Réfugiés climatiques: l’insoluble équation

Blog, le 17 septembre 2008, Six pieds sur terre, Réflexions et informations sur notre planète…et sur ceux qui l’abîment, par Laure Noualhat.

Réfugiés climatiques: l’insoluble équation

C’est le sujet qui monte, les colloques s’organisent en rafale et pourtant aucune solution politique «acceptable» ne s’esquisse: le réfugié climatique. La Commission européenne avait organisé le 11 juin une journée sur le sujet. La députée européenne Hélène Flautre (Verts), à l’origine du raout, souhaite déposer une proposition de loi pour élargir le statut de réfugié à ceux qui migrent à cause de phénomènes climatiques. Qui a probablement peu de chance d’aboutir vu que la Commission vient d’adopter une directive dite «retour» qui facilite grandement l’expulsion et la rétention des indésirables. Un contact amical et néanmoins très renseigné me confiait la chose suivante : la migration environnementalement forcée s’intensifie mais les frontières des pays se ferment. Je dirais que c’est ainsi que nous pourrions résumer le problème. Et à la limite, tout est dit.

Il me racontait aussi qu’à Houston en 2005, les déplacés de La Nouvelle Orléans avaient été accueillis à bras ouverts après le cyclone Katrina. Pompom girls, fanfares, cotillons, accueil à l’américaine. Puis quelques semaines plus tard, sur le parvis de l’hôtel de ville, des centaines de manifestants appelaient au départ des réfugiés. Etonnant, surtout dans le même pays.

L’Europe planche pas mal sur le sujet, mais ne peut apporter aucune réponse. Car il n’y a pas de réponse politiquement acceptable pour les Etats membres : élargir le statut de réfugié de la Convention de Genève aux réfugiés environnementaux ? Vous n’y songez pas sérieusement ? Instaurer un principe de pollueur-payeur pour financer l’exil ? C’est une blague ? Anticiper les catastrophes, déplacer avant le drame ? Heu, si on savait faire, ça se saurait.

Remarquez, ma gorge profonde me racontait que cela se fait au Mozambique: l’armée déloge les habitants de zones inondables avant qu’il ne soit trop tard. Mais personne ne veut partir. Puis il y a les murs: entre le Yémen et l’Arabie saoudite, l’Inde et le Bandaglesh, … Sympa.

Pour en revenir à l’Europe, un chouette programme est en cours dont j’attends le rapport avec impatience. Cela s’appelle Each pour Environmental change and forced migration scenarios. Les chercheurs étudient 24 cas d’école: Tuvalu, le Mozambique justement, la Mongolie intérieure, le Kirghiztan, le Mexique, etc.

Prochain colloque à Bonn, avec la crème internationale de spécialistes du sujet.

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