CATA : quelle agriculture dans nos assiettes ?

Quelle agriculture dans nos assiettes ?

Par St Siméon le samedi, septembre 13 2008, 12:26 – SoutienLien permanent

Fougueyra

Dans la précédente gazette d’Utopia, on vous indiquait que nous vous ferions passer les infos de CATA33 par son biais, par courriel aussi, mais à cause des vacances, beaucoup d’entre vous n’ont pas eu les messages. Donc, on va dans cette nouvelle gazette, pour certains d’entre vous, rabâcher quelques mêmes trucs, mais qu’importe, vous en conviendrez, c’est pour la bonne cause.

Depuis que nous vous avons fait cette proposition le lundi 19 mai, lors d’une soirée à Utopia, d’acheter des parts de la SCI Terre du Fougueyra, grâce aussi au concert à l’église de St André de Cubzac, aux Nuits Atypiques, à Planète Floirac, au Forum social… aux AMAP, aux Groupements d’Échanges Locaux (GELS) – merci à tous ! – 218 personnes se sont portées acquéreurs de parts de la SCI Terre du Fougueyra pour la somme de 52 700 euros !!! (À l’heure où vous lirez ce billet, beaucoup d’entre vous seront rentrés, donc… ça doit faire un peu plus. Pendant que nous y sommes, maintenant que vous êtes de retour, merci à vous de penser à envoyer votre chèque et votre bulletin de souscription, dûment rempli, comme on dit, si ce n’est pas encore fait !)

Cependant, bien que cette somme soit importante, il n’y a pas encore le compte. C’est 80 000 euros qu’il faut pour accomplir notre commune destinée sur ce terrain, clamer, on va se gêner… stop à l’agriculture industrielle et à ses dérives, oui à une agriculture bio paysanne, nourricière et de proximité ! Ce Vendredi 19 Septembre donc, continuons à prouver aux sceptiques, aux rabat-joie, poil aux doigts, que oui, une autre agriculture peut être mise en place !

Pourquoi cette folle entreprise, pourquoi vouloir acheter ce terrain ? Nous nous sommes longuement expliqués il y a deux gazettes de cela, mais voici en plus quelques chiffres, oui, c’est ça, des chiffres, on dit toujours qu’ils parlent mieux.

Ça commence à se savoir, l’agriculture biologique, c’est bon pour nous, pour le moral, la biodiversité, l’eau, les sols ; son modèle de production aide à lutter contre les gaz à effet de serre, ses bienfaits écologiques, économiques, sociaux, encouragent les agriculteurs qui sont en conventionnel à convertir leur exploitation, les jeunes agriculteurs à s’installer, à reprendre les fermes des vieux paysans qui ont du mal à transmettre, mais allez savoir pourquoi, rien à faire, elle n’arrive pas à trouver sa place, ou très difficilement. Nous sommes en 2008, la taxe carbone, cette idée du diable, pointe son nez… en 2020, 2050, c’est à dire demain, des lois internationales, européennes, nationales, après les points retirés sur votre permis de polluer, les amendes, mettront en prison celui ou celle qui n’aura pas respecté son quota d’émission de CO2 ; péter sera pour nous, demain, commettre un crime de haute pollution, mais rien, pas de réforme d’envergure pour développer la bio, en faire une priorité de politique agricole. Pourquoi tant d’immobilisme ? Une idée ?

Aujourd’hui l’agriculture biologique en France ne représente que 2% environ et 4% en Europe ! Ça fait pas bézef ! Toutefois restons optimistes, selon un communiqué de presse du 8 juillet 2008 du Conseil Régional de l’Aquitaine, cette année, notre région (vous sentez pointer dans ce « notre » ce sentiment misérable que l’on appelle le chauvinisme ?) a fêté son 1000e agriculteur bio ! C’est fantastique ! Mais nous à CATA, on aime bien mesurer nos propos. Selon des documents de 2006 de la Chambre Régionale de l’Agriculture, « Agritaine info », l’Aquitaine compte environ 62 000 exploitations agricoles professionnelles (chefs d’exploitation et employeurs confondus) : 1000 sur 62 000, ça ne fait pas beaucoup. D’autres chiffres ? L’agriculture en Aquitaine, c’est 20 000 ha pour le bio contre par exemple 400 000 ha pour le maïs (OGM, bien sûr) ! C’est 3 millions de tonnes de maïs (pour l’année 2001), soit 90% de la production, qui sont exportées dans l’Union Européenne. Les 10% restants (300 000 tonnes) sont commercialisés en Aquitaine où l’on observe une forte densité de fabricants d’aliments du bétail. L’élevage est également important en Aquitaine, pour preuve, 500 000 tonnes (pour l’année 2001) sont autocosommées dans les exploitations! Mais encore, la culture maraîchère (bio ou pas bio) en Aquitaine ne représente, tenez vous bien, que 3% des exploitations profes-sionnelles ! Autant dire pas grand chose. 51% d’entre elles sont situées dans le Lot et Garonne, normal, puisque 82% des 26% des exploitations spécialisées en viticulture en Aquitaine, sont en Gironde. S’ajoute à tous ces chiffres celui, tristement désolant, de la disparition des agriculteurs en Aquitaine. Entre 2000 et 2005: 10 080 exploitations professionnelles ont arrêté leur activité, soit -18%. Aujourd’hui ce chiffre a augmenté… mais nous, on ne le connaît pas.

Vous l’aurez compris, la région Aquitaine destine essentiellement son agriculture à l’exportation, mise tout sur la production de maïs, grande consommatrice d’eau par ailleurs, du vin et sur l’élevage. Il y a donc très peu d’agriculture vivrière, nourricière, maraîchère et bio… n’en parlons pas. Si vous ajoutez à cela la pression foncière, le mitage des sites ruraux à cause de l’étalement urbain, difficile dans ce contexte, ces conditions, pour un jeune agriculteur qui souhaite s’installer en maraichage bio, en Gironde, de trouver un terrain, de développer une agriculture locale, nourricière, maraîchère bio. Mais ne soyons pas trop négatifs, des efforts sont faits… mais sont insuffisants. Mais alors, nous demanderez-vous, d’où provient dans ce cas la nourriture ? Aujourd’hui, on peut dire que l’énergie est encore peu coûteuse, encore que… on peut importer des produits agricoles, mais demain ? Aujourd’hui en tout cas nous avons assez d’éléments pour dire que c’est maintenant qu’il faut agir, qu’il faut prendre les devants, anticiper pour ne pas se retrouver demain Gros-Jean comme devant. Nous devons tout faire pour développer ce type d’agriculture, ici en Aquitaine et partout ailleurs, pour préserver les sols, la biodiversité, l’eau, enrayer la disparition des paysans, nous assurer localement un approvisionnement en nourriture. Un truc à se rappeler (ça vaut un post-it sur le frigo) : ni les paysages ni les écosystèmes dont la production assure l’entretien ne s’importent. Courriel : cdel.cata33@free.f Téléphone, Nicole : 05 57 58 18 97 Didier : 06 30 69 05 32. CATA33

 

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