, Soupe aux Trolls et Mama Soda)

Opération « les viticulteurs bio de Bergerac soutiennent la biodiversité » :

Pour patienter jusqu’au 25 octobre, vous pouvez dès à présent découvrir les coffrets de vins bio disponibles dans tous les magasins Biocoop d’Aquitaine. Cette opération est l’occasion pour Biocoop Bio d’Aquitaine et vous, consommateurs, d’affirmer ensemble que la biodiversité est, aujourd’hui et plus que jamais, le patrimoine de notre futur.

A la saison de récolte, agriculteurs et citoyens sont invités à une cueillette musicale de maïs de pays. Cette journée conviviale mais aussi éducative et pédagogique est l’occasion pour tout un chacun de découvrir les intérêts et enjeux de la biodiversité cultivée et des semences paysannes.

Contacts : Lire la suite

Agen : le SIFEL se met au bio

Sud-Ouest, JR, le 16 Octobre 2008

SIFEL 2009. Le comité d’organisation annonce une place importante accordée au bio pour cette trentième édition. Une première

Sur le chemin de l’ « écocompétitivité »

L’édition 2009 du Salon international des fruits et légumes (Sifel) aura lieu du 10 au 12 février prochain à Agen. Ce sera la trentième. L’anniversaire fera date puisque, pour la première fois, une place importante sera accordée à l’agriculture biologique. Les objectifs du Grenelle ne sont pas étrangers à cet intérêt nouveau. Il s’agit, rappelons-le, de porter le bio à 6 % de la surface agricole utile (SAU) d’ici à 2012. Il s’agit par ailleurs de réduire de moitié l’emploi des produits phytopharmaceutiques dans l’agriculture dite conventionnelle. S’ajoute une particularité locale : le département du Lot-et-Garonne représente le tiers (600 hectares) des surfaces bio cultivées actuellement en Aquitaine.

 « Notre ambition est de faire du Sifel le premier salon bio de France », affirme Yves Bertand, l’un des deux coprésidents. Pour autant, l’intégration du bio ne signifie pas une adhésion pleine ni un revirement à 180 degrés. « On se dit simplement qu’entre le tout bio et le tout productiviste, il y a une troisième voie à explorer », explique-t-il.

Durable et compétitif.

L’autre coprésident, François Lafitte, confirme : « L’idée, c’est de sortir de l’affrontement souvent très caricatural entre le bio et le conventionnel. Nous voulons mettre en avant le fait que se dessine devant nous une voie de synthèse entre des approches a priori antagonistes. »

Cette « voie de synthèse » ou « troisième voie » est, selon les coprésidents, celle de « l’écocompétitivité ». Concrètement, cela signifie « comment continuer à produire, tout en le faisant de manière propre, écologique, durable, compétitive, avec des méthodes naturelles. Préservation de l’humus pour la fertilisation des sols, valorisation des déchets, protection raisonnée, tout ça est en marche ! » À cet égard, l’ingénieur agronome Claude Bourguignon, le « pape » de la microbiologie des sols, tiendra dans le cadre du Sifel une conférence très attendue.

Recherche.

Mais il ne s’agit pas non plus à ce stade de manifester un enthousiasme trop excessif. « Quand on prend l’exemple du verger témoin du Temple-sur-Lot (1), on mesure bien le chemin qu’il reste à parcourir » souligne François Lafitte : « Nous disons aux pouvoirs publics que nous savons que nous devons changer nos méthodes de travail et que nous sommes prêts à le faire. Mais pas pour tomber dans des impasses ! Or en fruits et légumes nous accusons un retard important en termes de recherche et d’expérimentation. Depuis vingt ans, il n’y a pas eu d’investissements significatifs. Nous disons donc aux pouvoirs publics : si la société veut qu’on évite le recours aux pesticides, nous sommes d’accord, mais donnez-nous des alternatives ! » Lire la suite