Les AMAP, ou l’agriculture autrement

La Croix, 24 août 2008, Corine BOYER

Ces associations resserrent les liens entre des producteurs de fruits et légumes biologiques et leurs clients

En cette fin d’après-midi, les voitures défilent devant le magasin qui jouxte les serres et les vergers de Denise et Daniel Vuillon. « J’espère que vous aimez les tomates ! », lance en rigolant Daniel aux 65 familles d’« Amapiens » venues chercher un panier fruits et légumes aux Olivades, leur exploitation située à Ollioules (Var). Pour 27,50 €, ils repartent avec dix produits différents, cueillis le matin même : pommes de terre, melon, brugnons, oignons rouges… et 11 kg de tomates rouges, cœur de bœuf, noire zébrée, verte…

« Cette diversité de produits, c’est super ! Leur goût est plus marqué qu’en supermarché où ils sont pleins d’eau », s’enthousiasme Paola, libraire, adhérente depuis cinq ans à l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), fondée en 2001 par le couple Vuillon. « Ces produits cultivés sans produits chimiques sont rassurants et je préfère donner directement mon argent à un paysan plutôt qu’à la grande distribution », ajoute Simon, un marin toulonnais.

Afin de perpétuer cette alternative, Nadine s’est portée volontaire pour récolter les patates douces le lendemain. « Si nous, consommateurs, voulons continuer à manger des produits sains, il faut se mobiliser ! Et puis se casser le dos ensemble, ça crée des liens ! », sourit cette institutrice de 52 ans.

210 familles abonnées

Et des liens, Denise et Daniel Vuillon en ont noué avec 210 familles abonnées aux trois distributions hebdomadaires de leur Amap. Sept ans après avoir importé le concept en France, le couple de maraîchers continue avec passion à promouvoir ce système, qui permet à un groupe de consommateurs de bénéficier d’un panier de fruits et légumes de saison bio, moyennant un prépaiement six mois à l’avance. Grâce à cette sécurité financière, l’agriculteur peut maintenir son activité et les consommateurs, manger des produits fraîchement cueillis dont ils connaissent l’origine. Lire la suite

Aquitaine, intermodalité train-tram enfin avec un grand « I »

Sud-Ouest le 28 août 2008, Jean-Paul Vigneaud

BORDEAUX. Cette fin d’été, le cadencement du TER d’Aquitaine entre dans une phase active. Les trains sont plus nombreux, notamment sur les lignes Bordeaux-Arcachon et Bordeaux-Le Verdon

Comme des trains de banlieue

Des trains express régionaux (TER) aussi nombreux, aussi réguliers, aussi rapides, aussi pratiques que des trains de banlieue autour d’une grande métropole. Un vœu pieux. Ce n’est pas encore le cas mais on s’en approche tout de même. Jamais, en effet, autant de TER n’ont été affichés qu’en cette période de rentrée 2008 en gare Bordeaux-Saint-Jean. Et ce n’est pas un coup d’essai, c’est pour toujours.

Par exemple, entre Bordeaux et Arcachon, 47 TER circuleront dorénavant les jours de semaine. Sept de plus qu’en juin avec des délais d’attente ultra-réduits, un train toutes les 20 minutes aux heures de pointe, un train toutes les heures en pleine journée. Avec des arrêts partout. Entre Bordeaux et Le Verdon, le contraste est aussi frappant : 10 nouvelles circulations par jour en semaine et là encore des arrêts dans toutes les gares.

Un plan ambitieux. C’est la première phase du cadencement des TER voulue par la Région Aquitaine (que préside Alain Roussset), en grande partie financée par cette dernière (grâce à l’apport de nouveau matériel roulant de grande capacité) et concrétisée par Réseau ferré de France (RFF) et la SNCF.

Le programme de développement du TER prévoit 30 % de dessertes supplémentaires avant 2010, l’aménagement ou réaménagement de 158 gares et, dans le même temps, le remplacement de tous les autorails (30 déjà acquis, trois autres attendus en 2009).

Une première étape. Engagée depuis le 6 juillet, la première phase touche exclusivement les lignes du sud et de l’ouest de l’agglomération : Bordeaux-Le Verdon, Bordeaux-Arcachon, Bordeaux-Mont-de-Marsan, Bordeaux-Pau et Bordeaux-Hendaye. Lire la suite

La science des animaux fait sa « grande révolution »

LE MONDE le 29 août 2008, Christiane Galus

Science des animaux, la zoologie est parfois encore perçue à travers l’image des grands naturalistes de l’histoire, tels Buffon, Daubenton, Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire, pour n’en citer que quelques-uns. Mais en deux siècles, cette discipline a bien changé et s’est considérablement diversifiée en bénéficiant des acquis de la biologie moléculaire, de la génétique et de techniques nouvelles comme l’imagerie ou encore le microscope à tomographie, qui permet d’étudier des coupes épaisses et de les reconstituer en trois dimensions.

Pour décrire ce foisonnement scientifique, on parle aujourd’hui de « zoologie intégrée« . C’est le thème du congrès international qui se tient jusqu’au 29 août à Paris et à la faculté des sciences d’Orsay (Essonne). Cette nouvelle zoologie a pour objectif « d’intégrer plusieurs informations sur les organismes ainsi que leurs interactions, explique Jean-Marc Jallon, professeur de biologie à la faculté des sciences d’Orsay et président du congrès. Les zoologistes recherchent aujourd’hui des mécanismes communs, alors que, pendant longtemps, ils ont cultivé les différences entre les organismes. La grande révolution de la zoologie est la recherche de l’unité, comme dans les sciences physiques ».

Les travaux de génétique, notamment, ont montré Lire la suite

Changement climatique : la CE lance une consultation

Territorial – Lettre d’information du réseau europe, le 28 août 2008

Changement climatique : la Commission européenne lance une grande consultation sur l’après-2012

La lutte contre le changement climatique est une priorité européenne importante, notamment dans le cadre de la Présidence Française de l’UE qui doit voir adopter le paquet « énergie-climat ». Au niveau national également, suite au Grenelle de l’environnement, cette priorité a été clairement affichée. Dans ce contexte, la Commission européenne a lancé au début du mois d’août une consultation publique sur l’approche à adopter par l’Union européenne dans la perspective de la conclusion d’un accord international destiné à encadrer la lutte contre le changement climatique à compter de 2012, lorsque les objectifs du protocole de Kyoto cesseront d’être valables. La consultation se déroulera jusqu’au 29 septembre 2008.

Les parties prenantes et le grand public sont invités à exprimer leur point de vue sur un certain nombre de questions essentielles comme les objectifs intermédiaires de réduction des émissions à assigner aux pays développés et les mesures de réduction des émissions à prendre dans les pays en développement, l’adaptation au changement climatique, la coopération technologique et les questions de financement. Les résultats de l’enquête seront utilisés pour définir la position de l’UE quant à l’accord international pour l’après-2012. Pour participer à cette grande consultation, cliquer ici.

 

Histoire d’une coopérative verte et solidaire

Le 1er Juillet 2004, la France ouvre le marché de l’électricité à la concurrence. Les opérateurs historiques perdent leur monopole, tout nouvel entrant peut alors proposer de l’électricité à des structures professionnelles. On bascule ainsi d’un modèle réglementé dans lequel le service énergétique est assuré par une entreprise publique, vers un modèle libéral où des entreprises privées se partagent la fourniture d’électricité. La volonté d’Enercoop est de proposer une troisième voie, de forme privée mais d’intérêt public.

Ce bouleversement profond de l’économie de l’énergie intervient dans un contexte énergétique peu serein :

Le vaste programme nucléaire mis en place par les pouvoirs publics dans les années 1970 à la suite des chocs pétroliers a mis la France dans une situation de surcapacité. Pour écouler la production, les consommateurs sont encouragés à consommer; la France aborde le XXIe siècle dans un état d’ébriété énergétique.

La centralisation de l’électricité en France mène à des pertes liées au transport de l’électricité et gaspillages causé par l’inadéquation entre les moyens de production et les besoins de consommation.

Le programme d’investissement massif dans l’énergie nucléaire se fait aux dépens du développement des énergies renouvelables, qui souffrent d’un manque cruel d’investissement.

Les ressources fossiles (pétrole, gaz, charbon) se raréfient de plus en plus rapidement.

Cette situation mêlant ébriété énergétique, surproduction nucléaire et centralisation poussée favorise le dérèglement climatique et la prolifération nucléaire.

Le projet Enercoop

Face à l’urgence de la situation et à la libéralisation inéluctable du secteur de l’électricité, des acteurs de l’économie sociale et solidaire et des énergies renouvelables se réunissent Lire la suite

La dématérialisation de l’économie : mythe ou réalité ?

Jean-Marc Jancovici, Président du groupe X-Environnement, 2007

Le Jaune et la rouge – Croissance et environnement

NB : les propos tenus ici n’engagent en rien le groupe X-Environnement, dont il faut rappeler que, statutairement, il ne peut avoir aucune prise de position publique au nom de tout ou partie de la communauté polytechnicienne.

Soit un PIB dont nous voulons qu’il continue à croître. Soient des ressources dont nous voulons que la consommation annuelle se mette à décroître – ou dont la consommation annuelle va décroître, que cela nous plaise ou pas.(1) Soit une histoire économique des deux derniers siècles qui montre que l’augmentation du PIB par habitant, dans tous les pays du monde ou à peu près, se traduit depuis des décennies par une augmentation de la consommation d’énergie, de sol, de viande, de minerais de toute nature, et encore de quelques bricoles, et une augmentation non moins importante de la production de déchets de toute sorte, dont le CO2 fait assurément partie, avec pour tous ces flux des impasses qui se précisent pour les décennies à venir. Soit enfin chacun d’entre nous – et donc nos élus – qui aime la croissance chez soi le Lundi mais un peu moins chez les autres le Mardi, la première étant bonne pour nos emplois et la second mauvaise pour nos enfants, alors qu’il s’agit bien évidemment de la même.

Que faire face à cette somme de contradictions ? Lire la suite

Biocarburants dans les pays de l’OCDE : cher, sans efficacité

Un rapport souligne le coût élevé et le manque d’efficacité des politiques de soutien aux biocarburants dans les pays de l’OCDE

Le rapport de l’OCDE intitulé Évaluation économique des politiques de soutien aux biocarburants est téléchargeable ici .

Le soutien public à la production de biocarburants dans les pays de l’OCDE coûte cher, peine à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à améliorer la sécurité énergétique, et se répercute fortement sur les prix mondiaux des produits végétaux ; tel est le constat d’un nouveau rapport sur les mesures qui visent à dynamiser la production et la consommation de biocarburants dans les pays de l’OCDE.Sous le titre Évaluation économique des politiques de soutien aux biocarburants, ce rapport de l’OCDE indique que la viabilité des biocarburants est aujourd’hui largement tributaire du financement apporté par les pouvoirs publics. Aux États-Unis, au Canada et dans l’Union européenne, le soutien public destiné à la fourniture et à la consommation de biocarburants devrait avoisiner 25 milliards d’USD par an à l’horizon 2015, contre 11 milliards environ en 2006. Selon les estimations, le soutien aux biocarburants coûte entre 960 et 1 700 USD pour chaque tonne de gaz à effet de serre évitée (en équivalent CO2). Lire la suite