Cohérence entre écologie et économie, le marais doit vivre

Sud-Ouest, le 18 septembre, Michèle Méreau

ESTUAIRE. Une table ronde autour du problème de l’aménagement des zones humides a eu lieu samedi chez les éleveurs de la Bergerie des marais, à Anglade

Le marais doit vivre

France et Thierry Delottier avaient invité samedi dernier tout un chacun, et notamment ceux qui s’intéressent aux problèmes des zones humides, à se réunir dans leur bergerie à la Montagne, dans la commune d’Anglade. Une journée où des intervenants spécialisés dans ces questions ont pris la parole afin d’informer et de trouver des solutions aux problèmes rencontrés par les habitants, ou par ceux qui travaillent sur ces zones humides comme les éleveurs, les agriculteurs, certains prestataires de la sphère touristique…

France et Thierry Delottier sont particulièrement concernés car leur élevage de moutons, labellisés récemment « agneau de l’estuaire », est menacé dans la mesure où des constructions ne sont pas possibles pour permettre une meilleure exploitation en raison du Plan de prévention des risques inondations (PPRI). « Mais nous ne sommes pas les seuls, ce sont plus ou moins tous les marais en bord d’estuaire qui sont concernés en Haute Gironde », explique Thierry Delottier.

C’est pourquoi de nombreuses associations avaient aussi installé des stands à la Bergerie des marais : le Conservatoire de l’estuaire, Gens d’estuaire, les Moutonniers de l’estuaire…

Tous concernés. Pour Jean-Noël Fouchier et Véronique Savoie, de l’Amap (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne) à Saint-André-de-Cubzac, les agriculteurs et les éleveurs doivent pouvoir continuer leurs activités dans le marais malgré le PPRI, affirmant qu’elles ont existé de tout temps et sont bénéfiques pour l’avenir, respectant les grands principes écologiques.

Autre voix qui s’est élevée pour affirmer haut et fort l’affectation agricole de ces terres par tradition, celle de Simon Charbonneau, professeur de droit de l’environnement et adhérent à la Sepanso. Avec précision, il a argumenté pour montrer que « les PPRI sont trop rigides, ils évitent certains problèmes, mais créent des situations contraires à la biodiversité. »

Bernard Belair, président de l’Association de défense des habitants et des sites de Haute Gironde (ADHSHG), a pris la parole pour expliquer à l’auditoire les différents combats de l’association, et notamment ceux menés à Gauriac. Et comme les précédents intervenants, il a pris position en faveur de « Thierry et France comme de tous ceux qui souhaitent faire vivre le marais sans contraintes inutiles ». Un avis partagé par la Confédération paysanne.

Création d’un comité. À la fin de la journée, après des débats et la présentation de documentaires sur le marais, les participants ont décidé la création officielle d’un Comité de soutien pour la préservation des zones humides et leurs habitants. Il se donne un mois pour se faire plus amplement connaître, pour présenter une pétition et la porter ensuite à la connaissance du sous-préfet ou du préfet. « L’essentiel est que la population sache que le marais est quelque part menacé dans l’avenir », concluait Thierry Delottier.

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