Les réserves de biosphère peinent à s’imposer aux élus

Actu-Environnement.com, le 11/09/2008, M. Duchesne

L’UNESCO peine à mobiliser les élus français autour des réserves de biosphère en France

Coordinateur du Programme « l’homme et la biosphère » de l’UNESCO en France depuis 1971, le Comité MAB France réunissait pour la première fois à Paris, de nombreux acteurs locaux. L’enthousiasme n’était pas au rendez-vous. Explications.

Nous avons déjà un parc naturel. Quel intérêt y a-t-il à devenir également une réserve de biosphère. Cette question, fréquemment posée aux acteurs locaux, résume à elle seule le manque de visibilité dont souffrent les dix réserves de biosphère que compte le pays. C’est le constat que de nombreux élus locaux ont fait ce mercredi 10 septembre à Paris, à l’issue d’une réunion organisée par le Comité MAB France, l’organisme qui coordonne le Programme « l’homme et la biosphère » de l’UNESCO dans l’hexagone depuis 1971. Venus de Camargue, de la région des Cévennes, de Corse, du Lubéron, des Vosges, de Fontainebleau, de Bretagne ou encore de Guadeloupe, élus et techniciens sont venus partager leur expérience de terrain avec Natarajan Ishwaran, le secrétaire général du Programme MAB UNESCO. Chargé de coordonner la politique des 528 réserves de biosphère de la planète, dans 105 pays, celui-ci a patiemment écouté les témoignages et doléances des uns et des autres.

Davantage de dialogue entre les hommes, entre les régions et entre les pays

La création d’une « réserve » ou d’un « parc », deux mots entrés dans le langage courant mais qui sonnent mal parce que trop bestial selon certains, a pourtant de multiples atouts. Les élus se félicitent d’abord du dialogue rendu possible grâce à cette structure. Hervé Schiavetti, le maire d’Arles, déclare ainsi que le chemin parcouru depuis dix ans est important. Aujourd’hui, la population est beaucoup moins hermétique et désormais même les chasseurs admettent l’idée que certains territoires doivent être protégés de l’homme et entretenus par des techniciens. Muriel Cervilla, chargée de communication du Parc naturel régional de Camargue, précise qu’une réserve, et son extension éventuelle, n’est pas un outil de résistance pour lutter contre la densification. La législation qui protège le littoral suffit. Toutefois c’est un outil de mobilisation et les gens se mobiliseront par exemple plus facilement contre la construction d’un IKEA s’il faut protéger une réserve de biosphère….

Autre point fort ? Lire la suite

Réfugiés climatiques: l’insoluble équation

Blog, le 17 septembre 2008, Six pieds sur terre, Réflexions et informations sur notre planète…et sur ceux qui l’abîment, par Laure Noualhat.

Réfugiés climatiques: l’insoluble équation

C’est le sujet qui monte, les colloques s’organisent en rafale et pourtant aucune solution politique «acceptable» ne s’esquisse: le réfugié climatique. La Commission européenne avait organisé le 11 juin une journée sur le sujet. La députée européenne Hélène Flautre (Verts), à l’origine du raout, souhaite déposer une proposition de loi pour élargir le statut de réfugié à ceux qui migrent à cause de phénomènes climatiques. Qui a probablement peu de chance d’aboutir vu que la Commission vient d’adopter une directive dite «retour» qui facilite grandement l’expulsion et la rétention des indésirables. Un contact amical et néanmoins très renseigné me confiait la chose suivante : la migration environnementalement forcée s’intensifie mais les frontières des pays se ferment. Je dirais que c’est ainsi que nous pourrions résumer le problème. Et à la limite, tout est dit.

Il me racontait aussi qu’à Houston en 2005, les déplacés de La Nouvelle Orléans avaient été accueillis à bras ouverts après le cyclone Katrina. Pompom girls, fanfares, cotillons, accueil à l’américaine. Puis quelques semaines plus tard, sur le parvis de l’hôtel de ville, des centaines de manifestants appelaient au départ des réfugiés. Etonnant, surtout dans le même pays.

L’Europe planche pas mal sur le sujet, mais ne peut apporter aucune réponse. Car il n’y a pas de réponse politiquement acceptable pour les Etats membres : élargir le statut de réfugié de la Convention de Genève aux réfugiés environnementaux ? Vous n’y songez pas sérieusement ? Instaurer un principe de pollueur-payeur pour financer l’exil ? C’est une blague ? Anticiper les catastrophes, déplacer avant le drame ? Heu, Lire la suite

Liste des 12 marchés bio et 78 magasins bio d’Aquitaine

Bio d’Aquitaine

L’Aquitaine compte en 2008 un millier d’agriculteurs bio. 6 associations départementales: AgroBio Périgord pour la Dordogne, le Civam Bio du Lot et Garonne, le Civam Bio de Gironde, le Civam Bio des Landes, le Civam Bio Béarn et l’association B.L.E. pour le Pays Basque, comptent parmi leurs adhérents environ la moitié de ces producteurs bio.

Bio d’Aquitaine, association loi 1901 également, fédère au niveau régional ces 6 associations départementales de producteurs bio. Elle est elle-même adhérente à la FNAB, la Fédération Nationale des Agrobiologistes.

Bio d’Aquitaine a pour objectif le développement de l’agriculture biologique dans une perspective de durabilité sociale et environnementale de la production agricole sur le territoire aquitain.

Les associations départementales du réseau proposent :

– assistance technique à la pratique de l’agriculture biologique,

– formations,

– accompagnement des démarches de conversion, assistance au montage de projets collectifs,

– actions de  promotion de l’agriculture biologique et des produits bio.

Bio d’Aquitaine, en tant que fédération régionale, a pour mission de favoriser les liens entre les structures locales et de participer à créer un environnement régional favorable au développement de l’agriculture biologique.

Ses axes d’action :

– L’animation des échanges et de la communication entre les associations départementales et la mutualisation des acquis.

– La valorisation des actions et programmes locaux auprès des partenaires et interlocuteurs au niveau régional.

– La participation régionale à la  dynamique des réseaux nationaux de l’agriculture biologique (FNAB, ITAB notamment)  pour une  meilleure reconnaissance des agriculteurs engagés en agriculture biologique et des spécificités de leurs pratiques agronomiques

MARCHES ET MAGASINS BIO 

Vous trouverez ci-après une liste de marchés, puis de magasins, de la région, spécialisés dans la vente de produits biologiques. Lire la suite

Le pétrole est l’excrément du diable

Le Monde, le 18 septembre 2008, par Dominique Dhombres

Ne regardez pas ce film sur Arte !

La chute des banques américaines vous rend nerveux ? Vous craignez le pire ? Dans ce cas, il ne fallait surtout pas regarder, mardi 16 septembre sur Arte, le documentaire intitulé Cruel sera le réveil consacré à la fin du pétrole. Il y aura des rediffusions. Evitez-les ! La panique de la planète finance, c’est de la petite bière, de la roupie de sansonnet, du sirop par rapport à ce qui nous attend lorsque la dernière goutte aura été pompée du dernier puits encore en activité.

Le pétrole va bientôt manquer. Les pays producteurs mentent effrontément, avec la complicité intéressée des compagnies. Ils déclarent, année après année, le même niveau de réserves tout en puisant dans ces dernières comme des malades. Ces mensonges maintiennent le système à flot, si l’on peut dire. La chute sera dure, le réveil brutal. C’est ce chant funèbre qu’entonnent le journaliste suisse Basil Gelpke et le réalisateur irlandais Ray McCormack, auteurs de ce film apocalyptique. Vous aimez avoir peur ? Vous adorerez. Vous êtes bien assis ? On y va ! Les premières citations vous mettent dans le bain, noir évidemment. « Le pétrole est l’excrément du diable« , nous dit une voix hors champ. La musique est sinistre à souhait. Et cela ne fait que commencer. « Le pétrole n’est pas comme le blé. On n’en cultive pas chaque année. C’est le produit de millions d’années d’histoire géologique », dit un expert. « La majeure partie du pétrole de la planète s’est formée pendant des périodes très courtes de réchauffement extrême, il y a 90 et 150 millions d’années », dit un autre. Le ton est donné.

Produit par la décomposition de végétaux et de cadavres d’animaux, enfoui sous des dépôts successifs de sable, le pétrole était un trésor caché que l’humanité a dilapidé.

Sa disparition prochaine et inéluctable va produire un krach généralisé du système. La révolution verte qui a permis de nourrir les nouvelles générations nées de l’explosion démographique est en grande partie due aux engrais dérivés du pétrole. Avec la fin de ce dernier, comment fera-t-on ? Ce sont donc famines et guerres en perspective. Lire la suite

L’UE divisée sur la lutte contre le changement climatique

Le Monde, le 17 septembre 2008, Philippe Ricard

L’Union européenne divisée sur les instruments de lutte contre le changement climatique

Les représentants des Vingt-Sept devaient entrer mercredi 17, et jeudi 18 septembre à Bruxelles dans le vif de la négociation du « paquet climat-énergie ». Le chantier est placé parmi les priorités de la présidence française de l’Union d’ici à la fin décembre. Mais les menaces de récession pèsent comme jamais sur les ambitions européennes. « L’ambiance est plus difficile qu’en mars 2007, quand l’environnement économique était meilleur« , observait récemment un haut responsable de la Commission européenne, qui compte sur « l’autorité de M. Sarkozy » pour que le paquet soit adopté sans être trop dilué.

2005 : dans la bourse aux quotas d’émission de gaz à effet de serre lancée en Europe, les quotas sont alloués gratuitement par les pouvoirs publics : les industriels ont la capacité de monnayer leurs seuls surplus.

2013 : ce système d’échange des quotas se fera sur la base de mises aux enchères par les Etats membres. Des quotas gratuits et une mise aux enchères progressives sont imaginés pour les secteurs les plus vulnérables économiquement.

Officiellement, personne ne conteste le triple objectif agréé en mars 2007 par les chefs d’Etat et de gouvernement : 20 % de réduction de gaz à effet de serre, 20 % d’énergies renouvelables dans la consommation européenne, et 20 % d’économies d’énergie d’ici à 2020. La pression est néanmoins énorme, car la crise économique donne du poids aux arguments des industriels et des nouveaux Etats membres partisans d’alléger le coût de la lutte contre le réchauffement climatique.

La Pologne a fait savoir qu’elle ne soutiendrait pas un accord à tout prix à la fin de l’année. « L’alliance entre les industriels et les nouveaux Etats membres peut contribuer à vider le paquet de sa substance », craint l’écologiste Claude Turmes, un des rapporteurs du paquet au Parlement européen.

« FUITES DE CARBONE »

Au coeur de la bataille figure la bourse d’échange des quotas d’émission de CO2 imaginée par les Européens pour tenir leurs engagements dans le domaine industriel. Pour les nouveaux Etats membres, les tarifs de la tonne de CO2 négociés sur cette plateforme, et leur impact sur les prix de l’énergie, risquent de freiner leur rattrapage économique. Très dépendante du charbon, Lire la suite

Cohérence entre écologie et économie, le marais doit vivre

Sud-Ouest, le 18 septembre, Michèle Méreau

ESTUAIRE. Une table ronde autour du problème de l’aménagement des zones humides a eu lieu samedi chez les éleveurs de la Bergerie des marais, à Anglade

Le marais doit vivre

France et Thierry Delottier avaient invité samedi dernier tout un chacun, et notamment ceux qui s’intéressent aux problèmes des zones humides, à se réunir dans leur bergerie à la Montagne, dans la commune d’Anglade. Une journée où des intervenants spécialisés dans ces questions ont pris la parole afin d’informer et de trouver des solutions aux problèmes rencontrés par les habitants, ou par ceux qui travaillent sur ces zones humides comme les éleveurs, les agriculteurs, certains prestataires de la sphère touristique…

France et Thierry Delottier sont particulièrement concernés car leur élevage de moutons, labellisés récemment « agneau de l’estuaire », est menacé dans la mesure où des constructions ne sont pas possibles pour permettre une meilleure exploitation en raison du Plan de prévention des risques inondations (PPRI). « Mais nous ne sommes pas les seuls, ce sont plus ou moins tous les marais en bord d’estuaire qui sont concernés en Haute Gironde », explique Thierry Delottier.

C’est pourquoi de nombreuses associations avaient aussi installé des stands à la Bergerie des marais : le Conservatoire de l’estuaire, Gens d’estuaire, les Moutonniers de l’estuaire…

Tous concernés. Pour Jean-Noël Fouchier et Véronique Savoie, de l’Amap (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne) à Saint-André-de-Cubzac, les agriculteurs et les éleveurs doivent pouvoir continuer leurs activités dans le marais malgré le PPRI, affirmant qu’elles ont existé de tout temps et sont bénéfiques pour l’avenir, respectant les grands principes écologiques.

Autre voix qui s’est élevée pour affirmer haut et fort l’affectation agricole de ces terres par tradition, celle de Simon Charbonneau, professeur de droit de l’environnement et adhérent à la Sepanso. Avec précision, il a argumenté pour montrer que « les PPRI sont trop rigides, ils évitent certains problèmes, mais créent des situations contraires à la biodiversité. » Lire la suite

Echange la deuxième voiture contre vélo électrique

Sud-Ouest, le 18 septembre, Olivier Delhoumeau

TRANSPORT. Véritable institution, les Cycles Suire participent aux animations de la Semaine de la mobilité, qui s’achève dimanche

Les ventes de vélos à assistance électrique décollent

Les Cycles Suire. Le nom parle forcément aux adeptes de la petite reine. À Mérignac, le magasin a pignon sur rue, ou plutôt sur avenue. Celle du château d’eau, au cœur de Capeyron. Sa réputation doit beaucoup à la forte personnalité de son fondateur, Jacques Suire, ancien coureur pro, spécialiste de l’assemblage de A à Z. Une pratique tombée en désuétude, en raison de l’évolution du marché du cycle. « Les fabricants ont enrichi leurs gammes de sorte que le vélo à la carte existe quasiment en série », soutient Christophe Guiraud, le nouveau propriétaire des lieux.

Des initiations samedi. Responsable administratif et financier de formation, il s’est reconverti dans le vélo à la suite d’un licenciement. Il cherchait une affaire dotée d’un petit atelier sentant le pneu et le cambouis. « Mon père et mon grand-père possédaient un garage auto à Bordeaux, où j’ai passé mon enfance. »

À défaut de garage auto, il se tourne en 2005 vers l’acquisition des Cycles Suire. Atelier de réparation, vente de vélos et de deux-roues motorisés deviennent son quotidien. Sa clientèle : des amateurs de la CUB et du Médoc.

Sollicités pour la Semaine de la mobilité qui se déroule actuellement, les Cycles Suire proposent au public des tests de vélos à assistance électrique (VAE). Les initiations se dérouleront samedi au village de la mobilité, à côté du marché du centre-ville. Un gadget de plus dans la sphère verte ? Non, estime Xavier Chouet, employé, qui observe un intérêt grandissant pour le VAE. « Les ventes explosent depuis peu. La hausse du prix du carburant explique en partie cette tendance. Les clients sont souvent des familles propriétaires de deux automobiles, qui troquent une voiture contre le vélo électrique. » Évolution des modèles, efficacité croissante des batteries lithium ion et allégement des vélos soutiennent le marché. Lire la suite