Tricastin : « Sortir du nucléaire » exige la vérité

Réseau « Sortir du nucléaire » – Fédération de 830 associations

Communiqué du dimanche 21 septembre 2008 – Contact : 06.64.100.333

Tricastin : le Réseau « Sortir du nucléaire » exige la vérité sur la gravité de l’évènement qui est en cours depuis le 8 septembre. L’évacuation des communes proches du Tricastin est-elle envisagée par les autorités ?

Le Réseau « Sortir du nucléaire » a écrit ce jour à EDF, à l’Autorité de sûreté (ASN), à MM Sarkozy et Fillon pour obtenir la vérité sur la gravité de la situation en cours actuellement à la centrale nucléaire du Tricastin. Selon certaines informations, la situation dans la centrale serait si problématique que l’évacuation de plusieurs communes proches serait envisagée par les autorités.

Il est vrai que l’affaire est littéralement… explosive. Le 8 septembre, au cours d’une opération de renouvellement du combustible, lorsque le couvercle de la cuve du réacteur n°2 a été soulevé, deux assemblages de combustible sont restés accrochés aux structures internes supérieures, et restent depuis suspendus au dessus des 155 autres assemblages qui constituent le cœur du réacteur.

Un événement de ce type s’est certes déjà produit en 1999 à la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube), et avait duré plus d’un mois, mais la situation au Tricastin est encore plus grave  car il s’agit de deux assemblages au lieu d’un seul, ce qui démultiplie les difficultés : les opérations engagées pour récupérer un assemblage peuvent provoquer la chute du second. De plus, alors que EDF et les autorités restent muettes sur ce sujet, il est fort possible qu’un assemblage ou même les deux soient « moxés », c’est à dire contiennent du plutonium, ce qui aggraverait alors nettement les risques.

Les deux assemblages, pesant chacun environ 800kg, menacent à chaque instant de tomber. Il pourrait alors se briser et les différents morceaux, se glissant entre les autres assemblages, pourraient éventuellement déclencher une réaction nucléaire incontrôlée. Un très grave accident nucléaire serait alors possible. Mais, même sans une telle réaction, les opérations de nettoyage pourraient être quasi impossibles à réaliser, le réacteur pourrait être définitivement condamné et légué tel quel à nos descendants. 

Aussi, le Réseau « Sortir du nucléaire » exige de toute urgence les réponses à des questions fondamentales : Lire la suite

Le projet de LGV provoque de vives réactions

Le journal du pays basque, Sébastien Vaïsse, le 23 septembre 2008

Le projet de LGV provoque de vives réactions

La facture particulièrement salée du projet de Ligne Grande Vitesse (LGV) annoncée il y a quelques jours, a laissé perplexes les élus du Pays Basque… Perplexes, dubitatifs voire même choqués comme l’ont été les membres du «Cercle de burrunz» qui se faisait hier à l’occasion d’une conférence de presse, les hérauts de l’inutilité d’une telle ligne ferroviaire, surtout en Pays Basque. À titre d’information, le Cercle de burrunz réunit une vingtaine de personnes qui réfléchissent sur cette question d’actualité et ô combien sensible. Rappelons aussi que la décision de lancer ce projet de LGV est issue d’un débat public datant de décembre 2006 et qu’il faut remonter au début de l’année 2007 pour que les Réseaux Ferrés de France (RFF) valident le dossier.

Quoi qu’il en soit, le Cercle de burrunz, par l’intermédiaire de Jacques Saint-Martin également ancien Président de la CCI de Bayonne, soutient «que ce projet n’est pas une bonne chose». Pourquoi ? Selon eux, «le débat sur la LGV ne peut plus se dérouler aujourd’hui comme l’an dernier et s’il avait lieu maintenant, le résultat serait certainement différent.» Pour preuve l’avis de la Cour des Comptes qui a sévèrement critiqué la manière «dont on développe de nouvelles LGV et les grands projets d’investissements dont le financement n’est pas assuré et dont la cohérence et la rentabilité restent incertaines» Jacques Saint Martin poursuit avec la Commission des finances de l’Assemblée Nationale pour qui «l’équilibre financier des nouvelles LGV reste un mystère (…) sans parler du coût de la LGV Méditerranée qui reste inconnu sept ans après la fin des travaux !» Quant aux prévisions de trafic, elles font l’objet, selon le Conseil d’Analyse Économique (CAE), d’exagérations systématiques. En fait et toujours selon le CAE, il y aurait une surestimation de l’ordre de 40 % en matière de trafic et une sous-estimation «d’au moins 20 % en moyenne» du coût des travaux. À en croire toutes ces déclarations, la LGV va droit dans le mur de la faillite financière.

Dossier à réviser

«Les élus ne peuvent plus être dupes»… C’est donc le message clair qu’ont voulu passer hier les membres du cercle de burrunz en ce qui concerne le projet de LGV, d’autant que pour eux, «le Pays Basque est mis à contribution pour une ligne qui va le traverser de part en part (Bayonne-frontière, ndlr), et dont il ne récoltera que les nuisances.» Autre point important soulevé par Jacques Saint Martin, la sous-exploitation de la ligne actuelle. Aujourd’hui, tout compris (marchandises et voyageurs), ce sont 53 trains qui empruntent quotidiennement l’axe ferroviaire de la Côte basque. On est loin des 264 trains par jour que peut accueillir ce même axe Lire la suite

Le déclin des abeilles produit ses premiers effets

Le Monde, le 19 septembre 2008, propos recueillis par Stéphane Foucart

Le déclin des abeilles produit ses premiers effets économiques

Les populations d’abeilles domestiques déclinent partout dans le monde.

Les populations d’abeilles domestiques déclinent partout dans le monde. Pourquoi ? Les causes possibles de cette érosion sont au centre de vifs débats. Mais, alors que scientifiques et apiculteurs en discutent, les premiers effets sur la production de fruits et légumes se font d’ores et déjà sentir aux Etats-Unis.

LA POLLINISATIONLA SURVIE et l’évolution de plus de 80 % des espèces végétales de la planète et la production de 84 % des espèces cultivées en Europe dépendent, au moins en partie, de la pollinisation par les insectes.

100 000 ESPÈCES D’INSECTES (abeilles, bourdons, papillons), d’oiseaux (colibris et passereaux) et de mammifères (chauves-souris) servent à la reproduction sexuée de la plupart des plantes à fleurs.

QUELQUES CULTURES sont presque intégralement dépendantes des pollinisateurs : le cacao, la vanille, les courges et les potirons, les melons et les pastèques, les fruits de la passion, ainsi que les noix du Brésil et de macadamia.

Sans pollinisateurs, l’homme doit effectuer l’opération manuellement.

SEULES DE RARES ESPÈCES VÉGÉTALES dépendent exclusivement du vent ou des cours d’eau pour se reproduire.

Dennis van Engelsdorp, 39 ans, chercheur au département d’agronomie de l’université de Pennsylvanie, est l’un des premiers scientifiques à avoir décrit, à l’automne 2006, ce que les Américains ont baptisé le Syndrome d’effondrement des colonies (Colony Collapse Disorder, ou CCD).

Comment définir le Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles ?

Disons qu’il s’agit d’un phénomène caractérisé par la disparition brutale – quelques jours à quelques semaines – de la quasi-totalité d’une colonie. On ne retrouve dans la ruche que la reine et les individus les plus jeunes. Quant aux cadavres des individus adultes, ils ne sont pas retrouvés dans la ruche, ni même à proximité.

L’érosion des populations d’abeilles ailleurs qu’aux Etats-Unis est-elle caractérisée par de tels phénomènes ?

Dans plusieurs pays européens, en tout cas, des situations similaires ont été rapportées. Mais au-delà de ce que nous nommons CCD, nous constatons une surmortalité annuelle supérieure à 30 % dans tous les pays où il existe une documentation correcte de la mortalité des abeilles. Ce rythme ne pourra pas être supporté longtemps. Lire la suite

Le bio ré-invente la cuisine

Paris Match, le 9 septembre 2008, Cécile Guéret

Le bio ré-invente la cuisine

Il n’a pas fini de livrer toutes ses vertus. Un légume bio est bon pour la santé et respectueux de la nature. Et s’il était aussi tout simplement… bon ? Jusqu’ici, on achetait des produits bio sans se préoccuper de la façon particulière de les cuisiner. Jean-Luc Rabanel, premier chef bio à avoir décroché une étoile au « Michelin », et élu « cuisinier de l’année 2008 » par le « Gault Millau », est formel : « En matière de créativité et d’innovation, le bio offre une palette extraordinaire ! » L’absence de produits chimiques, pesticides et herbicides, oblige à manger des fruits et des légumes frais et de saison. On s’intéresse dans la foulée à ceux qu’on avait oubliés : potimarron, panais, crosne… Avantage : on croque pomme et carotte juste lavées et brossées, avec la peau pleine de minéraux et de vitamines. L’agriculteur respecte ses produits, le cuisinier fait de même, avec ce « regard d’amour » cher à Jean-Luc Rabanel. On redécouvre le cru ou la cuisson douce, afin de préserver la saveur et la vitalité des aliments. En faisant gonfler les ­céréales et germer les légumineuses, on gagne en tendreté et en qualités nutritionnelles. Et puis surgissent des aliments nouveaux, un peu étranges, dont on ­aimerait bien avoir le mode d’emploi : lait d’avoine, flocons de sarrasin ou d’azukis, purée de sésame, farine de lentilles… Une formidable palette de saveurs inédites. A nous la crème ­anglaise à la farine de châtaignes, la béchamel au lait de soja et le crumble aux flocons de riz… Et pour commencer, quatre stars du rayon bio.

Match Art de Vivre

Le quinoa

Cultivé depuis six mille ans sur les plaines de l’Altiplano bolivien, à plus de 3 500 mètres d’altitude, le quinoa est un chénopodiacée, comme les épinards ou la betterave. Cette petite graine a tout l’air d’une céréale… mais n’en est pas une. Sans gluten, elle est riche en protéines, en acides aminés essentiels et en « bonnes » fibres. Nutritive, elle se cuisine comme le riz : à l’eau, façon pilaf ou risotto. Son petit goût de noisette qui éclate comme une bulle sur la langue s’apprécie chaud ou froid, en salade ou en gratin, salé ou sucré. Et avec des agrumes en salade de fruits, c’est un régal !

La petite recette Taboulé des Incas

Cuit « al dente », ajoutez-lui jus de citron, huile d’olive, raisins secs, persil, menthe, tomate, oignon haché et carotte râpée. Laissez reposer une heure au frigo. Ça change du couscous !

Extrait de : « Quinoa », de Clea, éd. La plage, 97 p., 18 euros.

Les algues

Récoltées en Asie mais aussi en Bretagne, en Irlande, ou en Ecosse, elles sont consommées depuis des siècles. Lire la suite

La nouvelle agriculture

Novethic, Rouba Naaman, le 10 septembre 2008

La nouvelle agriculture

A l’heure où l’agriculture traditionnelle s’essouffle, des alternatives émergent. Biologique, biodynamique, ou simplement plus respectueuse de l’environnement, la nouvelle agriculture se veut plus un retour aux sources qu’une innovation. Même si la place de ces cultures restent minoritaire, la prise de conscience s’étend, aussi bien chez les consommateurs que chez les agriculteurs.

L’Homme aurait-il oublié à quel point la terre lui est indispensable ? On pourrait le croire, aux vues des récentes dérives liées à l’agriculture. Les pesticides et les engrais, utilisés à outrance ces 50 dernières années, ont eu des conséquences dramatiques sur les terres. Les agronomes Claude et Lydia Bourguignon ont fait de la défense des sols leur cheval de bataille (voir article « La terre n’est pas un produit industriel »). Ils expliquent comment, usées et vidées de leurs richesses, les terres agricoles ne pourront bientôt plus être aussi productives. A moins de casser le rythme actuel des cultures, et de revenir à une agriculture à l’écoute des sols.

L’atteinte des terres impacte également les cours d’eaux et les littoraux. Une étude scientifique publiée le 15 août dans la revue Science montre que l’eutrophisation des zones côtières est en forte croissance. La surface des “zones mortes” doubleraient tous les dix ans, atteignant aujourd’hui 245000 km². L’impact évident sur l’écosystème marin pourrait finir par toucher d’autres secteurs, comme la pêche et le tourisme. Pour contrer cette catastrophe en puissance, certains industriels s’engagent dans des démarches novatrices (voir article Agrivair, modèle sans pesticides). Il s’agit de redéfinir les critères de l’agriculture pour l’intégrer dans une gestion plus durable de l’environnement.

La main de l’Homme atteint aussi indirectement les champs, et les changements climatiques mettent à mal l’agriculture : sécheresses, canicules, inondations, changements brutaux de température, etc. Dans de telles conditions, il devient difficile pour les agriculteurs de maintenir un rendement régulier. Les OGM apparaissent alors comme une solution miracle pour des cultures plus résistantes… à moins qu’ils ne soient un danger supplémentaire, pour les consommateurs notamment.

Car tout ce qui se passe dans les champs atteint finalement nos assiettes. Lire la suite

Grenelle : Un processus irréversible, selon Borloo

Développement durable – Le journal, 24 septembre 2008, William Bolle

Grenelle : Un processus irréversible, selon Borloo

Pour Jean-Louis Borloo, le Grenelle est « solide ».

Jean-Louis Borloo a réuni hier tous les participants au Grenelle de l’environnement pour un point d’étape qui lui a permis de vanter les avancées accomplies depuis un an. Les représentants de la société civile ont toutefois déploré les nombreux reports de la loi Grenelle 2, qui ne devrait passer en conseil des ministres que fin octobre, et les couacs autour du bonus malus qui n’ont pas contribué à envoyer un signal clair aux Français. Pour Jean-Louis Borloo, le Grenelle n’en est pas moins un processus « solide et irréversible ».

Abandon d’un projet de mine d’or en Guyane, suspension de la culture du maïs MON 810, bonus-malus automobile, progression du « bio » dans les cantines, plan de réduction des pesticides… l’équipe du Meeddat(1), menée par Jean-Louis Borloo, a égrené hier devant l’ensemble des participants au Grenelle de l’environnement la liste des réformes accomplies depuis le lancement de ce processus il y a un an.

Un « point d’étape 2008 » au cours duquel les ONG ayant pris part aux six groupes de travail du Grenelle ont toutefois regretté les nombreux reports de la loi d’application « Grenelle 2 », dont l’absence « ne permet pas d’avoir une vision générale et de juger de la qualité du texte  », selon Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France. « La rédaction du Grenelle 2 est en cours de finalisation. Le texte sera prêt d’ici une quinzaine de jours et passera en Conseil des ministres fin octobre ou début novembre », a indiqué Jean-Louis Borloo, ministre de l’écologie. Le 17 septembre, devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée, il avait déjà assuré aux députés que le Grenelle 2 serait sur la table du Conseil d’Etat au début de cette semaine.

Jean-Louis Borloo désavoué

Ce nouveau retard survient après que le président de la République ait désavoué son ministre de l’écologie en démentant l’extension du bonus-malus et l’instauration d’une « taxe pique-nique ». Un cafouillage dans la communication gouvernementale que les participants au point d’étape 2008 ont abondamment déploré. Lire la suite