Alex Turk : le plus grand danger ce n’est pas EDVIGE

Télérama n° 3062, le 17 septembre 2008, propos recueillis par Thierry Leclère

Alex Türk, président de la CNIL

Alex Türk : “Le plus grand danger ce n’est pas Edvige, c’est le traçage des personnes »

LE FIL IDéESPour le président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, les fichiers type Edvige existent depuis longtemps et sont relativement contrôlés. D’autres fichiers, tel Stic, sont bien plus dangereux. Mais l’émergence de la civilisation numérique pourrait révéler pire encore. Ainsi la biométrie ou la géolocalisation des personnes… Avez-vous pensé à renouveler votre carte Pass ?

Le mouvement de protestation contre le fichier de police Edvige qui entend recenser tout individu « susceptible de porter atteinte à l’ordre public » est un cas d’école. Exemplaire, à bien des égards. Voilà une protestation née sur Internet, en dehors des grands médias et des grandes formations politiques. Loïc Daguzan, syndicaliste CGT de la Banque de France, n’imaginait pas une seconde soulever une telle tempête quand il a rédigé, seul ou presque, la pétition qui allait recueillir plus de 150 000 signatures en trois mois (voir telerama.fr). Le « net-activisme » non seulement a de beaux jours devant lui, mais il réinvente une forme de référendum d’initiative populaire que la classe politique et, contraint et forcé, le gouvernement ont bien été obligés de prendre en compte.

Edvige a servi de catalyseur. Mais le débat est beaucoup plus large, et peut-être plus inquiétant encore, comme en témoigne Alex Türk, président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés. Un sénateur divers droite qui n’a la langue ni de bois ni dans la poche…

On ne vous a pas beaucoup entendu sur le fichier Edvige…

Tout le monde a l’air d’oublier aujourd’hui que si la Cnil n’avait pas demandé au gouvernement de publier le décret créant ce fichier de police personne ne serait en train d’en parler. Au départ, il n’était même pas question qu’Edvige figure au Journal officiel. Il y a trois mois, nous avons rendu un avis critique (1) dans lequel nous émettions des réserves sur la collecte d’informations concernant les mineurs de 13 ans. Notre souhait était de voir l’âge minimum repoussé à 16 ans. Nous n’avons pas été entendus. J’ai parlé alors d’Edvige à la presse. A l’époque, tout le monde s’en fichait ! Je suis heureux – et un peu étonné – de voir que cette mobilisation a pris, en plein été, sur Internet, puis a été relayée par la classe politique à la rentrée. Si le débat d’aujourd’hui est un moyen de sensibiliser les Français en matière d’informatique et de libertés, tant mieux, mais il y a des sujets qui me préoccupent mille fois plus qu’Edvige !

Vraiment ? La volonté de ficher toute personne « susceptible » de troubler l’ordre public et de pister tout militant associatif, syndical ou politique ne vous paraît pas particulièrement inquiétante ?

Il faut dire la vérité, tout ça existait déjà avant ! Lire la suite

Peace and Landes : 70 antinucléaires devant le CEL

Sud-Ouest, le 22 septembre 2008, Elisa Artique-Cazcarra

BISCARROSSE. La 3e édition de « Peace and Landes » n’a réuni que 70 antinucléaires devant le centre d’essai des Landes, hier

La mobilisation marque le pas

Rien à voir avec l’an dernier et encore moins avec 2006. Pour la troisième édition de « Peace and Landes », manifestation antinucléaire organisée devant le Centre d’essais et de lancement de missiles à Biscarrosse, seuls 70 militants ont répondu présent, hier, à l’appel du collectif Désobéir Sud-Ouest.

On est loin des 300 personnes réunies en 2007, parmi lesquelles plusieurs têtes d’affiche de la contestation comme le leader de la LCR, Olivier Besancenot, ou encore le sénateur Vert Jean Desessard. Et on est à 20 000 lieues des 2 000 manifestants venus de toute la France pour la première de « Peace and Landes ». Pour cause : le festival qui était jusqu’alors rattaché à l’événement a été abandonné. Pour rappel, Johnny Clegg et bien d’autres artistes avaient drainé les foules en 2006.

Alors peut-être que l’absence d’animations festives en a découragé certains. Peut-être également que les incidents de l’an passé – un gendarme avait été blessé suite à l’effondrement accidentel du portail d’entrée du site – en ont refroidi d’autres. Enfin, le geste des autorités qui, après plusieurs années de refus, ont consenti à ouvrir les portes du CELM à quatre élus Vert au printemps dernier pour une « inspection citoyenne » (1) a sans doute calmer des ardeurs.

Aux couleurs plus locales. « Même si nous ne sommes pas nombreux, au moins nous sommes sûrs que les personnes présentes sont là pour la cause que nous défendons. À savoir, la dénonciation de la violation du Traité de Non Prolifération par la France démontrée, entre autres, par les essais du missile M 51 menés ici [au CELM, NDLR] et la demande qu’un débat public soit organisé sur les orientations militaires prises par le gouvernement », Lire la suite

Corinne Lepage : changer ou disparaître

Corinne Lepage

Chronique France-Culture, 22 septembre 2008

Tout d’abord la sémantique du bâton a gagné, celle qui permet de présenter le changement de paradigme du développement soutenable comme une punition et non comme une solution. Bercy en créant le vocable de taxe pique nique qui n’évidemment jamais existé et Bernard Accoyer en lançant l’expression du « concours Lépine des taxes » ont cherché à anéantir tout l’effort pédagogique du grenelle, qu’il haïssent – et c’est un élément du problème. Le mieux vivre en dépensant moins grâce à une réduction des dépenses énergétiques, de santé ou de transport que permet un développement durable a laissé la place à une forme de dictature fiscale que représenterait le signal prix, Madame Parisot allant jusqu’à qualifier la réforme de quasi-soviétique.

En second lieu, l’UMP, canal bloqué, refuse a priori la démarche Grenelle et par voie de conséquence tout ce qui s’y rattache. La présentation devant le Parlement  de la démarche avait donné lieu à des échanges surréalistes de parlementaires dont l’horloge du temps s’est  arrêtée en 1960, voire 1970. Nous avons aimé le vote de la loi OGM. Nous allons adorer la loi grenelle précisément parce qu’elle est ressentie par ces parlementaires comme une dépossession du droit de la classe politique de tout décider et que l’expression de la société civile au XXiéme siècle est a priori exclue. Le temps est loin du discours de Nicolas Sarkozy proposant en octobre que les grandes orientations locales puissent être décidées par le groupe des 5 incluant les ONG. Nous sommes en face d’un esprit réactionnaire et revanchard sur ce qui pouvait apparaître comme des conquêtes de la société.

Ensuite, le deux poids, deux mesures dés lors qu’il s’agit d’écologie devient fatiguant. Deux exemples parmi tant d’autres : Lire la suite

CPCA : le financement public des associations

Conférence permanente des coordinations ssociatives (CPCA), le16 septembre 2008

Le magazine de la CPCA

Le nouveau numéro du magazine d’information de la CPCA vient de sortir ! Librement téléchargeable, cette publication apporte des éléments de compréhension qui permettent de mieux se repérer sur un sujet souvent mal connu et pourtant décisif pour l’avenir de la vie associative. Ce numéro s’appuie notamment sur les résultats d’une enquête de la CPCA sur le financement public des associations.

Au sommaire de ce numéro :

– Financement associatif : état des lieux

Enquête CPCA : quels constats ? – les apports de l’enquête Matisse CNRS – Quand l’Etat se désengage – Financement privé

– Financements quels enjeux actuels ? Lire la suite

Economie solidaire : nouveau site pour les créateurs

France Active lance son nouveau site internet

Paris, le 16 septembre 2008 : France Active fait sa rentrée et lance son nouveau site internet au service des créateurs d’entreprise et des associations & entreprises solidaires.

Nouvelle ergonomie, nouveaux services en ligne, accès direct aux coordonnées du réseau. Le nouveau site internet se veut plus clair et plus riche en termes de contenu et de services interactifs.

Nouveauté : une entrée par profil

Outre une navigation simple et rapide, le nouveau site Internet a privilégié une entrée par profil d’internaute, à travers 5 espaces différenciés.

Un contenu plus riche

Actualités, témoignages d’entrepreneurs soutenus, publications, avis d’experts, ces nouvelles rubriques viendront agrémenter le nouveau site de façon à informer les internautes de l’actualité du réseau et à rendre compte des actions de l’association en faveur de l’emploi auprès de ses partenaires.

Ergonomie et praticité au service de la solidarité

Les futurs entrepreneurs pourront par exemple faire Lire la suite

Association : salariés et bénévoles, une cohabitation délicate

La Croix, le 8 septembre 2008, Marie BOËTON

Salariés et bénévoles, une cohabitation délicate

La professionnalisation du secteur est de plus en plus grande. Les responsables associatifs s’organisent en conséquence pour trouver un rôle à chacun, salariés comme bénévoles

Embaucher des salariés, avec le professionnalisme qui les caractérise, ou continuer de recruter des bénévoles, toujours souples et disponibles ? Tel est l’un des dilemmes actuels des associations. Si les responsables associatifs accueillent tous favorablement l’engagement des bénévoles à leurs côtés, certains d’entre eux souhaitent désormais confier à des professionnels les principales missions de leur structure.

La complexité croissante de la législation, l’obligation de transparence vis-à-vis des donateurs, l’impératif d’optimisation des fonds collectés, le perfectionnement des modes de communication, tout incite à l’embauche de salariés dans le secteur associatif. Leur nombre ne cesse d’ailleurs d’augmenter : ils sont au nombre de deux millions au sein du tiers secteur, pour plus de 14 millions de bénévoles.

Complexité juridique croissante

« Certaines organisations continuent de vouloir garder un lien direct avec le public via leur réseau bénévole quand d’autres, devenues prestataires de services, emploient davantage de salariés afin de répondre à la très grande technicité des actions qui leur sont confiées », explique Roger Sue, sociologue à l’université Paris-Descartes et spécialiste du monde associatif.

À France Terre d’asile, organisation ayant notamment pour vocation d’assister juridiquement les immigrants, le choix de la professionnalisation s’est récemment imposé. Pierre Henri, son directeur général, justifie cette orientation par la complexité juridique croissante des situations à gérer.

« En l’an 2000, nous avons fait le choix de devenir une organisation de salariés en raison des missions très sensibles qui nous sont confiées : qu’il s’agisse de la protection des mineurs ou de la gestion de dossiers de réfugiés, nos membres doivent être très compétents sur le plan du droit. »

Autre structure, autre discours

Résultat : l’association compte aujourd’hui 500 salariés pour une centaine de bénévoles. « Nous orientons ces derniers vers des actions n’engageant pas directement la responsabilité pénale ou civile de l’association, précise-t-il. Comme les cours d’alphabétisation par exemple. »

Autre structure, autre discours. Lire la suite

Volet transport Grenelle 1 : incertitudes sur le projet de loi

Actu-environnement.com, le 18 septembre 2008, F.Roussel

De nombreuses incertitudes pèsent encore sur le volet transport du projet de loi Grenelle 1

À l’occasion de l’audition de Dominique Bussereau, les députés ont fait le point sur les nombreuses incertitudes qui pèsent encore sur le projet de loi Grenelle 1 notamment sur les transports. La question des financements est loin d’être réglée

Alors que le projet de loi Grenelle 1 s’apprête à être débattu par l’Assemblée nationale début octobre, les députés peaufinent l’étude du texte. À l’occasion de l’audition du Secrétaire d’Etat aux transports Dominique Bussereau, les membres de la Commission des Affaires économiques, de l’environnement et du territoire ont pointé du doigt certains manques, ce qui laisse entrevoir les amendements qu’ils comptent apporter.

Plusieurs points restent à éclaircir

L’objectif du projet de loi est de réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports de 20% d’ici à 2020, autrement dit de revenir aux niveaux d’émissions de 1990. Pour cela, le gouvernement entend développer les transports alternatifs aux transports routiers que ce soit pour le transport de marchandises ou de voyageurs. Certains députés remarquent toutefois qu’il n’est pas clairement prévu de gel des projets routiers et regrettent la tournure de certains articles : l’Etat veillera à ce que l’augmentation des capacités routières soit limitée au traitement des points de congestion, des problèmes de sécurité ou des besoins d’intérêt local, peut-on lire à l’article 9 du projet de loi. La notion de besoins d’intérêt local étant floue, les députés craignent une interprétation préjudiciable à l’objectif global du texte.

Concernant le transport de voyageurs, les députés ont seulement exprimé leur volonté de traiter des péages urbains et ont rappelé qu’ils étaient favorables à ce que les collectivités aient l’opportunité de le faire. Cela resterait toutefois sur la base du volontariat. La pire des choses serait de l’empêcher et l’autre chose tout aussi pire serait de la rendre obligatoire, Lire la suite