Dix baigneurs brulés par les méduses dans les Landes

Sud-Ouest, le 29 août 2008, Aude Ferbos, Thomas Cholet et Jean-François Renaut

CÔTE SUD. – Après les attaques massives de physalies lundi sur le nord, hier une dizaine de baigneurs a été brûlée à Capbreton, Messanges et Seignosse

Le retour des méduses

Ce n’est pas l’invasion massive du début de semaine sur la plage de Biscarrosse, où une vingtaine de baigneurs avaient été brûlés. Brûlures qui avaient nécessité l’hospitalisation de huit d’entre eux, et la fermeture de la plage. Les heures suivantes, la grosse frayeur avait vite cédé le pas à quelques jours d’accalmie sur le littoral.

Un répit de courte durée cependant : hier les méduses, toujours des physalies, ont à nouveau sévi sur les plages de la côte sud où les ont portées des courants marins orientés Nord-Sud.

Que faire ? Selon la préfecture, trois personnes en ont été victimes à Seignosse, cinq à Messanges et deux autres encore à Capbreton, sans cependant être hospitalisées. Pour autant, tout contact avec des physalies, reconnaissables à leur couleur bleutée et à leurs filaments pouvant atteindre plusieurs mètres, occasionne des lésions cutanées très douloureuses et peut également provoquer sensation de malaise, accélération du rythme cardiaque et de la pression artérielle, vertiges et douleurs abdominales.

Pratique, la préfecture explique qu’il faut éviter de toucher ces méduses même échouées et, en cas de découverte, prévenir sans délai les postes de secours. Elle préconise également de se baigner en zone surveillée.

Rien d’alarmant. Sur la plage des Savanes de Capbreton, où deux baigneurs se sont plaints de piqûres de physalies bleutées, le scooter des mers était de sortie. Le brigadier-chef Campana et le gardien Labille ont sillonné toutes les plages de Capbreton, signalant ça et là quelques physalies isolées. « Elles sont facilement repérables avec leur poche d’air flottante. On les suit jusqu’à la plage et on les jette directement. Mais il n’y a vraiment rien d’alarmant », explique Dominique Campana.

Dans la zone de baignade surveillée, où de nombreux estivants profitent de leurs dernières vagues, personne ici ne parle de physalies. « Si on nous signalait des méduses, nous n’irions pas à l’eau. Nous sommes là depuis le début de l’après-midi, et je n’en ai pas vu une seule », témoigne Mariane, dont les trois enfants plongent en toute liberté dans les vagues. « On fait confiance aux MNS. Tant qu’il n’y a pas drapeau rouge, on se baigne tranquillement », ajoute Pierrick, le papa.

Rien à signaler à l’horizon. Le scooter tourne depuis une heure et demie pour prévenir un éventuel arrivage massif de méduses, comme ce fut le cas à Biscarrosse lundi. Mais à l’horizon, rien de nouveau. Sur la plage des Estagnots, à Seignosse, où trois baigneurs ont été brûlés, les méduses sont passées presque inaperçues. Gérard, un habitué de la côte landaise, y va de son petit commentaire : « J’étais à Bisca quand les méduses ont débarqué. Ce jour-là, il y avait des raisons d’avoir peur. Aujourd’hui, c’est un jour comme un autre ».

Comme chaque année. Pas d’affolement non plus du côté des « locaux ». Les pharmaciens de Seignosse et Capbreton ont en effet accueilli des victimes de la physalies. « Mais pas plus que d’habitude », modère-t-on à la pharmacie Moreaux de Capbreton. « Il y a toujours eu des méduses sur notre littoral, c’est une affection que l’on connaît depuis des années. Alors oui peut-être que cet été, elles étaient plus nombreuses, poursuit-il. Sur le coup c’est vrai que la douleur est vive, mais passagère : ça fait vraiment l’effet d’un coup de fouet, avec une traînée rouge sur la peau. »

Même discours à Seignosse, à l’officine du Penon, où l’on a accueilli des victimes de la physalie « tout l’été ». Aujourd’hui, cinq baigneurs tout de même se sont présentés à la porte de la pharmacie, suite à un malheureux contact avec une méduse. Si la cause est la même, le traitement en revanche diffère selon les patients et les manifestations présentés par chacun. À la pharmacie Moutron, toujours à Seignosse, aucun cas n’a été signalé aujourd’hui, en revanche « plusieurs victimes se sont présentées il y a deux ou trois jours. »

Bref, la physalie sur les plages landaises, ce n’est pas nouveau mais ça fait toujours aussi mal et peut-être plus souvent que les autres étés. Et quand on a choisi l’Atlantique pour éviter les attaques de requins, oursins et autres murènes des latitudes tropicales plus inhospitalières, on préférerait que les méduses aillent promener leurs filaments ailleurs.

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