Crise mondiale, décroissance et sortie du capitalisme

André Gorz, Ecologica, 2008

Extrait du chapitre « Crise mondiale, décroissance et sortie du capitalisme » 1ère parution dans Entropia N°2 « Décroissance et travail », Parangon, printemps 2007

La décroissance de l’économie fondée sur la valeur d’échange a déjà eu lieu et s’accentuera. La question est seulement de savoir si elle va prendre la forme d’une crise catastrophique subie ou celle d’un choix de société auto-organisée, fondant une économie et une civilisation au-delà du salariat et des rapports marchands dont les germes auront été semés et les outils forgés par des expérimentation sociales convaincantes.

… Elle a conduit à ce que nous ne produisions rien de ce que nous consommons et nous ne consommons rien de ce que nous produisons. Tous nos besoins et désirs sont des besoins et désirs de marchandises, dons des besoins d’argent. Nous produisons la richesse en argent, lequel est par essence abstrait et sans limites, et donc le désir, par conséquent, est lui aussi sans limite. L’idée du suffisant – l’idée d’une limite au-delà de laquelle nous produirions ou achèterions trop, c’est-à-dire plus qu’il ne nous en faut – n’appartiens pas à l’économie ni à l’imagination économique. Lire la suite

Recycleries & Ressourceries : réseau, adhérents, charte…

Le Réseau des Recycleries & Ressourceries existe sous le statut associatif depuis le 26 septembre 2000. Association de loi 1901, il résulte de l’ambition commune de plusieurs structures (associations, régies,…), spécialistes dans le domaine du réemploi, de créer un groupement professionnel et organisé.

Lire les Statuts du Réseau des Recycleries & Ressourceries (PDF 74.2 ko) .

Au démarrage, le Réseau des Recycleries & Ressourceries comprenait 9 membres localisés dans les régions Nord-Pas de Calais et Picardie.

Aujourd’hui, les adhérents au Réseau sont répartis sur la France entière et sont au nombre de 51. Leur activité représente un nombre d’emplois croissant. Découvrez l’ensemble des adhérents dans la rubrique ’Les Adhérents’.

De nombreux contacts présagent d’un développement toujours plus conséquent.

À leur adhésion, les membres s’engagent à ratifier la Charte du Réseau des Recycleries & Ressourceries. (PDF 194.7 ko) .

Le Réseau des Recycleries & Ressourceries a pour objectif de :

– rassembler et promouvoir les Recycleries & Ressourceries,

– faire reconnaître le réemploi comme véritable filière de valorisation des déchets,

– évaluer les plues values environnementales, économiques et sociales des Recycleries &

– aider à la création, consolidation et la professionnalisation des Recycleries & Ressourceries

– permettre une mutualisation des moyens.

Des groupes de travail Lire la suite

Commande publique : en finir avec l’initiative citoyenne ?

Ressources solidaires, vendredi 3 octobre 2008 mis en ligne par Erik Lavarde (CPCA)

Recours à la commande publique pour les associations : veut-on en finir avec l’initiative citoyenne ?

Les associations françaises sont de plus en plus confrontées à la généralisation des appels d’offres de la part des pouvoirs publics (collectivités et Etat), soit en raison de leur extension progressive à de nouveaux domaines, soit par une logique supposée de « précaution » juridique. C’est le cas lorsqu’une convention ou le simple versement d’une subvention sont juridiquement contestés et requalifiés en convention de prestation de services. Sur ce sujet, l’Etat envoie depuis quelques temps des signaux d’évolution inquiétants pour les associations à l’image du rapport « Langlais » remis en août dernier à la Ministre en charge de la vie associative, Roselyne Bachelot Narquin.

Des conséquences graves pour la vie associative

Les exemples mis en avant par la CPCA (Cf. page 2) témoignent d’une banalisation certaine du fait associatif en lui appliquant les mêmes règles qu’aux sociétés commerciales. Cette généralisation de la commande publique touche les fondements mêmes de la vie associative. Si il faut 10 ans pour construire un vrai réseau de bénévoles, il suffit en effet de quelques mois pour le faire disparaître. La logique gestionnaire induite par la commande publique menace ces réseaux de sociabilité et de convivialité essentiels à la cohésion sociale. De plus, une telle évolution pousse les associations à entrer en concurrence entre elles sur les territoires. La logique purement économique de survie financière aboutit à une concentration des opérateurs, sans égard pour la diversité des projets et des territoires. C’est donc les capacités d’innovation, d’adaptation, de coélaboration et d’expérimentation des associations qui sont remises en cause. Qu’en sera-t-il des activités qui ne rentreraient pas dans la commande ?

– L’extension du champ concurrentiel remet en cause les spécificités des associations concourant à l’intérêt général sur les territoires de vie et d’emploi (mixité des publics, bénévolat et multiplicité d’acteurs au service de la mise en œuvre du projet associatif, non lucrativité, etc.)

– Cette extension interroge également sur la place des associations dans l’élaboration, la mise en œuvre des politiques publiques et sur leur rôle de contre-pouvoir.

– Une telle tendance ne risque-t-elle pas d’apparaître comme une privatisation des services publics à bas coûts au prix d’une précarisation des structures associatives ?

Les propositions de la CPCA

La CPCA demande que la prochaine Conférence nationale de la vie associative soit l’occasion de sécuriser la notion de subvention par un projet de loi la définissant et la distinguant clairement de l’appel d’offre et de la délégation de service public. Lire la suite

Quel intérêt aujourd’hui pour la question environnementale ?

Délits d’opinion, Adeline Merceron, le 2 octobre 2008

Nos analyses |

Quelle place et quel intérêt aujourd’hui pour la question environnementale ?

2007 a été une année faste pour la cause environnementale. On retiendra notamment le lancement du Pacte Ecologique de Nicolas Hulot, la création d’un grand ministère spécifique dédié à l’environnement (le MEEDAT), la tenue du Grenelle, ou encore l’attribution du Prix Nobel de la Paix à l’ancien candidat démocrate à la présidence des Etats-Unis Al Gore pour avoir éveillé les consciences sur les risques que représentent les changements climatiques.

Aujourd’hui encore, alors que la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée vient d’adopter le projet de loi relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, le sujet est récurrent dans l’actualité.

Une thématique importante pour l’opinion tant au niveau national qu’européen

La dernière vague de l’Eurobaromètre Spécial consacrée aux « Attitudes des citoyens européens vis-à-vis de l’environnement » réalisée en novembre-décembre 2007 et publiée en mars 2008, révèle que les Européens, attachent une forte importance à la protection de l’environnement, la quasi-totalité des répondants (96%) jugeant en effet qu’il s’agit là d’un sujet important (dont 64% « très important »), proportion qui atteint 99% chez les Français (dont 79% « très important »). Avec un tel intérêt pour cette thématique, la France se positionne ainsi au sixième rang des nations sur les 27 consultées.

Outre cette importance accordée au sujet, 86% des Français (et également des européens) partagent l’idée que la protection de l’environnement est du ressort de l’individu là où il y a encore peu, seuls les industriels étaient montrés du doigt. Fait encourageant pour l’avenir, cette prise de conscience est également largement répandue chez les plus jeunes : 89% des 15 à 30 ans (interrogés par l’Ifop pour MSN en novembre 2007) adhérant à l’idée que « chacun par son comportement est responsable » en matière d’environnement.

Une mise en œuvre des actes éco-citoyens optimisable…

Malgré une telle prise de conscience, il n’en demeure pas moins que la concrétisation dans le quotidien n’est pas si simple à mettre en œuvre.

Avec une moyenne de 3,3 actions réalisées en faveur de l’environnement au cours du mois d’octobre 2007, les Français se révèlent être de bons élèves, la moyenne européenne étant de 2,6 !

D’une manière générale, parmi les gestes les plus courants, outre le tri des déchets qui constitue l’acte éco-citoyen le plus répandu, ce sont des gestes peu quantifiables qui sont les plus fréquents, telle que l’attention portée au gaspillage des ressources comme l’énergie et l’eau.

A l’inverse, Lire la suite

VIENT DE PARAITRE : Agenda 21 et regard sur le DD

Observatoire national des Agendas 21 locaux et des pratiques territoriales de DD

Le Panorama des Agendas 21 locaux et des projets territoriaux de développement durable en France – Edition 2008 :

Le Cahier de l’Observatoire n°2 « Repères sur l’évaluation au

regard du développement durable » :

L’observatoire

Sommaire

1. Objectifs

2. Partenaires

1. Objectifs

Aujourd’hui, on recense en France plus de 200 agendas 21 locaux, à toutes les échelles territoriales : départementale, régionale, intercommunale, communale… Le foisonnement et la diversité des initiatives ont fait naître au sein des collectivités animées de volontés comparables à l’égard du développement durable, un besoin d’échange, de confrontation et de construction de références pour l’action. C’est pour répondre à ces besoins que l’Association 4D, l’Association des Maires de France (AMF), le Comité 21 et le Ministère de l’écologie du développement et de l’aménagement durables (MEDAD) ont crée l’Observatoire national des agendas 21 locaux et pratiques territoriales de développement durable. Il se concentre sur l’action des collectivités et leur engagement en faveur du développement durable.

Inauguré le 2 février 2006, cet Observatoire s’est fixé pour objectif de créer une plateforme d’information et d’échanges sur les pratiques territoriales de développement durable dont les principales missions sont :

• Capitaliser et diffuser les outils et les expériences territoriales de développement durable.

• Mettre en réseau les acteurs du développement durable à différentes échelles du territoire.

• Identifier les attentes des collectivités et tenter d’y répondre ensemble.

L’Observatoire est un projet multi-partenarial regroupant de nombreux acteurs au sein d’un comité de pilotage et d’un comité ressources, et dont les activités sont animées par l’Association 4D au nom du projet collectif. Les collectivités locales sont au cœur de cet Observatoire.

Charte de fonctionnement 2008

2. Partenaires

L’Observatoire est un projet multi-partenarial regroupant de nombreux acteurs au sein d’un comité de pilotage et d’un comité ressources, et dont les activités sont animées par l’Association 4D au nom du projet collectif. Les collectivités locales sont au coeur de cet Observatoire.

Télécharger la charte de fonctionnement de l’Observatoire ci-dessous

1. Le comité de Lire la suite

Une extinction massive des espèces est en marche

7sur7.be, 3 octobre 2008

Une extinction massive des espèces est en marche

La plus grave crise d’extinction des espèces depuis la disparition des dinosaures est en marche, selon des experts réunis à partir de dimanche à Barcelone sous l’égide de l’Union mondiale pour la nature (UICN).

Quelque 8.000 participants – scientifiques, ministres de l’environnement, militants, représentants d’ONG – sont attendus à ce 4e congrès du plus vaste réseau de collecte d’informations sur l’environnement, du 5 au 14 octobre. Le déclin accéléré de la biodiversité provoqué par l’homme, directement ou indirectement, sera au centre des débats.

Liste rouge

Lundi, l’UICN doit publier une « liste rouge » très attendue des espèces menacées, qui devrait confirmer la gravité de la crise actuelle. Cette liste, publiée chaque année et reconnue comme l’évaluation la plus fiable du statut des espèces de la planète, s’allonge dangereusement.

En 2007, près de 200 nouvelles espèces avaient rejoint la liste des 16.306 espèces menacées d’extinction sur 41.415 espèces mises sous surveillance par l’UICN parmi 1,9 million connues dans le monde. Globalement, un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens et 70% des plantes sont en danger.

Au total, 785 espèces sont déjà éteintes et 65 survivent seulement en captivité ou à l’état domestique. Les délégués, réunis à Barcelone, vont évoquer les enjeux de cette crise de la biodiversité et proposer des plans d’action pour tenter d’y faire face.

Extinction massive

« Le nombre d’espèces diminue sur terre et la vitesse de leur disparition augmente très rapidement ce qui fait qu’on parle de la 6e grande extinction« , indique Jean-Patrick Le Duc, du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN). La précédente extinction massive remonte à la disparition des dinosaures.

Selon les experts, le rythme actuel d’extinction est de 100 à 1.000 supérieur à ce qu’il a été en moyenne sur des centaines de millions d’années. Les défenseurs de la biodiversité plaident pour le salut d’un maximum d’espèces en vertu du principe de précaution.

Espaces protégés

« Aucune espèce n’est banale, chacune est le produit de millions d’années d’évolution et joue un rôle dans l’écosystème », Lire la suite

Climat : la bombe à retardement du méthane est enclenchée

The Independent, Steve Connor, le 23 septembre 2008 sur le site Contre info

Climat : la bombe à retardement du méthane est enclenchée

Les scientifiques ont découvert la preuve que les fonds marins de l’Arctique commencent à libérer dans l’atmosphère des millions de tonnes de méthane, un gaz à effet de serre 20 fois plus puissant que le dioxyde de carbone. Les chercheurs ont pu observer le bouillonnement provoqué par le gaz à la surface de la mer.

The Independent a pris connaissance d’une partie des premiers résultats obtenus, qui suggèrent que le gaz méthane contenu dans d’énormes gisements sous-marins en Arctique s’échappe vers la surface en raison du réchauffement et de la disparition des glaces.

Le comportement de ces réserves souterraines de méthane revêt une importance majeure car les scientifiques pensent que leur libération subite dans l’atmosphère a provoqué par le passé une augmentation rapide de la température terrestre, entraînant des bouleversements du climat et même une extinction massive d’espèces. Les scientifiques embarqués à bord d’un bateau scientifique qui a navigué sur toutes les côtes nord de la Russie ont découvert des concentrations intenses de méthane – allant parfois jusqu’à 100 fois les niveaux habituels – sur plusieurs zones, couvrant des milliers de kilomètres carrés sur le plateau continental sibérien.

Durant ces derniers jours, les chercheurs ont observé des zones où la mer bouillonnait sous l’effet des bulles de gaz remontant des « cheminées de méthane » émergeant dans les fonds marins. Ils estiment que la couche de pergélisol sous-marin qui agissait comme un « couvercle », empêchant le gaz d’être libéré, a fondu par endroits et permet au méthane de s’échapper des dépôts qui s’étaient formés avant le dernier âge glaciaire.

Les chercheurs mettent garde sur le fait que ce phénomène pourrait être lié au réchauffement rapide qu’a connu la région au cours des dernières années.

Le méthane est un gaz dont l’effet de serre est environ 20 fois plus puissant que le dioxyde de carbone et de nombreux scientifiques craignent que sa libération pourrait accélérer le réchauffement de la planète par le biais d’un gigantesque processus de rétroaction dans lequel le méthane répandu dans l’atmosphère provoquerait une élévation des températures, ce qui aggraverait la fonte du pergélisol et libérerait encore plus de gaz.

On estime que la quantité de méthane piégée sous l’Arctique est supérieure à la quantité totale de carbone contenue dans des réserves mondiales de charbon. Il est donc de toute première importance que ces réservoirs restent stables au moment où cette région se réchauffe à un rythme plus rapide que d’autres parties de la terre. Lire la suite