La fin de l’ère du pétrole se prépare en Angleterre

Métro, Nadia Loddo, 27 août 2008

La ville de Totnes, en Angleterre, organise sa transition vers une économie sobre en énergie

L’idée s’exporte

Le phénomène Totnes fait fureur en Angleterre et ail­leurs. Quatre-vingt-dix villes au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en Australie et au Chili ont entamé la transition. Quelque 700 sont dans une phase préparatoire. Le 9 septembre, la ville anglaise de Lewes lancera sa propre livre… et une bière du même nom : la “Lewes pound”. Les grandes villes s’y mettent aussi : Bristol, Brixton et Liverpool sont parmi elles.

“Le pic pétrolier est une chance plus qu’une crise. Une chance de travailler à une nouvelle renaissance économique et sociale.”Rob Hopkins

Comment s’y mettre

Le guide pour se lancer dans la construction d’une Transition Town (ville de transition), le Transition Town Handbook, écrit par Rob Hopkins, sera bientôt mis en ligne, à la disposition de tous.

Le site : www.totnes.transitionnetwork.org

Le blog de Rob Hopkins, Transition Culture : transitionculture.org

Chaussures fabriquées à la main, boulangeries bio, petits cafés proposant d’irrésistibles gâteaux strictement produits sur place et restaurants végétariens, sans parler des friperies et des librairies new-age : Totnes perpétue depuis près d’un siècle sa renommée de ville où vivre hippy et écolo est encore possible. Ce n’est donc pas un hasard si cette commune de 8 000 habitants dans le sud du Devon (Angleterre) est devenue pionnière d’un mouvement citoyen qui se développe outre-manche, celui des “Transition Towns” (TT), les villes en transition.

“En transition de quoi à quoi ?” se demande-t-on. “De l’ère du pétrole à celle de la fin de l’énergie bon marché”, explique Rob Hopkins, l’initiateur du mouvement. “En 2004, j’ai entendu parler du pic pétrolier (le moment où la production mondiale commencera à décliner du fait de l’épuisement des réserves, ndlr). Certains affirment qu’il a déjà eu lieu, en tout cas, ça se rapproche, alors il faut sérieusement penser à comment on va s’adapter”, poursuit-il.

“Notre dépendance au pétrole est telle qu’il est évident que notre vie devra changer quand il commencera à ne plus y en avoir”, affirme cet Irlandais qui a lancé la première TT en 2006. Pas la peine de crier à la catastrophe pour autant. L’idée est justement de saisir cette occasion historique pour engager un processus de changement créatif. Administrations locales, entreprises, associations et citoyens… tout le monde a un rôle à jouer dans la construction d’une communauté solide, prête pour l’après pétrole… prête à éviter les scénarios catastrophiques des étagères vides et l’économie en panne.

Un plan d’action sur 20 ans

Comment faire concrètement ? Des groupes se forment par thèmes, afin de voir comment réduire la consommation d’énergie et de lutter par là même contre le réchauffement climatique. Favoriser l’agriculture et les ressources locales, construire différemment, explorer les pistes pour une énergie d’origine locale… le travail de chacun des groupes converge vers un plan de “descente du sentier énergétique” sur vingt ans. Le chemin est long. Raison de plus pour se mettre tout de suite au travail, souligne Rob : “Relocaliser l’approvisionnement en denrées alimentaires, par exemple, ne se fait pas en une nuit !”

Sans tarder, la ville a lancé, il y a un an, sa propre monnaie. Plus proche d’un billet de Monopoly que d’un authentique billet de banque, la livre de Totnes séduit de plus en plus de consommateurs. Elle peut désormais être utilisée dans 80 commerces de la ville et donne droit à de nombreuses réductions. “Bien sûr, c’est aussi symbolique, concède Rob, mais ça montre un réel potentiel du commerce local et plaît énormément aux touristes !”

Eh oui, Totnes ne se ferme pas sur le monde en communauté autarcique. Il y a une grosse différence entre globalisation économique et globalisation tout court, selon Rob. “La globalisation économique a été possible grâce au pétrole pas cher qui a alimenté les camions qui parcourent l’Europe en long et en large. Si les camions s’arrêtent, on meure de faim !” s’exclame-t-il. Alors, mangeons les pommes de nos vergers et rencontrons les autres pour partager nos idées, la musique, la culture. Pour Rob, une autre globalisation est possible.

 

 

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