A65 : les planteurs volontaires protègent les arbres

Sud-Ouest, le 8 septembre 2008, Gwenael Badets

BOUGARBER. Les planteurs volontaires, opposants à la construction de l’autoroute A 65, menaient hier une opération de protection d’arbres voués à être abattus

« La tête sur le billot »

Malgré les défaites judiciaires, les faucheurs volontaires ne désarment pas. Ces farouches opposants à la construction de l’autoroute A 65, entre Langon et Pau, continuent de mener des actions symboliques afin de dénoncer le « désastre environnemental et financier » que représente, selon eux, le projet de liaison rapide.

Hier, ils étaient plusieurs dizaines à se rassembler en pleine campagne, à Bougarber, où ils ont mené une action d’un genre nouveau. « Jusqu’ici, nous avions procédé au replantage d’arbres là où A’lienor (1) avait fait des ravages, en Gironde, dans les Landes et à Doumy, en Béarn », rappelle Bernadette Durac, la présidente de l’association pour une alternative régionale Langon-Pau (ARLP). « Cette fois, c’est différent : les arbres sont toujours debout, et il s’agit de les protéger symboliquement en leur attachant un ruban blanc ».

Les arbres en question appartiennent à René Bordenave-Cau, exploitant agricole au lieu-dit Moulin de Lespiau. Il s’agit de chênes, menacés par le tracé de l’autoroute elle-même, et de peupliers, condamnés par le réaménagement foncier qui en découlera. En tout, 2,7 hectares sont visés.

Non sans ironie, le propriétaire des lieux relève que « ces arbres ont été plantés il y a sept ans avec le soutien de fonds européens. Et à présent, il faut les abattre. Voilà toute l’inconséquence des pouvoirs publics ».

La perte de ses arbres n’est toutefois pas ce qui inquiète le plus l’agriculteur. « Ici, nous sommes en zone inondable », explique le sexagénaire, cartes à l’appui. « Voici les photos de la crue de mars 2006 : c’est ici que sera construit un accès technique à l’autoroute ». Sur l’image, des terres noyées sous les eaux, à perte de vue.

La crainte des crues. René Bordenave-Cau est convaincu que la construction du remblai de l’autoroute ne fera qu’augmenter l’ampleur des inondations à venir : « La route, bâtie en hauteur, sera au sec. Mais la digue ainsi formée va supprimer les zones d’écoulement des eaux. Et tout ce qui me restera, c’est d’attendre la tête sur le billot qu’il n’y ait pas de crues. Ou sinon, j’aurai un bien perdu. Ce n’est pas convenable, alors qu’on nous parle de respect de l’environnement ».

Les autres agriculteurs présents dans le cortège des planteurs volontaires partagent ces craintes : « Les élus qui ont dit oui au projet ont tout fait, sauf venir sur le terrain pour constater ce qui est en jeu. Et ne leur dites pas que c’est le prix à payer pour une liaison rapide avec la capitale régionale : « D’autres solutions existaient, qui ont été occultées », peste Bernadette Durac. « À commencer par l’aménagement de l’existant. Ce qui, selon un rapport du sénat, aurait coûté deux à trois fois moins cher que l’autoroute ».

(1) A’liénor est la société concessionnaire chargée de réaliser le projet autoroutier

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