Le PNUE préconise une gestion participative des ressources

Pan europe, le 29 octobre 2007

Le rapport GEO 4 du PNUE

Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) affirme dans un rapport très attendu publié le 25 octobre 2007, que la privatisation généralisée des ressources et des services serait le plus mauvais scénario du point de vue de l’environnement. Autrement dit, le choix de la mondialisation libérale, qui convainc de moins en moins de monde, hormis les intérêts privés en bénéficiant directement, se trouve ainsi une nouvelle fois condamné par les experts mondiaux.

 A l’inverse du tout-libéral et tout-profit,  ce serait le retour à une gestion publique et participative des ressources et développements mondiaux qui donnerait les meilleures chances d’éviter les pires effets de la grande crise qui se prépare.

Ce rapport, produit par des groupes internationaux d’experts de toutes origines, va tout à fait dans le sens de ce que nous préconisons dans cette revue, y compris quant au rôle que devrait jouer l’Europe. Il apporte également,  coïncidence heureuse,  beaucoup d’arguments pour conforter les conclusions du Grenelle français de l’environnement qui s’est clos le 27 octobre.

Le rapport propose  une modélisation des avenirs possibles en fonction des types de politiques adoptées au niveau mondial par la « communauté internationale », face à la crise écologique majeure que connaît d’ores et déjà la planète, crise qui de toutes façons va s’aggraver. La rapidité du phénomène est soulignée : l’étendue et la composition des écosystèmes terrestres « sont modifiées par les populations à une vitesse sans précédent ». Les experts insistent sur la notion de seuil : « Les effets cumulés de changements continus dans l’environnement peuvent atteindre des seuils qui se traduisent par des changements brutaux » et irréversibles. Cette idée de « points de basculement » ne s’applique pas seulement au changement climatique, mais aussi aux phénomènes de désertification, de baisse des nappes phréatiques, d’effondrement des écosystèmes…

Quatre scénarios

Les points de basculement annoncés surviendront d’autant plus rapidement et avec d’autant plus de gravité que les  trajectoires actuelles seront ou non modifiées. Les experts ont défini quatre scénarios, selon le type de politique suivie. Dans le premier, l’intervention des Etats continue à reculer devant le  secteur privé, le commerce se développe sans limite, les biens naturels sont privatisés. Le deuxième scénario se base sur une intervention centralisée visant à équilibrer une forte croissance économique par un effort pour en limiter les impacts environnementaux et sociaux.  Mais dans ce scénario, la volonté de privilégier une croissance forte ne laisse pas beaucoup de marges de manœuvres aux interventions correctrices. Néanmoins les dégâts sur l’environnement sont moindres que dans l’hypothèse précédente.

Une troisième voie serait de privilégier la sécurité pour répondre aux désordres civils et aux menaces extérieures : un effort important y serait alors consacré. L’environnement dans ce cas souffrirait presque autant que dans le premier scénario. On peut s’étonner de voir étudier ce scénario, entraînant  inévitablement un accroissement considérable des dépenses militaires et de sécurité civile. Il est cependant considéré comme possible, sinon probable, si les insurrections de la misère provoquées par le scénario libéral s’étendaient à une grande majorité des pays pauvres et des catégories sociales exclues.  Mais comme il ne s’attaquerait pas à la source des conflits, c’est-à-dire aux dégâts sur l’environnement, il ressemblerait beaucoup à une politique à la Gribouille. En fait, ce serait les lobbies militaro-industriels qui en profiteraient.

Enfin, la quatrième option est celle d’une société mondiale faisant le choix de la durabilité par l’environnement et l’équité, dans laquelle les citoyens, en dialogue avec les Etats et les services publics, joueraient un rôle actif de prévention. Ce rôle imposerait des sacrifices et des mutations comportementales qui supposerait de réinventer une véritable sociabilité participative. Une telle option est non seulement souhaitable mais possible au niveau des Etats. Elle sera plus difficile quand elle opposera sociétés encore riches et sociétés de plus en plus pauvres. Mais c’est la seule possible. Si elle réussit, les pressions sur l’environnement, après une augmentation jusqu’aux alentours de 2025, pourraient diminuer et s’établir au niveau actuel, sinon en dessous,  en 2050.

Même en ce cas, le quatrième scénario n’évitera pas les difficultés. Comme l’écrit le rapport en conclusion, « le changement climatique et la perte de biodiversité resteront des défis majeurs ».

Les notes :

Le Rapport du PNUE, texte intégral (anglais)

Sommaire pour les décideurs (français)

 

Une Réponse

  1. Bon contenu, un point de vue vraiment de qualité. Découvrez les soins anti-âge dans la région de Lyon.

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