Grand parc à Bordeaux : conseils de jardinage bio gratuit

Sud-Ouest, Isabelle Camus, la 7 octobre 2008

GRAND PARC. Le parc Rivière est aux soins de Bernard le jardinier, fervent défenseur du zéro phyto

Les conseils du jardinier

Aménagé par le Baron Alfred de Luze qui y fit construire, à la fin du XIXe siècle, un château aujourd’hui en ruines, le parc Rivière fut racheté par la ville en 1977 pour être ouvert au public en 1982. Depuis 2004, la rénovation des écuries de l’ancienne demeure a donné naissance à une Maison du jardinier, qui abrite un atelier de jardinage, un espace de documentation ainsi qu’une tisanerie. Une serre à l’ancienne, longue de 25 mètres, est adossée contre la façade.

Bernard Roussel, en est le grand coordinateur. Apprenti jardinier dès l’âge de 14 ans, celui que l’on nomme Bernard le jardinier a derrière lui plus de 45 ans de métier. Bernard le jardinier travaille à l’ancienne et pratique depuis plusieurs années le zéro phyto, autrement dit l’arrêt total des pesticides et des insecticides. Pratique qu’il s’efforce de développer auprès du grand public.

Charte d’écologie.

L’usage des produits phytosanitaires a encore la vie dure auprès de nombreux jardiniers. C’est ainsi que, depuis environ 6 mois, une formation est dispensée auprès de tous les jardiniers de la ville, afin de se conformer aux exigences de la charte d’écologie urbaine.

Et si Bernard Roussel s’autorise un peu de bouillie bordelaise, il préfère presque que la plante soit malade tant qu’elle n’est pas en danger de mort. Car ce lieu de rencontres et de conseils pour les amateurs de plantes expérimente volontairement tout ce qui peut arriver dans un jardin ou un potager afin de prodiguer les méthodes de lutte les plus naturelles. Pieds d’herbes, pucerons, maladies cryptogamiques ont un rôle pédagogique, et Bernard le jardinier d’expliquer que c’est avant tout une question d’équilibre, un savant dosage entre ravageurs et auxiliaires (coccinelles…).

Stages.

Une maison à insectes vient tout récemment d’être construite pour permettre à tout ce petit monde d’hiverner jusqu’aux beaux jours. Un atelier PBI (spécial protection biologique intégrée), ou utilisation des insectes et des bactéries pour lutter contre les ravageurs, est dispensé parmi d’autres stages (compostage, circuit de découverte des arbres du parc).

Chaque mois, répartis entre les écoles, les centres d’animation, les maisons de quartier ou les associations, 400 enfants fréquentent le parc Rivière. Et depuis quatre ans, les non-voyants de l’Unadev (Union nationale des aveugles et déficients visuels) s’y rendent tous les jeudis.

3 Les mercredis après-midi de 14 h à 16 h, il répond à toutes les questions sur le jardinage. Lire la suite

Bruges : après les AMAP le MIAM !

Sud-Ouest,  Guy Faydi, le 7 Octobre 2008

ALIMENTATION. Un groupe de consommateurs s’est lié à un maraîcher pour un an renouvelable dans la vallée du parc des Jalles. C’est le Miam. Explications

Un panier hebdomadaire garanti

On connaissait l’Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), un partenariat entre un groupe de consommateurs et une ferme. On découvre à Bruges son cousin le Miam (Mouvement informel d’aide aux maraîchers). Le Miam est né d’une rencontre entre un producteur et une consommatrice, en l’occurrence Philippe Laville, maraîcher à Bruges (dans la vallée du parc des Jalles) qui présentait des produits lors d’une réunion, et Catherine Cestari séduite par la qualité de l’offre et de la culture raisonnée.

D’autres objectifs ont contribué à l’éclosion d’un partenariat qui regroupe aujourd’hui une trentaine de consommateurs : « La pérennisation de la longue histoire des maraîchers par le fait que le producteur soit Brugeais, raconte Catherine Cestari. La disparition progressive de la profession nous affecte. L’ambiance que crée ce système de commerce en favorisant les contacts croisés, la convivialité, le covoiturage pour récupérer les paniers chaque vendredi ont stimulé cette démarche jusqu’à son aboutissement. »

Travail planifié.

Le principe est le suivant : le consommateur s’engage pour un an à acheter un panier à 12 euros par semaine (possibilité de demi-panier à 6 euros). À la charge de chacun en cas d’absence de trouver un autre preneur, puisque la vente est garantie au producteur et payée d’avance mensuellement. Le producteur, connaissant ainsi à l’avance le volume de ses ventes, peut planifier son travail.

Philippe Laville espère parvenir à 100 paniers par semaine : « Si les estimations se confirment, je prévois l’embauche d’un salarié dès le début de l’année prochaine, ce qui est déjà une performance dans une activité en crise, affirme-t-il. D’autre part, je travaille depuis une quinzaine d’années à la mise au point de la production de kiwis bio dont la production s’élève maintenant à 25-30 tonnes. » Le reste de l’exploitation fonctionne avec appui technique, selon la méthode de la culture raisonnée, afin de limiter les apports et les traitements au niveau minimum indispensable.

L’autre aspect du panier hebdomadaire est, selon les consommateurs, Lire la suite

Nouvelle AMAP en projet à La Brède

Sud-Ouest, Suzy Vierge, le 7 Octobre 2008

L’Amap sur les rails

LA BRÈDE. Une vingtaine de familles saisissent l’occasion de consommer autrement en s’associant avec des producteurs

L’Amap est une association pour le maintien d’une agriculture de proximité. Régie par une charte, elle met les consommateurs en relation avec des producteurs locaux chacun trouvant un avantage dans ce partenariat. La formule a du succès puisque la Gironde, qui comptait 11 Amap en 2007, en dénombre 23 aujourd’hui.

Une première réunion avait eu lieu à La Brède en juillet dernier. La réunion de rentrée, animée par Gaëlle Bertonèche, a permis d’avancer un peu plus sur la route de la création d’une Amap sur la commune, la troisième du secteur, après Léognan et Cadaujac.

Liens de convivialité.

Outre l’assurance de bénéficier de produits frais, à des prix abordables, l’animatrice insiste sur les liens très forts qui se tissent avec les producteurs et sur les liens de convivialité qui se créent entre « Amapiens » sur les lieux de distribution. La mise en place avance puisqu’un participant s’est porté volontaire pour rencontrer le maraîcher avec lequel les contrats pourraient être signés.

Gaëlle Bertonèche annonce une troisième réunion (la date n’est pas encore fixée) au cours de laquelle les adhérents potentiels de l’Amap pourront rencontrer les producteurs et, lors d’une quatrième réunion, on pourrait passer à la signature des contrats. Reste un problème à régler, et non le moindre, Lire la suite

ASSOCIATION : Oh! La Belle verte, de l’utopie à la réalité

Sud-Ouest, Christian Poyti, le 7 Octobre 2008

PRÉCHAC. Une association au service de l’environnement

Oh! La Belle verte, de l’utopie à la réalité

Pollution, stress, bruits, maladies nerveuses, agressivité doivent-ils rester le lot incontournables de ce qui est appelé la vie dite moderne? Faut-il revenir à l’âge de pierre pour retrouver paix et sérénité ? « Non ! », disent d’une même voix Pierre et Isabelle. Un non retentissant d’ailleurs relayés par une quarantaine d’adhérents qui se sont retrouvés pour l’assemblée générale de leur association : la Belle verte, ainsi nommée en référence au film du même nom de Colline Serreau.

Cette association a son siége chez Pierre et Isabelle Laborde à Préchac. Là, sur un arpent d’à peine un hectare, Pierre et Isabelle démontrent comment il est possible de vivre sainement dans tous les sens du terme, sans pour autant se considérer comme privilégié au niveau finance, ni vivre en marginaux.

Choix des matériaux.

Pour cela, ils ne laissent rien au hasard. Aménagements intérieurs et extérieurs de l’habitation avec choix judicieux des matériaux solide, d’origine naturelle, biodégradable, panneaux solaires, chauffage adapté, respect de la consommation d’eau (toilettes sèches), recyclage systématique et compostage éliminent au maximum ce que l’on appelle communément ordures ménagères, jardin en biodynamie.

Les deux charmants jumeaux se passionnent aussi pour leur environnement en s’occupant activement de la population animal (chèvres, ânes moutons etc.) mais aussi en jouant les maraîchers sur un jardin d’enfant tracé à leur taille. En parallèle, Pierre et Isabelle restent à l’affût de toute information allant dans le sens de leur démarche. C’est ainsi qu’ils peuvent mettre à la disposition des personnes intéressées plus de 150 livres ou documents réunis par ces adeptes de Pierre Rabhi. Lire la suite

Jardins de poche à Ste Foy la Grande (33) du 10 au 19 oct.

Sud-Ouest, Jean-Claude Faure, le 7 octobre 2008

SAINTE-FOY-LA-GRANDE. SaluTerre propose son lasagnabed, une technique écologique qui permet de jardiner sur du béton

Jardins de poche

A l’occasion de Lire en fête, du 10 au 12 octobre et de La Semaine du goût, du 13 au 19 octobre, la ville de Sainte-Foy-la-Grande a décidé d’associer les deux manifestations et de proposer des animations qui lient la lecture et le goût.

Il a été fait appel à la coopérative SaluTerre et à Enrgethic pour participer à cette opération. Eric Prédine, animateur de cette coopérative, propose une rencontre jeudi, à 19 heures, terrasse François-Mitterrand, intitulée Semons un jardin, récoltons du plaisir.

« Puisque le plaisir tient la première place dans le jardinage, on fera du jardin ce que l’on désire, qui est de le rendre plaisant », disait déjà Olivier de Serres, ce partisan d’Henri de Navarre, au XVIe siècle.

Dans cette veine, Éric Prédine fera partager les astuces et les pratiques des jardiniers pragmatiques qui s’associent à la nature plutôt que de lutter contre elle. Dans son programme, il propose, jeudi, à partir de 19 heures une conférence, des échanges et une performance jardinière : la création en direct d’un « lasagnabed ».

Drôle de compost.

Le lasagnabed est une technique de jardinier impécunieux, écologique et sans terre pour créer un jardin. Un néologisme composé à base des vocables lasagne, ces pâtes servies en couches, et de « bed », le lit en anglais. Cette action permet de jardiner sur du béton, du gravier, sans bêche ou pioche. La volonté est d’imiter la nature en accélérant le processus du recyclage des éléments organiques. Pour cela, il faut des couches de plusieurs matières, du carton de récupération, de la tonte de gazon, du fumier ou du compost urbain, de la paille, des feuilles mortes. Cette belle litière, digne d’une forêt fertile, accueille alors toutes les plantes au gré des fantaisies, là où le triste béton régnait tel un désert inculte. Depuis hier, et durant quinze jours, les écoliers et collégiens de la communauté de communes constituent des jardins de poche, esplanade François-Mitterrand, à partir de cette technique de compostage, universelle et en totale osmose avec la philosophie du développement durable. Jeudi, tous les publics sont invités à rencontrer Éric Predine et son équipe pour construire également un bout de jardin sur le même site. Un jardin que chacun pourra voir évoluer jusqu’à l’été prochain.

Expositions gourmandes. Lire la suite

Nos décennies les plus chaudes depuis 1 000 à 2 000 ans

Le Monde, 7 octobre 2008, Stéphane Foucart

L’emblème du réchauffement climatique conforté

Fait-il chaud ? Fait-il froid ? Au regard de l’évolution des températures au cours du dernier millénaire écoulé, les changements récents sont-ils « anormaux » ? Une étude, qui vient d’être publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), tente à nouveau de répondre à ces questions : elle indique, sans surprises et selon toute vraisemblance, que les dernières décennies ont été les plus chaudes depuis mille à deux mille ans.

Surtout, elle confirme et complète les travaux publiés voilà dix ans par les mêmes auteurs (en particulier Michael Mann, de l’université de Pennsylvanie). Travaux qui sont, depuis, au centre d’une des plus âpres controverses scientifiques de ces dernières années. Une polémique qui a d’ailleurs vite franchi les portes des laboratoires, pour s’installer durablement au Congrès des Etats-Unis.

En 1998, dans la prestigieuse revue Nature, Michael Mann publie la version initiale de cette étude. Cette première reconstruction des températures de l’hémisphère Nord au cours du dernier millénaire montre des variations de faibles amplitudes jusqu’au début du XXe siècle. Puis, brusquement, la courbe monte en flèche de manière éloquente. Aussi le graphique reçoit-il le sobriquet de « crosse de hockey » (hockey stick, en anglais) en raison de cette forme si singulière.

Trois ans après sa publication, la courbe acquiert un nouveau statut : elle est reprise dans le rapport 2001 du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC). Elle figure même dans le « Résumé pour les décideurs » – la synthèse du rapport -, seul document réellement consulté par les non-scientifiques. La crosse de hockey est si éloquente que les médias la diffusent à l’envi ; elle devient, selon les termes de Michael Mann, « une icône », et, pour le grand public, la preuve indubitable de la réalité du changement climatique et de ses causes. Pour ceux qui combattent l’idée d’une interférence humaine avec la machine climatique, la crosse de hockey devient une cible privilégiée.

Deux revues importantes, Science et Geophysical Research Letters (GRL), publient en 2004 et 2005 des réfutations cinglantes. Des réfutations qui sont à leur tour réfutées par d’autres équipes de chercheurs… « Il y a eu beaucoup de critiques simplement malveillantes, mais certaines discussions étaient légitimes, dit le climatologue Edouard Bard, professeur au Collège de France. Notamment, il est reproché à ce type de reconstruction de trop s’appuyer sur les anneaux d’arbre. » Cette technique consiste à mesurer les cernes de croissance, dont l’épaisseur permet d’estimer la température moyenne ambiante à l’époque de leur formation. La section du tronc de certains vieux arbres permet ainsi de remonter le temps climatique de plusieurs siècles. « Mais cette relation entre les anneaux de croissance et la température est purement empirique, et elle est donc calibrée sur la période récente, précise M. Bard. Toute la question étant de savoir si cette relation reste valable sur des périodes remontant à plusieurs siècles. »

Dans sa dernière version, la reconstruction de Michael Mann s’affranchit de cette critique en utilisant des données autres que les cernes d’arbre : coraux, stalagmites et stalactites, carottes sédimentaires ou glaciaires, etc. Et la conclusion ne varie pas : « Qu’ils utilisent ou non les cernes d’arbre dans leur reconstruction, les auteurs trouvent des tendances comparables« , explique M. Bard.

La polémique ne tarit pas pour autant. « La crosse de hockey me pose deux problèmes, explique ainsi le climatologue Hans von Storch (université de Hambourg), l’un des principaux contempteurs de la courbe. Le premier problème est lié à l’utilisation inconsidérée et excessive qui en a été faite. Le second est lié à la méthodologie, en particulier la méthode statistique de traitement des données utilisées. »

Selon ses détracteurs, cette méthode tendrait à gommer les tendances à long terme. Lire la suite

FAO : Quel avenir pour l’élevage de poissons ?

FAO, 6 octobre 2008, Puerto Varas, Chili/Rome

Le boom de l’aquaculture toucherait-il à sa fin ? Quel avenir pour l’élevage de poissons ?

Le secteur aquacole est arrivé à un tournant important, devant affronter de nouveaux enjeux liés à la capacité du secteur de satisfaire la demande mondiale future de poisson.

Dans le même temps, les petits exploitants des pays en développement rencontrent maintes difficultés pour exporter leur production et ont besoin d’une aide pour devenir compétitifs et avoir accès aux marchés mondiaux, selon la FAO.

En 2006, le monde a consommé 110,4 millions de tonnes de poisson, dont 51,7 millions de tonnes issues de l’aquaculture.

La production des pêches traditionnelles de capture a atteint un plafond, de sorte que pour répondre à la demande projetée de poisson en 2030, l’aquaculture devrait produire 28,8 millions de tonnes en plus par an (soit au total 80,5 millions de tonnes), uniquement pour maintenir la consommation de poisson par habitant aux niveaux actuels.

Cependant, dans un document présenté cette semaine à Puerto Varas, Chili (6-10 octobre) au Sous-comité sur l’aquaculture du Comité des pêches (COFI), la FAO met en garde qu’une série de nouveaux enjeux doivent être affrontés pour que l’aquaculture soit à la hauteur de son potentiel.

“La question est de savoir si le secteur de l’aquaculture peut croître assez rapidement pour soutenir la demande projetée de poisson tout en assurant la protection des consommateurs, l’intégrité de l’environnement, et la responsabilité sociale”, indique le rapport.

On assiste déjà à certains signes d’essoufflement du secteur consécutif à sa croissance rapide au cours des trente dernières années. Il a enregistré un taux de croissance annuel de 11,8 pour cent de 1985 à 1995, avant de ralentir à 7,1 pour cent la décennie suivante, et à 6,1 pour cent pour la période 2004-2006.

Un goulet d’étranglement

La majeure partie du poisson d’élevage consommé dans le monde en développement, comme les carpes et le tilapia, sont herbivores ou omnivores.

Mais les espèces comme le saumon ou les crevettes – souvent élevées dans les pays en développement et exportées vers les marchés des pays riches, créant des emplois et des revenus pour des millions de personnes – se nourrissent d’autres poissons, sous la forme de farine ou d’huile. Lire la suite