Actu-Environnement.com, F.ROUSSEL le 26 août 2008
Les associations (re)pointent du doigt le manque de sobriété énergétique de l’industrie automobile
Alors qu’en juin dernier, la France et l’Allemagne trouvaient un accord pour la future réglementation européenne sur les émissions de GES des voitures neuves, un rapport associatif dénonce les faibles progrès réalisés par les constructeurs en 2007.
Selon une étude publiée par la Fédération européenne Transports & Environnement Europe (T&E) et relayée en France par la Fédération France Nature Environnement, certains constructeurs automobiles semblent encore avoir du mal à progresser en termes de performance énergétique de leurs modèles. Basé sur les données officielles émises par l’Union européenne relatives aux ventes de véhicules neufs commercialisés en 2007, le rapport démontre que tous les constructeurs, ou presque, ont réduit les émissions de leurs flottes : les Allemands sont les plus inattendus avec une réduction de 3,2% par rapport à 2006 passant de 173g/km à 168g/km en 2007. Les constructeurs japonais sont également sur la bonne voie avec une réduction de 2,3% et atteignent une moyenne de 157 gCO2/km. Les constructeurs français en revanche n’ont guère fait de progrès. Même si leur flotte présente une moyenne d’émissions plus faible que les autres groupes (143 gCO2/km), ils ne l’ont réduit que de 0,7%.
De tous les constructeurs automobiles, BMW a réalisé la meilleure progression avec une moyenne des véhicules vendus émettant 7,3% de moins de CO2 en 2007 par rapport à 2006. Le groupe Honda est quant à lui au pied du classement, étant le seul constructeur a présenté des résultats « positifs » : +1,1%. Mais pour la FNE, les efforts des différents constructeurs, y compris les constructeurs français, sont encore bien loin d’être suffisants pour véritablement agir pour le climat et réduire la facture pétrolière des ménages.
Pourtant les constructeurs notamment européens sont contraints de réduire cette moyenne européenne à 130 grammes de CO2 par kilomètre en 2012 contre 158g/km en 2007. Après plusieurs mois de négociations, les Etats membres européens ont en effet réussi à se mettre d’accord sur cet objectif et surtout sur les modalités de répartition de l’effort entre les différents constructeurs. Fortement opposées sur ce sujet, la France et l’Allemagne ont trouvé un accord en juin dernier. Les deux pays ont décidé qu’un seuil moyen d’émissions sera fixé par constructeurs pour que la moyenne européenne atteigne 130gCO2/km d’ici 2012 et les 10gCO2/km supplémentaires devront être réalisés grâce à une conduite économe et l’utilisation des biocarburants. Le niveau d’émission autorisé sera établi en fonction de la masse des véhicules. Les contraintes seront applicables pour tous les constructeurs mais le seuil serait fixé à un niveau plus bas pour les constructeurs de petits véhicules que pour les constructeurs de véhicules de grosses cylindrées. Tous les constructeurs, même ceux proches de l’objectif devraient donc faire des efforts.
D’ailleurs, dans son étude, T&E a repris les objectifs susceptibles d’être affectés à chaque constructeur et en a déduit pour chacun les efforts restants. Il se trouve que PSA Peugeot-Citroën est le constructeur le plus proche de son objectif avec une moyenne actuelle de 141g CO2/km et une cible qui pourrait être de 127g CO2/km. Il doit donc réduire les émissions de sa flotte de 10% d’ici 2012. Avec une cible identique, Renault est lui aussi bien placé (13%), puis viennent Fiat (14%) et Toyota (15%). Les constructeurs allemands Volkswagen et BMW sont tous les deux à 19% et Susuki, Daimler et Mazda sont en revanche les plus en retard (25% et 24% respectivement).
Mais les objectifs fixés aux constructeurs ne font pas l’unanimité et la méthode de calcul est fortement rejetée par les associations de protection de l’environnement : les évolutions lentes de la plupart des constructeurs témoignent bien que l’Union européenne doit absolument maintenir la pression avec des objectifs ambitieux sur du long terme, estime Michel Dubromel, Vice-président de T&E et Pilote du réseau Transports et mobilité durables à FNE. Pour la fédération, les résultats de l’étude sont un argument de plus pour justifier des objectifs plus contraignants notamment une limite à 120 g/km en 2012 et surtout une à 80g dès 2020. L’association critique en outre le calcul des objectifs en fonction du poids moyen des véhicules : cela pénalise avant tout les constructeurs qui souhaitent faire des efforts pour améliorer l’efficacité énergétique de leurs véhicules, explique-t-elle.
Pour l’instant, le règlement européen n’est pas encore rédigé dans sa version finale, les associations garde encore espoir que leur message soit entendu.
Télécharger l’étude (PDF-176ko)
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