Cuiseurs solaires : cuisine du soleil

Sud-Ouest, septembre 2008, Isabelle Camus

BORDEAUX NORD. L’asso Bolivia Inti a proposé un stage de fabrication et d’utilisation de cuiseurs solaires au centre social

Cuisine du soleil

Ne l’oublions pas, même si beaucoup déplorent un été médiocre, le soleil n’en demeure pas moins la source de lumière et de chaleur la plus puissante, la plus écologique et la plus… gratuite. Trois raisons que l’association nantaise Bolivia Inti exploite en mettant l’astre solaire au service du développement (durable) tant en Amérique Latine qu’en Afrique ou en France.

Le week-end dernier, elle a ainsi initié, au centre social Bordeaux nord, une quinzaine de bricoleurs à la fabrication et à l’utilisation d’un cuiseur solaire, d’une parabole solaire, d’un  poêle à bois économe et d’une caisse thermique encore appelée marmite norvégienne. A son programme technique et théorique, Bolivia Inti rajoute invariablement l’explication des enjeux écologiques et humanitaires que ces outils de cuisson permettent de résoudre, ici ou ailleurs.

En extérieur. Pollutions, déforestation, causes de mortalité, potabilisation de l’eau… Même si nous ne sommes pas confrontés à ces problématiques extrêmes, nous allons de plus en plus être amené à découvrir les avantages tant éco-logiques qu’éco-nomiques de ces merveilles de simplicité et d’efficacité carburant au rayonnement solaire. Atouts, qui, par ces temps de flambée des prix énergétiques ne peut manquer de faire réfléchir les plus réfractaires. Or, si ces alternatives culinaires demeurent essentiellement utilisables en extérieur, elles n’en sont pas moins à la portée de tous les détenteurs du moindre petit bout de terrasses ou de jardins. Aussi, peut-on se laisser aller à imaginer qu’un jour, peut-être, on pourra voir, sur les balcons, autant de paraboles solaires que d’antennes paraboles.  Renversement de tendance que Bolivia Inti aura contribué à développer ou de l’effet positif du changement climatique sur les mentalités. Lire la suite

Progrès du bio dans les cantines scolaires

Le Monde, le 16 septembre 2008, Martine Laronche

Progrès du bio dans les cantines scolaires

On est loin du raz de marée, mais la tendance est bien là : les produits bio font une percée dans les cantines scolaires. Entre 2004 et 2007, le nombre de repas a presque été multiplié par dix. Dans ce domaine, les villes de Lons-le-Saunier (Jura) ou de Lorient (Morbihan) font figure de pionnières. Toutes deux ont introduit les denrées 100 % naturelles dans la restauration collective depuis près de dix ans. « Les crises alimentaires, avec la maladie de la vache folle, la dioxine, la fièvre aphteuse, ont constitué des éléments déclencheurs », explique Christophe Bouillaux, directeur de la restauration municipale à Lorient.

Alors que la part du bio ne représente, en France, que 0,5 % des repas servis à l’école, elle compte pour 25 % des achats de nourriture dans les cantines de la cité lorientaise. Commencée, en 1998, avec l’introduction des yaourts, la montée en puissance du bio a été très progressive et s’est ancrée, autant que possible, sur la production locale et régionale.

Certains produits 100 % naturels peuvent coûter deux fois plus cher, notamment la viande. Pour limiter les surcoûts, les services de la restauration municipale ont veillé à la composition des menus, cuisiné beaucoup plutôt que d’acheter des plats préparés, fait preuve d’une grande rigueur sur les quantités… Au final, « les prix de revient des repas à Lorient ne sont pas plus chers que dans la plupart des communes aux menus conventionnels », assure M. Bouillaux.

A Lons-le-Saunier, l’idée de se lancer dans le bio est venue d’un problème de pollution de la nappe phréatique par les nitrates. « Pour y remédier, la ville a incité les agriculteurs à planter du blé bio dans la zone de captage, explique Didier Thevenet, directeur de la restauration scolaire. Du coup, on a décidé d’utiliser ce blé pour faire du pain qui alimente la restauration collective de la commune. »

Par la suite, un accord a été passé avec l’Ecole nationale de l’industrie laitière de Poligny qui fournit, désormais, yaourts nature et aromatisés bio pour la commune. « Avec un coût de revient entre 15 centimes d’euros et 18 centimes d’euros, ils nous coûtent moins cher que des yaourts ordinaires au lait entier », assure M. Thevenet.

Pour limiter le prix de la viande, la ville achète des vaches montbéliardes vivantes et s’occupe de les conduire à l’abattoir. A partir de septembre, pommes de terre, carottes, betteraves bio vont faire également leur apparition dans les assiettes grâce à des aides apportées à un agriculteur local.

« Faire du bio, ce n’est pas intégrer bêtement des produits sans se préoccuper d’où ils viennent, insiste Didier Thevenet. Je suis pour le commerce équitable local. » Les produits du terroir présentent un avantage majeur par rapport aux produits bio importés : limiter la pollution générée par le transport. Lire la suite

Transport aérien : la crise

Le Monde, le 16 septembre 2008

Transport aérien : la nécessaire mutation

Ni turbulences ni trou d’air : le transport aérien traverse bel et bien une crise majeure, fruit du ralentissement économique et de l’envolée brutale des cours du brut. Et ce n’est pas le récent recul de ces derniers qui changera la donne, estiment les spécialistes. Des deux côtés de l’Atlantique, toutes les compagnies sont lancées dans un vaste mouvement de restructuration qui touche, selon les cas, la flotte, le réseau ou les effectifs, quand ce ne sont pas les trois à la fois.

Le paradoxe est là : en dépit du ralentissement économique, du renchérissement du coût du transport justifié par un pétrole cher, les passagers aériens sont toujours de plus en plus nombreux.

L’Airports Council International (ACI), qui regroupe près de 1 700 aéroports dans 175 pays, a publié le 29 juillet ses statistiques complètes pour l’année 2007. Pour l’année sous revue, le trafic passager dans les aéroports a enregistré une croissance de 6,8 %, avec près de 4,8 milliards de voyageurs. Par régions, la plus forte hausse a été enregistrée au Moyen-Orient (+ 11,3 %), suivi de l’Afrique (+ 11,2 %) et de la région Asie-Pacifique (+ 9,1 %). Depuis 2003, le nombre de passagers mondiaux ne cesse de croître. Une tendance qui devrait se poursuivre, estime l’ACI, mais à un rythme moins soutenu. Pour preuve, les statistiques mensuelles pour les sept premiers mois de l’année font état d’une progression du trafic passager de 2,3 % depuis le 1er janvier et de seulement 1,5 % pour le fret.

« Même si nous sommes toujours en croissance (…), nous apercevons quelques nuages à l’horizon », prévient Angela Gittens, le directeur général de l’ACI. « En raison notamment du ralentissement économique dans certains pays, de la hausse du prix du pétrole et des difficultés financières de plusieurs compagnies aériennes », a-t-elle ajouté.

L’ACI demeure cependant « optimiste » sur les perspectives à long terme, avec une croissance annuelle moyenne de 4 % sur les vingt prochaines années.

L’horizon semble aujourd’hui loin d’être dégagé. L’Association internationale du transport aérien (IATA), qui regroupe la quasi-totalité des compagnies aériennes mondiales, a rendu public, début septembre, des prévisions de résultats pour le moins alarmantes. Lire la suite

Les transports en commun victimes de leur succès

Le Monde, Luc Bronner, le 17 septembre 2008.

Les transports en commun victimes de leur succès

Le succès des transports en commun s’amplifie. Portés par les changements de comportement des Français face à la crise énergétique et la mise en service de nouveaux services dans de nombreuses villes, les transports collectifs connaissent une hausse significative de leur fréquentation. L’Union des transports publics (UTP), qui fédère 170 opérateurs, notamment en zone urbaine, fait état d’une augmentation du nombre de passagers supérieure à 6 % sur les quatre premiers mois de l’année.

Cette tendance positive se retrouve dans la plupart des secteurs. Au premier semestre, les trains express régionaux (TER) affichent ainsi une croissance de 6,3 % par rapport à la même période de 2007. Pour l’Ile-de-France, le Transilien a progressé de 5,5 %, tandis que la RATP signale la poursuite de la hausse de la fréquentation sur ses lignes mais sans donner de statistique précise. Sur ses lignes TGV, enfin, la SNCF annonce une croissance de 10 % des « voyageurs-kilomètres » pour le premier semestre.

Deux facteurs se conjuguent, selon les observateurs. D’abord, la conséquence des investissements publics réalisés depuis dix ans qui se sont traduits par une amélioration de l’offre de services. Spectaculaire, la croissance des TER ne fait ainsi que prolonger l’évolution enregistrée sur la dernière décennie : depuis 1998, la fréquentation des TER a augmenté de 60 %, grâce, notamment, à l’effort financier des régions auxquelles l’Etat a délégué cette compétence en 2002.

Les transports en commun dans les agglomérations ont aussi profité de l’amélioration de l’offre. Selon l’UTP, les deux tiers de la croissance enregistrée correspondent ainsi aux effets induits par la mise en service de nouvelles lignes (tramway, métro, bus) qui augmentent mécaniquement le trafic. « Il y a un effet cyclique dû au rythme des investissements publics. En fin de mandat municipal, il y a généralement une série de travaux qui se terminent », indique Bruno Gazeau, délégué général de l’UTP.

Mais les transports en commun bénéficient aussi directement des évolutions de comportement des Français. Lire la suite

La taxe pique-nique, une petite idée, un principe essentiel

NaturaVox, le 15 septembre 2008

La taxe pique-nique, une petite idée, un principe essentiel

Recycler, réutiliser, réparer, le bon sens tout simplement.

L’instauration d’une «taxe pique nique» a été confirmée ce matin par le ministre du Développement durable. Une taxe, de l’ordre de 90 centimes par kilo, serait appliquée dans la prochaine loi de finances aux assiettes et couverts jetables.

Il existe déjà une taxe sur les produits très polluants : détergents, huiles, pesticides. Il avait été prévu de l’étendre à un type de produits complémentaires, il s’agissait des assiettes et couverts en plastique et carton non recyclables pour financer, par l’écoparticipation, les produits recyclables.

Certains partis estiment que le projet de « taxe pique-nique » sur les assiettes et couverts jetables était une « nouvelle taxe qui va peser sur le consommateur » et « une mauvaise nouvelle » pour le pouvoir d’achat. Dans ce cas je trouve que c’est une très bonne nouvelle et la réflexion démagogique et injustifiée.

La taxe est un des seuls leviers permettant rapidement et facilement d’engager un changement des comportements en taxant les produits polluants, ou, comme dans le cas présents ayant des équivalents réutilisables. Oui, laver est moins pratique que jeter, cela utilise de l’énergie, de l’eau, certes ; mais jeter du plastique qui finit en incinérateur est un non sens écologique et économique à long terme, alors que le pétrole est une ressource fossile qui sera épuisée dans moins de deux générations !

Notre économie doit totalement réorienter ses méthodes de production pour mettre sur le marché des produits intégrant comme principes fondateurs : Lire la suite

Agro-carburants : la Banque mondiale censure le rapport

Les agro-carburants responsables à 75% de la hausse des prix alimentaires

La Banque mondiale censure un rapport sur les agro-carburants

Un nouveau rapport, non publié, de la Banque mondiale accuse la course folle aux agro-carburants d’être responsable à 75% de la hausse vertigineuse des prix alimentaires. Cette flambée des prix aurait déjà coûté 324 milliards de dollars aux consommateurs des pays pauvres et pourrait faire plonger 105 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté.

L’économiste de la Banque mondiale Don Mitchell a calculé le prix d’un panier de denrées entre janvier 2002 et février 2008, et mesuré une hausse globale de 140%. Prenant en compte la « chaîne des conséquences », Mitchell estime que sur les 140%, 35% sont imputables à la hausse des prix de l’énergie, des engrais et à la faiblesse du dollar, et 75% aux agro-carburants.

D’après le quotidien britannique The Guardian |1|, le rapport « affirme que la production des biocarburants a désorganisé le marché des produits alimentaires de trois façons majeures. D’abord, [la demande pour les biocarburants] détourne le blé vers l’éthanol et non vers l’alimentation. Ensuite, à l’heure actuelle, presque un tiers du maïs produit aux Etats-Unis sert à la production d’éthanol et environ la moitié des huiles végétales (colza, tournesol, etc.) sont utilisées pour le bio-diesel. Et finalement, cette dynamique haussière a attiré la spéculation sur les céréales. »

Pour leur part, la FAO et l’OCDE estiment à 30% l’impact Lire la suite