Patrick Viveret : Etre heureux, une question politique

liberation.fr, Patrick Viveret, le 29 janvier 2010

Etre heureux, une question politique

Retour sur la perception du bonheur – public ou privé – dans nos sociétés.

Peut-on organiser, comme le fera Libération à Rennes, en mars, un forum civique sur le bonheur après une tragédie comme celle qui vient de meurtrir Haïti ? Paradoxalement, la réponse est plus facilement positive après une catastrophe naturelle qu’après l’une de ces innombrables tragédies provoquées par la maltraitance interhumaine. Car, dans le second cas, pèse le soupçon que c’est précisément une certaine vision d’une politique ou d’une idéologie du bonheur qui aurait engendré un enfer, au départ pavé d’excellentes intentions. Dans le cas de la catastrophe naturelle, en revanche, les pires ennemis des secours et de la reconstruction sont le cynisme et le désespoir. Et la renaissance de la force de vie qu’exprime la solidarité et l’espérance n’est possible que si la motivation ultime des êtres humains, celle d’être ou de devenir heureux, est présente.

«Tout homme veut être heureux, disait Pascal, y compris celui qui va se pendre» : on ne saurait mieux résumer, jusque dans le paradoxe ultime, cette aspiration radicale plus présente encore au cœur de la tragédie que de la grisaille quotidienne. Certes, cette aspiration au bonheur ne peut se réduire, comme le mot français risque de le laisser supposer, à la bonne chance et à son double, le malheur comme malchance. Elle suppose une liberté possible et elle est mieux traduite dans d’autres langues, comme en espagnol par la felicidad, l’aspiration à la joie de vivre. Ou, si l’on veut jouer sur la sonorité du mot français, sur l’art de vivre à la «bonne heure», c’est-à-dire une qualité de présence et d’intensité de vie.

La main invisible

Même avec cette précision sémantique, il nous faut pourtant répondre à l’objection de la contreproductivité du bonheur comme question collective et publique. Cette objection est d’autant plus forte qu’elle vient de deux côtés, souvent antagonistes. Elle est économique, d’inspiration libérale, et souvent exprimée à droite d’une part. Mais elle est aussi politique, d’inspiration démocratique, et souvent formulée à gauche d’autre part.

La première objection est au cœur de l’anthropologie sous-jacente au libéralisme économique. C’est elle qu’exprime le plus radicalement Bernard de Mandeville dans la formule célèbre qui servira de point d’appui à Adam Smith : il n’est nul besoin de s’atteler à la difficulté de construire un bien commun et une bonne société dès lors que «les vices privés forment les vertus publiques».

Comme l’a montré Daniel Cohen, dans son livre la Prospérité du vice, c’est ce postulat anthropologique qui a gouverné le modèle occidental. C’est lui qui sous-tend la main invisible du marché chez Smith. Le problème, mis en évidence par Albert Hirschman dans les Passions et les Intérêts, c’est que la part de vérité de ce postulat suppose une théorie des passions humaines. Quand le libéralisme économique en fait l’économie, et oublie que «l’Homo sapiens demens», comme dirait Edgar Morin, n’est pas réductible à l’Homo economicus, simple individu calculateur rationnel de ses intérêts, il s’engage dans une fausse piste qui, à terme, devient destructrice du lien social. En outre ce modèle ne tient que pour autant qu’il continue de baigner dans des sociétés culturellement chrétiennes, où il est compensé par des normes éthiques qui en limitent les aspects socialement destructeurs. Dès que ce bain culturel chrétien est moins prégnant, les entrepreneurs vertueux du capitalisme, adeptes de l’épargne et de l’investissement, se transforment en hommes d’affaires profiteurs courtiers d’une économie spéculative, qui finit par exploser. Circonstance aggravante mise en lumière ces dernières années : ce modèle est écologiquement insoutenable.

C’est la raison pour laquelle la question du bien-être et du bonheur a fini par faire retour chez les économistes eux-mêmes, et que la commission présidée par Joseph Stiglitz a récemment proposé de donner aux indicateurs de bien-être une place essentielle dans de nouvelles mesures de la richesse.

Le modèle du «toujours plus» – compensant le stress, la course, la compétition permanente, la destruction écologique par la promesse consolatrice vantée par la publicité d’une consommation censée apporter bonheur, beauté, amitié et sérénité – est incapable de se tenir dans des limites Plus d’infos »

Le « Climategate » piloté par des services secrets ?

lemonde.fr, Stéphane Foucart, le 3 février 2010

Le « Climategate » piloté par des services secrets ?

Barbouzerie d’envergure soigneusement millimétrée, œuvre d’un pirate informatique isolé ? Dans un entretien accordé, lundi 1er février, à The Independent, David King, conseiller scientifique en chef de Tony Blair de 2000 à 2007, penche pour la première option. Selon l’universitaire, le piratage et l’exposition sur le Net, à la mi-novembre 2009, de la correspondance privée de climatologues britanniques ont tous les traits d’une opération orchestrée par une « agence de renseignement ». Le but : torpiller de la conférence de Copenhague, qui s’est tenue du 7 au 18 décembre.

L’affaire, baptisée « Climategate », a consisté en une ou plusieurs intrusions dans les serveurs informatiques de l’unité de recherche climatique (CRU) de l’université d’East Anglia (Royaume-Uni). Les auteurs du piratage ont ensuite divulgué de nombreux documents sur le Net, dont une sélection d’environ un millier de messages entre les chercheurs britanniques et leurs collègues américains ou européens. Le « Climategate » alimente depuis une rumeur selon laquelle les climatologues auraient délibérément manipulé des données pour faire accroire l’existence d’un réchauffement de la planète.

« Cela a été une opération d’une extraordinaire sophistication, a déclaré M. King à The Independent. Il y a plusieurs organisations capables de mener à bien un tel travail. Ce sont des agences de renseignement nationales, et il me semble que cette opération a été le fait d’un tel groupe. Ce n’est pas une coïncidence si les courriels volés à des personnels de l’université d’East Anglia ont été sortis pour publication un mois avant Copenhague« , a noté M. King. Selon les premiers éléments connus, l’opération a impliqué des ordinateurs basés en Turquie, en Arabie saoudite et en Russie, qui ont été utilisés pour faire rebondir des attaques peut-être menées depuis d’autres pays. Les fichiers piratés ont en outre été diffusés à partir d’un serveur installé à Tomsk, en Sibérie.

« Francs-tireurs »

« Si c’était une opération menée à l’instigation d’un gouvernement, alors je suppose que cela puisse être les services de renseignement russes, ajoute M. King. Si c’est un groupe de francs-tireurs, alors je suppose que cela puisse être les Américains, mais je me hasarde comme tout un chacun. La seule chose est que j’ai travaillé au sein du gouvernement, et que j’ai vu ce genre de choses à l’oeuvre. »

En outre, avance l’ancien conseiller de Tony Blair, l’opération a été aussi « sophistiquée » que « coûteuse ». Et, ajoute-t-il, « pour ce qui est du coût, le lobby américain est une source de financement très probable« .

Le « Climategate » a fait l’objet d’une seule tentative publique de récupération au cours de la conférence de Copenhague. Le délégué Plus d’infos »

«Le Grenelle I ne remet en cause ni les autoroutes, ni le transport aérien»

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le 6 janvier 2010

«Le Grenelle I ne remet en cause ni les autoroutes, ni le transport aérien»

Philippe Billet, professeur de droit public à l’université Jean Moulin (Lyon 3) et président de la Société française pour le droit de l’environnement, analyse pour le JDLE le volet Transports de la loi «Grenelle I». Il estime que nombre de ses objectifs en termes de transport «propre» seront difficiles à atteindre.

Quel état des lieux pour les transports en France ?

La France est très en retard en ce qui concerne le développement des transports en commun par rapport à d’autres pays européens comme l’Allemagne, la Belgique ou la Suisse. Dans ce dernier pays par exemple, la fréquence des trains et des cars postaux -l’équivalent des bus- est de loin supérieure à celle de l’Hexagone, où le réseau des trains express régionaux (TER) est également trop faible, même si on peut saluer l’effort de certaines régions. En conséquence, l’emploi de la voiture y est beaucoup plus répandu. Il en va de même pour le transport routier de marchandises, qui domine le marché au détriment du fret ferroviaire ou du ferroutage, pour des raisons autant économiques que politiques.

Quels changements la loi «Grenelle I» introduit-elle (1) ?

La loi est très marquée par la question des transports du fait de leur forte contribution aux émissions globales de gaz à effet de serre qu’elle vise à réduire de 20% d’ici 2020. Concernant le transport de voyageurs, elle promeut l’augmentation des «transports doux» d’ici 2015. Est prévu le financement de la rénovation du réseau de lignes secondaires SNCF ainsi que de nouvelles voies de TGV. Mais celles-ci ne pourront pas se substituer aux autoroutes à distance égale compte tenu de la fréquence des trains et du nombre de passagers.
Par ailleurs, la loi introduit plusieurs mesures incitatives comme les plans d’entreprise avec incitation au co-voiturage et à l’auto-partage. Autre mesure forte : tout nouveau centre commercial devra prévoir un accès par transport collectif, à l’instar de ce qui se fait déjà en Allemagne et en Suisse.

Quid du transport de marchandises ?

D’après le Grenelle I, la part du fret non routier et non aérien (fluvial, ferroviaire et maritime) devra passer de 14 à 25% de à l’échéance 2022. Le projet des «autoroutes ferroviaires» qui vise à remplacer 2 millions de camions risque toutefois de se heurter à la vétusté des voies existantes et aux cadences insuffisantes pour absorber le volume du trafic routier. Il faut compter avec leur impact environnemental, au même titre que la réalisation de plusieurs grands canaux pourrait être freinée en raison de leurs impacts néfastes sur la biodiversité et l’environnement.

Mais au-delà de ces mesures positives, le «Grenelle I» servirait, selon vous, de caution «verte» au plan de relance et aux projets d’infrastructures ?

En effet, la loi ne remet en cause ni le transport aérien ni les autoroutes, puisque les projets d’autoroutes déjà programmés seront financés par le fonds de capitalisation ad hoc du Grenelle I [voir encadré]. Par ailleurs, les liaisons par TGV sont privilégiées -16 milliards pour 2.000 km d’ici 2020- au détriment des dessertes locales. Globalement, on peut reprocher à ce texte de Plus d’infos »

Valeurs, consommation, engagement, possession, convivialité – Ecologie : nos 5 révolutions

psychologies.com, NC, décembre 2009

Ecologie : nos 5 révolutions

Nous sommes de plus en plus responsables. En atteste la dernière édition de Francoscopie, qui met en évidence, entre autres, nos évolutions dans le domaine environnemental. Remise en question de nos valeurs, consommation introspective et engagée, création de nouvelles convivialités… Nous nous détachons de plus en plus du matérialisme pour nous ouvrir aux autres. Mais il nous reste toujours des progrès à faire. Panorama.

1. Un changement de valeurs

En chiffres :

En 2009, 83 % des Français estimaient que « le niveau de vie de l’ensemble des Français allait un peu ou beaucoup moins bien depuis une dizaine d’années ». 51 % d’entre eux pensaient que leurs propres conditions de vie allaient progressivement se déteriorer. (Source Crédoc)

Aujourd’hui, nous semblons de plus en plus conscients que le progrès ne fait pas le bonheur. Une évidence ? Loin de là, explique Gérard Mermet : « nous avons longtemps été guidés par l’idée que plus le développement économique est fort, plus nous pouvons améliorer notre pouvoir d’achat. L’équation traditionnelle était donc progrès = bonheur ».

Il aura fallu une réelle remise en question pour bouleverser cette vision du bonheur qui nous guide depuis plus de deux siècles. Et, à en croire Gérard Mermet, ce travail de longue haleine n’a eu qu’un aboutissement récent : « Cette réflexion de sens a été initiée dès les années 60, mais elle a pris une nouvelle tournure avec la crise actuelle. Nous remettons désormais en cause le système de consommation et recherchons ce qui est mieux pour nous et pour les autres en tentant d’éviter les voies conventionnelles.» De nouvelles valeurs, gage d’un engagement nouveau ?

Les Psychonautes témoignent : simplicité, sciences, Nous sommes nombreux, à l’image d’Apex 42 à nous interroger sur le sens à donner à nos vies. Ce qui est certain : aux yeux des Psychonautes, l’argent ne fait plus le bonheur :

« L’art de la simplicité, c’est la découverte qu’on peut vivre beaucoup mieux avec moins de possessions matérielles. Il ne s’agit pas de rejeter le progrès scientifique, mais de ne pas oublier que le véritable bien-être vient d’une attitude mentale et relationnelle et non de l’accumulation de nouvelles possibilités techniques, » explique-t-il.

Et à Valérie, 42 ans, de renchérir : « Je n’en peux plus de cette course à la possession. Pour mes enfants, je veux un monde où l’on saura que la véritable valeur passe par les gens et non pas par ce que l’on a dans notre placard. »

2. Une consommation introspective

Remettre en question les valeurs qui nous guident, mais aussi les comportements qu’elles engendrent. Nous sommes ainsi de plus en plus nombreux à raisonner nos actes d’achat. « Nous assimilons la consommation à une forme de destruction, selon l’etymologie même du terme – du latin consumere, consumer -, et nous ressentons une certaine forme de culpabilité, analyse le sociologue. Nous sommes progressivement passés d’une consommation ‘vitrine’ à une consommation ‘miroir’, plus réfléchie, plus intériorisée. »

L’explication : nous avons longtemps cherché, à travers la consommation à donner Plus d’infos »

L’habitat groupé, ou comment vivre ensemble chacun chez soi

lemonde.fr, Catherine Rollot, le 28 décembre 2009

L’habitat groupé, ou comment vivre ensemble chacun chez soi

Laure Teulières, 40 ans, n’a jamais eu de « rêve pavillonnaire ». L’habitat idéal pour cette historienne, maître de conférences à l’université de Toulouse II-Le Mirail, rime plutôt avec « écologie, solidarité, mixité sociale et générationnelle ».

Depuis 2007, avec une vingtaine de familles toulousaines, elle travaille à deux projets d’habitat groupé coopératif. Le petit groupe, qui s’est constitué en association, La Jeune Pousse, comprend des chômeurs, un ingénieur, un artisan chauffagiste, une assistante sociale, des retraités… tous unis par le même désir de vivre dans des habitations écologiques gérées collectivement. Chacun y aura son appartement mais les familles se partageront des parties communes (buanderies, atelier, salle polyvalente et chambres pour y recevoir les hôtes de passage…).

Les différents statuts pour les projets collectifs

Plusieurs statuts sont possibles pour les projets collectifs d’habitat : les cohabitants peuvent se constituer en copropriété, en société civile immobilière (SCI), ou en société civile coopérative de construction (SCCC). Ces différentes solutions ne sont pas toujours bien adaptées notamment en cas de départ et de remplacement d’un propriétaire de l’habitat groupé. Contrairement aux coopératives d’habitants, toutes ces solutions laissent possible une spéculation sur la valeur immobilière des biens construits.

Depuis trois ans, des dizaines de collectifs comme La Jeune Pousse se sont créés autour de projets d’habitat groupé. Derrière ce terme se cachent des formules diverses qui vont de la bande de copains, prêts à partager quelques espaces communs, à des projets plus ambitieux autour de familles réunies dans une coopérative d’habitants. Une centaine de projets seraient en cours dans toute la France.

L’habitat groupé n’est pas vraiment une nouveauté. Dans les années 1970, ce concept collait à l’air du temps. De nombreux collectifs d’habitants fonctionnaient alors sur le mode de l’autogestion. Si quelques-uns survécurent à la décennie suivante, la dynamique était bel et bien cassée. « Les dernières réalisations ont plus de vingt-cinq ans, explique Philippe Yven, chargé de mission habitat durable au sein de l’association Cohérence. Au milieu des années 1980, c’est clairement le modèle de l’habitat individuel qui s’est imposé. »

Aujourd’hui, l’envolée des prix de l’immobilier, les préoccupations environnementales et le désir de retrouver du lien social expliquent ce regain d’intérêt. « Aucun d’entre nous n’aurait les moyens d’habiter dans une maison en ville avec un jardin. Ce rêve devient possible en se regroupant« , témoigne Carole Contant, présidente de l’association Parasol, qui soutient le projet rennais « Les Graines urbaines ».

La conscience écologique est aussi un moteur. Grâce à des achats groupés et à l’autopromotion, la construction à plusieurs permet de faire des économies d’échelle et rend plus accessible le bâti à haute performance énergétique. L’empreinte écologique peut aussi être réduite en mettant en place un système de covoiturage.

Mais la motivation principale reste l’envie de Plus d’infos »

Vive le slow travel !

lexpress.fr, Anne Gouyon, le 15 décembre 2009

Vive le slow travel !

Partir moins souvent au bout du monde, mais alors partir vraiment, longtemps, en prenant le temps d’une vraie pause… La chronique d’Anne Gouyon, de Viatao, à méditer à l’heure où se termine le sommet de Copenhague.

Ne plus pouvoir prendre l’avion… C’est ce qui est arrivé en 1993 au journaliste Tiziano Terzani. Et ce qui risque de nous arriver à tous, compte tenu de l’impact du transport aérien sur le climat. Cette contrainte en forme de bénédiction pourrait nous amener à renouer avec le voyage, le vrai, celui qui demande du temps.

Plutôt sceptique de nature, Terzani avait consulté par hasard, en 1976, un de ces Fortune Teller, ou diseur de bonne aventure, comme il y a en a tant dans la mystique Asie. À sa grande surprise, le mage lui conta des détails extrêmement précis de son passé, que nul ne pouvait connaître… Puis, après lui avoir conseillé de pratiquer la méditation, le diseur d’avenir glissa au détour d’une phrase: « Attention! En 1993, vous courrez un grand risque, celui de mourir. Cette année-là, ne volez pas, ne prenez jamais l’avion. »

Les années passent, Terzani a presque oublié l’étrange avertissement, lorsque arrive la fin de 1992. Hum, hum. Qu’auriez-vous fait ? Un peu par crainte, un peu par jeu, le journaliste décide de suivre la recommandation du voyant et de ne pas voler pendant un an. Bien lui en prend : en février 1997, l’hélicoptère qu’il aurait dû prendre lors d’un voyage journalistique organisé par l’ONU s’écrase avec ses passagers, dont son remplaçant (qui en sortira très gravement blessé).

Choqué, sa rationalité ébranlée, Terzani passera ainsi un an à exercer son métier de correspondant en Asie pour le prestigieux magazine Der Spiegel sans prendre l’avion… redécouvrant une région du monde dont il s’était presque blasé. Car on ne vit pas une ville de la même manière lorsqu’on l’aborde par sa gare des bus ou par son port, lieux hauts en couleurs et en odeurs, que lorsqu’on y atterrit dans un des ces aéroports qui vous font dire « Où est-on, chéri, aujourd’hui ? À Bangkok,  New-York ou Johannesburg? « . Le meilleur de cette année sans ailes: son retour dans sa Toscane natale en train, épique voyage à travers les steppes de Mongolie digne des récits d’une Ella Maillard. Et la découverte de la méditation, inspirée du conseil du voyant, découverte qui changera à jamais la vie de Terzani. Il tirera de cette année hors du commun un livre magnifique A Fortune Teller Told Me, (en version française: Un devin m’a dit) à lire absolument lors de votre prochain voyage… en train.

Un vol émet 500 kg de carbone

Les experts réunis à Copenhague sont nos Fortune Teller. Ils nous lancent le même avertissement: si vous persistez à vouloir tous voler, vous allez mourir. Un seul vol en avion longue distance et vous avez déjà émis plus de 500 kg de carbone, soit la quantité à ne pas dépasser par personne en un an pour ne pas accélérer encore plus le réchauffement climatique. Autant dire que pendant le reste de l’année, vous ne pouvez plus ni vous déplacer, ni manger, ni vous chauffer…

Bien sûr, vous pouvez compenser les émissions de votre vol en finançant une réduction d’émission équivalente ailleurs. Mais compte tenu de l’amplitude du problème, il reste indispensable de réduire aussi nos propres émissions. À long terme, il sera peut-être possible de faire voler des avions avec des biocarburants produits par des microalgues. En attendant, il va falloir, sinon ne plus voler du tout, Plus d’infos »

Les ressourceries, un outil novateur appelé à se développer

actu-environnement.com, Florence Roussel, le 12 janvier 2010

Les ressourceries, un outil novateur appelé à se développer

Dans un contexte de maîtrise de la production de déchets, les ressourceries ont une place à prendre dans les quartiers. Si les bénéfices sont nombreux, leur création reste toutefois semée d’embûches. Détails.

Que faire des appareils électroniques qui fonctionnent encore mais dont nous ne voulons plus ? des meubles dont nous devons nous séparer pour cause de déménagement ? ou des nombreux objets qui pourraient être utiles à d’autres (vaisselle, vêtements…) ? Si plusieurs acteurs sont susceptibles d’être intéressés comme le réseau Emmaüs ou la filière Relais, de nouvelles organisations sont appelées à se multiplier : les ressourceries. Le principe est simple : la ressourcerie collecte les objets pour les réparer ou les détourner et les revendre sans but lucratif.  »Les ressourceries collectent, valorisent, revendent et sensibilisent pour prolonger la durée de vie des produits et inciter au changement de comportement », a expliqué Sandrine Simeon, chargée de développement du Réseau des Ressourceries à l’occasion d’une réunion d’information organisée par l’Observatoire Régional des Déchets d’Ile-de-France (ORDIF).

Un fonctionnement au cas par cas

À l’heure actuelle, le réseau français ne compte qu’une cinquantaine de ressourceries mal réparties sur le territoire. Si ces structures ont toutes le même objectif à savoir limiter la quantité de déchets incinérés ou enfouis, elles ont toutes une organisation différente construite en fonction des situations locales.  »Les ressourceries se développent autour de l’existant et en fonction des acteurs présents localement », confirme Sandrine Simeon. Certaines sont portées par des associations de réinsertion (90% des cas), d’autres par des communes en régie ou encore des syndicats de traitement de déchets. Certaines collectent les déchets en porte-à-porte après appel téléphonique, d’autres trient les déchets à l’entrée des déchetteries et/ou s’appuient sur l’apport volontaire.  »La plupart des ressourceries s’intéressent aux déchets des ménages mais certaines ont choisi de collecter également certains déchets industriels non dangereux », précise Sandrine Simeon.

La communauté de communes de Crèvecoeur-le-Grand dans l’Oise (60) par exemple a choisi de créer sa ressourcerie en même temps que sa déchetterie.  »Cette organisation nous a permis de diminuer de 30% les tonnages de déchets ultimes et nos coûts de collecte se sont stabilisés », constate avec enthousiasme Jean Pupin, Maire de Crèvecoeur-le-Grand. Pour lui les avantages sont donc indéniables :  »lorsque la réglementation s’est renforcée pour les déchets d’équipement électriques et électroniques nous étions prêts », explique-t-il. En 2008, la ressourcerie de Crèvecoeur-le-Grand a reçu 15.000 visites pour une communauté de communes qui compte près de 7.500 habitants et a collecté 2.400 tonnes de déchets grâce à 4 emplois temps plein.  »Cette ressourcerie participe à l’animation du territoire et développe la solidarité car tous les niveaux sociaux s’y retrouvent ; aujourd’hui le lien social c’est donc moins le bistrot que la ressourcerie », illustre Jean Pupin. Le Maire constate également que Plus d’infos »

Les 12 questions à se poser avant un achat

mescoursespourla planete.com, le 2 janvier 2010

Les 12 questions à se poser avant un achat

Dave Chameides, un réalisateur californien passionné par les questions d’environnement, s’est fixé pour défi de ne rien jeter pendant un an – de manière à mieux comprendre (et faire comprendre) l’impact écologique d’un individu. Pour chroniquer son expérience (qui lui a valu les honneurs du New-York Times) et décrire les déchets qu’il accumule (malgré tout ses efforts pour réduire sa production, ainsi que celle de sa famille), celui qui se fait désormais appeler, non sans humour, « Sustainable Dave » (Dave Durable) tient un blog intitulé « 365 Days of Trash » (une année de déchets). Dans ses notes récentes, il liste notamment les 12 questions à se poser avant d’effectuer un achat, qu’il se souvient avoir lues sur un petit aide-mémoire « vert » :

1. Ai-je besoin de cet objet ?

2. N’ai-je pas déjà quelque chose qui peut remplir la même fonction ?

3. Puis-je l’emprunter ?

4. Puis-je le fabriquer moi-même ?

5. Puis-je l’acheter d’occasion ou en partager l’achat et l’utilisation avec quelqu’un ?

6. Cet objet existe-t-il de fabrication locale ?

7. A-t-il été fabriqué de façon responsable ?

8. Puis-je en trouver un qui ait plusieurs fonctions ?

9. Un objet équivalent fonctionnant sans électricité ou gaz existe-t-il ?

10. Est-il recyclable ou compostable ?

11. Quel est son impact écologique direct ?

12. Et celui de Plus d’infos »

Biodiversité et territoires : la nature et la ville durable

projetdeterritoire.com, note ETD, le 26 janvier 2010

Biodiversité et territoires : la nature et la ville durable

La prise en compte croissante de l’environnement et de la biodiversité renouvelle les approches de l’aménagement et de l’urbanisme tout particulièrement au sein des territoires urbains. La place de la nature est devenue un enjeu central de la nouvelle ville durable.

Le Grenelle de l’Environnement est l’occasion de renouveler cette approche de la nature de la ville à travers l’engagement n°76 qui prévoit l’élaboration du « Plan restaurer et valoriser la nature en ville ». Le 5 févier 2010, le ministère de l’Ecologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer (MEEDDM) organise la conférence de restitution des ateliers mis en place pour l’élaboration de ce plan qui sera présenté au printemps.

A la demande du MEEDDM Etd a réalisé une note de synthèse faisant un état des lieux des réflexions, des problématiques et des principales pistes formulées et explorées à l’occasion des rapports, articles et colloques récents sur la nature en ville. Ce travail a donné lieu à une importante exploration bibliographique. ETD participe également aux ateliers mis en place pour l’élaboration du plan.

Télécharger la note d’Etd Plus d’infos »

Analyse : La croissance verte : quels impacts sur l’emploi et les métiers ?

stratégie.gouv.fr, janvier 2010

Analyse : La croissance verte : quels impacts sur l’emploi et les métiers ?

La croissance verte est volontairement abordée ici d’une façon large, comme un processus de renouvellement dont l’impact net sur l’emploi dépendra notamment des politiques qui seront mises en ouvre mais dont l’ampleur soulève des défis importants en matière de métiers et de formation. Ces derniers ne se limitent pas à l’éclosion de compétences spécifiques et inédites dans quelques filières spécialisées. Il s’agit le plus souvent de compétences transversales affectant des volumes très importants de personnels dans un grand nombre de secteurs imposant une adaptation substantielle des dispositifs de formation.

- La croissance verte, un processus de destruction créatrice

- Les conditions d’une création nette d’emplois

- La transformation des métiers et les besoins en formation

Télécharger la Note de Veille au format PDF Plus d’infos »

De Copenhague 2009 à Cancun 2010 – Négociations climat : Un redémarrage difficile

developpementdurablelejournal.com, Patrick Cros, le 1er février 2010

Négociations climat : Un redémarrage difficile

La date butoir du 31 janvier, annoncée à la clôture du Sommet de Copenhague en décembre, n’a pas eu la valeur symbolique espérée pour relancer les négociations sur le climat. Rares sont les pays à avoir officiellement confirmé auprès de l’ONU leurs objectifs ou stratégies de réduction d’émission de gaz à effet de serre. Un nouveau camouflet pour un traité sur le climat ambitieux, pourtant en préparation depuis deux ans dans la perspective de l’après-Kyoto. Après Copenhague, le nouveau marathon de négociations en vue du Sommet de Cancun (Mexique) en décembre 2010 démarre péniblement.

Les négociations sur le climat continuent à piétiner, selon les observateurs. « A ce stade, les choses ne se présentent pas bien du tout. Soyons honnêtes : c’est très sombre », prévient l’Indien Rajendra Pachauri, chef du GIEC. Embourbé dans des polémiques liés à des rapports contestés, en particulier sur la fonte des glaciers en Himalaya, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, véritable base scientifique de la stratégie de lutte mondiale contre le réchauffement climatique, devient aujourd’hui l’un des points faibles des négociations qui ont timidement repris après l’échec de Copenhague. L’organisation onusienne offre involontairement de nouveaux arguments aux adversaires d’une réduction importante et rapide des émissions de CO2.

Mais l’optimisme reste de rigueur chez nombre de décideurs comme Jean-Louis Borloo ou encore Yvo de Boer, responsable de l’ONU pour le climat, même si ce dernier reconnaît déjà que l’année 2010 pourrait bien ne pas être suffisante pour déboucher sur un accord. Les leaders mondiaux affirment garder leur confiance dans le GIEC qui s’appuie, il est vrai, sur les travaux des plus éminents scientifiques de la planète. Ils se disent également déterminés à poursuivre les négociations, conscients de l’enjeu et de l’intérêt pour l’humanité de réduire les sources de pollution de l’air à l’origine du dérèglement climatique. Reste maintenant à surmonter ce qui a fait l’échec de Copenhague : trouver le difficile – impossible ? – compromis entre réalité économique et soucis écologiques, entre pays pauvres et riches, entre nations émergentes et industrialisées, entre états insulaires ou côtiers déjà menacés et régions encore peu concernés par le réchauffement de la planète.

Un rendez-vous manqué ?

Copenhague avait déçu, et même suscité la colère de certains chefs d’État et de gouvernement. Le texte adopté, bien en retrait au regard des recommandations du GIEC, ne prévoit aucun engagements contraignants et aucune réelles garanties de financements pour les pays les plus pauvres. Consciente de l’énorme travail qui reste à accomplir avant de déboucher sur un éventuel traité en décembre prochain à Cancun (Mexique), l’ONU avait fixé comme premier rendez-vous clé le 31 janvier 2010. Les pays industrialisés devaient confirmer avant cette date butoir leurs objectifs de baisse de leurs émissions gaz à effet de serre tandis que les pays en développement devaient dévoiler leurs stratégies en vue d’une réduction. Force est de constater aujourd’hui que ce rendez-vous a encore était manqué. Seul le Japon s’est vraiment distingué en annonçant à l’ONU à New York, par la voix de son nouveau Premier ministre, une réduction de 25% de ses émissions d’ici à 2020 par rapport à 1990. L’UE a également confirmé son objectif de – 20% qui pourrait même passer à -30% en « cas d’offres comparables » des autres pays riches « et de contributions adéquates » des nations émergentes. Du côté de ces dernières, le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde et la Chine (groupe Basic) se sont engagés dimanche 24 janvier à New Delhi, à communiquer rapidement leurs « actions volontaires ».

L’appel à l’aide des petits états insulaires

Plus radical, d’autres états, comme Plus d’infos »

La réduction des pesticides ne se fera pas sans une révolution des pratiques

actu-environnement.com, Sophie Fabrégat, le 28 janvier 2010

La réduction des pesticides ne se fera pas sans une révolution des pratiques

Menée par l’INRA dans le cadre du plan Ecophyto 2018 qui vise à réduire l’usage des produits phytosanitaires, l’étude Ecophyto R&D évalue les techniques et les pratiques pour dessiner des scénarios réalistes de réduction progressive des substances

Avec 76.000 tonnes de substances actives vendues par an, la France est le premier consommateur de pesticides en Europe et le troisième au niveau mondial. L’utilisation régulière de ces produits a des conséquences néfastes pour l’environnement et la santé. En 2007, selon le MDRGF (Mouvement pour les droits et le respect des générations futures), 52,1 % des fruits et légumes (contre 45 % en 2006) contenaient des résidus de pesticides en France, avec 7,6 % de dépassement des limites maximales en résidus (LMR) contre 6 % l’année précédente. Les produits phytosanitaires sont soupçonnés d’être cancérigènes et perturbateurs endocriniens…

Pourtant, les pratiques intensives, qui utilisent près de 50 % de pesticides en plus que la moyenne française ont des gains de production modérés (5 % pour les grandes cultures).

Le Grenelle de l’environnement a pointé du doigt l’usage intensif de pesticides dans les cultures françaises. Les recommandations ont abouti à la mise en place du plan Ecophyto 2018 qui vise une réduction de 50 % des produits phytosanitaires d’ici huit ans ‘’si possible » et le retrait progressif du marché des produits contenant les 53 substances actives les plus préoccupantes. Mais les moyens à mettre en œuvre pour réaliser cet objectif n’ont pas réellement été définis. L’étude Ecophyto R&D, commandée à l’INRA par les ministères en charge de l’Agriculture et de l’Environnement, visait à préciser les contours de la mise en œuvre de cet objectif. Les différentes cultures françaises et les pratiques inhérentes à ces cultures ont été étudiées sur l’année 2006 afin de pouvoir dessiner différents scénarios réalistes de réduction progressive des substances actives.

Les grandes cultures et la vigne, grandes consommatrices de pesticides

Selon le Réseau d’information comptable agricole, sur les 25,4 millions d’hectares de surface agricole cultivée (SAU) des exploitations, 14,4 millions consomment 96 % des pesticides (11,7 millions d’ha correspondent à la jachère ou aux surfaces toujours en herbe). En 2006, la pression pesticide globale en France incombe à 67 % aux grandes cultures (céréales, oléagineux, protéagineux, betteraves, pommes de terre…). La viticulture représente 14 % de la pression alors qu’elle ne constitue que 3,3 % de la SAU. De plus, cette production peut donner lieu à des pressions locales fortes, tout comme l’arboriculture (5 % de la pression pesticide) et l’horticulture (5 %). La pression varie selon les cultures : la pomme de terre et le colza sont très consommateurs de substances actives contrairement à la culture du tournesol, la pomme de table est le fruit qui nécessite le plus une assistance chimique (36 traitements) contre 2 à 5 pour les kiwis.

Alors que les zones herbagères sont les régions où la pression pesticide est la plus faible, les régions de grandes cultures (nord de la France), les régions spécialisées dans les cultures fruitières (Vallée du Rhône et sud-Ouest notamment) et les zones pratiquant l’horticulture et les légumes en plein champ (ceinture parisienne, Bretagne, Provence, Landes) sont fortement impactées. Les vignobles sont les plus touchés par la pression pesticide.
Grandes cultures : des progrès plus ou moins importants selon les cultures

Près de 30 % des parcelles de grandes cultures utilisent Plus d’infos »

Plan de mobilisation gouvernemental en faveur des métiers verts

lemonde.fr, le 28 janvier 2010, Hervé Kempf

Plan de mobilisation gouvernemental en faveur des métiers verts

La politique environnementale peut générer des centaines de milliers d’emplois : c’est pour étayer ce pari que Jean-Louis Borloo, ministre de l’écologie, et Valérie Létard, secrétaire d’Etat, devaient présenter, jeudi 28 janvier, à Paris, un « plan de mobilisation pour les métiers de la croissance verte« , lors d’une « conférence nationale ».

Cette dernière conclut un travail engagé par les services de Mme Létard depuis septembre 2009, et qui a réuni près de 400 experts chargés d’identifier les potentialités d’emploi dans onze filières économiques (agriculture, automobile, bâtiment, eau et déchets, électromécanique, énergies renouvelables, raffinage et agrocarburants, tourisme, transport, mer, biodiversité). Leur rapport est plus mesuré que l’estimation optimiste – 600 000 emplois – lancée par M. Sarkozy, en juin 2009, sur la base d’une étude sommaire du cabinet Boston Consulting Group (Le Monde du 30 juillet 2009).

La « Synthèse des travaux des comités de filière » remise en janvier est beaucoup plus prudente. Elle n’identifie formellement qu’environ 210 000 nouveaux emplois pérennes d’ici à 2020 (90 000 dans l’agriculture, 40 000 dans l’eau et les déchets, 80 000 dans les infrastructures de transport collectif). Sur plusieurs autres secteurs, il reste difficile de mesurer le solde net d’emplois, notamment dans le bâtiment, où l’enjeu est très important, avec un vaste potentiel de travaux d’économies d’énergie dans le parc immobilier existant. En revanche, des filières comme l’automobile pourraient perdre des emplois. Le rapport souligne que, en réalité, « la plupart des filières continueront à offrir des emplois sur des métiers traditionnels, mais avec des nouvelles compétences ».

C’est à un constat similaire qu’est parvenu le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE), qui a publié, le 25 janvier, un rapport sur le thème « Croissance verte et emploi ». « Il y a consensus pour dire que le tournant du développement durable peut se traduire par un potentiel de plusieurs centaines de milliers d’emplois, résume Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du COE. Mais les nouveaux emplois strictement verts seront peu nombreux. Il y aura surtout des emplois dans des secteurs traditionnels qui se seront « verdis » ou dans des secteurs peu « verts » mais dont l’activité va croître par des décisions politiques, par exemple dans le bâtiment ou dans le développement des tramways. »

Les analyses convergent sur le besoin d’une politique spécifique de formation. « Les comités ayant tous identifié des besoins très importants en matière de formation initiale et continue dans chacune des filières, il en ressort au global un besoin de mobilisation quasi sans précédent de la filière de formation », souligne la synthèse.

C’est d’ailleurs sur ce terrain que M. Borloo et Mme Létard devaient annoncer les principales mesures, avec la création d’un Plus d’infos »

Luc Ferry : « l’écologie est une affaire de bobos « 

lexpansion.com, Reuters/Charles Platiau, le 28 janvier 2010

Luc Ferry : « l’écologie est une affaire de bobos « 

Luc Ferry, philosophe, ancien ministre de l’éducation nationale, auteur du « nouvel ordre écologique » publié aux éditions Grasset en 1992

Pourquoi les classes populaires ne semblent pas aussi enthousiastes que les cadres à adopter un mode de vie estampillé vert ?

Il y a une réponse évidente, et une autre, qui l’est peut être moins. La réponse évidente, c’est que,  quand la vie est difficile, quand le pouvoir d’achat n’est pas ce qu’on espérait alors, les préoccupations touchant la  protection de l’environnement passent au second plan. Mais il faut, je crois, aller plus loin : à bien des égards, les enquêtes sociologiques le confirment largement, l’écologie est une affaire de « bobos », pour ne pas dire d’intellectuels. Pas exclusivement, bien entendu, mais assez largement quand même. Pourquoi ? Tout simplement parce que les questions touchant l’environnement sont à la fois globales et lointaines. Elles engagent une réflexion qui va loin dans le temps (les générations futures, l’état du monde en 2050, etc.) et dans  l’espace (c’est aujourd’hui l’entrée de la Chine et de l’Inde dans la mondialisation qui pose le plus de problème…). Or il n’est pas sûr que ces questions lointaines soient « populaires », d’autant qu’elles supposent souvent un haut niveau d’étude, notamment scientifiques…

Vous affirmez donc que l’écologie est un luxe de « riches » …

Oui, bien entendu et cela vaut d’ailleurs tout autant pour les individus que pour les nations. Il était totalement déraisonnable, et même absurde d’imaginer que la Chine et l’Inde allaient se passionner à Copenhague pour le climat ou la réduction des gaz à effet de serre. J’ai entendu maintes fois des écolos convaincus m’expliquer que « les chinois ne sont pas idiots ». Justement, c’est bien pour cela qu’à leurs yeux le développement est prioritaire. Un point de croissance en moins dans la Chine d’aujourd’hui, ce sont des émeutes sanglantes dans les mines ou ailleurs, et ce genre de considération est évidemment prioritaire. Voilà pourquoi nous avons eu tout faux à Copenhague : il fallait réfléchir tout autrement que notre gouvernement ne l’a fait : il fallait, non pas essayer d’obtenir que les nouveaux entrants signent un traité, encore moins nous infliger une absurde taxe carbone, mais au contraire investir à fond dans la recherche scientifique permettant de vendre au reste du monde des modes de consommation moins dévastateurs. Là est notre vraie carte à jouer, à nous les Européens, et certainement pas dans un bras de fer aussi ridicule que perdu d’avance avec les Chinois et les Indiens. Je crois que nos politiques ne comprennent rien à l’écologie.

Ce problème d’équité sociale ne risque-t-il pas d’entraîner à terme un rejet des politiques écologiques ?

Oui, vous avez raison, et on le voit bien avec la taxe carbone qui, Plus d’infos »

Initiatives océanes 2010, les 18, 19, 20 et 21 mars : Appel à projets Surfrider Foundation Europe

 Surfrider Foundation Europe, Gilles ASENJO, janvier 2010

Initiatives océanes 2010, les 18, 19, 20 et 21 mars

Faisant suite à une mobilisation sans précédent de 20 000 participants en 2009, Surfrider Foundation Europe organise cette année la quinzième édition des Initiatives Océanes, un grand rassemblement éco citoyen, dédié à la protection de nos chers littoraux, lacs et rivières. Une fois de plus, l’occasion vous est offerte de prouver votre intérêt pour nos océans et cours d’eau, les 18, 19, 20 et 21 mars 2010.

L’objectif de cet événement européen est de sensibiliser les plus jeunes et l’ensemble de la population aux richesses de notre environnement, et, malheureusement, aux menaces qui peuvent peser sur celui-ci, afin de responsabiliser sur l’impact que chacun peut avoir sur la planète.

Une quinzième année sous le signe de la mobilisation et du lobbying

Après 15 années de combat, Surfrider va encore plus loin et est décidée à faire participer la population à des actions fortes et symboliques, au travers d’une campagne de fond sur les macro-déchets (déchets marins d’emballages ainsi que d’objets de différentes tailles et matières diverses), alliant mobilisation citoyenne, lobbying institutionnel et lobbying industriel.

Faites de cet événement international votre initiative : organisez un nettoyage !

Pour y parvenir et faire changer les mentalités, nous avons besoin de vous ! Comment ? En faisant que les Initiatives Océanes 2010 soit VOS initiatives.

Il suffit de vous inscrire en tant qu’organisateur sur le site internet www.initiativesoceanes.org.

Si, pour cette édition 2010, vous ne prévoyez pas d’organiser une opération, vous pourrez en rejoindre une facilement en vous inscrivant sur www.initiativesoceanes.org

Nous serions des plus heureux de Plus d’infos »

Le Grenelle de l’environnement est-il enlisé ?

lemonde.fr, Gaëlle Dupont, le 22 janvier 2010

Le Grenelle de l’environnement est-il enlisé ?

Ambiance morose que celle dans laquelle s’est déroulé, vendredi 22 janvier, le comité de suivi du Grenelle de l’environnement, qui réunit tous les trois mois les cinq collèges participant au processus (ONG, syndicats, patronat, collectivités locales, Etat).

Echec de la négociation sur le climat à Copenhague ; censure de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel ; report après les élections régionales (14-21 mars) de l’examen de la loi Grenelle II par l’Assemblée nationale, alors qu’il était initialement prévu en janvier ; regain de l’affrontement entre lobbies patronaux et écologistes… L’élan consensuel qui avait abouti, en octobre 2007, aux 273 engagements censés impliquer la France dans une « évolution écologique » semble bien loin. Deux ans et demi plus tard, le Grenelle est-il en panne ? Si l’impatience monte dans les syndicats et les ONG, certains acteurs soulignent, eux, les premiers progrès accomplis.

Les commentaires les plus acerbes viennent des associations écologistes de terrain. « C’est comme si le Grenelle n’avait pas existé, affirme Gilles Huet, délégué général d’Eaux et rivières de Bretagne. Il n’a pas eu de traduction concrète sur le terrain. La dynamique n’est pas portée au niveau régional, notamment par les fonctionnaires. » Même son de cloche chez Alsace Nature. « Ça n’a pas changé la face du monde, dit son directeur, Stéphane Giraud. L’autoroute de contournement de Strasbourg a été maintenue. Dans le dossier du grand hamster, une espèce au bord de l’extinction, c’est la Commission européenne qui pousse le gouvernement à réagir, pas le Grenelle. »

Philippe Barbedienne, directeur de la Sepanso, ONG écologiste du Sud-Ouest, est sévère, lui aussi. « Seuls les discours ont changé, affirme le militant. Les projets sont badigeonnés en vert, comme la ligne à grande vitesse qui va passer dans notre région. On continue à grignoter la biodiversité. »

Nombreuses sont les associations qui se battent contre les projets d’aménagement jugés « contraires » au Grenelle, souvent portés par des élus locaux.

« Le Grenelle n’a pas été territorialisé, analyse Arnaud Gossement, ancien porte-parole de France nature Eevironnement (FNE), qui fédère ces associations. L’Etat n’a pas non plus donné les moyens de fonctionner aux ONG locales, qui sont dans une situation financière extrêmement difficile. La déclinaison dans les territoires doit avoir lieu rapidement, sinon le processus sera en grand danger. »

Mais au niveau national aussi, un malaise est perceptible, ravivé par le débat sur l’assiette de la taxe carbone. « L’argument de la compétitivité revient très fort de la part du patronat, constate Jean-Pierre Sotura, à la CGT. Les intérêts pèsent pour éviter que les choses se mettent en place ». « On sent très bien que plus le Grenelle s’éloigne dans le temps, plus le ton se durcit, confirme François Veillerette, président de l’association écologiste Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF). Le rapport de forces entre les ONG et l’industrie reprend du poil de la bête. »

Dans le même temps, il devient « plus difficile » de parler de développement durable aux salariés, selon Jean-Pierre Bompard, à la CFDT. « Le Grenelle remonte à 2007, il a perdu une partie de son attractivité, la crise économique est passée par là, estime le syndicaliste. Aujourd’hui les salariés sont confrontés à une crise de l’emploi, et ont en même temps le sentiment que Copenhague a été un échec. L’idée qu’il faut d’abord résoudre les problèmes urgents progresse. »

Le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo sent le danger. Il a Plus d’infos »

Entre 13 000 (police) et 20 000 manifestants (organisateurs) anti-LGV à Hendaye : Le forcing des anti-LGV et La charte européenne d’Hendaye est signée

 sudouest.com, Pierre Sabathié, le 24 Janvier 2010

En savoir plus [PORTFOLIO] Les images de la manifestation anti-LGV à Hendaye

TRANSPORTS. 15 000 opposants venus de toute la région ont participé samedi à la première manifestation transfrontalière entre Hendaye et Irún

Le forcing des anti-LGV

Entre 13 000 et 15 000 personnes. La manifestation anti-LGV, organisée hier à Hendaye, a réuni plus de monde que le premier mouvement lancé à Bayonne le 17 octobre dernier (10 000 personnes environ). Les associations hostiles aux lignes ferroviaires nouvelles, à l’origine de cette nouvelle mobilisation, affichent le sourire. « Je suis très satisfait de la journée, confie Victor Pachon, président du Cade (collectif d’associations de défense de l’environnement). La déclaration européenne (lire ci-dessous) et cette forte mobilisation sont un signal fort envoyé à tous ceux qui s’obstinent aveuglément pour les LGV. S’ils persistent, il faudra qu’ils assument de passer contre l’avis de la population. »

À deux mois des élections régionales, il vise implicitement les élus qui se prononcent en faveur de la LGV. « Notre consigne, c’est de ne donner aucune voix à ceux qui sont pour la LGV », assure le patron du Cade. Les élus présents à la manifestation partageaient l’analyse. « La population se mobilise de plus en plus, constate Jean-Louis Laduche, maire d’Ascain. Cela nous conforte dans notre idée que la population soit entendue et sonne comme un sérieux avertissement au président de Région. »

Dans le cortège, les manifestants venus de tout le Sud-Ouest ne se cachaient d’ailleurs pas pour dire que la LGV influerait leur vote dans deux mois. « Oh oui, cela va influer mon vote, cela va même l’influer beaucoup », confie par exemple Alain, de Villefranque (64), dont la maison se situe sur le périmètre d’étude retenu par le comité de pilotage du 11 janvier.

Seule Europe Écologie était représentée par sa tête de liste Monique de Marco. Noël Mamère et Marie Bové étaient également présents. En revanche, les conseillers régionaux du sud du Pays basque, Sylviane Alaux (PS) et Peyuco Duhart (UMP), également maire de Saint-Jean-de-Luz, étaient absents.

Friture sur les lignes

Mais la politique était reléguée au second plan des préoccupations des manifestants réunis à Hendaye. L’annonce du fuseau rétréci à 1 000 mètres, tant pour la ligne Bordeaux-Hendaye que pour la Bordeaux-Toulouse, a motivé les opposants à redoubler d’efforts pour faire entendre leur courroux.

De nombreuses banderoles de Gironde, des Landes et du Lot-et-Garonne ont garni le défilé aux côtés des Basques français et espagnols. « Nous sommes situés dans le fameux triangle des deux LGV, explique Philippe Courbe, maire de Bernos-Beaulac dans le Sud-Gironde. Une quinzaine de maisons sont menacées, alors que nous sommes dans une zone Natura 2000. La vallée est déjà impactée par l’A 65, il y a des enjeux environnementaux, et l’on n’en tient pas compte. »

Jean-Philippe, Romain et Amaelle sont venus de Fargues-sur-Ourbise (47). « On est tous concernés par ce tracé qui va traverser la forêt des Landes. Pourquoi ne pas aménager la ligne existante ? se demande Jean-Philippe. En plus, je ne suis pas convaincu par le rapport qualité-prix. » « Aucune discussion n’est possible, les méthodes de RFF me choquent », complète Amaelle. Ils seront à Nérac le 6 mars pour la première manifestation d’opposants organisée dans le Lot-et-Garonne.

73 tracteurs en tête

Le manque de concertation, l’environnement et l’argent sont les revendications récurrentes des opposants. « Quand on voit tous les milliards que cela va coûter et que Plus d’infos »

Communauté d’agglomération de Pau-Pyrénées et SEPANSO Béarn : Ça grince Porte des gaves

sudouest.com, Nicolas Rebière, Alain Babaud, le 21 Janvier 2010

COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION. Les critiques naissent autour des futurs aménagements des bords du gave

Ça grince Porte des gaves

Alors qu’ils sont actuellement à l’étude par la Communauté d’agglomération de Pau-Pyrénées, les projets d’aménagements des gaves, dévoilés depuis quelques semaines, ont déjà leurs détracteurs.

D’abord la Sepanso (Société pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest) Béarn, qui vient d’écrire à Martine Lignières-Cassou, la présidente de la CAPP, comme pour jeter un pavé dans la mare.

« Autant nous comprenons votre volonté de réaménager les friches industrielles et les abords de la gare SNCF, autant nous n’acceptons pas le grignotage des espaces naturels classés par étapes programmées », écrit la Sepanso. Juste avant les fêtes, les élus de la Communauté d’agglomération avaient en effet voté le principe d’un parc urbain sur 350 hectares autour de la rivière qui irrigue des communes de l’agglo. La semaine dernière, c’est le futur projet Porte des gaves, qui prévoit un réaménagement global des environs de la gare, autour duquel on discutait (lire par ailleurs).

C’est d’ailleurs le simple vocable de parc naturel urbain qui fait aussitôt bondir la Sepanso, qui y voit comme un oxymore. « Nous veillerons au respect du nouveau Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux et à la cartographie de Natura 2000 », prévient Michel Rodes, président de la Sepanso.

Il faut dire que ce n’est pas la première fois que la Sepanso entame un bras de fer avec l’Agglo de Pau autour de l’aménagement du gave. Voici deux ans, elle avait tenté de faire arrêter le chantier du stade d’eaux vives, estimant que son implantation, pour partie sur une zone Natura 2000, n’était pas compatible avec les obligations légales fixées par l’Union européenne pour ces espaces. La Sepanso vient d’ailleurs d’apprendre que son action sur le fond avait échoué devant le tribunal administratif de Pau.

« Laisser faire la nature »

Mais l’association de défense de l’environnement annonce déjà qu’elle fera appel de la décision. « En général, nous perdons à Pau, mais nous gagnons à Bordeaux », lance Michel Rodes, qui plaide contre « l’artificialisation » de ces zones Natura 2000. « Que l’on dépollue, que l’on enlève les gravats, que l’on remette le niveau normal du cours d’eau, d’accord. Mais laissons faire ensuite la nature », lance le président de la Sepanso.

« La Sepanso Béarn est pour la sanctuarisation de la nature. Nous n’avons pas la même conception », se défend Martine Lignières-Cassou. « Quand on a d’un côté la nature, de l’autre les activités humaines, la nature est plus que chahutée. Cela aboutit à la multiplication des dépôts sauvages le long du gave comme c’est le cas depuis des années. Il s’agit de rendre compatibles Plus d’infos »

Face à une crise multidimensionnelle, nous opposons la radicalité et la cohérence de l’objection de croissance

actu.adoc-france.org, site, septembre 2009

La Plate-forme de convergence

De l’Assemblée constitutive de Beaugency, le samedi 19 septembre, est sortie une proposition de Plate-forme de convergence

Téléchargez le PDF.

Face à une crise multidimensionnelle, nous opposons la radicalité et la cohérence de l’objection de croissance.

Après la campagne Europe-Décroissance, première expérience de campagne politique nationale autour des idées de la Décroissance, pourquoi ne pas avoir l’audace de continuer cette aventure d’un mouvement politique dont les objectifs sont l’émancipation, le bien-être et l’épanouissement individuels et collectifs dans la simplicité volontaire ? Et par conséquent, l’audace de proposer à des individus, des associations, des collectifs, des réseaux, informels ou organisés, une plate-forme pour définir les contours de notre démarche, pour s’ouvrir à toutes celles et ceux qui pourraient s’y retrouver pour la construire ensemble, pour bâtir d’autres mondes écologiquement et socialement responsables, humainement décents et démocratiques.

La société de croissance accumule dramatiquement toutes les crises : énergétique, environnementale, sociale, économique, culturelle, politique. Mais il s’agit au fond d’un seul et même égarement : un monde devenu inhumain, comme si la croyance du « toujours plus » suffisait à donner du sens.

Face à la radicalité de ces « crises », nous opposons une autre cohérence : celle des sorties immédiates du capitalisme et de tout productivisme par toutes les alternatives concrètes de vie déjà existantes et à créer. Cette cohérence est notre radicalité. Nous ne voulons pas d’un autre développement, d’une autre croissance, d’une autre consommation, d’un autre productivisme. Nous voulons sortir de la religion de la croissance qui accroît les inégalités, qui dévore les ressources, qui épuise le vivant, qui confisque la dignité des humains.

Même si une croissance infinie dans un monde fini était possible, elle resterait absurde. Comment ouvrir des chemins vers d’autres mondes ?

Face à la stratégie classique de la prise de pouvoir préalable à tous changements, nous opposons la radicalité et la cohérence d’une Stratégie de l’Escargot.

La Décroissance ne doit pas seulement être le but d’un tel projet mais aussi son chemin et sa méthode. La stratégie politique de la Décroissance est une stratégie de rupture, et non pas d’accompagnement : cette stratégie de l’escargot, implique d’abord d’avoir abandonné l’illusion qu’il suffirait d’une prise préalable de pouvoir – qu’elle soit réformiste ou révolutionnaire – pour changer le monde. Nous ne voulons pas « prendre le pouvoir » mais agir contre les dominations en affaiblissant les pouvoirs ; et créer sans attendre les conditions de la maîtrise du sens de nos vies.

Notre rejet des chemins absurdes de la mondialisation marchande ne doit pas pour autant nous entraîner dans les impasses des Plus d’infos »

On a perdu de vue que notre existence est fondée sur les systèmes vivants

liberation.fr, Eliane Patriarca, le 13 janvier 2010

 «On a perdu de vue que notre existence est fondée sur les systèmes vivants»

Alors que commence l’année de la biodiversité, l’écologue Robert Barbault rappelle sa fragilité :

Lancée officiellement à Berlin lundi par l’ONU, et en France hier à l’Unesco, l’Année internationale de la biodiversité, destinée à mobiliser la communauté internationale, répond à un échec : en 2002, lors du Sommet de la Terre de Johannesburg, les pays membres avaient promis d’enrayer l’érosion de la diversité biologique «d’ici à 2010». L’engagement est resté un vœu pieux. Selon l’Union internationale de conservation de la nature (UICN), un tiers des espèces animales et végétales connues sont menacées d’extinction, à un rythme environ 1 000 fois plus élevé que le taux naturel de disparition, alors même que nous n’avons identifié que 1,8 million d’espèces sur environ 13 millions.

Pourquoi néglige-t-on ce réservoir de ressources essentiel pour le développement des sociétés humaines ? Pourquoi la question du climat sature-t-elle le débat écologique ? «La perte de la biodiversité n’est pas comme le changement climatique dont nous pouvons voir et sentir les impacts (augmentation du niveau de la mer, des tempêtes…), souligne l’UICN. Dans le monde occidental, nous sommes devenus si éloignés de la biodiversité que nous avons oublié à quel point nous l’utilisons dans nos vies quotidiennes, depuis la nourriture jusqu’à nos vêtements, en passant par les médicaments.» Directeur du département Ecologie et Gestion de la biodiversité au Muséum national d’histoire naturelle, Robert Barbault estime que la question de la biodiversité est encore plus complexe que celle du climat.

Quand le mot biodiversité a-t-il été forgé ?

A la fin des années 80, par des biologistes de la conservation qui s’inquiétaient de la disparition des espèces et du peu de cas qui en était fait. L’un d’eux a suggéré le terme «biodiversity» pour désigner l’ensemble du tissu vivant de la planète, tout le réseau de la vie sur Terre. L’entomologiste Edward Wilson l’a repris et propagé comme un drapeau pour attirer l’attention sur cette cause. Le mot est vraiment venu au monde avec le sommet de la terre à Rio de Janeiro en 1992.

On parle de sixième grande crise d’extinction. Y a-t-il consensus parmi les scientifiques ?

Le consensus existe sur l’accélération du taux d’extinction. Mais la communauté scientifique n’est pas unanime sur le fait de parler de sixième grande crise d’extinction [par référence aux cinq recensées au cours des 600 millions d’années écoulées, ndlr]. Les paléontologues, notamment, rappellent que la crise qui a vu s’éteindre les dinosaures, par exemple, s’est étalée sur des centaines de millions d’années. La crise actuelle va beaucoup, beaucoup plus vite. Autre grosse différence : c’est l’homme qui est à l’origine de cette crise et il n’a pas envie de disparaître !

Par quoi la biodiversité est-elle menacée ?

La destruction des milieux et des habitats (déforestation, morcellement du paysage, agriculture intensive) ; la prédation ou la surexploitation de certaines espèces ou ressources ; les invasions d’espèces exotiques, et le Plus d’infos »

Nouveau front commun des opposants à la LGV : Grande manifestation samedi 23 janvier à Hendaye

sudouest.com, Pierre Sabathié, le 18 Janvier 2010

HENDAYE. Vingt collectifs et associations d’Europe opposés aux LGV se retrouvent samedi matin aux halles pour coordonner leurs actions. Avant la manifestation de l’après-midi

Nouveau front commun des opposants à la LGV

Après le succès de la manifestation du 17 octobre dernier à Bayonne (10 000 personnes), les opposants à la LGV se rassemblent à nouveau samedi à Hendaye. Cette fois, le rendez-vous est organisé par les collectifs et associations mobilisés contre la ligne nouvelle, le Cade (collectif d’associations de défense de l’environnement) en tête. Les élus, qui avaient défilé en tête de cortège à Bayonne, seront également associés et présents à ce deuxième mouvement organisé au Pays Basque.

Pour marquer une solidarité et des intérêts communs, les organisateurs ont invité une vingtaine de collectifs mobilisés contre ce projet, de la région (notamment Sud Gironde, Landes et Lot-et-Garonne), mais aussi de Bretagne, de Poitou-Charentes, du sud-est, et au-delà de nos frontières, avec la venue d’Italiens et bien sûr d’Espagnols.

Ainsi, samedi matin, dès 9 heures, les représentants de ces associations vont plancher aux halles d’Hendaye pour confronter leurs expériences, présenter leurs différentes méthodes de lutte, « afin d’être plus efficaces dans nos interventions à l’échelle nationale et européenne et d’analyser les différentes démarches juridiques », explique Victor Pachon, président du Cade.

Pays Basque espagnol

« Il faut une riposte forte et importante contre ce projet destructeur, et plus généralement contre cette accumulation (aéroport de Fontarabie, élargissement de l’autoroute, Pasajes) qui rend la vie impossible aux gens qui habitent dans ces zones », souligne Didier Rouget, d’Ustaritz.

« Le tracé choisi est prévu depuis vingt ans, j’ai une carte de 1998 où l’on voit que le fuseau n’a pas changé d’un iota. Les leurres n’ont pas fonctionné, et ne fonctionneront pas », constate Pontxo Tellier, d’Urrugne.

Ascain n’est plus touché par le passage de la LGV, mais son collectif « LGV ni Ascain ni ailleurs » réaffirme sa solidarité contre ce projet par la bouche de Fredika Irigoyen Da Veiga. Le syndicat LAB qui participe également à l’organisation de cette journée, insiste sur « l’endettement colossal qui sera demandé aux collectivités locales » alors que « l’infrastructure sera dans les mains d’un consortium privé car RFF n’a plus les moyens d’entretenir convenablement ce qui existe déjà », signale Géronimo Prieto.

Le Pays Basque espagnol sera également représenté par le biais de la coordination « AHT gelditu elkarlana » pour « mettre en évidence que les gouvernements espagnol et français supportent le même projet imposé à tous », précise Mikel Alvarez.

La grogne enfle dans la région

La réunion de travail du matin donnera lieu à l’élaboration d’une motion commune qui sera présentée à toutes les parties intéressées par ce dossier, élus compris. Ces derniers seront d’ailleurs invités à Plus d’infos »

Michel Duchène : « Le vélo est un choix culturel » et colloque Cyclab’ le 4 février à Bordeaux

sudouest.com, Isabelle Castéra, le 18 Janvier 2010

BORDEAUX. Militant de la bicyclette, Michel Duchène décrypte la montée en puissance de ce mode de transport

« Le vélo est un choix culturel »

Le vélo c’est lui. Michel Duchène, adjoint au maire de Bordeaux, pédale pour la bicyclette depuis déjà de longues années. Entre-temps, il a changé plusieurs fois de vélo, mais sans jamais lâcher son guidon. 1989 : il est encore Verts lorsqu’il intègre la municipalité. À cette époque, une conseillère municipale déléguée, Hélène Desplats, défend farouchement l’utilisation de la bicyclette en centre-ville. Et se fait moquer par Chaban et Valade. Elle fonde quand même le Club des villes cyclables au début des années 90.

« En 1995, me voilà chargé de la politique de déplacement urbain, se souvient Michel Duchène. Je milite pour le vélo. Les premières bandes cyclables apparaissent sans personne dessus. À l’époque, faire du vélo apparaît encore comme un signe de pauvreté sociale. »

Les fauchés à vélo sont ceux qui n’ont pas les moyens de se payer une voiture, le garage qui va avec voire les PV du centre-ville saturé. « Les travaux du tram ont fait la différence, poursuit l’adjoint bordelais. En 2001, nous avons acheté 2 000 vélos pour une opération de prêts gratuits. Une première en France. »

Rupture Chaban-Juppé ?

Et voilà qu’apparaissent les premières Caudéranaises à bicyclette. « So chic ». La Maison du vélo est inaugurée à Bordeaux le 1er juin 2003. « Finalement, s’emballe Michel Duchène, la rupture Chaban-Juppé repose sur ce changement culturel, plus que politique. Le vélo est devenu un choix culturel, celui d’une nouvelle ville qui se dégageait de la logique des Trente Glorieuses. On basculait dans le désir d’une cité qui favorisait les déplacements doux. »

Le vélo devient signe extérieur de modernité. « On l’a notabilisé, ajoute même l’élu. Le maire et sa famille en font ! » Après, tout est allé tellement vite. En 2005, le diplôme du cycliste-citoyen débouche sur un Code de la rue. Deux antennes de la Maison du vélo ouvrent, l’une à La Bastide, l’autre à Caudéran, la Ville met à disposition plus de 4 000 vélos, 500 arceaux, quelques kilomètres de pistes et de bandes cyclables. Bordeaux devient la ville de référence du vélo en France. Cocorico. Pourtant, une récente enquête ménages-déplacements réalisée dans l’agglomération bordelaise en 2008-2009 dégage un étrange paradoxe. La voiture est prépondérante dans toutes les zones périphériques de l’agglomération, mais plus on se rapproche du centre, plus la part de la voiture diminue au profit de… la marche à pied.

Et le vélo alors ? 8 % dans l’hyper-centre. Tous modes de déplacements confondus. Pas de quoi se relever la nuit. « Mais si justement, s’indigne Michel Duchène. Dans les autres villes, c’est 2 %. À Bordeaux, c’est une explosion. Il nous reste juste à généraliser la politique urbaine de Bordeaux à l’ensemble de la CUB. Il reste encore du boulot, mais on y vient. »

La Ville a mis en place le double sens cyclable, le tourne à droite aux feux sur 10 sites en expérimentation positive, le permis citoyen du cycliste certes. Mais les comportements de la part des cyclistes, mais surtout des automobilistes, restent insatisfaisants. Au printemps dernier, la police nationale a interpellé plusieurs cyclistes en situation d’infraction au Code de la route, avec garde à vue à la clé et quelques contraventions. L’opération « anti-vélo » très répressive n’a pas forcément réjoui la mairie. « Ce n’est pas la solution, atteste Michel Duchène. Et ça ne suffira pas. »

« Il faut encore plus de pistes cyclables c’est vrai, mais les vélos et les VCUB vont devoir apprendre à cohabiter avec Plus d’infos »

Edgar Morin : Tout est à repenser

fautedemieux.over-blog.com, Edgar Morin, Propos recueillis par WILLIAM BOURTON dans le Soir du samedi 2 janvier 2010

Le point de vue d’Edgar Morin, philosophe et sociologue.

Tout est à repenser

Pouvez-vous nous dresser un bref état des lieux de la situation actuelle du monde ?

Pour dresser ce diagnostic, il convient de considérer la période qui s’est ouverte en 1989, avec l’implosion de l’Union soviétique et la mondialisation de l’économie libérale. Ce processus d’unification technique et économique du globe s’est accompagné d’énormes dislocations. Ainsi, la guerre de Yougoslavie a montré qu’une nation, qui était presque constituée, a éclaté en fragments, chacun sur une base ethnique et religieuse. On a vu d’autres exemples depuis. L’unification par l’« occidentalisation » a provoqué en réaction des replis sur des racines identitaires.

Par ailleurs, on est entré dans une période d’une telle incertitude que la croyance générale au progrès historique s’est effondrée à l’ouest, à l’est, et au sud. Dès lors que le futur est perdu et que le présent est angoissé, on retourne aux racines, c’est-à-dire au passé. Un passé qui, hier encore semblait un tissu de superstitions et d’erreurs, devient la vérité.

Dans ce climat de dislocation, où se multiplient les haines et les rejets d’autrui, le vaisseau spatial Terre est emporté avec une vélocité extraordinaire par trois moteurs incontrôlés : la science, qui produit des armes de destruction massive et pas uniquement des bienfaits ; la technique, qui permet l’asservissement pas seulement des énergies naturelles mais aussi celui des humains ; et l’économie qui ne recherche que le profit pour le profit. Voilà dans quoi nous sommes en effet emportés.

Alors, que s’est-il passé en 2009 qui pouvait susciter de très grandes espérances ?

L’accession, totalement inattendue quelques mois plus tôt, d’Obama à la présidence de la plus grande puissance du globe. Voici un homme de bonne volonté, un homme qui possède une véritable culture planétaire de par ses origines et de par ses expériences, un homme qui a une conscience claire des problèmes, manifestée dans ses discours… Et qu’est-ce qui s’est passé jusqu’à présent ? Partout l’impuissance. Incapacité d’opérer une pression même minime sur Israël pour stopper la colonisation, incapacité de pouvoir traiter le problème afghan, impuissance au Pakistan, aggravation de la situation en Colombie et au Venezuela, en Amérique latine. Partout, sont apparues les limites à cette action de bonne volonté. Ces limites signifient que le monde est arrivé dans un état régressif. Il y a dix ans, peut-être Obama aurait-il pu réussir. Mais désormais, on voit très bien que son avènement, qui était une chance pour l’humanité, n’a pas produit ses promesses. Non pas par la défaillance d’un homme mais par l’ensemble des conditions dans lesquelles il se trouve enfermé.

Un tableau plutôt sombre…

Nous continuons, à mon avis, la course vers l’abîme. Car les probabilités sont que ce processus va vers des catastrophes multiples. Il ne s’agit plus seulement des menaces de guerres et d’emploi d’armes nucléaires, qui se sont multipliées, mais aussi de la dégradation de la biosphère et du problème du réchauffement climatique, de la crise économique, provisoirement jugulée, mais qui a révélé que cette économie mondiale ne subit aucun contrôle sérieux. De plus, nous n’arrivons pas encore à la prise de conscience du cours catastrophique qui nous permettrait de réagir contre lui.

Pourtant, par rapport à la prise de conscience environnementale, il y a eu le sommet de Copenhague…

Pour la première fois, l’ensemble des nations du globe se sont en effet réunies pour prendre des mesures contre un des périls écologiques majeurs : le réchauffement climatique. Mais, on l’a constaté, la solution est très difficile. Pourquoi ? D’abord parce qu’il faut un consensus d’un très grand nombre de nations. Deuxièmement parce qu’on voit bien que les pays riches et dominants ont tendance à vouloir faire payer une grosse note aux pays en voie de développement, lesquels refusent de se soumettre et demandent aux premiers de faire l’effort eux-mêmes. Prenez la question des énergies. Il est souhaitable que les énergies vertes – solaires, éoliennes, etc. – se répandent en Afrique ou en Asie, mais cela signifierait un don des pays développés que ceux-ci, pour le moment, n’ont pas l’intention d’envisager.

Copenhague a donc traduit une certaine prise de conscience, mais insuffisante. Le grand problème de la conscience, c’est toujours son retard sur l’événement. Il faut un certain temps pour comprendre ce qui s’est passé. Par rapport aux dangers sur la biosphère, l’alerte a été donnée en 1970, avec le rapport Meadows (première étude importante soulignant les dangers écologiques de la croissance économique et démographique, demandé à une équipe du Massachusetts Institute of Technology par le Club de Rome). Entre 1970 et 2010, il y a bien entendu eu le sommet de la Terre de Rio (1992), il y a eu la conférence sur le réchauffement climatique de Kyoto (1997), mais ces rencontres étaient toujours en retard sur la gravité de l’événement. Car en quarante ans, le monde a connu une série de catastrophes écologiques.

Dans ce contexte, la globalisation, qui dans un sens est la pire des choses, pourrait également se révéler la meilleure car, pour la première fois, il y a une interdépendance de tous les êtres humains, une véritable communauté de destin qui peut faire de nous de véritables citoyens de la planète. Mais à condition que l Plus d’infos »

Serge Latouche : La logique de croissance infinie repose fondamentalement sur la destruction de l’environnement

sudouest.com, Serge Latouche, propos recueillis par Sébastien Darsy, le 17 Janvier 2010

L’ENTRETIEN DU DIMANCHE. Pour l’économiste Serge Latouche, la « religion » de la croissance économique condamne inexorablement le monde au chaos, au profit d’une élite planétaire

Serge Latouche : « La logique de croissance infinie repose fondamentalement sur la destruction de l’environnement ».

Vivre mieux avec moins

 « Sud Ouest Dimanche ». Comment définissez-vous la croissance économique, notion qui importe tant aux dirigeants politiques ?

Serge Latouche. Il convient de distinguer la croissance avec un « c » minuscule, celle, quantitative de tel ou tel produit, et la croissance économique avec un « C » majuscule dont parlent les journaux et les hommes politiques, et que je définirai comme une véritable religion. C’est-à-dire un système qui est fondé sur la nécessité d’une croissance infinie et illimitée. Au fond, la croissance est un autre mot pour désigner le capitalisme. L’essence du capitalisme, tel que le définissait Marx, c’est la logique d’accumulation sans limites.

D’où l’importance du produit intérieur brut (PIB), qui mesure l’augmentation de la production de biens marchands…

C’est un indice fétiche supposé mesurer le bien-être dans les sociétés humaines, ce qui est une imposture. Il est intéressant de remarquer qu’il s’agit d’un produit intérieur « brut » et non pas « net », qui déduirait les dégâts engendrés sur l’homme et la nature par le processus de croissance.

Pour éviter l’épuisement des ressources naturelles, vous faites le pari de la décroissance. Faut-il comprendre que cette notion est le contraire de la croissance ?

Pour être tout à fait rigoureux, il conviendrait de parler d’acroissance, comme on parle d’athéisme, pour devenir des athées de l’idéologie de l’accumulation illimitée.

Quelles seraient donc les caractéristiques d’une société qui entrerait en décroissance ?

Alors que nous avons une seule société de croissance, il y aurait une infinité de sociétés de décroissance. La société de croissance a détruit tout autre forme de société : c’est ce qu’on appelle la mondialisation. Si l’on sort de ce monde unidimensionnel, on ouvre à nouveau l’espace à une diversité.

Toutes les sociétés qui ont duré ont été raisonnables en sachant vivre en harmonie avec leur environnement, ce qui implique nécessairement une certaine sobriété sans pour autant se priver des bonnes choses de ce monde : on peut boire une bonne bouteille de vin car le vin est renouvelable ! Faire des centrales nucléaires et des fusées interplanétaires, voilà qui n’est pas raisonnable…

Encore faut-il définir concrètement un projet de société. Or, il existe plusieurs formes de décroissances plus ou moins modérées…

La décroissance doit avant tout prendre la forme d’une société de sobriété choisie : elle doit être à la fois soutenable et équitable. Les sociétés sobres sont moins inégalitaires que la nôtre : comme le dit Hervé Kempf, ce sont les riches qui détruisent la planète (1). Les ressources étant limitées, il faut partager les richesses : vivre mieux avec moins est la base de la décroissance, qui doit être un projet attrayant. Mais les droits de chacun à exploiter les richesses naturelles doivent être limités. Il convient d’empêcher les riches de Plus d’infos »

Pierre Rabhi : L’Autonomie… Le temps de l’insécurité créative est venu

pierrerabhi.org, Pierre Rabhi, le 8 février 2008

L’Autonomie… Le temps de l’insécurité créative est venu.

L’écologie une grande leçon d’autonomie

Le terme « autonomie » suggère une organisation, une situation fondée sur la non dépendance. Celle ci nécessite une détermination, une volonté et des actes pour lui donner réalité. Elle concerne aussi bien un individu, qu’un groupe d’individus ; elle a trait également à un état intérieur, à la subjectivité humaine.

L’autonomie s’applique à des domaines très divers comme le territoire, la nation, la politique, l’économie… Traitée d’une façon exhaustive, cette question nous entraînerait trop loin. Pour éviter toute confusion, nous nous bornerons par conséquent à quelques considérations en rapport avec notre engagement pour la Terre et l’Humanisme. D’une façon générale, l’autonomie s’inscrit dans un contexte qui lui donne sa raison d’être, qui la détermine : on est autonome à l’égard de quelque chose. L’écologie bien comprise est, par excellence, une grande leçon d’autonomie. Elle est fondée sur l’interdépendance des règnes et des espèces. Chaque espèce garde sa spécificité propre mais ne peut survivre sans relation avec les autres espèces. La rupture de cette relation génère la sclérose, une dévitalisation qui, faute de la circulation des énergies vitales, peut aller jusqu’à la mort. Ainsi, paradoxalement, l’interdépendance des espèces a pour finalité et résultat l’autonomie de la totalité d’un écosystème. En préconisant, par exemple, la fertilisation de la terre par de la matière organique, issue des déchets végétaux et animaux habituellement gratuits et transformée en humus, l’agroécologie que nous essayons de propager le plus largement possible respecte le cycle des échanges entre la terre, le végétal, l’animal et l’humain, avec bien sûr tous les éléments et conformément aux règles établies par la vie depuis les origines. L’agroécologie concilie ainsi la nécessité de s’alimenter avec l’indispensable intégrité et pérennité de la dynamique du vivant. Elle est donc facteur d’autonomie. A contrario, l’usage des engrais chimiques, des pesticides de synthèse coûteux à produire (il faut environ trois tonnes de pétrole pour la production d’une tonne d’engrais), est facteur de dépendance ; par leur constitution, ces produits détruisent la dynamique en question. Car cela introduit dans le cycle comme des « corps étrangers » que le métabolisme du sol ne peut ni générer, ni recycler. Le principe élémentaire biologique s’applique à tous les domaines de la vie. La planète Terre est dans sa totalité régie par cette intelligence. Bien qu’elle fût à l’origine peuplée par des créatures innombrables, cela ne s’est jamais traduit sur la biosphère par l’épuisement des ressources. La sphère terrestre dépend bien entendu des énergies cosmiques directes et indirectes – soleil, énergies subtiles -, et probablement de cette mécanique céleste qui nous fascine tant. L’espace écologique est par conséquent infini et notre planète exalte en quelque sorte cette intelligence qui, avec la diversité, la complexité illimitée, crée de la vie et de l’autonomie dans la pérennité et la continuité. C’est une des raisons pour lesquelles la planète terre est un miracle et un prodige inégalable de l’intelligence de la vie. Il y a là un phénomène grandiose digne de toute notre admiration. L’autonomie de la planète se fonde également sur le non gaspillage. La nature n’a pas de poubelle parce qu’elle ne crée pas de déchets. Cette loi est exprimée par le fameux « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». Cette logique inspire la réflexion de l’écologie d’aujourd’hui pour le durable et le reproductible. Cependant, on a tendance à confondre l’autonomie et l’autarcie. On peut définir cette dernière comme un système clos qui prétend suffire à tous ses besoins sans échange avec l’extérieur. Et cela va à l’encontre de l’autonomie telle que la nature nous en donne le principe. Il s’agit donc d’une enclave dans un ordre global, du rejet de tout le contexte dans laquelle elle s’inscrit. Cette option contre nature devient trop souvent le terreau du sectarisme avec le repliement sur une idéologie ou un principe métaphysique qui ne souffre aucun échange ni aucune remise en cause. Les extrémismes ne sont rien d’autre qu’une conviction pathologique de détenir la seule vérité qui soit. Biologiquement, l’autarcie poussée à l’extrême est facteur de dégénérescence. Les anthropologues ont parfois découvert des communautés humaines dites « isolats » qui, faute d’échange avec les populations extérieures, cumulaient les tares par consanguinité et avec un appauvrissement génétique chronique s’acheminaient vers l’extinction. Que ce soit dans l’espace psychique ou physique, il semble que tout confinement va à l’encontre de la dynamique de la vie. Toujours en référence à notre pratique agroécologique, nous faisons une grande distinction entre l’aérobie et l’anaérobie. Un compost aéré donne une matière humique, fermentée et bénéfique ; un compost confiné donne une matière putride et toxique. Les deux principes contraires, autonomie et autarcie, que nous avons essayé d’élucider, devraient nous éclairer pour construire un futur autonome qui s‘avère indispensable pour la survie de notre espèce.

Le hiatus du « pétrolitique »

Cependant, cette nécessité d’autonomie sera mise en échec si nous ne prenons pas en compte, pour nous en affranchir, certains mythes fondateurs de la modernité particulièrement destructeurs d’autonomie. Depuis la révolution industrielle nous avons affaire, pour le meilleur et le pire, à un modèle dominant hégémonique à l’échelle planétaire. Ce modèle, nous le constatons clairement aujourd’hui, repose sur l’option la plus absurde, dépendante et dispendieuse que l’humanité ait imaginé. Cela a donné une civilisation technico-scientifique productiviste et marchande, dont la survie dépend essentiellement d’une matière combustible nauséabonde exhumée des entrailles de la terre, où elle sommeillait depuis des millénaires. Compte tenu de la gigantesque chaotisation qu’elle a provoquée dans l’histoire de l’humanité et de la nature, nous aurions été plus avisés de la laisser où elle était. Car elle est responsable d’un hiatus gigantesque dans le processus de la vie. Avec la thermodynamique, nous sommes entre Prométhée et Vulcain dans la civilisation de la combustion énergique à des fins d’efficacité, de vitesse… La voiture comme l’un des symboles du miracle de la rationalité industrielle chargée de phantasmes – évasion, liberté, emblème social -, est justement l’une des inventions faite du cumul de critères irrationnels. Une analyse objective nous permet de constater que nous avons affaire avec la voiture à un outil qui pèse en moyenne une tonne et demi pour déplacer des individus de plus ou moins 80 kilos. 80% du combustible destiné à le faire se mouvoir servent à produire de la chaleur et à permettre aux usagers de se gazer mutuellement et d’intoxiquer l’atmosphère. Cet outil a inspiré un mode d’organisation de l’espace de vie basé sur la dispersion avec un habitat éloigné des lieux de travail, de commerce, d’éducation… qui ne peut plus fonctionner sans lui. Il pèse lourdement Plus d’infos »

Aquitaine : La LGV du Sud-Ouest, pomme de discorde entre les socialistes et Europe Ecologie

aqui.fr, Nicolas César, le 14 janvier 2010

La LGV du Sud-Ouest, pomme de discorde entre les socialistes et Europe Ecologie

Depuis que le comité de pilotage, réuni par le Préfet d’Aquitaine, a présenté le 11 janvier le fuseau retenu dans un couloir de 1 000 mètres pour le tracé de la ligne à grande vitesse (LGV) de Bordeaux vers l’Espagne et Toulouse, les oppositions se multiplient. Dans le Sud-Gironde, une dizaine de propriétés des AOC des Graves est menacée. Résultat, le syndicat s’apprête à consulter un cabinet d’audit pour envisager un autre tracé. Dans les Landes aussi, la mobilisation s’organise. Mais, surtout, la LGV est en passe de devenir « Le » thème de campagne des prochaines élections régionales et l’objet d’une discorde entre le PS et les Verts/Europe écologie.

« La LGV va être un des enjeux principaux des élections régionales. Il ne sera pas possible pour les écologistes de construire une majorité avec les socialistes si on ne revoit pas la copie« , a récemment déclaré Noël Mamère, le député-maire Verts de Bègles. Des déclarations qui ont amené Alain Rousset, le président de la Région Aquitaine à rappeler que sa majorité, au Conseil régional, qui comprend notamment les Verts, a voté le projet de LGV dans le Sud-Ouest, mais aussi que « les Verts soutiennent partout la LGV. Pourquoi Europe Ecologie est le seul groupe qui s’oppose en Aquitaine ?. Dans un communiqué, ce 13 janvier, Europe écologie Aquitaine rappelle que « la position des Verts, au niveau national, est « parfaitement claire et cohérente » en considérant que « la construction de nouvelles LGV n’est plus la réponse adaptée pour compléter le réseau des LGV existant à l’heure où, partout, il est urgent de prendre en compte les besoins sociaux et la dimension environnementale ». « Alain Rousset travestit totalement la position des Verts au niveau national, dans le but de faire croire qu’il existerait des contradictions entre les écologistes aquitains et ceux des autres régions sur les projets de LGV », affirme Europe Ecologie Aquitaine.

La Région s’endette avec la LGV

« Ce n’est donc pas notre position d’opposition à ce projet qui est incompréhensible, mais l’obstination farouche d’Alain Rousset de réaliser cette infrastructure, alors que deux études indépendantes ont démontré de manière incontestable, que la ligne existante Bordeaux-Hendaye aménagée et modernisée, était à même d’absorber le trafic supplémentaire des voyageurs (TER + TGV) et du fret marchandises d’ici 2050 et que, de ce fait, cette LGV est totalement inutile.
Europe Ecologie reproche surtout à Alain Rousset d’endetter lourdement la région Aquitaine « pour ce
projet, plus de 600 millions d’euros, alors que le financement des LGV est du ressort exclusif de l’Etat et non des collectivités territoriales ». Pour l’association, cet endettement ne manquera pas de se faire au détriment d’autres politiques régionales comme celles des Transports Express Régionaux (TER) ou des lycées.

Alain Rousset favorable à la nomination d’un médiateur au Pays Basque

« Le train est une alernative au tout camion, notamment au Pays Basque. Partout, où elle a été instaurée, la LGV a apporté des bienfaits », nuance Alain Rousset. Conscient que le tracé ne doit pas être imposé, le président de la Région Aquitaine, s’est, d’ailleurs, déclaré favorable à Plus d’infos »

L’énergie de la communauté : Comment Cuba a survécu au pic du pétrole

internationalnews.fr, Megan QUINN, le 5 mars 2006

Comment Cuba a survécu au Peak Oil

Cuba Solidarity Project

L’énergie de la communauté : Comment Cuba a survécu au peak oil

Traduction « à Cuba, on n’a pas de pétrole, mais on a la Révolution » par CSP Diffusion autorisée et même encouragée Merci de mentionner les sources (de pétrole)

From TheWilderness.com 26 février 2006.

A l’Organiponico d’Alamar, un projet agricole communautaire, un collectif de travailleurs gère une grande ferme urbaine, un marché et un restaurant. Les outils manuels et la main d’œuvre ont replacé les machines consommatrices de pétrole. Les engrais sont produits par des vers de terre et le compostage. L’eau est économisée par un système irrigation au goutte-à-goutte et la communauté est approvisionnée par toute une variété de produits sains.

Dans d’autres communautés à la Havane, où la pénurie de terrains se fait sentir pour mener des projets d’une telle ampleur, les habitants ont crée des jardins sur des terrains de parking et ont planté des légumes sur les toits des maisons et dans les patios.

Depuis le début des années 90, le mouvement d’agriculture urbaine a balayé toute l’île, et la capitale est sur le point d’assurer son autosuffisance alimentaire.

Un petit groupe d’Australiens a participé à ces efforts et s’est rendu sur l’île en 1993 pour enseigner les techniques de permaculture, un système basé sur l’agriculture durable beaucoup plus économe en termes de consommation d’énergie.

Cette nécessité d’introduire l’agriculture au cœur des villes a commencé à la chute de l’Union Soviétique et la perte pour Cuba de plus de 50% des importations de pétrole, d’une bonne partie de ses aliments et de 85% de ses échanges économiques. Les transports furent paralysés, la faim fit son apparition et le cubain moyen perdit environ 15 kgs. (30 livres – ndt)

« En réalité, lorsque tout a commencé, ce fut par nécessité. Les gens ont commencé à cultiver des légumes là où ils pouvaient » explique un guide à l’équipe venue tourner un documentaire en 2004 pour montrer comment Cuba avait survécu à la pénurie de pétrole.

Cette équipe était composée, entre autres, de membres de The Community Solution (la Solution Communautaire), une ONG basée à Yellow Springs, Ohio, qui dispense des formations sur le pic pétrolier (peak oil) – le moment où la production mondiale de pétrole entamera son irréversible déclin. Certains analystes pensent que le phénomène pourrait se produire dans les dix prochaines années, ce qui donnerait à Cuba le statut d’un modèle à suivre.

« Nous voulions découvrir ce qu’il y avait chez le peuple cubain et la culture cubaine qui leur permettait de survire en ces temps si difficiles », dit Pat Murphy, directeur exécutif de Community Solution. « Cuba a beaucoup à nous montrer sur la manière de gérer la crise énergétique. »

La pénurie de pétrole n’a pas transformé uniquement l’agriculture cubaine. Le pays s’est aussi tourné vers de petites unités d’énergies renouvelables et a développé un système de transports publics économe, tout en préservant son système de santé par une politique de prévention et l’application de solutions locales qui permet d’économiser les faibles ressources.

L’époque qui a suivi la chute de l’Union Soviétique est connue à Cuba comme la Période Spéciale. Cuba perdit Plus d’infos »

Climat : le consumérisme incompatible avec le salut de la planète

tv5.org, AFP, le 12 janvier 2010

Climat : le consumérisme incompatible avec le salut de la planète

La lutte contre le changement climatique passe par un renoncement au consumérisme, pour favoriser des valeurs compatibles avec le développement durable de la planète, selon un rapport publié mardi par un institut privé de recherche environnementale américain.

« Nous avons vu des efforts encourageants pour combattre la crise mondiale provoquée par le changement climatique ces dernières années », observe Erik Assadourian, de l’institut Worldwatch Institute, basé à Washington.

Mais, ajoute-t-il, « procéder à des changements technologiques et politiques tout en maintenant une culture centrée sur le consumérisme et la croissance n’est pas tenable« .

Les dépenses de consommation dans les pays industrialisés comptent pour quelque 70% du produit intérieur brut.

« Pour maintenir une économie durable, les sociétés humaines doivent modifier leurs valeurs culturelles afin que la pérennité de la croissance économique devienne la norme et qu’une consommation excessive soit tabou« , poursuit ce chercheur.

Selon ce rapport annuel du Worldwatch Institute sur « l’état du monde en 2010″, la population mondiale a consommé pour 30.500 milliards de dollars de biens et services en 2006, une augmentation de 28% sur dix ans.

Ce fort accroissement de la consommation a entraîné une explosion de l’extraction de matières premières et de la consommation d’énergie, équivalente en masse à quelque 112 « Empire State Building » par jour.

Si tous les habitants de la planète consommaient comme l’Américain moyen, à savoir 88 kilos de marchandises et d’équivalent en énergie quotidiennement, la planète ne pourrait satisfaire les besoins que de 1,4 milliard de personnes, le cinquième de la population actuelle, souligne le rapport.

Selon l’institut, les 500 millions de personnes les plus riches dans le monde (environ 7% de la population) sont responsables de 50% des émissions de dioxyde de carbone (CO2), contre 6% pour les trois milliards les plus pauvres.

Sans mesures pour contenir les émissions de gaz à effet de serre (GES), la température terrestre risque d’augmenter de 4,5 degrés Celsius d’ici 2100 par rapport au niveau de l’ère pré-industrielle.

Et même si tous les pays respectaient leurs objectifs les plus ambitieux de réduction des émissions de GES, le thermomètre grimperait encore de 3,5 degrés d’ici à la fin du siècle.

Au sommet de Copenhague de l’ONU en décembre, les pays ont conclu un accord a minima soulignant la nécessité de limiter cette hausse à deux degrés, mais en restant très vagues sur les moyens d’y parvenir.

Pour produire suffisamment d’énergie propre au cours des 25 prochaines années pour remplacer ce qui provient des hydrocarbure et du charbon, le monde devrait fabriquer Plus d’infos »

Très grande manifestation à Hendaye le 23 janvier pour protester contre les projets de lignes nouvelles

Coordination Vigilance LGV, Communiqué, le 11 janvier 2010

Coordination Vigilance LGV

Communiqué de presse du 11 janvier 2010

La concertation menée par RFF est une mascarade !

RFF se comporte comme un Etat dans l’Etat, et tente d’imposer son projet technocratique en méprisant les élus et les populations concernées.

La coordination Vigilance LGV a pris connaissance, sur le site GPSO où elles sont publiées depuis le 8 janvier, des cartes des tracés des LGV qui auraient dû être décidés en Comité de Pilotage réuni aujourd’hui 11 janvier, à Bordeaux. 

Cette publication anticipée de décisions pas encore prises confirme que la concertation à la mode RFF, présentée comme une grande avancée démocratique, n’est que de façade. 

La coordination s’interroge sur la logique qui a prévalu lors de la définition de ce tracé particulièrement tortueux et qui n’évite pas pour autant certaines zones habitées ni les zones naturelles les plus sensibles. Les cartes des enjeux humains et des enjeux naturels auraient elle été croisées avec celle des tractations secrètes ?

Elle considère que la promesse d’une « halte ferroviaire » en Sud Gironde est une insulte faite aux populations et s’apparente à la verroterie distribuée autrefois aux populations indigènes.

La Coordination Vigilance LGV redit son opposition totale à ce projet toujours aussi inutile comme cela a été largement démontré. Sa réalisation serait une catastrophe environnementale, financière et sociale !

Elle maintient son opposition aux projets de lignes nouvelles Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne quel que soit les fuseaux retenus.

Elle demande la modernisation et la mise aux normes des lignes existantes, conditions nécessaires et suffisantes pour offrir rapidement une meilleure desserte de proximité tout en permettant le transport du fret et la circulation des TGV, ceci pour un niveau d’investissements bien inférieur et des dégâts environnementaux infiniment moindres. 

En conséquence la Coordination Vigilance LGV appelle les élus et les citoyens à continuer à se mobiliser contre ce projet insensé et à se joindre à la manifestation organisée à Hendaye le 23 janvier pour protester contre Plus d’infos »

Les comptes de la SNCF vont rester au point bas en 2010… à cause de la fin de l’âge d’or du modèle TGV

lesechos.fr, Renaud Honoré, le 12 janvier 2010

Les comptes de la SNCF vont rester au point bas en 2010

La compagnie ferroviaire prévoit une hausse de 23 % de ses recettes cette année, mais avant tout grâce à des opérations de consolidation. La situation financière va en revanche rester difficile, traduisant notamment la fin de l’âge d’or du TGV. L’endettement lui devrait passer de 7,8 milliards à 10,6 milliards d’euros.

Il va falloir continuer à faire le dos rond. Durement touchée par la crise l’an dernier, la SNCF ne prévoit pas en 2010 d’amélioration notable de ses comptes. C’est le constat qui ressort du budget annuel de la compagnie ferroviaire, qui doit être présenté le 20 janvier en conseil d’administration et dont « Les Echos » ont pu obtenir les principaux éléments.

Une première lecture pourrait pourtant donner une vision autrement plus positive de l’activité du groupe public : son chiffre d’affaires devrait ainsi augmenter cette année de 23 % par rapport à 2009 (+ 30 % par rapport à 2007), dépassant le cap de 30 milliards d’euros. Guillaume Pepy a ainsi parcouru une partie du chemin qu’il s’était lui-même assigné à son arrivée à la tête de l’entreprise en 2008 (un objectif de + 50 % entre 2007 et 2012).

Sur le même sujet

Le fret va perdre 19 % de ses effectifs cette année

Il faut toutefois noter qu’une grande partie de cette croissance (+ 19 % sur un total de + 23 %) est due à des opérations de consolidation : en clair, la SNCF va bénéficier cette année de l’intégration dans ses comptes notamment de Keolis et d’Eurostar, dont elle a pris la majorité du capital l’an dernier. Si bien que la part de l’établissement public dans les revenus totaux du groupe va fortement diminuer, passant de 72 % en 2009 à 59 % en 2010, signe de la mutation de la SNCF.

Au-delà de ces opérations comptables, la croissance des revenus ne sera donc que de 4 %. Surtout, les ratios opérationnels de l’entreprise vont rester dans les basses eaux explorées l’an dernier. Ainsi la marge opérationnelle (l’équivalent de l’Ebitda) devrait certes progresser de 17,7 % par rapport à 2009, à 1,767 milliard. Mais, rapporté au chiffre d’affaires, le taux est de 5,8 %, contre 6,1 % en 2009 et surtout 10,3 % en 2008. Même période de vache maigre pour le résultat opérationnel courant, qui est estimé à 0,6 % des revenus en 2010, contre 0,3 % l’an dernier et 3,9 % en 2008.

La lecture de ces comptes donne du coup un écho particulier aux messages alarmistes lancés depuis plusieurs mois par la direction du groupe public pour la santé financière de son TGV. C’est en effet la dégradation spectaculaire de la rentabilité de la branche SNCF Voyages (les grandes lignes) qui explique ce revers de fortune financier. Autrefois unique générateur de cash de l’entreprise, l’activité va ainsi voir sa marge opérationnelle chuter de 16,4 % en un an, à 731 millions d’euros. Rapporté aux revenus générés par la branche, cela représente un taux de 10,2 %, contre 13,1 % en 2009 et 20,1 % en 2008, dernière année de l’âge d’or du modèle TGV. Cette tendance est anticipée du fait de l’évolution attendue des dépenses énergétiques et des péages acquittés pour faire circuler les trains, dont le coût combiné devrait augmenter de 15 % environ cette année.

La fin de la corne d’abondance du TGV devrait donc amener l’entreprise à revoir Plus d’infos »

Le tracé sud de la future LGV Bordeaux – Espagne/Toulouse est décidé [+CARTE]

sudouest.com, Bruno Béziat, le 12 Janvier 2010

LIGNE A GRANDE VITESSE. Le comité de pilotage des Grands Projets du Sud-Ouest (GPSO) a choisi hier le fuseau de 1 000 mètres de la future ligne vers Toulouse et l’Espagne. Découvrez ici la carte du tracé en détail

Le tracé sud de la future LGV est décidé [+CARTE]

Le TGV à la sortie de la gare Bordeaux-Saint-Jean. En 2020, il empruntera une nouvelle ligne à grande vitesse qui lui permettra de relier Bilbao en 1 h 40 et Agen en 45 minutes.

DOCUMENT : téléchargez la carte des tracés retenus

Une étape importante vient incontestablement d’être franchie, hier à la préfecture de Région, avec le choix d’un fuseau de 1 000 mètres de la LGV au sud par le comité de pilotage, qui réunit les grands élus régionaux, les représentants de l’État et de RFF (Réseau ferré de France). Il s’agit de l’instance supérieure de décision pour ce que l’on appelle les Grands Projets du Sud-Ouest (GPSO), autrement dit la ligne à grande vitesse qui part de Bordeaux pour aller vers le Pays basque espagnol d’un côté, et la métropole toulousaine de l’autre (lire carte ci-contre).

1 Quel calendrier pour le projet LGV au sud ?

Ce choix du comité de pilotage est essentiel pour ce projet de ligne à grande vitesse, car il fixe sur la carte un fuseau qui dépasse rarement 1 kilomètre de large. Sorte de cadre de travail, ce tracé doit permettre d’arriver à des chiffrages plus précis. Il est présenté au ministre des Transports, qui devrait le valider. Dans l’année qui vient, la concertation doit se poursuivre pour parvenir à un fuseau de 500 mètres à l’intérieur de ces 1 000 mètres. Il sera proposé fin 2010 ou début 2011.

L’enquête d’utilité publique sera ensuite ouverte sur ce tracé de 500 mètres quelques mois plus tard, probablement fin 2011. Au terme de cette enquête publique, la déclaration d’utilité publique pourra être prise. Les travaux devraient débuter en 2013/2014, pour une ouverture de la ligne en 2020.

2 Les nouvelles gares et celles que l’on rénove

Au-delà du passage de la ligne elle-même sur 430 kilomètres au sud de Bordeaux, le comité de pilotage a entériné un certain nombre de choix importants. Il s’agit notamment des dessertes des principales agglomérations et des gares qui vont les accompagner. Du côté d’Agen, le lobbying du député-maire Jean Dionis du Séjour a visiblement porté ses fruits, puisqu’il obtient la nouvelle gare TGV qu’il voulait au sud de la ville, avec l’appui de plusieurs élus du secteur. Elle sera reliée à la gare actuelle par un nouveau pont et une ligne TER. Dans les Landes, Mont-de-Marsan va aussi bénéficier d’une nouvelle gare TGV.

En revanche, à Dax et à Bayonne, on se contentera de les agrandir et de les moderniser pour accueillir tous ces TGV supplémentaires.

3 Les secteurs qui posent problème

Le tracé validé hier est donc définitif… à de très rares exceptions près, où la situation est plus complexe. C’est notamment le cas en limite du Tarn-et-Garonne et de la Haute-Garonne, mais surtout au sud de la Gironde, où plusieurs viticulteurs du vignoble des Graves sont touchés. Le préfet de région a promis hier de « tenir compte de ces situations et de trouver les meilleures solutions possible », notamment grâce à des études complémentaires. On tousse aussi un peu plus au sud, vers Captieux (où une halte TGV sera réalisée), et à l’ouest du Lot-et-Garonne. Enfin, le Pays basque reste le point le plus sensible, et les opposants à la LGV y sont nombreux (lire ci-dessous). Pour ce faire, les représentants de RFF ont rappelé hier qu’il allait y enfouir « près de 60 % de la ligne », contre 30 % prévus au départ du projet. Avec un surcoût important qui n’est pas chiffré pour l’instant.

4 La concertation est-elle suffisante ?

Ces oppositions ont troublé les plus fervents partisans de la LGV, comme le président du Conseil régional d’Aquitaine, Alain Rousset. Tout en rappelant hier avec énergie que le développement du train permettra de lutter contre l’augmentation du trafic routier et de poids lourds, il a incité RFF Plus d’infos »

Rapport de la Documentation française sur la précarité énergétique

La Documentation française, rapport, le 15 décembre 2009

ENVIRONNEMENT – Rapport de la Documentation française sur la précarité énergétique

Télécharger Plus d’infos »

Eloge de la métamorphose, par Edgar Morin

lemonde.fr, Edgar Morin, le 9 janvier 2010

Eloge de la métamorphose, par Edgar Morin

Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre ou alors il est capable de susciter un meta-système à même de traiter ses problèmes : il se métamorphose. Le système Terre est incapable de s’organiser pour traiter ses problèmes vitaux : périls nucléaires qui s’aggravent avec la dissémination et peut-être la privatisation de l’arme atomique ; dégradation de la biosphère ; économie mondiale sans vraie régulation ; retour des famines ; conflits ethno-politico-religieux tendant à se développer en guerres de civilisation.

L’amplification et l’accélération de tous ces processus peuvent être considérées comme le déchaînement d’un formidable feed-back négatif, processus par lequel se désintègre irrémédiablement un système.

Le probable est la désintégration. L’improbable mais possible est la métamorphose. Qu’est-ce qu’une métamorphose ? Nous en voyons d’innombrables exemples dans le règne animal. La chenille qui s’enferme dans une chrysalide commence alors un processus à la fois d’autodestruction et d’autoreconstruction, selon une organisation et une forme de papillon, autre que la chenille, tout en demeurant le même. La naissance de la vie peut être conçue comme la métamorphose d’une organisation physico-chimique, qui, arrivée à un point de saturation, a créé la méta-organisation vivante, laquelle, tout en comportant les mêmes constituants physico-chimiques, a produit des qualités nouvelles.

La formation des sociétés historiques, au Moyen-Orient, en Inde, en Chine, au Mexique, au Pérou constitue une métamorphose à partir d’un agrégat de sociétés archaïques de chasseurs-cueilleurs, qui a produit les villes, l’Etat, les classes sociales, la spécialisation du travail, les grandes religions, l’architecture, les arts, la littérature, la philosophie. Et cela aussi pour le pire : la guerre, l’esclavage. A partir du XXIe siècle se pose le problème de la métamorphose des sociétés historiques en une société-monde d’un type nouveau, qui engloberait les Etats-nations sans les supprimer. Car la poursuite de l’histoire, c’est-à-dire des guerres, par des Etats disposant des armes d’anéantissement, conduit à la quasi-destruction de l’humanité. Alors que, pour Fukuyama, les capacités créatrices de l’évolution humaine sont épuisées avec la démocratie représentative et l’économie libérale, nous devons penser qu’au contraire c’est l’histoire qui est épuisée et non les capacités créatrices de l’humanité.

L’idée de métamorphose, plus riche que l’idée de révolution, en garde la radicalité transformatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, de l’héritage des cultures). Pour aller vers la métamorphose, comment changer de voie ? Mais s’il semble possible d’en corriger certains maux, il est impossible de même freiner le déferlement techno-scientifico-économico-civilisationnel qui conduit la planète aux désastres. Et pourtant l’Histoire humaine a souvent changé de voie. Tout commence, toujours, par une innovation, un nouveau message déviant, marginal, modeste, souvent invisible aux contemporains. Ainsi ont commencé les grandes religions : bouddhisme, christianisme, islam. Le capitalisme se développa en parasite des sociétés féodales pour finalement prendre son essor et, avec l’aide des royautés, les désintégrer.

La science moderne s’est formée à partir de quelques esprits déviants dispersés, Galilée, Bacon, Descartes, puis créa ses réseaux et ses associations, s’introduisit dans les universités au XIXe siècle, puis au XXe siècle dans les économies et les Etats pour devenir l’un des quatre puissants moteurs du vaisseau spatial Terre. Le socialisme est né dans quelques esprits autodidactes et marginalisés au XIXe siècle pour devenir une formidable force historique au XXe. Aujourd’hui, tout est à repenser. Tout est à recommencer.

Tout en fait a recommencé, mais sans qu’on le sache. Nous en sommes au stade de commencements, modestes, invisibles, marginaux, dispersés. Car il existe déjà, sur tous les continents, un bouillonnement créatif, une multitude d’initiatives locales, dans le sens de la régénération économique, ou sociale, ou politique, ou cognitive, ou éducationnelle, ou éthique, ou de la réforme de vie.

Ces initiatives ne se connaissent pas les unes les autres, nulle administration ne les dénombre, nul parti n’en prend connaissance. Mais elles sont le vivier du futur. Il s’agit de Plus d’infos »

Une autre pédagogie de l’environnement, par Chantal Jouanno

lemonde.fr, Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat chargée de l’écologie. le 8 janvier 2010

Quelle nouvelle taxe carbone en 2010 ?

Une autre pédagogie de l’environnement, par Chantal Jouanno

Instaurer une contribution carbone est une réforme historique et donc délicate. Inciter à de nouveaux comportements écologiques et corriger notre fiscalité qui pèse tant sur l’emploi et si peu sur la pollution n’est pas une mince affaire.

Le président de la République a pris cet engagement car nous devons sortir d’un système périmé. Face aux réalités démographiques, nos ressources, notamment énergétiques, ne sont plus illimitées, et surtout nous devons laisser une planète vivable. L’enjeu n’est pas tant de préserver l’environnement que l’homme, c’est-à-dire le potentiel de développement pour nos enfants et la cohésion de nos sociétés. Ne nous y trompons pas, les sociétés à venir n’auront plus le luxe de supporter les excès.

Notre responsabilité d’homme ou de femme politique est d’assumer cette réalité. Nous n’avons pas de droit à la lâcheté. Or non seulement ce nouveau modèle de développement est nécessaire, mais il est porteur d’espérance. Au-delà du progrès technologique, la réponse à la crise du climat se trouve dans le progrès de nos comportements et de nos modes de vie. Pour la première fois, nous nous sentons responsables des conséquences de nos actes à l’autre bout de la planète et pour nos enfants.

Or la fiscalité est un outil efficace et juste pour susciter et accompagner ce changement de comportement. Efficace, car cette contribution est une forme de bonus-malus climat. Chaque euro est redistribué aux ménages selon une éthique simple : seuls les excès sont coûteux ; par contre, la vertu des économies d’énergie est récompensée. Pour les entreprises, l’enjeu est de basculer d’une fiscalité pesant sur les investissements, la taxe professionnelle, à une fiscalité pesant sur la pollution.

Et cette efficacité ne dépend pas du niveau initial de cette taxe, mais de l’annonce de sa progressivité qui incite chacun à faire les bons choix pour l’avenir. Juste socialement, car le « chèque vert » est proportionné à la taille de chaque foyer et à sa situation géographique, notamment pour les ruraux. Dans tous les cas, une commission verte indépendante, dans laquelle seront représentées différentes tendances politiques, sera chargée d’en proposer les ajustements et améliorations. Ayons la modestie de considérer que toute innovation est perfectible. Le défi écologique s’accommode mal de la prétention des certitudes.

Le Conseil constitutionnel n’a pas contesté le principe de la contribution carbone, ni ses modalités de compensation. En revanche, il considère que ce système doit être étendu aux grandes entreprises couvertes par le système européen de quotas d’émission de CO2. De nombreux juristes et économistes Plus d’infos »

Serge Latouche : Quel préfixe pour la décroissance ?

journaleuropa.info, Charlotte Loisy, le 7 janvier 2010

Quel préfixe pour la décroissance ?

Serge Latouche, professeur émérite d’économie de l’Université Paris-Sud, est l’un des grands penseurs de la décroissance. Outre des ouvrages comme Justice sans limite ou Petit traité de la décroissance sereine, il participe régulièrement à la revue La décroissance.

Son ouvrage Survivre au développement (Mille et une nuits, 2004) a été qualifié de « bréviaire de la décroissance ». Pourtant l’économiste préfère souvent parler d’« accroissance ». Tout comme l’athéisme, l’accroissance rompt avec une croyance : celle qui voit la croissance non plus comme un moyen, mais comme une fin. La publicité, réel « pousse-au-crime », l’obsolescence programmée des produits et le crédit nous poussent à consommer toujours plus en croyant satisfaire des besoins pourtant fictifs. On nous fait croire que la croissance est synonyme de bien-être d’une société en brandissant les chiffres du PIB (Produit intérieur brut) comme l’indice du bonheur. Or, doit-on considérer les catastrophes naturelles ou les guerres comme porteuses de joie parce qu’elles augmentent le PIB ? Une croissance infinie dans un monde fini, voilà le paradoxe qu’il soulève. Serge Latouche préconise donc un changement de cap radical. Un slogan, plutôt qu’un concept, la décroissance souhaite « décoloniser notre imaginaire ». Il ne s’agit pas d’un impossible retour en arrière, ni d’un accommodement avec le capitalisme, mais d’un dépassement. Sans renoncer à toutes les institutions sociales que l’économie a annexées, il propose de les réenchâsser dans une autre logique.

Refonte idéologique

Ce « cercle vertueux » comme il l’appelle, se décline en huit « r »

Réévaluer les aspects non marchands de la vie humaine, considérer l’amitié ou l’altruisme comme une richesse, pas seulement l’argent.

Reconceptualiser, c’est-à-dire appréhender la réalité autrement. Aujourd’hui la création du besoin et du manque transforme l’abondance en rareté (est-ce pourtant un fait établi ?).

Restructurer, en adaptant l’appareil de production et les rapports sociaux aux nouvelles valeurs adoptées. Par exemple, transformer les usines d’automobiles en usines de cogénération pour produire de l’énergie et de la chaleur.

Redistribuer les richesses entre les pays du Nord et du Sud et à l’intérieur même des sociétés. Non pas en donnant plus, mais en prélevant moins.

Relocaliser les productions.

Réduire la consommation, le temps de travail, le tourisme. Les gains de temps permettraient de développer la vie citoyenne, le temps consacré à la culture, à la détente. Une étude a montré que sur 1 000 euros d’un forfait voyage, seuls 200 euros revenaient au pays hôte. Et enfin,

Réutiliser et recycler, comme le tissus en fibre de nylon. Le but étant d’acquérir une autonomie, une soumission non servile à la loi qu’on s’est donnée.

D’où l’importance de la convivialité entre les membres d’une même société.

Ses théories accordent une place importante au local, à l’auto-organisation en « bio-régions » et au développement de l’activité de base pour chacune d’entre elles. Le réseau international des slow cities illustre bien sa vision. Actuellement, une vingtaine de villes labellisées s’engagent à suivre les 70 recommandations de leur manifeste, dont le développement des commerces de proximité, une réduction des consommations d’énergie, le développement d’une véritable démocratie participative… Les municipalités pourraient donc d’ores et déjà refuser les OGM, construire des espaces verts et des pistes cyclables plus importantes. L’OMC (Organisation mondiale du commerce) deviendrait l’OML : l’Organisation mondiale pour la localisation. Il n’en oublie pas pour autant les pays du Sud : « La décroissance des pays du Nord est une condition pour Plus d’infos »

LGV Midi-Pyrénées : associations et élus veulent plus de concertation + colère sur toute la ligne

lesechos.fr, NC, le 6 janvier 2010

LGV : associations et élus de Midi-Pyrénées veulent plus de concertation

Des associations de communes midi-pyrénéennes riveraines du futur TGV Bordeaux-Toulouse, ont manifesté hier à Toulouse contre les projets de tracé de la LGV où leurs élus participaient à une réunion de concertation. Les manifestants, une centaine selon la police, contestent les trois tracés envisagés entre Montauban et Toulouse et ont demandé de nouvelles propositions épargnant leurs villages et habitations. Avec les élus locaux, ils attendent qu’aucune décision de tracé ne soit prise lors de la réunion prévue lundi à Bordeaux entre les préfets des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, leurs présidents et Réseau ferré de France (RFF). «Si les populations sont contre, cela ne se fera pas, nous respectons les hommes et les femmes qui sont sur ce territoire», a déclaré Jean-Michel Baylet, président du Conseil général du Tarn-et-Garonne (PRG) pour appuyer cette demande de concertation. La plupart des élus souhaitent un tracé longeant l’autoroute A62 (Bordeaux-Toulouse) pour ne pas accumuler les nuisances, mais des divergences existent sur le côté (est ou ouest) à privilégier

ladepeche.fr, Jean-Marie Decorse,  Ph.E., le 6 janvier 2010

LGV : colère sur toute la ligne

Transports. Elus et citoyens ont manifesté hier à Toulouse. Ils contestent les différents tracés proposés et demandent enfin une vraie concertation.

Comme un air de déjà vu. Le grand chantier de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) suscite les mêmes inquiétudes, réveille le même front pétitionnaire dans une aire urbaine toulousaine déjà échaudée, voilà cinq ans, par le projet de second aéroport. Mais cette fois-ci, l’enjeu est différent. Si l’aéroport, finalement retoqué par le Grenelle, avait prouvé sa relative inutilité, personne ne conteste la nécessité de cette LGV tant espérée depuis vingt ans. Mais à force d’attendre, les territoires se sont morcelés, urbanisés, rendant toujours plus complexes la définition d’un tracé dont les impacts sont multiples.

À la mi-novembre, Réseau Ferré de France a défini sur une carte les différentes bandes de 1 000 mètres où le TGV est susceptible de passer, ainsi que les emplacements potentiels des futures gares. Des variantes qui ont été soumises aux élus dans le cadre de commissions consultatives, dont une avait lieu ce mardi à la préfecture de Toulouse. Les étapes administratives se succèdent maintenant très vite, trop vite, selon les collectivités et les populations concernées. Ce jeudi, dans la foulée de ces consultations, a lieu un comité territorial chargé de préparer l’avis du comité de pilotage qui se réunira ce lundi 11 janvier à Bordeaux. De ce rendez-vous entre les préfets Aquitaine et Midi-Pyrénées sortira le tracé définitif. Mais l’échéancier risque fort d’être bousculé face à la fronde et aux actions des élus. D’autant que Jean-Michel Baylet a joint hier soir Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie et du Développement durable, pour lui demander une prolongation de la concertation. « Nous avons de bonnes chances d’être entendus » a-t-il précisé. Dans le Lot-et-Garonne, un relatif consensus s’est installé avec la création d’une gare au sud d’Agen, sous réserve que l’État participe à la construction de deux autres ponts. Dans le Tarn-et-Garonne et le nord toulousain, il n’en est pas de même. Si RFF indiquait hier qu’aucun choix n’était arrêté, c’est le tracé le plus à l’ouest au sud de Montauban qui semble privilégié et qui réveille les craintes. Une proposition de tracé a été faite par la zone artisanale de Montbartier : « Il faut la saisir. J’ai demandé au président de RFF que cette proposition soit étudiée. Mieux vaut perdre quelques mois aujourd’hui si on doit parvenir au consensus », indique Martin Malvy pour la Région Midi-Pyrénées. Il est vrai que les collectivités ont leur mot à dire : elles interviennent dans le tour de table financier d’une LGV Bordeaux-Toulouse qui avoisine les 4 milliards d’euros.

Riverains et élus manifestent à Toulouse

« Pas de tracé sans concertation ». La banderole flotte sous la bruine glacée devant la préfecture, hier après-midi à Toulouse. Les manifestants, venus du sud du Tarn-et-Garonne et du nord toulousain en Haute-Garonne protestent contre les trois tracés proposés pour la ligne à grande vitesse, présentés au même moment, à l’intérieur de la préfecture, par RFF aux élus des deux départements et de Midi-Pyrénées.« Les trois tracés sont préjudiciables », explique un habitant de Saint-Jory (31). « On nous les a présentés le 1er décembre pour une décision prévue pour le 11 janvier », proteste Alexandra David-Ardite, porte-parole de l’association « Castelnau, TGV raisonné », qui ajoute : « Deux des trois tracés sont catastrophiques, Plus d’infos »

Il ne faut pas laisser croire que l’énergie nucléaire est propre

enviro2b.com, le 23 décembre 2009

 « Il ne faut pas laisser croire que l’énergie nucléaire est propre »

Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire, chef du laboratoire de la Criirad, Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité, dénonce les mensonges de l’industrie nucléaire qui minore ses émissions de CO2 et ses déchets.

Que répondez-vous à Anne Lauvergeon, présidente  d’Areva, lorsqu’elle affirme que l’énergie nucléaire est « propre » ?

Anne Lauvergeon dit que le nucléaire ne fait pas de CO2. C’est une affirmation totalement erronée.

C’est pourtant une information reprise régulièrement dans la presse notamment…

Cela fait partie des informations fausses que l’industrie nucléaire véhicule depuis maintenant très longtemps. Avec deux grands mensonges : faire croire aux gens que l’énergie nucléaire ne fait pas de CO2 et qu’elle ne fait que très peu de déchets radioactifs, et qu’on sait parfaitement les gérer.

Lorsque l’industrie nucléaire affirme que cette énergie ne fait pas de CO2, c’est faux parce qu’à chacune des étapes de la production et de l’utilisation de l’énergie nucléaire, il y a des rejets de CO2.

Quelle est la nature de ces émissions de CO2 et dans quel volume ?

L’extraction par exemple de l’uranium par des filiales d’Areva au Niger nécessite de l’énergie. Les pelles, les camions et les machines utilisés pour l’extraction fonctionnent au fioul et grâce à une centrale thermique au charbon extrêmement polluante.

Lorsqu’on évoque l’énergie nucléaire, il faut l’analyser du début, sur la mine d’uranium à la fin, c’est-à-dire le retraitement, pour ce qui concerne la France. Ce qui est frappant, c’est qu’à chaque étape, il y a des rejets de CO2.

Tout l’uranium brûlé dans les centrales françaises passe par la Comurhex de Malvesi, près de Narbonne, qui purifie l’uranium naturel pour en faire de l’UF4. Cette usine a rejeté en 2007, selon les propres chiffres d’Areva, 384 500 tonnes d’équivalent CO2 et d’oxydes nitriques, ce n’est pas rien.

Est-ce que les rejets de l’industrie nucléaire sont chiffrés et transparents ?

Posez la question à Areva. Il existe de nombreuses études qui démontrent qu’à force d’aller chercher un minerai de plus en plus pauvre en uranium, il faut de plus en plus d’énergie pour accéder à ce minerai. Le bilan énergétique et le bilan carbone de cette filière nucléaire est, et sera à l’avenir Plus d’infos »

En 2010, construisez votre maison en terre et sauvez la planète

bastamag.net, Agnès Rousseaux, le 24 décembre 2009

En 2010, construisez votre maison en terre et sauvez la planète

Construire une maison en terre ? A l’encontre des idées reçues, ce système de construction est possible pratiquement partout. La moitié de la population mondiale vit dans une habitation en terre crue et non en béton. Ces bâtiments sont écologiques et quasiment inusables : certains sont encore debout après des millénaires. Alors, la terre, une ressource pleine d’avenir ?

Construire une maison de terre, ce n’est pas une lubie alternative de salon écologique. La moitié de la population mondiale vit dans des habitations en terre crue. Une tradition tombée en désuétude après 1945 dans les pays riches. « C’est un oubli paradoxal. En France, 15 % du patrimoine architectural est en terre crue  », souligne Romain Anger, chercheur au laboratoire CRATerre de l’École nationale supérieure d’architecture de Grenoble. Les maisons à colombage du Nord de la France sont, par exemple, constituées d’ossatures en bois remplies de terre. En Rhône-Alpes, 50 % des habitations sont construites en terre, selon la technique du pisé. « La norme était de construire avec ce qu’on avait sous les pieds. C’est la logique de la Muraille de Chine : là où le sol est en terre, la muraille est construite en terre. Lorsqu’il y a de la pierre, le matériau principal est la pierre. Comme un caméléon, la construction change de nature selon l’environnement ». Une réalité aujourd’hui oubliée en France, où on préfère transporter des matériaux sur de grandes distances.

Relocalisation des emplois et faible empreinte écologique

Aujourd’hui, dans la plupart des constructions, la terre est considérée comme un déchet. Elle est extraite des chantiers et transformée en collines artificielles reboisées. La terre est pourtant le matériau idéal. D’abord parce que c’est une matière recyclable sur place : les bâtiments détruits retournent à la terre, et celle-ci peut être recyclée indéfiniment. Elle ne subit pas de transformation chimique. La terre crue ne nécessite pas d’apports énergétiques pour la cuisson [1], elle est peu chère, et s’intègre dans le paysage.

Construire en terre, c’est aussi favoriser une relocalisation des emplois, puisque la production peut s’effectuer tout près des chantiers. Sans compter que la terre confère aux habitations un grand confort climatique grâce à son inertie thermique : elle garde une température constante, et écrête les pics de chaleur. Les constructions en terre crue ont une empreinte écologique proche de zéro ! Alors que la fabrication du ciment est à l’origine de 5 % des émissions de CO2 en France : la production d’une tonne de ciment correspond à une tonne de Co2 émis. Quand on sait que le secteur du bâtiment est responsable de 23 % des émissions (soit autant que l’industrie), construire en terre représente une alternative intéressante pour réduire les émissions.

Une ville durable vieille de 5000 ans

Construire en terre est une tradition ancestrale. Elle date sans doute de Plus d’infos »

Eco-développement – Villes en transition, l’expérience anglaise : Pour des villes moins dépendantes du pétrole

salades-nicoises.net, NC, le 4 janvier 2010

[Article plus complet sur le site d'origine]

Eco-développement : Villes en transition, l’expérience anglaise

Pour des villes moins dépendantes du pétrole

Voir en ligne : http://villesentransition.net

La dépendance de notre société au pétrole est grossièrement sous-évaluée. Un pétrole peu cher a entrainé des bouleversements énormes dans notre mode de vie ces trente derniéres années (nourriture, travail, mobilité, loisirs). Les trente prochaines seront source d’encore plus de changements a notre vie quotidienne.

40 % de notre nourriture est importée. Légumes, fruits et blé le sont a 85 %. Cette dependance sur des produits venus d’aussi loin n’est pas sans risque et a la merci de beaucoup d’aléas. Tout repose sur une chaine d’approvisionnement de plateformes logistiques régionales travaillant en flux tendu, avec peu de réserves et de lieux de stockage, par rentabilité financière. Une menace d’interruption de la chaine met tout de suite en péril l’approvisionnement alimentaire de la population, pouvant entrainer de graves pénuries, puis des troubles etc.

En 2000 durant la greve des routiers en Grande Bretagne, le patron de Sainsbury’s (l’equivalent du group Carrefour chez nous) a contacté dans l’urgence le premier ministre Tony Blair pour l’alerter que les reserves de nourriture de premiére necessité seraient epuisées en quelques jours.

Les supermarchés rationnerent pain, sucre et lait.

Aujourd’hui les réserves mondiales de matiéres alimentaires de première necessité sont au plus bas suite a plusieurs années de mauvaises récoltes et leur prix s’envole faisant l’objet d’une frénésie speculative par la communauté financiére. Cette année de nombreux pays exportateurs ont cessé de l’etre afin d’assurer leur propre souveraineté alimentaire ***.

Le pic pétrolier * c’est pour 2020 estime Fatih Birol économiste en chef de l’Agence Internationale de l’Energie **, les reserves mondiales ont passé un cap, le déclin de la production de pétrole est inéluctable.

En réponse à la double pression du pic pétrolier* et du changement climatique, quelques communes pionnières au Royaume Uni, en Irlande et ailleurs ont adopté une approche fédératrice et globale pour réduire leur bilan carbone et mieux se préparer aux bouleversements qui accompagneront le déclin de la production de pétrole dans les dix ans a venir.*

De la dépendance au pétrole à la résilience des communautés

Bristol (population 416 000 habitants) a été la première grande ville a financer une étude d’impact sur la vie locale ( transport, nourriture, santé, energie, economie, services publics etc) en cas de pic petrolier* et a en tirer des conclusions ( recherche d’autosuffisance alimentaire, relocalisation) pour preparer l’aprés-pétrole.

Bristol en Transition la première initiative d’échelle urbaine, met en réseau, inspire, forme, favorise et soutient les initiatives a l’echelle locale des quartiers et villages – Redland en Transition, Withywood en Transition, etc. – dans leurs propres Initiatives de Transition.

« Les villes en transition sont une manière concrète pour les individus d’agir sur le climat et le défi du pic du pétrole ». C’est ce qu’on appelle un « grassroots movement » mouvement d’autonomisation ** partant de la base, inversant la pyramide decisionnelle.

*Pic pétrolier

*************

Le pic pétrolier c’est en 2020, estimait Fatih Birol économiste en chef de l’Agence Internationale de l’Energie dans son rapport annuel 2008

(Créée en 1974 suite au premier choc pétrolier, l’AIE Plus d’infos »

Atelier des Bains Douches : mercredi 13 janvier à 18H30 , RdV pour construire l’avenir du quartier Belcier, salle Son Tay

Atelier des bains douches, Anne Sallenave, le 6 janvier 2010
Nous vous invitons à un nouveau rendez vous pour construire l’avenir du quartier Belcier à bordeaux le mercredi 13 janvier de 18H30 à 20H00, salle Son Tay.
Il y sera question de  Nature (espaces verts, espaces publics, fleurissement, eau, matériaux…). Quels espaces de nature faut-il pour la ville de demain ? Sous quelle forme? Comment ouvrir le quartier sur le fleuve….
Venez en discuter avec nous, avec  les urbanistes de la mairie de Bordeaux et de l’OIN Bordeaux Euratlantique. Un cahier des charges sera élaboré à partir des échanges avec les participants. Votre présence (habitants, usagers, commerçants, chefs  d’entreprise…) est importante. Nous sommes toujours plus créatifs à  plusieurs.
Un « livre d’or » est mis à votre disposition afin que vous puissiez faire vos  remarques, vos suggestions, critiques ou compliments (!). Nous avons besoin de vos réactions pour continuer à améliorer notre travail dans le quartier.
Nous finirons sur Plus d’infos »

Michel DEGUY et André LEBEAU ce matin… : La conscience écologique

agorasoulacenergie.over-blog.com, Sylvie Justome, le 4 janvier 2010

Michel DEGUY et André LEBEAU ce matin…

La conscience écologique

Magnifique entretien, ce matin, dans Répliques, sur France Culture, grâce à Alain Finkielkraut, avec Michel DEGUY, poète, essayiste et philosophe, auteur dernièrement (parmi 500 publications !) de La fin dans le monde chez Hermann (novembre 2009) et André LEBEAU, géophysicien et ancien directeur général de Météo France, qui a écrit L’enfermement planétaire (Gallimard, octobre 2008).

Le principal mérite de cet entretien est sans doute de préciser enfin clairement les points essentiels :

Le constat de la situation actuelle des habitants de la planète n’a pas à être qualifié d’optimiste ou pessimiste : il est correct ou incorrect, complaisant ou pas. Or, il suffit de confronter les données démographiques, la limitation des ressources fossiles (en particulier le pétrole dont le maximum d’exploitation sera atteint dès 2020, après quoi s’installera une pénurie d’autant plus grave que le modèle de développement américain continue de s’étendre à des continents qui sont encore à l’aube de leur croissance) et la dimension du temps, pour comprendre que ce constat est clairement catastrophique. C’est brutal et non pessimiste. Il faut dénoncer l’absurde « optimisme béat » des économistes et des technologistes : la technologie est le problème – pas la solution ! Mais c’est, encore et toujours, l’esprit humain qui porte la solution, même si le XXe siècle nous a apporté toute une série de « sans précédent », au sens propre : c’est ce que refusent encore de reconnaître, dénonçait l’émission,  les « optimistes » du constat, répétant à l’envi qu’il n’y a rien de nouveau, que nous avons déjà vécu des changements climatiques, des crises énergétiques, que nous les avons toujours surmontées et donc (sic) que nous surmonterons celles-ci !

A situation sans précédent, il faut trouver, comme le soulignent Michel DEGUY et André LEBEAU une solution sans précédent et non pas faire confiance, comme nous le sussurent constamment économistes ou politiques, au business as usual… Le poète de « l’allégresse pensive » (voir le Colloque de Cerisy de mai 2007 sur et avec Michel DEGUY) et le scientifique s’accordent avec Alain Finkielkraut dans une « lucidité optimiste » reconnaissant, certes, avec Primo LEVI que « la recherche est le fatum de l’humanité », c’est-à-dire que celle-ci est toujours condamnée à avancer toujours plus loin dans les découvertes dont elle est capable, même quand les risques sont de plus en plus grands par la maîtrise sans précédent qu’elle procure – mais croyant aussi aux ressources de l’esprit humain.

Le problème que les habitants de la planète rencontrent déjà pour beaucoup aujourd’hui, et rencontreront de plus en plus – et cette fois tous sans distinction –, ne peut être résolu ni par les seuls « gestes écologiques » individuels, ni par les Etats, qui privilégieront toujours leur « intérêt général » national, au détriment de l’intérêt général planétaire, ni par le fonctionnement libre du « marché », ni par une confiance aveugle en la technologie à venir, mais seulement par l’invention d’un fonctionnement supranational contraignant, dans les domaines fondamentaux de l’accès à l’eau, à l’alimentation et à l’habitat (ressources naturelles et énergie comprises), sur le modèle de ce que l’Europe a déjà commencé à mettre en place avec le Parlement européen, ses Directives et sa juridiction.

On pourrait être tenté de penser que les états-nations étant la cause du problème, la solution serait Plus d’infos »

Les voeux 2010 de jean-Marc Jancovici : Copenhague, taxe carbone, pétrole, club de Rome…

 manicore.com, Jean-Marc Jancovici, 6 janvier 2010

Chers amis, ennemis (hélas, il doit bien en traîner quelques uns par ici), et tous les bipèdes en âge de lire qui viendront à croiser ces quelques lignes.

Nous avons eu chaud, mais heureusement la catastrophe a pu être évitée de justesse : il s’en est vraiment fallu de peu pour que 2010 soit placésous le signe d’un ennui mortel.

Pensez donc : si Copenhague s’était « bien » achevé, avec Obama embrassant Jintao sur la bouche pendant que Lula et Sarkozy dansaient la polka derrière avec de grands panneaux « yes we did it », si le Conseil constitutionnel avait avalisé la taxe carbone dans notre pays en se contentant d’exhorter à augmenter le taux et l’assiette aussi vite que possible (mais c’était peut-être beaucoup demander à des « sages » qui seront tous morts bientôt, se demande le simili-Baffie de service ?), qu’est-ce que les amis du carbone auraient pu faire pour s’occuper cette année ? Rien ! Nada ! Bernique ! Peau de zébu !

Nos amis de l’ONU ont donc fort bien géré l’affaire en gardant un peu de suspense pour 2010, à commencer par le fait que d’ici à fin janvier tous les pays vont devoir remettre leur copie en expliquant ce qu’ils se donnent comme programme de travail. Les bookmakers londoniens se frottent les mains devant l’afflux de paris à venir…

Ding, dong, intermède publicitaire :

-         qu’attendre de Copenhague ? (avant les négos) :       http://www.manicore.com/documentation/articles/entretiens/FNSEA.html
- que dire de Copenhague ? (pendant les négos) :       http://www.manicore.com/documentation/articles/entretiens/chat_metro.html
- que conclure de Copenhague ? (après les négos) :       http://www.manicore.com/documentation/articles/Copenhague.html
ding dong, fin de l’intermède publicitaire

De ce fait vous serez nécessairement d’accord avec moi : au niveau où en est déjà le chômage, pas la peine d’en rajouter en mettant « à pied » les quelques milliers d’olibrius qui s’agitent désormais autour du bilan carbone et de ses petits cousins. Imaginez que l’Ademe, en croyant créer les emplois de demain, ait surtout créé les chômeurs de demain, pour le coup on était mal…

Puis viennent nos amis du Conseil constitutionnel qui ont décidé que la taxe carbone devait aussi s’appliquer aux sites industriels qui sont dans le système européen des quotas. Quand on sait que ces quotas ne seront pas attribués de manière payante avant 2013, ca revient à dire que la taxe carbone devra attendre 2013 pour s’appliquer ? Il faut
espérer que non, car ce que nos amis du Conseil et nos amis de Copenhague tendent à oublier, c’est que la taxe carbone, dans un pays qui importe 99% de son pétrole et 97% de son gaz (je parle de la France, évidemment), aura pour premier effet de nous éviter de revivre l’année 2009 tous les ans, en nous sortant peu à peu d’une dépendance aux hydrocarbures qui risque de nous faire très mal bien avant que le climat ne change significativement…

Ding, dong, nouvel intermède publicitaire :

-          une petite (enfin petite…) explication de textes sur le thème « qu’est-ce que le prix du CO2 ? », qui rappelle qu’il y a une composante climat, mais aussi une composante Abdallah/Poutine/Chavez/Ahmadinejad et Plus d’infos »

Laure Noualhat, journaliste à Libération le mardi 12 janvier à 18h chez Mollat : les déchets du nucléaire

ecoloinfo.com, Anne-Sophie, le 4 janvier 2010

Nous vous proposons de venir assister à la conférence que nous organisons avec la librairie MOLLAT mardi prochain, le 12 janvier, à 18h, autour de , auteur du documentaire diffusé sur ARTE en octobre dernier sur les déchets du nucléaire.

Voilà deux liens pour en savoir plus:

http://ecoloinfo.com/2009/10/13/verite-sur-les-dechets-nucleaires-parlons-en-enfin-noualhat-gueret

http://www.mollat.com/rendez-vous/laure_noualhat-27913.html

Ainsi que le petit pitch qui va avec:

Les experts nous disent que le nucléaire est propre, sûr et inépuisable. Et que le retraitement des déchets est maîtrisable. Qu’en est-il en réalité? Dans le domaine trop technique du nucléaire, difficile de se faire une idée : le secteur est généralement réservé aux experts. La compréhension de ses enjeux économiques, technologiques et environnementaux est pourtant cruciale. Le nucléaire est cher, et surtout la question des déchets n’est pas du tout réglée, jusqu’à être éludée dans beaucoup de pays. Aux États-Unis, Hanford, le berceau du nucléaire militaire – là où est née la bombe – est contaminé pour des milliers d’années. À Muslivo, en Russie, les populations vivent depuis plus de cinquante ans dans une poubelle radioactive à ciel ouvert. Nous avons toujours cru qu’il n’existait qu’un Tchernobyl, nous avons eu tort. 
Ce livre est une enquête, des Etats-Unis à la Russie, sur le retraitement de l’uranium et sur les risques environnementaux et sanitaires à long terme dus aux Plus d’infos »

La fragilité du réseau électrique serait due au chauffage

news.yahoo.com, Mathilde Cru, édité par Jean-Baptiste Vey, le 6 janvier 2010,

La fragilité du réseau électrique serait due au chauffage

L’importance du chauffage électrique en France explique en grande partie la fragilité du réseau en période de grand froid, selon Bernard Laponche, un expert en politiques énergétiques

Selon les chiffres publiés mercredi par le Réseau de transport d’électricité (RTE), la vague de froid que connait la France pourrait entraîner des records de consommation d’électricité.

Le président de RTE a toutefois écarté des risques de coupures généralisées dans l’immédiat.

Pour Bernard Laponche, « le chauffage électrique est responsable des difficultés rencontrées par le réseau d’électricité en hiver« .

« Sans le chauffage électrique, nous n’aurions pas de difficulté à passer la pointe (de consommation qui survient chaque jour vers 19h NDLR), ni de risque de coupures« , a-t-il ajouté.

La France, qui produit 80% de son électricité à partir du nucléaire, a une proportion de chauffage électrique beaucoup plus élevée que ses voisins européens.

En France, environ un quart des 25 millions de logements sont chauffés à l’électricité, une proportion qui passe à 70% dans les logements neufs, selon le ministère de l’Energie.

Or, souligne Bernard Laponche, les centrales nucléaires ne sont pas adaptées à la hausse rapide et ponctuelle de la demande, qui survient quand tout le monde allume son chauffage.

« C’est une aberration d’avoir voulu en même temps le ‘tout nucléaire’ et le ‘tout électrique’« , poursuit l’ancien directeur général de l’AFME, l’ancêtre de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), qui est membre du réseau de scientifiques et d’experts Global Chance.

Selon l’association Négawatt, qui promeut la réduction de la consommation d’énergie, le chauffage électrique a contribué à hauteur de 36% au record de consommation d’électricité établi le 7 janvier 2009, à 92.400 Mégawatts.

Renforcer les réseaux pour importer plus d’électricité n’est pas non plus une solution, estime Bernard Laponche, car ces investissements coûteux ne seraient utilisés que quelques jours par an.

« Modifier les modes de chauffage et réaliser des économies d’électricité (…) est une solution Plus d’infos »

« Pic général » – Une récession temporaire… ou la fin de la croissance ?

voltaire.net, Richard Heinberg, le 15 octobre 2009

«  Pic général » – Une récession temporaire… ou la fin de la croissance ?

Alors que la croyance dominante attribue la crise économique actuelle aux seuls désordres du système financier, Richard Heinberg affirme qu’elle est une conséquence systémique du pic pétrolier. Dans cet article de fond, le « pape de la décroissance » expose ses arguments. Nous le publions dans nos colonnes parce qu’il présente des éléments de réflexion indispensables à la compréhension des enjeux actuels, même si nous ne partageons pas la philosophie malthusienne qui sous-tend son exposé. Au demeurant, au delà de la question de savoir s’il a entièrement tort ou raison, il est nécessaire de connaître et de comprendre une pensée qui exerce désormais une influence considérable dans le monde anglo-saxon en général, et sur les administrations Obama et Brown en particulier. Tout le monde s’accorde sur ce fait : notre économie est mal en point. Les symptômes inévitables comprennent un déclin des dépenses et de la confiance des consommateurs, ainsi qu’un repli des échanges commerciaux mondiaux et du crédit disponible. Ajoutez à cela un effondrement des valeurs immobilières, un carnage dans les industries automobiles et le transport aérien, et vous obtenez effectivement un tableau très sombre.

Mais pourquoi l’économie états-unienne et, dans une perspective plus large, l’économie mondiale flanchent-elles toutes les deux ? Du côté des médias dominants, des dirigeants mondiaux et des économistes en chef états-uniens (Timothy Franz Geithner, le secrétaire au Trésor et Ben Shalom Bernanke, le directeur de la Réserve Fédérale) on observe une quasi-unanimité d’opinion : ces récents troubles s’expliqueraient principalement par la combinaison de mauvais prêts immobiliers et d’une règlementation insuffisante des produits dérivés de la finance.

Voilà pour le diagnostic conventionnel. S’il est correct, alors le traitement de notre maladie économique devrait logiquement inclure, d’une part, d’importantes sommes consacrées au renflouement des institutions financières, des banques de prêt immobilier et des constructeurs automobiles en déroute ; d’autre part, une meilleure règlementation des produits dérivés financiers et des marchés à terme ; et enfin des programmes de relance destinés à revigorer les dépenses de consommation.

Mais si ce diagnostic était erroné ? La métaphore ne nécessite guère d’explications : nous savons tous quelles tragédies peuvent résulter d’une erreur d’appréciation des symptômes de la part d’un médecin et de la confusion par celui-ci de plusieurs maladies.

Un phénomène semblable s’observe dans le cas de notre affection économique nationale et mondiale. Si nous ne comprenons pas pourquoi le métabolisme industriel et financier du monde souffre, il est peu probable que nous puissions appliquer le bon remède et nous risquons, au bout du compte, d’aggraver la situation bien au-delà de ce qu’il en serait autrement.

N’en doutons pas : le diagnostic conventionnel est certainement en partie pertinent. La relation causale entre les prêts à risque et les crises de Fannie Mae, Freddie Mac et Lehman Brothers a été largement examinée et ne fait plus guère de mystère. Clairement, au cours des quelques années passées, les bulles spéculatives dans les secteurs immobilier et financier furent gonflées à une échelle colossale, de sorte que leur éclatement était inévitable. Il semble difficile de contredire le point de vue du Premier ministre australien Kevin Rudd, dans sa tribune publiée par le Sydney Morning Herald : « Les racines de la crise s’enfoncent dans la décennie d’excès l’ayant précédée. Au cours de celle-ci, le monde a connu un boom extraordinaire[...]Cependant, comme nous l’apprîmes ultérieurement, le boom global reposait en grande partie[...]sur un château de cartes. Premièrement, dans de nombreux pays occidentaux le boom a été érigé sur une montagne de dette entre les mains des consommateurs, des entreprises et de certains gouvernements. Comme l’explique le magnat de la finance George Soros : “Pendant 25 ans [l’occident] a consommé davantage qu’il n’a produit… nous avons vécu au-dessus de nos moyens.” » [1] .

Néanmoins, afin de saisir pleinement les origines de l’effondrement économique mondial en cours, notre regard doit-il s’arrêter là ?

On peut arguer que les tragiques événements liés à l’immobilier, aux marchés de produits dérivés financiers, à l’industrie automobile et au transport aérien ne sont simplement eux-mêmes que des symptômes d’un dysfonctionnement systémique encore plus profond signifiant la fin de la croissance économique telle que nous l’avons connue. 

En bref, je propose là un diagnostic alternatif. Cette explication de la crise économique est déconseillée aux âmes sensibles car, si celle-ci est avérée, elle implique que le patient est beaucoup plus gravement atteint que ne l’affirment même les économistes les plus pessimistes. Mais si elle est correcte, alors l’ignorer nous fait encourir des périls bien plus importants.

Croissance économique, crise financière et pic pétrolier

Depuis plusieurs années, un mouvement de commentateurs (dont je fais partie) pronostiquait un crash financier en se basant sur la constatation d’un plafonnement imminent de la production pétrolière mondiale. [2] Notre raisonnement s’articulait comme ceci :

L’accroissement continu de la population et de la consommation ne peut se poursuivre indéfiniment sur une planète limitée. Il s’agit là d’une observation axiomatique sur laquelle tous ceux familiarisés avec les mathématiques de la croissance exponentielle ne peuvent que tomber d’accord, quand bien même Plus d’infos »

Copenhague et Réseau Action Climat : pour conclure et poursuivre…

eco-en-campagne.effraie.org, Maxime Combes, le 3 janvier 2010

Voici la sixième et dernière newsletter qui revient sur les dernières mobilisations et premières déclarations / perspectives pour la suite. En attente de la traduction de la déclaration de Climate Justice Now !, elle a été finalisée aujourd’hui. Ce sera le dernier envoi sur cette liste dont les archives resteront disponibles.

La version .pdf ci-jointe comprend quelques photos. Elle est accessible en ligne ici

N’hésitez pas à la diffuser. A très bientôt sans doute.

Maxime COMBES 0624512944

maxime.combes@gmail.com
http://eco-en-campagne.effraie.org
Newsletter 6 – pour conclure et poursuivre…en vous souhaitant une bonne année.

Copenhague s’est transformé en Flop-enhague. Un premier retour rapide s’impose.

Les mouvements sociaux pour la justice climatique mobilisés jusqu’au bout

Après l’immense succès de la manifestation du 12 décembre, les coalitions Climate Justice Action et Climate Justice Now ont organisé l’action Reclaim Power du 16 déc. L’excellente vidéo du Guardian revient sur les différentes initiatives, à l’intérieur comme à l’extérieur, et leurs objectifs. La vidéo de CNN montre bien que la violence était principalement le fait des forces de polices. Ces quelques photos donnent à voir comment l’action intérieure a bousculé le train-train des négociations et celles-ci la détermination de la manifestation extérieure se rapprochant du centre de conférence. Pour Attac France, les mouvements sociaux avaient montré la voie. Selon Hervé Kempf, les militants du mouvement de la justice climatique tirent un bilan positif de leur mobilisation. Idem pour Nathalie Péré-Marzano, déléguée générale du CRID : Une mobilisation réussie à Copenhague, des messages clairs aux négociateurs.

Rappel : 1800 personnes ont été arrêtées pour « rien », d’après Bastamag, et une pétition est en ligne pour la libération de tous les « prisonniers climatiques » (la majorité sont aujourd’hui libérés, mais quelques-un-e-s restent poursuivi-e-s). Le 16 et 17 décembre, deux actions et une manifestation (2000 personnes) ont été organisées pour dénoncer l’exclusion des ONG et mouvements sociaux du centre officiel des négociations et exiger la libération des prisonniers. Des rassemblements ont été organisés devant les ambassades danoises, notamment en Espagne, Etats-Unis, etc…

Communiqués post-Copenhague :

Depuis la fin du sommet de Copenhague, les déclarations critiques des organisations ou réseaux internationaux ne cessent de se multiplier. En voici quelques-unes.

Déclaration de Climate Justice Now !, signable par les organisations (pour plus d’infos sur le positionnement de CJN !, voir cette conférence de presse, pendant les négociations, le 14 déc, au sein du centre officiel)

Attac : Copenhague ou le fardeau légué par les riches

Amis de la Terre Plus d’infos »

Pic du pétrole : conséquences et anticipations

contre-la-pensee-unique.org, NC, le 29 décembre 2009

Pic du pétrole : conséquences et anticipations

« Si dans nos climats l’industrie peut se passer de l’emploi direct de la chaleur solaire, il arrivera nécessairement un jour où, faute de combustible, elle sera bien forcée de revenir au travail des agents naturels. Que les dépôts de houille et de pétrole lui fournissent longtemps encore leur énorme puissance calorifique, nous n’en doutons pas. Mais ces dépôts s’épuiseront sans aucun doute : le bois qui, lui, cependant, se renouvelle n’est-il pas devenu plus rare qu’autrefois ? Pourquoi n’en serait-il pas de même un jour d’une provision de combustible où l’on puise si largement sans jamais combler les vides qui s’y forment ?[…] On ne peut s’empêcher de conclure qu’il est prudent et sage de ne pas s’endormir à cet égard sur une sécurité trompeuse ».

Augustin MOUCHOT Professeur et Inventeur Français en 1869

L’inévitable déclin

Et oui ! Le simple constat de l’évidence ne date pas d’hier, le professeur Mouchot cet ingénieur précurseur en matière de cuisson solaire en était déjà conscient. Abordons donc sereinement ce sujet brulant – la fin de l’abondance énergétique – bien que les conséquences (concrètement la fin du mode de vie a l’occidentale) de ce problème ne soit pour ainsi dire jamais évoqué de la part des politiques.

Malgré son importance dans notre quotidien, le thème de l’énergie occupe l’espace du débat public sans véritablement parvenir à éveiller l’intérêt de nos concitoyens. Le secteur reste très largement méconnu [...]

Cela s’expliquent à la fois par la façon dont nous l’utilisons et par la façon dont nous la produisons : à la simplicité de notre consommation, s’oppose la complexité de sa genèse. L’énergie est présente en abondance dans nos foyers, prête à l’emploi ou facilement obtenue, mais elle est, dans le même temps, le fruit d’un savoir scientifique inaccessible et de gigantesques machines, aussi étranges qu’éloignées de nos centres urbains. Par ces deux aspects opposés, elle reste dans l’ombre des finalités de son emploi et échappe au questionnement social sur son essence, questionnement où les sciences humaines pourraient justement trouver leur place.

Aurélien Cohen Doctorant en philosophie au CETCOPRA Conférence du 17 avril 2008

Ce n’est pas pour autant que l’on n’a pas connaissance du problème, loin de là.  Dès 1956 la courbe en cloche de la production, telle que suggérée par M. King Hubbert représente assez fidèlement ce qui se profile actuellement. Loin de moi l’envie de vous ennuyer avec des diagrammes, mais si vous le désiré, prenez le temps de visionner cette instructive conférence d’Yves Cochet.

Ceci dit,  imaginez, ne serait-ce que quelques instants, les conséquences concrètes d’une hausse, drastique et exponentielle des prix du baril. Les transports, seront les premiers touchés. Songé aux dépenses faramineuses d’énergies dépensées dans l’agro-alimentaire, des milliers de kilomètres parcourus par votre nourriture pour ne citer qu’un exemple… viendra un jour, pas si lointain, ou la logique du monde globale s’écroulera sur lui-même.

«L’après-pétrole est le défi le plus important auquel l’humanité n’a jamais eu à faire face. La civilisation moderne nous a habitués à la consommation facile de confort et de biens matériels… tout ceci a pu être réalisé bien sûr grâce aux découvertes scientifiques et technologiques modernes… mais nous avons allègrement  » oublié  » que la mise en œuvre de masse a été rendue possible grâce à une énergie facile d’utilisation et massivement et facilement disponible, donc pas chère… Et nous avons fermé les yeux sur la question de savoir si ce pays de cocagne pouvait être perpétué indéfiniment…»

http://apres.petrole.online.fr

L’économie destructrice

Le paradigme quasi religieux d’une croissance infinie Plus d’infos »

Dominique Bourg et Kerry Whiteside : Pour une démocratie écologique

laviedesidees.fr, Dominique Bourg, Kerry Whiteside, le 1er septembre 2009, Toutes les versions de cet article : [English] Télécharger ce(s) document(s) :

Pour une démocratie écologique (PDF – 548.1 ko) par Dominique Bourg & Kerry Whiteside

Dossier Les défis de l’écologie

Pour une démocratie écologique

Notre consommation ne cesse d’augmenter et la planète est exsangue. Confier notre salut au progrès technologique et à l’économie relève de l’illusion. Car la solution est politique : c’est à la refondation de notre démocratie représentative qu’il faut tendre.

Nous partirons d’une hypothèse acquise pour les environnementalistes, mais dont la réception est mitigée dès qu’on sort d’un cercle restreint, soit pour des raisons d’ignorance, soit au nom d’une autre posture. Quelle que puisse être l’issue de la crise financière et économique actuelle, le monde où nous entrons sera profondément différent de celui que nous quittons. L’expression « inversion des raretés », parfois évoquée, caractérise assez bien le monde qui vient. À une population mondiale massive, quasiment 7 milliards et 9 au milieu du siècle, dotée d’un pouvoir d’achat et de capacités technologiques croissants, s’opposera une planète exsangue.

Il est probable que nous ne parviendrons jamais à extraire plus de 100 millions de barils de pétrole par jour alors que l’Agence internationale de l’énergie estime à 120 millions la production nécessaire en 2020. Nous aurons épuisé au début du siècle prochain l’héritage fossile de l’humanité avec un taux de croissance de la consommation annuelle de 2 %, alors que le rythme était encore de plus de 3 % ces dernières années [2].

À quoi s’ajoute le changement climatique en cours. Avec une hausse d’un degré de la température moyenne, que nous atteindrons avant le milieu du siècle, c’est par exemple l’Ouest des États-Unis, du Texas au Dakota, qui pourrait redevenir ce qu’il fut il y a quelques millénaires, un immense désert de sable. La prochaine disparition de la banquise estivale arctique, dans une ou deux décennies, déplacera le front polaire vers le Nord. Il en résultera un changement non moins perturbant du régime des pluies, asséchant par exemple régulièrement et sur de longs mois l’Angleterre. Les ouragans qui ont fait leur apparition sur les côtes du Brésil et au Sud de l’Europe seront plus nombreux et pourraient s’étendre à la Méditerranée [Plus d’infos »

Déclaration de Climate Justice Now après Copenhague

climatjustice.org, Maxime Combes, le 19 Décembre 2009

Déclaration de Climate Justice Now après Copenhague

Vous trouverez ci-dessous une première traduction en français de la déclaration de Climate Justice Now après le sommet de Copenhague. Elle est en .pdf ici. La version originale en anglais et en.pdf est ici.

Déclaration du réseau Climate Justice Now ! sur les résultats de la COP15.

Pour que votre organisation signe cette déclaration, envoyez un email à Nicola Bullard n.bullard@focusweb.org

L’appel à « changer le système, pas le climat » réunit un mouvement mondial

L’accord pourri de Copenhague révèle un gouffre entre les revendications des peuples et les intérêts des élites.

La très attendue Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique de Copenhague a débouché sur un accord de dupes, manigancé par les USA et mis sur la table au dernier moment. « L’accord » n’a pas été adopté, mais a été « pris en note », une invention absurde conçue pour convenir aux USA et permettre à Ban Ki-moon de prononcer la ridicule déclaration « nous avons un accord ».

La conférence des Nations Unies a été incapable d’apporter des solutions à la crise climatique, pas même de dessiner des avancées minimales vers ces solutions. Au contraire, les négociations ont complètement trahi les nations appauvries et les états insulaires, et ont jeté les Nations unies et le gouvernement danois dans la plus grande confusion. Au cours d’une conférence dont un objectif central était de limiter les émissions de gaz à effet de serre, il a en finalement été très peu question. Les pays riches et développés ont à l’inverse continué à entraver toute négociation sur des réductions drastiques et contraignantes, préférant plutôt reporter le fardeau sur les pays les moins développés, et ne montrant aucune volonté de réparer les dégâts dont ils sont responsables.

La coalition Climate Justice Now !, aux côtés d’autres réseaux, s’est réunie à la COP15 derrière l’appel pour « changer le système, pas le climat ». La conférence de Copenhague sur le climat a quant à elle montré que les solutions réelles, par oppositions aux fausses solutions basées sur le marché, ne pourront être adoptées tant que nous n’aurons pas vaincu un système économique et politique injuste.

À Copenhague, les responsables de gouvernement comme ceux du business n’ont pas essayé de satisfaire les attentes du monde. Les fausses solutions et les multinationales ont complètement phagocyté le processus des Nations Unies. Les élites mondiales voudraient pouvoir privatiser l’atmosphère au travers des marchés carbone ; dépecer les forêts, brousses et prairies du monde entier en violant les droits des peuples indigènes et en s’accaparant les terres ; promouvoir des technologies à haut-risque pour « réparer » le climat ; remplacer les forêts véritables par des plantations arborées d’essence unique ; transformer les surfaces agricoles en puits de carbone, et, enfin, parachever la restriction et la privatisation des biens communs. En pratique, chaque proposition discutée à Copenhague était basée sur le désir de créer des nouvelles opportunités de profit plutôt que sur la volonté de réduire les émissions, jusqu’aux modestes financements qui risquent finalement de servir à payer les transferts de technologie à risque.

À Copenhague, les seules discussions sur des solutions réelles ont eu lieu dans les mouvements sociaux. Climate Justice Now !, Climate Justice Action et le Klimaforum 09 ont permis d’articuler des idées novatrices et tenté de diffuser ces idées dans la Conférence des Nations Unies par le biais de la « déclaration des peuples » du Klimaforum 09 et l’assemblée des Peuples « Reclaim Power » (ndt : « reprendre le pouvoir », mais aussi Plus d’infos »

Pays Basque : BIZI. En quelques mois, le mouvement « écologiste et social » a prouvé sa capacité à mobiliser

sudouest.com, Pierre Penin, le 2 Janvier 2010

BIZI. En quelques mois, le mouvement « écologiste et social » a prouvé sa capacité à mobiliser. Il aborde déjà une nouvelle étape de son existence et doit fixer ses priorités

Radicaux et pragmatiques

En six mois d’existence, Bizi s’est fait une place plus que visible, dans le paysage militant local. Passé d’une vingtaine d’adhérents à sa création, à une centaine aujourd’hui, il est un interlocuteur pris au sérieux. Après le sommet de Copenhague, son échéance fondatrice, Bizi doit aujourd’hui assimiler sa croissance et tracer ses nouvelles priorités.

Jean-Noël Etcheverry, membre fondateur, se projette dans les mois post-Copenhague.

« Sud Ouest ».

Quel est le concept essentiel de Bizi ?

Jean-Noël Etcheverry. On est des militants qui veulent créer un mouvement mêlant social et écologie. C’est ce qui nous différencie d’organisations comme par exemple le NPA (Nouveau parti anticapitaliste) d’un côté, et les mouvements purement environnementaux de l’autre. Je veux dire par là que nous sommes à la fois pour la taxe carbone et pour la gratuité des transports en commun. Le NPA est contre la taxe carbone pour des raisons sociales, et des associations environnementales s’opposent à la gratuité totale des transports. Nous voulons faire la synthèse des deux.

Pensez-vous cela vraiment possible sans contradiction ?

La réussite des idées écologistes ne sera pas possible sans la préoccupation sociale. Tout ce qui va vers la préservation de la planète doit s’accompagner de justice sociale et de redistribution. C’est le seul moyen d’impliquer les plus pauvres dans les questions environnementales. L’exemple de la taxe carbone vaut ici. Pas celle de Sarkozy, trop timorée donc peu dissuasive, avec son principe de neutralité fiscale. Mais une taxe plus importante qui permettrait des investissements pour anticiper l’explosion à venir du coût du pétrole, profiterait aux plus modestes.

Si vous deviez résumer la méthode Bizi…

Nous marions radicalisme et pragmatisme. Radicalisme parce que nous voulons changer le système. Nous prônons une évolution profonde des modes de consommation et de production. Je dis radical parce que nous ne sommes pas pour la croissance verte, qui revient à agir à la marge. Nous ne voulons pas traiter les symptômes, mais nous attaquer aux racines. Pour autant, nous ne rêvons pas de Grand soir. Nous sommes pragmatiques parce que déterminés à soutenir les actions qui vont dans le bon sens. Prenez notre soutien à Chronobus : nous avons manifesté pour, aux côtés de mairies de droite. Nous sommes indépendants, mais nous nous associerons ponctuellement aux bonnes idées.

Est-ce à dire que dans l’opposition classique entre idéal et pragmatisme, vous favorisez le second ?

Si vous voulez dire que nous ferons tout ce que nous pourrons pour faire avancer concrètement les choses, je réponds oui. Que nous ne serons pas que dans la protestation, mais dans la proposition, je dis encore oui. Mais cela en restant fidèle à l’idée de bouleversement du système.

Cela pose la question de votre positionnement vis-à-vis du politique. Et du politique vis-à-vis de vous, d’autant que Bizi se développe de façon importante. Existe-t-il pour vous un risque de récupération ?

Ce qui est clair, c’est notre indépendance politique. Après Copenhague, nous commençons aujourd’hui un travail de Plus d’infos »

ARCACHON. Les huîtres seront désormais soumises à un test chimique

sudouest.com, Chantal roman, le 2 Janvier 2010

ARCACHON. Les huîtres seront désormais soumises à un test chimique

Le test de la souris a vécu

Les douze coups de minuit de l’année 2010 n’avaient pas encore sonné, jeudi soir, que déjà tous les ports ostréicoles étaient au courant : le fameux test souris était abandonné au profit du test chimique. Autant dire que les voeux de bonne année, envoyés par textos de cabane en cabane, ont tous salué la bonne nouvelle. Une mesure appliquée, bien évidemment, à tout le littoral français, mais qui réjouit avant tout le bassin d’Arcachon, dont les fermetures ont été récurrentes depuis cinq ans (lire ci-contre).

Olivier Laban, président de la Section régionale conchylicole, explique : « Nous avons eu la communication officielle par un courrier du ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, daté du 31 décembre. Aussi ai-je voulu annoncer tout de suite la nouvelle aux collègues. Nous l’avons envoyée, par SMS, sur les téléphones portables, comme nous l’avons fait tout cet été lors de l’annonce des résultats des tests hebdomadaires. Ces fameux SMS qui terrorisaient la profession chaque semaine… »

Un grand ouf

Exit, donc, le test souris, contesté depuis des années par les ostréiculteurs ? « Il existera toujours, mais ne sera plus prédominant dans les décisions de fermeture des bassins ostréicoles, précise Olivier Laban. Ce seront les résultats des tests chimiques qui en décideront. Mais le maintien du bio test sur souris permettra d’être vigilant quant à l’apparition éventuelle de nouvelles toxines émergentes. » (1)

Dès ce mois de janvier, dans le cadre de la surveillance mensuelle des huîtres et des moules, c’est donc le test chimique qui servira d’indicateur. « Avec des prélèvements effectués le 16 janvier pour un résultat donné le 22 janvier », selon le président Laban.

On imagine volontiers que les ostréiculteurs ont poussé hier un grand ouf de soulagement. « Nous avions grand espoir, dit encore Olivier Laban. Bruno Le Maire avait réaffirmé à plusieurs reprises que le test chimique serait appliqué au 1er janvier, la France pouvant obtenir une dérogation dans le cas où ce nouveau test ne pourrait être validé à temps par les tous les pays européens. Mais voir enfin noir sur blanc la décision entérinée, c’est autre chose… Et nous allons pouvoir nous consacrer à des dossiers autrement essentiels pour le Bassin, à savoir le réensemencement des parcs ostréicoles afin de pallier le manque de stocks. »

« Le ministre a tenu parole »

Hier, Marc Druart, ancien président des ostréiculteurs, ne cachait pas non plus sa joie. Il faut dire qu’il avait démissionné de la présidence, n’en pouvant plus de se battre contre « des moulins à vent ». « Aujourd’hui, je suis heureux, dit-il. Et pour les ostréiculteurs, et pour Olivier Laban qui a repris le combat. Ce n’était pas facile. Il a fallu trois ministres, Dominique Bussereau, Michel Barnier et enfin Bruno Le Maire, pour arriver à obtenir le test chimique ! Et je dois dire que Bruno Le Maire est le seul à avoir tenu sa parole. Il a pris ses responsabilités, il a fait son boulot. »

Marc Druart garde cependant une amertume : « Je ne peux pas oublier l’annonce faite le 6 septembre 2006 par Dominique Bussereau à propos de deux personnes décédées « après avoir mangé des huîtres ». La suite a bien sûr innocenté les huîtres, nous n’en avions jamais douté, mais je l’avoue, j’en garde un souvenir très amer. Cela nous a fait très mal. À tous. »

(1) Le bio test consiste à injecter des extraits de glandes digestives de coquillages à des souris. Si deux souris sur trois meurent dans les vingt-quatre heures, les coquillages sont interdits à la vente.

La qualité des eaux en question

L’abandon du test de la souris ne va pas magiquement résoudre tous les problèmes du Bassin. Le plan d’eau subit les conséquences d’une pression démographique galopante. Entre 1999 et 2006, le Bassin a gagné 18 000 habitants, pour un total avoisinant désormais les 130 000. Plus d’habitants, c’est plus de rejets d’eaux usées, plus d’espaces bitumés et plus de ruissellement et de pollution dans le milieu marin.

La tendance se poursuit. Dans une note datée de 2008, les services de l’État estiment que le Bassin gagnera à ce rythme Plus d’infos »

Juste en sortant d’ « Avatar », entrez dans une autre salle de cinéma. Et allez voir « La fin de la pauvreté ? »

altermondes-sans-frontière.com, Jean-Luc Porquet, Le Canard enchaîné N° 4652, le 23 décembre 2009

Juste en sortant d’ « Avatar », entrez dans une autre salle de cinéma. Et allez voir « La fin de la pauvreté ? » Bien sûr, ce documentaire passe dans cent fois moins de salles que le blockbuster de James Cameron. Il est moins distrayant. Il ne fait pas rêver. Mais il dit la même chose. Il raconte la même histoire.

La seule différence c’est que celle-ci est vraie. Dans ce film, le réalisateur Philippe Diaz montre comment le monde où nous vivons a été façonné par cinq siècles de pillage. Comment à partir de 1492, au moment où en Europe la noblesse a déjà confisqué les terres communales qui permettaient aux pauvres de subsister, les conquistadors ratissent le Nouveau Monde : sitôt découvert, sitôt ravagé.

Il suffit de relire « Très brève relation de la destruction des Indes » (La Découverte), le témoignage effaré du dominicain Bartolomé de Las Casas publié en 1552 : « Si les chrétiens ont tué et détruit tant et tant d’âmes et de telle qualité, c’est seulement dans le but d’avoir de l’or, de se gonfler de richesses en très peu de temps et de s’élever à de hautes positions disproportionnées à leur personne ».

Pourquoi aujourd’hui trois milliards de personnes vivent-elles avec deux dollars par jour ? Parce que, à leur manière, d’autres conquistadors ont continué et continuent le pillage. Aujourd’hui, du Brésil au Kenya, des décennies après les indépendances, les terres sont toujours aux mains des grands propriétaires terriens et des multinationales. Les pays du Sud sont toujours étranglés par la dette, et du coup contraints de produire des biens de base bon marché pour les pays du Nord.

H.W.O. Okoth-Ogendo, professeur de droit kenyan : « Les ressources du Sud sont fondamentales au développement du Nord. Et la manière d’accéder à ses ressources et de les contrôler devient cruciale pour le Nord. C’est là que le combat s’est toujours déroulé, et ce durant des siècles, et cela continue. Surtout en ce qui concerne les ressources minières. Regardez autour de vous. Pourquoi la guerre d’Angola a-t-elle été si longue ? Ou celle du Congo ? Pourquoi ne sommes-nopus pas intéressés par ce qui se passe en Somalie ? Car il n’y a rien à exproprier là-bas. Mais il y a des choses à exproprier au Soudan, au Congo, en Angola et dans d’autres pays. Donc les guerres de ressources vont continuer ».

Oui, nous sommes toujours dans « Avatar » : les colons continuent d’exploiter les Na’vis. Susan George : « Je pense que les gens ne comprennent pas qu’en fait c’est le Sud qui finance le Nord. Si on regarde les mouvements d’argent du Nord vers le Sud et du Sud vers le Nord, on s’aperçoit que le Sud finance le Nord à hauteur de 200 milliards de dollars par an ».

Mais comme à Copenhague les pays du Nord ont promis-juré qu’ils donneraient la moitié de cette somme aux pays pauvres à partir de 2020 pour Plus d’infos »

Bassin d’Arcachon Écologie fête ses 20 ans

sudouest.com, Chantal Roman, le 28 Décembre 2009

ENVIRONNEMENT. La présidente Françoise Branger fait le point sur les dossiers en cours

Bassin d’Arcachon Écologie fête ses 20 ans

C’est en 1989 qu’est née l’association Bassin d’Arcachon Écologie : « Le nombre d’adhérents de BAE ne cesse de croître et l’association est de plus en plus sollicitée », relève Françoise Branger, présidente de l’association depuis cinq ans.

Une association apolitique où se retrouvent différentes sensibilités : « Beaucoup travaillent sur des dossiers, d’autres ouvrent des blogs, d’autres encore nous apportent des renseignements », explique la présidente. Les adhérents ont pour souci la protection de l’environnement du bassin d’Arcachon et le respect de sa biodiversité. De plus, BAE anime, durant l’été des visites à la découverte pédagogique de l’environnement du Bassin (1).

À l’occasion de ces vingt ans de combat écologique, de réussites aussi, Françoise Branger fait le point sur divers dossiers d’actualité.

1 Maîtriser l’urbanisation

« Le Scot, schéma de cohérence territoriale est à l’étude. C’est un enjeu énorme. Nous participons aux débats du Scot et contribuons aux commentaires écrits des propositions et documents présentés. Nous y remarquons de graves manquements quant à la prise en compte de l’environnement et de la limitation des ressources, en eau particulièrement. Les premières analyses sont inquiétantes et nous refusons une urbanisation galopante, consommatrice d’espace. Il faut préserver les habitats naturels, les paysages, coupures d’urbanisation, les trames vertes, la sauvegarde les espaces proches du Littoral.

Le Bassin est saturé sur terre comme sur mer et cela met en péril ses fragiles écosystèmes. De trop nombreux projets de lotissements menacent les dernières coupures d’urbanisation. Les extensions d’activités nautiques sont de nature à perturber le biotope marin.

2 Parc naturel marin

« Bassin d’Arcachon Écologie disposera en 2010 d’une stagiaire qui travaillera sur cette thématique. Mais le parc marin ne doit pas être un pur outil de développement. Si développement il peut y avoir, c’est dans la restauration des ressources du Bassin. Il nous faut devenir impérativement économes des écosystèmes.

Je regrette que des élus du Siba n’aient pas accepté l’inventaire scientifique proposé lors du dernier conseil. Cela aurait permis de savoir où on en est. »

3 Des priorités

« On nous accuse d’être ennemis du progrès. Or, le progrès que nous souhaitons est celui, très urgent, d’un meilleur respect de l’environnement. La sauvegarde et la restauration de la diversité biologique sont parmi nos priorités. Oui, nous nous opposons à l’accroissement ininterrompu de l’afflux de population, à l’avancée inextinguible de l’urbanisation, à la constante extension des voies routières et autoroutières, au perpétuel développement du nombre de places de ports et d’anneaux de mouillage. Quant au photovoltaïque, nous n’y sommes pas favorables s’il est synonyme de déforestation, alors que tant d’espaces, comme les toitures sont disponibles et pourtant inutilisés pour l’implantation de panneaux solaires. »

4 Des partenaires

« Bassin d’Arcachon Écologie est membre de la Sepanso, de la Coordination environnement du bassin d’Arcachon (Ceba), du Collectif déchets girondin, mais aussi du Collectif aquitain contre les rejets en mer, de la Coordination bassin d’Arcachon. Nous sommes aussi partenaires de l’Association contre le contournement autoroutier de Bordeaux, du collectif Gironde Copenhague luttant contre le changement climatique d’origine Plus d’infos »

Revue : Un nouvel Esprit écolo ?

ecolosphere.net, Philippe Colomb, le 24 décembre 2009

Un nouvel Esprit écolo ?

Laboratoire d’un certain modernisme progressiste, la revue Esprit découvre à l’occasion de Copenhague que l’écologie politique est l’avenir de la gauche. Une prise de conscience salutaire qui ouvre des chantiers prometteurs et dont on aurait tort de négliger l’importance.

Dossier « Retour sur Terre, retour à nos limites », Esprit décembre 2009, avec des articles de Nicolas Bouleau, Dominique Bourg, François Chérèque, Daniel Cohn-Bendit, Albert Levy, Olivier Mongin, Marc-Olivier Padis, Joël Roman, Edwin Zaccai.

Esprit, « Retour sur Terre, retour à nos limites »

Sommaire du numéro de décembre 2009 (sur le site de la revue).

Si l’on parle ici de ce dossier de la revue Esprit, c’est moins pour ce qu’il pourrait apporter sur le fond aux lecteurs et aux lectrices d’ecolosphere.net que pour ce que signifie une telle publication aujourd’hui. Depuis plusieurs décennies, en effet, Esprit est un lieu essentiel d’élaboration théorique pour la « gauche moderniste ». Antitotalitarisme et autogestion dans les années 70, deuxième gauche dans les années 80, acceptation de l’économie de marché dans les années 90 : cette revue a contribué à façonner la pensée « progressiste » et a toujours revendiqué un rôle actif d’influence des responsables politiques.

Aussi, quand Esprit, qui ne s’est pas beaucoup préoccupé d’écologie politique ces dernières années, consacre son dossier mensuel à ce thème, on est tenté d’y voir un signe important en terme d’évolution socio-politique et de regarder son contenu de plus près.

Articuler en trois parties (« la fin du modèle productiviste », « le déphasage de la gauche » et « la mondialisation freinée par le bas »), ce dossier frappe d’abord par la vigueur de son positionnement. Pas de green washing, pas de croissance verte ou de fascination pour les green tech, une critique franche des mécanismes économiques soi-disant vertueux : dès son article introductif, Marc-Olivier Padis dénonce les « fausses pistes de la croissance », et souligne que « contre la perspective d’un emballement ou d’un effondrement, il convient de se demander comment freiner la mondialisation par le bas, c’est-à-dire maintenir le jeu des échanges mondiaux tout en retrouvant le sens des limites ». Si la revue ne se revendique pas de la décroissance (bien que, pour la première fois en quatre ans, elle ait récemment signalé la parution du dernier numéro de la revue Entropia), ce dossier insiste néanmoins sur la nécessaire limitation de l’emprise humaine sur les biens naturels et négocie la sortie de l’imaginaire productiviste et consumériste.

Du point de vue qui nous intéresse ici, deux articles sont particulièrement intéressants. Tout d’abord, le double entretien avec Daniel Cohn-Bendit et François Chérèque. En soumettant l’euro-député et le secrétaire général à la même série de questions, on voit bien comment la revue tente de lancer un pont entre son histoire (la CFDT, dont elle a été très proche) et l’avenir qu’elle est en train de se choisir. Les divergences entre les réponses soulignent, évidemment, le chemin qu’il reste à parcourir pour pleinement articuler le discours de défense des droits des salarié-e-s et celui de la protection de l’environnement, mais ce double entretien permet aussi de tracer des pistes de convergences et de préciser les points de tension à travailler.

Mais pour nous, c’est évidemment l’article de Joël Roman qui retiendra le plus l’attention puisque, dès son titre, « L’environnement, un défi pour la gauche », il marque une forte intention Plus d’infos »

Le père Noël ne passera pas à Copenhague ! ou la gouvernance de l’échec

portaildurisque.over-blog.com, Michel Lesbats, le 23 décembre 2009

Le père Noël ne passera pas à Copenhague ! ou la gouvernance de l’échec

Dans les domaines de la gouvernance globale l’heure était à la remise en cause des modèles dominants : la « réalité » géopolitique, la force, l’économie devait être tempérées par l’écologie et le social au niveau mondial. De plus la crise financière récente  devrait nous inciter à prendre le virage. Le GIEC, MM. Gore et Obama ne venaient ils pas d’obtenir le prix Nobel de la Paix ?

Quelle occasion d’espérer que le monde progresse par « bifurcation » et se mette sur les rails du changement de mentalités et de comportements en se montrant exemplaire au niveau de la gouvernance mondiale. Même l’apparition récente des climato-sceptiques semblait être le dernier sursaut d’une société  « has been  » qui avait vécue et que tout le monde (en Europe) semblait vouloir abandonner.

Quelle erreur collective d’appréciation : il est d’actualité de dire que nous croyions tous au Père Noël– le sommet de Copenhague  a servi de plateforme géopolitique et économique aux hommes d’affaires et aux politiques qui les soutiennent… un G20  pour régler des petits problèmes entre amis, sans se préoccuper de l’intérêt général. Tout le monde, à quelques exceptions près, n’a vu que ses intérêts géostratégiques et s’est intéressé qu’à son « petit commerce » ! Les intérêts particuliers des Etats et/ou des marchands priment, une fois de plus, sur l’intérêt général : espérons que cela ne soit pas une fois de trop !

Quelle déception pour les peuples pragmatiques, quelle victoire pour les gouvernants et les affairistes dominants. La rationalité est désormais du coté des peuples éclairés puisque la diplomatie internationale (ONU) qui devait nous accompagner pour changer le monde a accouché d’une souris.

Les Grands de ce Monde ont désormais perdu toute crédibilité et attitude de rationalité aux yeux des Petits. Comment cela sera – il perçu et analysé dans quelques années par les peuples qui seront inévitablement touchés directement ou indirectement par le réchauffement climatique et ses cascades d’effets associés… cet échec va accentuer le nombre de morts et de réfugiés sur la planète… tout le monde le sait !

Le crime contre l’Humanité  pourrait se découvrir deux nouvelles modalités dans les années qui viennent : l’ « inconscience écologique » et la « délinquance écologique mondiale » qui va tuer des millions de personnes, des espèces de la biocénose et de nombreux écosystèmes qui les hébergent – cette modalité devrait permettre, à terme, de condamner les Grands de la  planète, y compris lorsqu’ils  «auront pêché par omission de prendre des décisions ».

Comment mobiliser et demander aux entreprises et aux citoyens français de consentir et d’accentuer les efforts en matière d’écologie sans les contraindre trop…  alors que d’autres vont ruiner ces efforts en quelques semaines aux Etats Unis, en Chine ou en Inde et que le comportement incontrôlé de ces derniers vont de toutes les façons nous précipiter vers la catastrophe ?

Pas mal d’argent et d’intelligence ont été gaspillé ces derniers temps pour mobiliser les « citoyens éclairés » et organiser le Sommet de Copenhague ; cela aurait été mieux utilisé à la prévention sur le terrain du drame humain qui se prépare.

Le Président Sarkozy lui même pensait que le sommet ne pouvait pas échouer parce que Plus d’infos »

Bilan familial : Qu’avons nous fait en 2009 pour la décroissance ?

decroissance-pratique.blogspot.com, Paul Tarolf, le mardi 22 décembre 2009

Bilan de l’année 2009

Qu’avons nous fait en 2009 pour la décroissance ? Il est temps de se poser et de faire un premier bilan… Pour ma part, je couche ici les actions entreprises dans la famille cette année :

Catégorie alimentation et potager :

* Acquisition d’actions Terre de Liens (une bonne part de nos économies) pour soustraire les terres arables aux promoteurs immobiliers.

* Mise en place d’un système de courses lourdes trimestrielles

* Division par deux la consommation de protéines animales (plus de viande ou poisson le soir)

* Culture d’un (micro) potager de 7 m2 qui nous a fourni des tomates, carottes, plantes aromatiques, courgettes et radis.

Catégorie libération mentale :

* Suppression de la plupart du matériel informatique et PDA personnel

* Plus de montre (sauf jours compliqués)

* Passage effectif au 90 % soit aux 32 heures par semaines

* Vente de nombreux objets dans les vides grenier (même s’il ne nous reste plus grand chose à vendre)

Catégorie énergie :

* Acquisition (en commun avec des collègues) d’un gaussmetre pour mesurer les champs magnétiques et prendre des contre-mesures (déplacement ou suppression d’appareils électriques).

* Arrêt du nucléaire (EDF) et passage chez Enercoop depuis aout (100% énergie renouvelable).

* Mise de la quasi-totalité des appareils électriques sur prises avec interrupteur ou timers.

Catégorie eau :

* Environ -20% de consommation par rapport à l’année précédente par la mise en place d’économiseurs d’eau (robinet et douche) et réutilisation plus poussée de l’eau de bain et de veiselle (pour les chasses d’eau et le potager)

Catégorie prosélytisme :

* Écriture de ce blog ayant pour vocation de fournir des retours d’expérience concrets et quelques réflexions personnelles sur la décroissance.

* Valorisation de la décroissance auprès de la famille, amis et collègues.

Objectifs 2010 :

* Installer des toilettes sèches Plus d’infos »

« La lutte contre les inégalités est au cœur du sujet » ou l’insoutenable train de vie des riches

alternatives-economiques.fr, Guillaume Duval, Manuel Domergue, le 22 décembre 2009

« La lutte contre les inégalités est au cœur du sujet » ou l’insoutenable train de vie des riches

Les plus riches du Nord ont une responsabilité dans les désordres écologiques, qui va bien au-delà de l’impact direct de leurs gaspillages sur l’environnement. Par Guillaume Duval et Manuel Domergue, extrait du hors-série « L’économie durable », d’Alternatives Economiques.

« Le mode de vie américain n’est pas négociable« , assénait il y a près de vingt ans George Bush père, pour refuser de s’engager à limiter les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis. Et ce mode de vie a servi de modèle au monde entier tout au long du XXe siècle. Mais aujourd’hui il est tout simplement incompatible avec les grands équilibres écologiques de la planète. Ce qui complique terriblement les choses pour en changer, c’est l’ampleur des inégalités qui se sont creusées depuis trente ans : la consommation de plus en plus purement ostentatoire des riches des pays riches continue en effet à entraîner la planète tout entière dans la dynamique du toujours plus de gaspillage. Pour pouvoir combattre efficacement le changement climatique et les autres menaces écologiques, il faut donc limiter drastiquement les inégalités.

En théorie, chacun des 6,5 milliards d’habitants de la Terre dispose d’un hectare et demi de ce qu’on appelle « l’empreinte écologique », c’est-à-dire la surface au sol nécessaire pour satisfaire ses besoins de base sans puiser dans les ressources non renouvelables de la planète. Mais, d’après les calculs, cette empreinte soutenable a déjà été dépassée depuis les années 1970, puisque chaque humain « consomme » en moyenne actuellement 2,7 hectares. Cette moyenne, déjà excessive, cache en plus de fortes disparités. Avec cinq hectares, un Européen consomme le double de cette moyenne. Mais il apparaît presque sobre par rapport à un habitant des Etats-Unis (9,5 ha) ou des Emirats arabes unis (9,6 ha).

Un exemple à ne pas suivre

Et ces moyennes nationales masquent elles-mêmes des disparités importantes. Les ménages les plus riches des pays riches sont en effet de très loin ceux qui consomment le plus, et donc ceux qui polluent le plus : des vacances à Bali sont plus énergivores que celles à la campagne, chauffer une maison de 200 m2 nécessite en moyenne plus d’énergie qu’un petit appartement, etc. Sans même parler de la consommation d’eau des parcours de golf d’un vert éclatant au mois d’août, ni des yachts, des jets privés et des hélicoptères dilapidateurs de carburant… Ces intuitions sont confirmées par les données publiées par l’Insee : les 10% des ménages les plus riches dépensent environ 2 000 euros par an en France pour l’énergie, contre 800 euros par an pour les plus bas revenus. De même pour la facture transports : les 10% les plus riches dépensent plus de 7 000 euros par an, contre moins de 2 000 pour les 10% les plus pauvres.

Est-ce si grave ? Les riches des pays riches ne constituent-ils pas finalement une goutte d’eau certes très visible, mais en réalité quantitativement insignifiante à l’échelle de la planète ? 793 personnes sur Terre possèdent plus d’un milliard de dollars et accumulent à elles seules 2 400 milliards de patrimoine en 2009 (classement Forbes). Néanmoins, le gros bataillon des riches est constitué de millionnaires, et rien qu’en Chine, on en compterait 450 000 cette année, selon le Boston Consulting Groupe. Mais la contribution la plus nocive des plus riches à la crise écologique tient surtout à leur fonction Plus d’infos »

Energie : Coup de solaire sur le Sud-Ouest

sudouest.com, Bernard Broustet, le 22 Décembre 2009

ENERGIE. Alors que le numéro un mondial des panneaux va investir en Gironde, les projets de fermes solaires pullulent dans la région.

Coup de solaire sur le Sud-Ouest

La région abrite déjà à Losse (Landes) ce qui sera la plus grande installation photovoltaïque de France. Et la plus grosse usine française de panneaux va être construite à Blanquefort (Gironde) par l’américain First Solar, numéro un mondial de la spécialité (cliquez ici pour lire l’article). Le chantier devrait débuter en septembre 2010, la production en 2012. Le contrat-cadre de cette opération a été signé hier entre le ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Espace rural, Michel Mercier, les collectivités locales qui apportent leur contribution et le président de First Solar, Bruce Sohn. Ces deux opérations témoignent de l’ampleur de la fièvre solaire qui se manifeste dans l’Hexagone, et notamment en Aquitaine.

Incitations juteuses

Plus encore que l’éolien, le photovoltaïque était longtemps resté en France dans une situation de marginalité absolue, du fait de son coût et de la prépondérance du nucléaire. Mais la conférence de Kyoto, les directives européennes, les baisses de coûts progressives et le Grenelle de l’environnement ont changé la donne. Le ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo, a fixé pour objectif en 2020 un potentiel installé de 5 400 mégawatts, soit moins que la somme des puissances installées des centrales nucléaires de Golfech et de Braud-et-Saint-Louis, mais infiniment plus que les quelques dizaines de mégawatts aujourd’hui en service.

Une moitié ou plus de ce potentiel pourrait provenir des modules installés sur les toitures des maisons et des locaux professionnels (hangars agricoles, parkings), bénéficiant à ce jour au moins d’incitations juteuses (prix de rachat garanti sur vingt ans, crédit d’impôt, etc.). Mais une bonne partie de ce courant solaire devrait être fournie par des « fermes » regroupant des panneaux au sol.

Dans cette perspective, la forêt des Landes de Gascogne fait l’objet d’une sollicitude nourrie. Car si elle n’est pas la zone la plus chaude de France, elle n’est pas non plus la plus froide. Surtout, l’espace y est vaste et peu cher. Et, après les ravages de la tempête, le photovoltaïque apparaît, à tort ou à raison, comme une bouée de sauvetage.

Le massif a donc été prospecté en long et large par des opérateurs divers. Le plus puissant d’entre eux est EDF Énergies nouvelles. La filiale du géant français se taille la part du lion dans les projets aujourd’hui en cours de réalisation (Losse) ou de gestation (Saint-Symphorien, Cestas, etc.). La Compagnie du Vent, filiale de GDF-Suez, fait aussi partie des visiteurs du massif, au même titre que de plus petites entreprises comme Eosol ou Solarezo (voir ci-dessous).

Dans ce domaine, la discrétion est souvent de mise : parfois placés en concurrence, les communes et les propriétaires n’ont pas forcément envie de voir partir la poule aux oeufs d’or (les locations de surfaces) chez le voisin. « Le photovoltaïque est parfois devenu une obsession », constate Philippe Sartre, maire de Garein (Landes) et président de la commission urbanisme du Parc naturel des Landes de Gascogne, qui s’efforce de faire respecter le très riche patrimoine environnemental du massif.

La fièvre qui a frappé la région était sans doute d’autant plus forte que le paysage institutionnel et économique était plutôt favorable aux porteurs de projet. D’une part, EDF s’est engagée à Plus d’infos »

Bernos-Beaulac. Le maire Philippe Courbe réactive un vent de fronde anti-LGV

sudouest.com, Lascurreges, le 22 décembre 2009

BERNOS-BEAULAC. Le maire Philippe Courbe réactive un vent de fronde anti-LGV

Cette LGV dont ils ne veulent pas

 «Il y a l’itinéraire grand gabarrit, le gazoduc, l’A 65, la LGV et maintenant, cerise sur le gâteau, on nous annonce une nouvelle ligne à haute tension. Il ne nous manque plus que le deuxième aéroport de Bordeaux. » Philippe Courbe a envie de pousser un coup de gueule, à l’idée de voir sa commune lacérée et balafrée par tout un tas d’infrastructures. Le maire socialiste de Bernos-Beaulac qui a le soutien de son Conseil municipal rappelle ici les raisons pour lesquelles il s’oppose en particulier au projet de LGV.

Des atteintes irréversibles

« L’opposition locale est importante et sous-estimée par RFF. Il y a derrière ce projet une réelle atteinte à la qualité de vie doublée de nuisances et préjudices à l’environnement et au patrimoine. Les impacts sont de plusieurs ordres. Il y a une atteinte à la biodiversité et aux espèces endémiques sur des zones classées Natura 2000, dans les vallées de la Gouaneyre et du Ciron. On va hypothéquer la vulnérabilité des captages de nos eaux de sources gérées par le Syndicat des eaux et de l’assainissement du Bazadais. Et puis, il y a un impact sur la forêt à un moment où l’on parle de la régénérer. »

Le maire de Bernos-Beaulac ajoute à ces éléments tous les arguments d’ordre économique, considérant que « ces investissements vont mettre en faillite les finances régionales et ne prennent pas en compte les déficits d’exploitation des A 65 et de la LGV, qui vont entraîner une hausse de la fiscalité, au-delà d’une sous-évaluation du coût des travaux ».

Un signal à Alain Rousset

Bref, Philippe Courbe note au passage l’abstention des Verts à la dernière séance plénière du Conseil régional sur le grand projet ferroviaire. Lui aussi privilégie la LGV sur des lignes existantes et priorise un réel développement du ferroutage, voire même du cabotage pour le transport des marchandises plutôt que de valoriser la grande vitesse au profit de quelques voyageurs privilégiés.

La campagne des régionales est lancée. Et même si Philippe Courbe considère « qu’Alain Rousset est un bon président », il indique qu’il n’en partage pas tous les points de vue au moins sur la politique des nouvelles infrastructures. « Je suis prêt à inviter Alain Rousset et le directeur de RFF, ici sur le terrain », lance le maire de Bernos-Beaulac : « Je leur montrerai par exemple que la vallée de la Gouaneyre est un endroit magnifique et qu’elle ne mérite pas ce que l’on lui réserve ». Et que l’on ne vienne pas lui parler de gare, de fret ou de service express régional. « On n’en croit pas un mot. Et de toute façon, on n’en veut pas », lui soufflent les conseillers municipaux présents.

Appel à la résistance

Aujourd’hui, une voix s’élève dans le pays bazadais. Philippe Courbe aura sans doute besoin d’ici peu de compter les maires qui voudront le rejoindre dans ce qui pourrait être un appel à la résistance, sans occulter le droit de faire des propositions.

Ce sera sans doute difficile, si l’on considère que Plus d’infos »

Surfrider Foundation : Bayonne, Anglet et Biarritz en concurrence pour le siège européen

sudouest.com, Pierre Penin, le 22 Décembre 2009

SURFRIDER. La Ville propose l’ancien site de l’université à l’organisation. Mais Anglet et Biarritz sont en lice

Bayonne en concurrence pour le siège européen

Où Surfrider foundation installera-t-elle son siège européen ? Actuellement à l’étroit dans ses locaux biarrots (avenue de Verdun), l’organisation écologiste a fait savoir au printemps dernier sa volonté de déménager. La Ville de Bayonne est sur les rangs. Jean Grenet observe une grande prudence : « Rien n’est signé, il est donc prématuré d’évoquer ce sujet », pose le maire. Le dossier est très sensible, car Bayonne, Anglet et Biarritz se disputent Surfrider.

« On est en début de négociation », tempère Xavier Giamporcaro, chef de projet partenariat et développement pour Surfrider Europe. « Nous avons sollicité la Communauté d’agglomération du BAB, nous avons précisé nos besoins. » Soit, au grand minimum, « le double » des 225 m2 de surface utile actuels. Plutôt dans les 1 000 m2, pour loger son équipe actuelle et anticiper son développement. « Nous explosons depuis quatre ans, les nouveaux locaux devront répondre à nos besoins futurs. »

L’option Saint-Crouts

Initialement, l’association envisageait une construction, évidemment en haute qualité environnementale (HQE). « L’idée de départ est celle-là, confirme le président Gilles Asenjo. Mais on s’interroge aussi sur la possibilité d’adapter des locaux existants. » C’est la proposition bayonnaise. La Ville ouvre l’espace encore vacant sur le site de l’ancienne université, à Saint-Crouts.

Surfrider l’envisage et ne s’en cache pas, affirme « avancer dans les discussions avec Bayonne ». Mais son président nuance dans la seconde : « Il n’y a rien de figé. On n’a pas pris de décision. Toutes les possibilités ont leur intérêt. On est encore à l’écoute des trois municipalités. »

Pour Biarritz, l’adjoint aux sports Michel Poueyts revendique la légitimité des origines. Les surfeurs mobilisés pour l’environnement ont toujours siégé à Biarritz. « Surfrider a toute sa place chez nous. Nous sommes des partenaires privilégiés et naturels. » La perspective de la Cité de l’océan renforce, pour l’élu biarrot, la candidature de sa ville. Ne pas comprendre ici que la cité côtière envisage un lieu sur ladite cité. C’est dans le futur quartier Kleber que Biarritz envisage de loger Surfrider. Ce ne sera pas avant deux ans : l’association attendra-t-elle ?

Quant à Anglet, elle suggère deux espaces. L’un à la Barre, face à l’ancien camping éponyme, avec vue sur l’Adour. L’autre pourrait être Baia parc, sur le domaine portuaire.

« Pas un choix politique »

L’organisation réserve donc son choix. Mais les concurrents devraient bientôt savoir. Courant janvier, l’association réunira un conseil d’administration censé trancher la destination du déménagement.

Les administrateurs seront guidés par « des impératifs professionnels, techniques uniquement », appuie Gilles Asenjo. Pour être plus clair encore : « On ne fera pas un choix politique. » Précision d’importance dans ce dossier aux enjeux certains, sur fond de rivalité entre les villes. Le siège de Surfrider est une Plus d’infos »

Quelles pratiques démocratiques ? Pour mieux faire société

mediapart.fr, Jean-Claude Charrié, le 22 Décembre 2009

Quelles pratiques démocratiques ? Pour mieux faire société

La mode, la grande mode est à la « démocratie participative ».

Aujourd’hui « leitmotiv » assumé de leaders politiques célèbres et célébrés, la démocratie participative est en réalité dans les tuyaux depuis bien avant la dernière élection présidentielle, elle trouve ses racines si je ne me trompe dans la décentralisation, du moins dans sa forme et son acception moderne.

Et nul doute qu’ils sont forts nombreux, tous les élus et toutes les élues qui « s’en réclament ».

De quoi s’agit-il ?

Tout simplement d’associer. D’associer le citoyen à la prise de décision, d’associer la « société civile » à l’exercice politique, d’associer la mythique démocratie directe à la désormais suspecte démocratie représentative.

Pour une étude très sérieuse de la chose, je ne saurais trop recommander les travaux de Pierre Rosanvallon, en particulier « La légitimité démocratique » (Septembre 2008 au Seuil).

En contrepoint, je vous propose, beaucoup plus brièvement ici, de rester au raz des pâquerettes et de la chose vécue, de notre quotidienne citoyenneté en quelque sorte.    

Au-delà de l’association des gens aux décisions qui les concernent, il s’agit bien en effet de légitimité.
Les prémices de cette affaire sont peut-être à rechercher du côté par exemple du Conseil Economique et Social inscrit dans notre constitution de 1958
(lui-même lointain héritier à en croire Wikipédia d’une initiative de la IIIe République en 1925).

Puis il y eut aussi et vivent encore, les « commissions extramunicipales », les « conseils de quartier », « les assemblées de ceci ou de cela »… toutes formes qui doivent beaucoup à notre gauche nationalement minoritaire pendant les si longues années de règne du Général, puis de Pompidou, puis de Giscard.

Ce fut une éternité, un tunnel pendant la traversée duquel la gamberge est venue au secours de l’impatience et/ou de la frustration.

Et l’imagination prenant le pouvoir faute de l’exercer, les esprits en surchauffe n’ont pas manqué de produire, d’inventer, de construire et d’argumenter.

Et c’est ainsi que sont convoqués au sacre de la démocratie participative, tous les archétypes de la rhétorique démocratique tout court : contre pouvoirs, équilibre des pouvoirs, démocratie directe … tous concepts procédant de l’exercice critique légitime d’une minorité.   Et c’est à partir de ces constructions théoriques, de ces représentations principielles qu’il me semble intéressant d’apprécier Plus d’infos »

Malgré l’échec de Copenhague, M. Sarkozy continue d’investir le terrain de l’écologie

lemonde.fr, Arnaud Leparmentier, le 21 décembre 2009

Malgré l’échec de Copenhague, M. Sarkozy continue d’investir le terrain de l’écologie

On continue comme avant. En dépit de l’échec de Copenhague, Nicolas Sarkozy veut continuer d’occuper le terrain de l’écologie en France. « Le président ne cédera pas d’un pouce sur les engagements qu’il a pris« , explique Franck Louvrier, conseiller en communication de l’Elysée.

Le chef de l’Etat recevra en début de semaine les associations environnementales et compte, selon M. Louvrier, prendre des « initiatives fortes », alors que de nouveaux rendez-vous sont attendus au printemps 2010 à Bonn, en Allemagne, et à la fin de l’année à Mexico. Il n’empêche, la France est menacée d’un « Copenhague-blues ».

« Il va y avoir un questionnement sur les politiques française et européenne qui avaient vocation à s’inscrire dans un espace mondial« , analyse la spécialiste de l’environnement, la secrétaire d’Etat Nathalie Kosciusko-Morizet. « Ces politiques ne perdent pas forcément de leur pertinence, mais doivent être réinterprétées. Soit l’on tombe dans les désillusions : le monde va dans le mur, allons-y gaiement sous la pression des industriels qui demanderont la levée des contraintes. Soit l’on persévère. Mais cela implique de poser la question de la compensation carbone aux frontières de l’Europe ou d’un espace plus vaste de pays décidés à lutter contre le réchauffement« , précise-t-elle.

Toutefois, la taxe aux frontières proposée par M. Sarkozy ne fait pas l’unanimité en Europe. Mme Kosciusko-Morizet déplore que l’Union européenne impose essentiellement des normes. Elle propose la création d’une politique de l’environnement intégrée, par exemple en matière de recherche.

« PERSÉVÉRANCE »

A l’approche des élections régionales de mars 2010, la droite veut capitaliser sur l’engagement écologique du chef de l’Etat. L’UMP oppose son « écologie populaire » qui lie environnement et croissance, à l’ »écologie politique » des Verts, qui aurait reçu un camouflet. « On l’a bien vu à Copenhague, l’argument de la décroissance ne fonctionne dans aucun pays du monde« , estime M. Louvrier, qui conseille aux Verts de « faire un séminaire pour repenser leurs thèses ».

L’idée est de se différencier du parti écologiste après le coup de semonce reçu en septembre à Rambouillet, où les Verts ont failli gagner une législative dans une circonscription ancrée à droite. « Nous devons tenir notre discours sur la croissance verte créatrice d’emplois« , renchérit Mme Kosciusko-Morizet.

Il convient aussi de convaincre les Français qu’ils ne sont pas dispensés d’efforts. « L’Europe fait partie des grands pollueurs« , rappelle Brice Hortefeux, le ministre de l’intérieur. Le gouvernement ne remettra pas en cause l’introduction au 1er janvier de la taxe carbone, qui renchérira le prix de l’essence. « Les Français toucheront leur chèque Vert en février », affirme M. Louvrier.

Pour Hervé Mariton, « Copenhague est une invitation à la persévérance ». Le député de la Drôme, proche de Dominique de Villepin, estime que la politique de l’environnement doit Plus d’infos »

« On a oublié d’inviter la Terre à la conférence sur le climat »par Michel Serres

lemonde.fr, Michel Serres, philosophe, propos recueillis par Catherine Vincent, le 21 décembre 2009

« On a oublié d’inviter la Terre à la conférence sur le climat »

Professeur à l’université de Standford, Académicien, Michel Serres est l’un des rares philosophes contemporains à proposer une vision du monde qui associe les sciences et la culture. Dans son dernier essai en date, Temps des crises (éd. Le Pommier, 84 p., 10 euros), il retrace les bouleversements qui ont récemment transformé notre condition humaine, et soutient que la planète doit devenir un acteur essentiel de la scène politique. Nous lui avons demandé sa version du sommet de Copenhague.

Douze jours de négociations pour aboutir à un accord a minima : la montagne a accouché d’une souris. Pourquoi un bilan si décevant ?

Copenhague est à la géopolitique ce que les accords de Munich, en septembre 1938, ont été à la politique : un compromis lâche et dilatoire. Mais la comparaison s’arrête là. Si le sommet sur le climat a été un échec, c’est d’abord parce que mettre 192 personnes autour d’une table relève de la grand-messe plus que de négociations véritables. Le problème vient surtout de ce que ces 192 personnes sont des hommes d’Etat, dont la mission première est de défendre les intérêts de leur gouvernement et de leur pays. La politique, c’est son rôle, examine les relations humaines, fussent-elles conflictuelles.

Or, l’enjeu de Copenhague n’était pas les relations humaines, mais le réchauffement de la planète, la fonte des pôles, la montée des eaux, la disparition des espèces. Il s’agit d’un objet qui dépasse l’horizon classique du politique. Ce que montre avant tout le sommet de Copenhague, c’est que les limites du politique, au sens traditionnel du mot, sont aujourd’hui atteintes à un point sans précédent dans l’histoire.

L’échec était donc écrit d’avance ?

Il était en tout cas probable, et pour une raison simple : on a oublié d’inviter à Copenhague un partenaire essentiel, composé d’air, de feu, d’eau et d’êtres vivants. Cette absente, qui n’a encore jamais siégé dans aucun Parlement, je l’appelle la « Biogée », pour dire en un seul mot la vie et la Terre. C’est un pays dont nous sommes tous issus. Qui va représenter ce pays-là ? Quel sera son ambassadeur, quelle langue parlera-t-il ? Cela reste à inventer. Mais nos institutions ne peuvent plus désormais se contenter de jeux à deux. Le jeu de demain doit se jouer à trois : nous ne pourrons plus rien faire sans tenir compte de la Biogée.

Jouer à trois, que voulez-vous dire ?

Il y a un tableau de Goya, Duel à coups de gourdin, qui l’explique très bien. On y voit deux hommes se battre avec des bâtons. De ce jeu à deux, qui va sortir gagnant ? Quand Hegel met aux prises le maître et l’esclave, il donne le résultat de leur lutte (l’esclave devenant le maître du maître), mais il oublie de dire où se déroule la scène. Goya, qui est peintre, ne peut pas se permettre cet oubli, et il situe cette bagarre… dans les sables mouvants. A mesure que les deux hommes se tapent dessus, ils s’enfoncent ! Et voilà pourquoi le jeu à trois, aujourd’hui, devient indispensable.

Les hommes politiques peuvent continuer de gérer leurs conflits de façon stratégique, guerrière ou diplomatique : tant qu’ils oublieront de représenter la Biogée, ils s’enfonceront dans les sables mouvants. A Copenhague, j’aurais voulu que ce tableau soit au milieu de l’amphithéâtre !

« Si le climat était une banque, on l’aurait déjà sauvé », a ironisé le président du Venezuela, Hugo Chavez, durant le sommet. Que vous inspire cette remarque ?

Ce que souligne Chavez, c’est la suprématie qu’a prise l’économie dans la gestion de notre monde. Depuis cent cinquante ans, il est entendu, aussi bien par la gauche extrême marxiste que par la droite la plus pure, que l’économie Plus d’infos »

Planète : la société civile ne peut plus compter que sur elle-même, par Corinne Lepage

lemonde.fr, Corinne Lepage, vice-présidente du MoDem, présidente de CAP21, eurodéputée, le 22 décembre 2009

Planète : la société civile ne peut plus compter que sur elle-même, par Corinne Lepage

Tout d’abord, soyons clairs. C’est un échec sur toute la ligne et il n’y a même pas de quoi sauver la face. Il n’existe aucun accord puisque les 192 nations réunies à Copenhague n’ont fait que prendre acte d’un texte sans l’approuver. Il n’y a aucun accord puisqu’il n’y a aucun engagement. Aucun objectif précis dans la lutte contre le réchauffement climatique n’est fixé pour 2050, et a fortiori pour 2020. Et contrairement à ce qu’a annoncé le président Sarkozy, les trois annexes jointes au texte accepté par vingt nations ne seront pas remplies puisque aucun accord n’a été signé.

C’est un échec humiliant pour l’Europe puisque le président Obama, qui n’a pas été à la hauteur de son prix Nobel, a présenté ce pseudo-accord aux Européens après l’avoir négocié avec la Chine, l’Inde et le Brésil. Non seulement l’Europe s’est révélée incapable de parler d’une voix et d’avoir sa place, mais encore elle apparaît comme à la traîne, alors qu’elle est en réalité, parmi les pays industrialisés, la seule à avoir pour le moment réalisé des efforts concrets. Enfin, pour ceux qui, comme le président Sarkozy ou Gordon Brown, croyaient pouvoir endosser l’habit de sauveur de la planète, l’échec est encore plus retentissant.

Il est évident que tout ou presque est à recommencer. Personne – à commencer évidemment par tous écologistes sincères – ne doit se contenter de lancer des invectives et de désigner des responsables. Chacun doit repenser la stratégie pour ne pas laisser le champ libre aux fossoyeurs organisés de Copenhague et d’une partie au moins de l’humanité.

Eviter que ce fiasco se transforme en succès pour les climato-sceptiques, les pétroliers et autres lobbys – dont la cupidité, l’esprit de rentier, et pour certains le simple ego, l’emportent sur tout, y compris leur simple intérêt d’être humain, responsable, ne serait-ce qu’à l’égard de leur propre famille – à l’instar du patronat d’un grand pays industrialisé fêtant au champagne au Bella Center, vendredi soir, l’échec de la convention ou du premier ministre du Canada qui se dit très heureux de l’échec ? La réponse est dans la révolte, le refus de toute résignation et l’action organisée des citoyens et consommateurs.

Eviter que les débuts d’une économie verte, qui pourrait jouer un rôle majeur dans la transformation du monde, même si ce n’est pas la solution unique, ne se fracassent devant une incertitude des politiques publiques à venir ? La réponse est dans la responsabilité sociale des entreprises, le développement de la consommation responsable et les nouveaux comportements qui encourageront les entreprises dans cette voie.

Eviter que les engagements financiers à l’égard des pays en développement, à commencer par l’Afrique et l’Alliance des petits Etats insulaires (Aosis), même s’ils n’ont pas été formalisés dans un accord, soient oubliés, à commencer par l’Europe qui a besoin de redorer son blason. La réponse est dans le changement d’attitude à l’égard de l’Afrique, en particulier, pour rétablir la confiance en tenant à la virgule les promesses faites et en assurant réellement les transferts de technologie et la réalisation d’opérations concrètes.

Il est désormais clair qu’il n’est plus possible de faire confiance aux politiques, devenus des hommes d’affaires et non des responsables politiques, pour reprendre l’expression du président brésilien Lula, pour résoudre les problèmes du monde. Le court terme et les visions géostratégiques l’emportent sur le fondamental : notre survie.

Il restera de l’année 2009 que les dirigeants du monde ont été capables de sauver les banques et de leur allouer des milliers de milliards de dollars sans contrepartie, mais ont été incapables de mobiliser quelques dizaines de milliards de dollars pour éviter la disparition de zones entières, l’exode de millions de personnes, l’accroissement de la famine et de la pauvreté de millions d’autres ou les conséquences humaines des phénomènes extrêmes. Et même, puisqu’ils semblerait que cela soit la seule donnée qui compte, la perte de centaines de milliards de dollars, puisque c’est le coût du réchauffement, réévalué récemment par Lord Stern.

Il faut donc changer de gouvernance et le gouverneur Schwarzenegger l’a clairement exprimé. Ce n’est pas dans les couloirs de Washington, a-t-il affirmé, mais dans les grands mouvements sociaux, citant le mouvement des femmes ou de la résistance à la guerre du Vietnam, que se font les grands changements. Au fiasco de Copenhague, il faut opposer les réalisations présentées par les villes et régions, dans toutes les régions du monde qui, elles, changent le monde concrètement. Les technologies existent. Restent à trouver les financements en particulier dans le Sud.

La société civile ne peut désormais plus compter que sur elle-même pour assurer son avenir, et c’est cette gouvernance qu’il convient d’organiser. Notre qualité de consommateur doit être utilisée pour choisir en fonction de nos objectifs généraux. Et si la Chine décide de refuser des efforts et exporte son carbone en considérant qu’il doit être mis à notre débit, la réponse est simple : refusons ses produits et achetons-en d’autres fabriqués à proximité ou issus du commerce équitable. Ce que les politiques occidentaux n’ont pas été capables de faire, les consommateurs, s’ils le décidaient réellement, pourraient le faire.

De même, décidons d’encourager les entreprises socialement et environnementalement responsables en favorisant leurs produits au détriment des autres. Un mouvement de grande ampleur en ce sens est indispensable, et il ne pourra se faire qu’avec une alliance entre les grandes associations de consommateurs, les ONG oeuvrant pour le développement et celles qui agissent pour le climat. Il est indispensable que le monde de l’écologie au niveau national comme au niveau international fasse sa mue pour Plus d’infos »

First Solar : Signature d’un accord à Bordeaux pour une grande usine de panneaux solaires

tv5.org, AFP, le 21 décembre 2009

Signature d’un accord à Bordeaux pour une grande usine de panneaux solaires

Le président du groupe américain First Solar, Bruce Sohn, a signé lundi à Bordeaux, avec le ministre de l’Aménagement du territoire, Michel Mercier, un contrat-cadre pour construire à Blanquefort (banlieue bordelaise) d’une grande usine de panneaux solaires photovoltaïques.

« La France rassemble toutes les conditions pour devenir d’ici peu le leader européen de l’énergie photovoltaïque », a affirmé le président du groupe américain, précisant que « près de 400 emplois » seraient créés pour la première tranche.

L’accord-cadre, qui prévoit la construction d’ici 2012 d’une usine de construction de panneaux photovoltaïques de dernière génération, dite « couches minces », pour un budget de 100 millions d’euros d’investissement, a été signé lundi matin à la préfecture de la Gironde à Bordeaux.

Outre le représentant du groupe américain, Bruce Sohn, et M. Mercier, les représentants des collectivités locales partenaires du projet, dont le maire UMP de Bordeaux, Alain Juppé, et le président PS du conseil régional d’Aquitaine, Alain Rousset, ont également signé l’accord.

Le président du conseil d’administration d’EDF Energies Nouvelles, Pâris Mouratoglou, également cosignataire, a précisé que sa société, filiale d’EDF, s’engageait à acheter pendant 10 ans la totalité de la production du site (100 MW par an), pour développer « des fermes solaires » en France.

Une trentaine de sites français étaient en concurrence avec l’Ecoparc de Blanquefort.

Pour Alain Juppé, cette arrivée d’un groupe américain est une « démonstration de l’attractivité de la métropole bordelaise ».

Cette nouvelle usine constituera le quatrième site de production de First Solar dans le monde et la deuxième implantation en Europe après Francfort-sur-l’Oder (Allemagne), et sera « la plus grande usine de panneaux solaires en France« , a affirmé Bruce Sohn.

Selon le président de First Solar, les panneaux en couches minces (qui seront construits à Blanquefort) sont moins coûteux et technologiquement supérieurs à la première génération ». Il ne faut que « neuf mois d’utilisation pour récupérer l’énergie nécessaire à leur fabrication ».

De leur côté, le président PS du conseil régional Alain Rousset et le président PS de la communauté urbaine de Bordeaux (CUB) et maire de Blanquefort, Vincent Feltesse, ont évoqué Plus d’infos »

Climat : qui est responsable du Flopenhague ?

sciences.blogs.liberation.fr, sylvestre Huet, le 21 décembre 2009

Climat : qui est responsable du Flopenhague ?

Qui est responsable du Flopenhague ? La question est posée dans nombre d’éditoriaux depuis ce matin, après le résultat de la COP-15 de Copenhague, et la réponse est souvent naïve.

Les méchants gouvernements n’auraient pas écouté les gentilles ONG environnementalistes. La solution au problème serait de les écouter plus à l’avenir, dans un système de gouvernement mondial miraculeusement compétent, honnête et n’écoutant que les impératifs du développement durable et l’intérêt des générations futures.

Cette vision relève plus des bisounours au pays des négociations mondiales sur le climat que d’une analyse lucide des raisons de leur enlisement actuel.

Comme l’affiche ci-dessus le suggère, le plus gros lobby ayant conduit Obama à la position minimaliste adoptée à Copenhague, c’est tout simplement… celui de ses électeurs. Et c’est pourquoi il ne suffit pas de rompre avec la brutalité d’expression de Georges Bush – l’auteur de «American way of life is not negociable» – pour rejoindre le bal des bons sentiments et des Yaka professés par la plupart des ONG. La grande majorité du peuple américain ne veut pas bouleverser en profondeur un mode de vie énergivore, n’entend ne le négocier avec personne, et c’est cela le « problème » – si problème il y a – d’Obama.

Si Hu Jintao ne veut pas de contrôle sur les émissions de son pays et refuse d’aller plus loin qu’une croissance des émissions inférieure à celle de son PIB, c’est que 200 millions de chinois ont les moyens d’acquérir une voiture et ont bien l’intention de le faire. Et les deux milliards d’être humains qui n’ont pas d’électricité aimeraient bien en avoir… or, elle se fabrique à plus de 60% avec du charbon et du gaz. Toute approche du problème ne partant pas du fait suivant : 80% de l’énergie consommée dans le monde – pour se nourrir, se loger, se chauffer, se déplacer, travailler et commercer – provient de combustibles fossiles, n’a aucune chance de déboucher sur des solutions efficaces. Dénouer le noeud gordien climat/développement constitue le point de passage obligé d’une politique lucide.

Qu’avions nous à Copenhague ?

► Des gouvernements de pays industrialisés et démocratiques – USA, Canada, Europe de l’Ouest, Japon… – contraints de reconnaître la solidité du dossier scientifique des climatologues. Mais incapable de construire un programme économique, technologique, mais surtout social voire culturel, susceptible de conduire à l’objectif des 80% de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Le volet international d’un tel programme consisterait à une réorientation massive des investissements vers des activités peu ou pas carbonées, à l’aide d’encouragements (prêts à taux zéro….) pour ces derniers, et à des mécanismes défavorisants (prêts à taux élevés, taxes) les activités fortement carbonées. En l’absence de miracle technologique, un tel programme suppose en effet non seulement d’utiliser massivement toutes les technologies connues non ou peu émettrices de carbone, mais également de réduire des consommations, des activités, les importations massives d’objets fabriqués dans les nouvelles usines du monde, en Chine et ailleurs. Ou alors il faut remplacer les charters de retraités allant passer une semaine à Louxor ou Marrakech par des bateaux à voiles. Ces réductions d’activités ne seraient aujourd’hui pas acceptées par les électeurs, donc il faudrait choisir entre démocratie et bonne politique climatique si ce choix avait un sens.

La vérité, désagréable, c’est que même les leaders politiques ayant compris (si l’on en croit leurs discours) la direction à long terme, ne savent pas comment y parvenir… en restant au Plus d’infos »

Crise écologique, énergétique et crise de civilisation sont étroitement liées

La MNE développe depuis juillet 2007 un projet de « mobilisation des associations environnementales d’Aquitaine ». Nous avons travaillé sur l’analyse qui guide ce projet. Il s’agit d’une position à un moment donné. Elle a vocation à être mise en débat et à évoluer dans le cadre d’une « démocratie participative écologique » à inventer.

La crise écologique : conséquences prévisibles et enjeu

Si l’on prolonge la courbe d’évolution de la température annuelle moyenne en France, nous arrivons d’ici 2100 à une augmentation d’environ 5°. Cinq degrés, en moins cette fois ci, c’est la température qui nous sépare de la dernière glaciation il y a 20 000 ans (un niveau des mers inférieur de 100 m, une agriculture impossible du fait des sols gelés, une population « française » de quelques dizaines de milliers de chasseurs de rennes…).

Les indicateurs environnementaux (réchauffement climatique, biodiversité, pollutions, ressources naturelles non renouvelables…) passent les uns après les autres au rouge. Au delà des conséquences environnementales, sociales et économiques prévisibles (catastrophes climatiques, réduction de la production agricole, pénurie d’eau potable, élévation du niveau des mers, afflux de réfugiés climatiques….) nous savons que les effets cumulés de changements continus dans l’environnement peuvent atteindre des seuils qui se traduisent par des changements brutaux et irréversibles.

Cette idée de point de basculement Plus d’infos »

Une économie durable ? Ce n’est pas gagné…

alternatives-economiques.fr, Guillaume Duval, décembre 2009

Une économie durable ? Ce n’est pas gagné…

L’économie peut-elle devenir durable ? On en est très loin pour l’instant, et notre capacité à y parvenir avant que l’humanité se soit fracassée sur les conséquences des désastres écologiques qu’elle a suscités paraît bien incertaine. Cela tient moins à la difficulté technique de la chose, bien réelle, qu’aux obstacles sociopolitiques qui s’opposent à toute réorientation rapide et massive de nos modes de production et de consommation. Car les actions à mener ont à la fois un coût élevé et un impact très fort sur la distribution des richesses et des positions sociales. De quoi heurter de puissants intérêts et remettre en cause bien des positions acquises. Dit autrement, réduire les inégalités du monde et de nos sociétés est à la fois une condition pour engager les réorientations nécessaires et, en même temps, une condition pour obtenir des résultats à la hauteur de l’enjeu.

Des outils à disposition

Les périls écologiques qui se sont accumulés depuis les débuts de l’ère industrielle sont colossaux. Dans le contexte de la conférence de Copenhague, il est beaucoup question actuellement du changement climatique et des moyens de le limiter. Et c’est bien normal: il s’agit incontestablement d’une des menaces à la fois les plus lourdes de conséquences et les plus difficiles à combattre, car pour être efficace, la lutte doit absolument être mondiale. Mais le climat est malheureusement très loin d’être le seul problème: les pénuries d’eau douce, la dégradation des sols, les pertes de biodiversité, l’accumulation des déchets toxiques dans notre environnement et dans les chaînes alimentaires…, nous n’avons que l’embarras du choix, alors même que la croissance de la population mondiale, bien qu’en net ralentissement, devrait se poursuivre encore jusqu’au milieu du siècle. Sauf guerre ou catastrophe sanitaire, pas totalement improbables dans le contexte actuel.

Pourtant on sait, dans une grande mesure, ce qu’il faudrait faire. Tout d’abord réduire rapidement et massivement l’usage des combustibles fossiles et des matières premières non renouvelables. Production d’énergie, transports, isolation des bâtiments…, on maîtrise déjà de nombreuses techniques pour y parvenir. Il y a une quinzaine d’années déjà, un rapport du Club de Rome intitulé « Facteur 4″ dénombrait toutes les technologies qui permettraient de diviser par quatre les consommations tout en offrant les mêmes services au final. Et encore, un de ses auteurs, Amory Lovins, du Rocky Mountain Institute, aux Etats-Unis, expliquait-il qu’à l’origine ce rapport devait s’appeler « Facteur 10″, mais qu’il avait été décidé de n’afficher « que » Facteur 4 pour ne pas effaroucher les incrédules… On sait également que si l’on consacrait à ces questions un effort de recherche et développement majeur, au détriment par exemple de celui consacré aux armes de destruction massives, nous serions en mesure d’élargir rapidement le champ des possibles.

Au-delà des technologies proprement dites, on sait aussi dans quelle direction il faudrait réorienter le système productif et les modes de consommation. Il faut emprunter la voie de ce qu’on appelle « l’écologie industrielle » ou encore « l’économie circulaire »: comme c’est le cas dans la nature, les processus de production que nous organisons ne doivent plus produire de déchets, mais Plus d’infos »

Changement climatique : Les psychologues se mobilisent aussi

courrierinternational.com, le 18 décembre 2009

Les psychologues se mobilisent aussi

La tendance actuelle à vouloir réagir face au changement climatique est certes liée à de nombreuses raisons économiques ou politiques, mais surtout à des facteurs psychologiques. Telle est la conclusion du Sydney Morning Herald à la suite des débats houleux qui ont précédé, en Australie et ailleurs, l’ouverture de la conférence de Copenhague.

La charge émotionnelle que les débats ont suscitée n’est pas si surprenante, commente le journal de Sydney. Les politiciens sont des hommes, et la nature humaine étant ce qu’elle est le plus grand blocage pourrait être ni économique ni politique mais psychologique.” Les sondages montrent que plus de 80 % des Australiens acceptent le fait que le changement climatique est dû aux activités humaines et que 70 % de la population souhaitent que les gouvernements lui donne la plus grande priorité. “Avec un tel consensus, on pourrait penser que nous sommes en alerte maximum ; que citoyens et élus sont mobilisés pour faire le nécessaire. Néanmoins, le soutien mondial à cette action a été décrit comme large de ‘1 km mais épaisse de 1 mm’”, regrette le SMH.

Qualifiée de “tragédie ordinaire”, la situation présente, où se mêlent inaction, inertie, incompétence et incompréhension, rappelle l’exemple qu’utilisait le sociologue américain Garrett Hardin pour commenter les ravages écologiques occasionnés par des bergers partageant les mêmes pâturages. S’ils ne pensent qu’à leur intérêt personnel en mettant trop de bêtes sur ces terres, les bergers détruisent les pâturages pour tout le monde, y compris pour eux-mêmes. “Des facteurs sociologiques œuvrent contre le partage des responsabilités. Des pays craignent de prendre trop de risques ; que le coût soit disproportionné ; que des ‘électrons libres’ évitent de faire quoi que ce soit. De telles craintes ont aboli la volonté politique d’agir face à une menace mondiale.”

Le Sydney Morning Herald mentionne les conclusions d’une étude que le groupe de réflexion Taskforce sur l’interface entre la psychologie et le changement climatique mondial a présentée, en août dernier, à la prestigieuse American Psychological Association (APA), indiquant qu’existent des obstacles encore plus fondamentaux, d’ordre psychologique, à cette action.

D’abord, il est plus difficile d’avoir peur de quelque chose qui se produira dans un futur éloigné. Le changement graduel de température de la planète n’est pas perçu comme un danger personnel imminent, donc son risque apparaît réduit ; on ne lui donne pas la priorité absolue parmi d’autres dangers, comme celui de perdre son emploi, par exemple.

Ensuite, nous sommes dans l’incapacité d’apprécier les effets du futur. En illustration de cette assertion, “des études ont montré que si l’on nous donne le choix entre prendre maintenant 50 dollars ou attendre six mois pour avoir 100 dollars, invariablement nous prenons les 50 dollars”. Ce n’est donc pas une surprise si l’on hésite à souffrir un peu maintenant pour un bénéfice qui n’apparaîtra que dans quelques décennies.

La Taskforce relève aussi que lorsqu’il y a incertitude, les individus ont tendance à hésiter ou ne pas agir du tout. “Tout climatologue sérieux n’hésitera pas à dire qu’il reste un certain niveau d’incertitude quant au changement climatique. Et ceux qui déclarent qu’il n’y a aucun problème – une minorité mais qui trouve un écho dans le public – exploitent cette incertitude.”

Le groupe de réflexion trace également un parallèle entre l’inaction concernant le changement climatique et l’attitude de déni fréquemment adoptée quant aux effets du tabac sur la santé : il est plus facile Plus d’infos »

Bordeaux : Le projet Darwin bien lancé

sudouest.com, Yann Saint-Sernin, le 19 Décembre 2009

BORDEAUX. La transformation de la caserne Niel débutera au printemps 2010

Le projet Darwin bien lancé

 «Doux rêveurs », entendait-on parfois pour qualifier les porteurs du projet Darwin. Aujourd’hui, Philippe Barre et ses acolytes de la holding spécialisée dans le soutien d’entreprises impliquées dans le développement durable, Évolution, savourent. Hier matin, la CUB a finalement voté à l’unanimité la cession de 10 000 mètres carrés de foncier sur l’ancienne caserne de Niel à la Bastide, pour un montant de 1,3 million d’euros. Soit le prix réclamé par l’entreprise.

Après l’avis favorable obtenu le 15 décembre sur le permis de construire déposé en juillet dernier, autant dire que le projet semble bel et bien sur les rails. « Nous attendions ce vote depuis plusieurs mois. C’était le verrou principal pour la réalisation du projet. Désormais, le calendrier est ouvert », se réjouit Jean-Marc Gancille, directeur du développement durable de la société.

15 millions d’euros

Le rêve quelque peu pharaonique du PDG d’Évolution, Philippe Barre, devrait donc devenir réalité. Il s’agit à terme de transformer les 20 000 mètres carrés de la vieille caserne militaire en pépinière écoresponsable où cohabiteraient entreprises, commerces, associations culturelles et institutions. Le tout dans une enveloppe la plus respectueuse possible de l’environnement. « Nous voulons en faire un lieu d’échange et de décloisonnement avec des espaces communs », explique-t-il.

Les travaux, dont le montant est toujours estimé à 15 millions d’euros (foncier compris), devraient débuter par le curage des bâtiments dès le mois de mars, selon Olivier Martin, l’un des deux architectes en charge du projet. Le gros de la rénovation devrait suivre dans l’été. Objectif : livrer les premières tranches en 2011.

Il s’agira du « volet économique » du projet. C’est-à-dire celui portant deux des quatre magasins militaires dont Évolution vient de se porter acquéreur. « La quasi-totalité des locaux est déjà réservée », indique Philippe Barre. En tout, douze PME écocréatives devraient signer les baux courant janvier. Selon la société, « le groupe Suez pourrait aussi se joindre au lot ».

L’endroit devrait aussi comporter notamment des chambres d’hôte « écolodge », des salles de décompression, une crèche écoresponsable, ainsi qu’une « cathédrale d’eau » destinée à recueillir l’eau de pluie et à alimenter une climatisation naturelle.

L’économie avant la culture

Bref, une véritable Sillicon valley du troisième type où chaque élément se verra estampillé du label « éco »… et Évolution. Car outre son rôle de promoteur et d’initiateur du projet, la holding financière devrait prendre des parts dans plusieurs sociétés qui s’implanteront sur le site.

Philippe Barre ne semble d’ailleurs pas refuser le costume de démiurge : « Ce sera une vitrine. Une entreprise doit partager un projet de société, nous voulons montrer la voie d’une sobriété heureuse. » Sobre mais visible, le chantier devrait être Plus d’infos »

Les climatologues déçus par l’Accord de Copenhague

tv5.org, Adrian Dennis, AFP, le 19 décembre 2009

Les climatologues déçus par l’Accord de Copenhague

Des scientifiques de haut niveau ont estimé samedi que l’accord politique laborieusement conclu à la conférence sur le climat de Copenhague restait très éloigné de ce qui est nécessaire pour éviter un réchauffement global catastrophique.

Alors que beaucoup attendaient de la conférence de l’ONU un traité dans lequel les grandes puissances économiques se seraient fermement engagées à réduire leurs émissions pour sauver la planète, les tractations n’ont abouti qu’à un accord politique de trois pages, non contraignant et duquel les données chiffrées essentielles sont absentes.

« Le critère le plus facile pour une évaluation est l’objectif de 2 degrés« , a déclaré Andrew Watson, professeur à l’université britannique d’East Anglia.

Cet objectif, limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux pré-industriels, est proclamé par l’Accord de Copenhague, Mais il ne décline pas le mode d’emploi pour y parvenir.

Pour M. Watson, cela ne marchera pas. « L’accord sera presque certainement insuffisant pour que cet objectif (de 2 degrés) puisse être atteint. Pour cela, il faudrait que des limites strictes et juridiquement contraignantes soient mises en place dans les toutes prochaines années« , a-t-il déclaré à l’AFP par e-mail.

Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), mandaté par l’ONU, a prévenu en 2007 que si les températures moyennes augmentaient de plus de 2 degrés, cela pourrait entraîner des changements climatiques aux conséquences très graves. L’augmentation a déjà été de 0,7 degré.

Selon des études plus récentes, sans réduction des émissions de CO2, le réchauffement pourrait atteindre 6 degrés Celsius et le niveau des mers s’élever de plus d’un mètre. Un tel scénario créerait des centaines de millions de réfugiés climatiques.

Le climatologue français Hervé Le Treut trouve lui aussi l’accord insuffisant. « Strictement parlant, c’est une déception. Nous attendions davantage », a-t-il reconnu. « Nous avons assisté (au conflit entre) les intérêts divergents des Etats-nations et de la planète« , a-t-il déclaré.

« Il n’y a pas grand chose à analyser. L’accord ne contient pas d’objectifs d’émissions spécifiques pour les pays industrialisés, et il ne contient pas de modification des comportements actuels pour les pays en développement », a souligné Alden Meyer, membre d’un groupe de scientifiques qui a son siège à Washington, l’Union of Concerned Scientists.

M. Meyer a également relevé que l’accord ne permettait pas de prévoir un palier, idéalement fixé autour de 2015, après lequel les émissions globales commenceraient à diminuer. Or pour les climatologues, « il est d’une importance critique d’avoir un palier puis une décroissance qui commencerait bientôt », a-t-il dit.

Un point clé qu’a aussi souligné le plus haut responsable de l’ONU pour le climat, Yvo de Boer, Plus d’infos »

Copenhague Dico, par Hervé Kempf

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 19 décembre 2009

Copenhague Dico, par Hervé Kempf

Activistes : le mot sonne mieux que « militants ».

Afrique : doute d’elle-même.

American way of life : dépassé, dégoûtant ou décadent ?

Avenir : mieux vaut qu’il soit pris en charge par les citoyens que par des leaders sélectionnés par l’oligarchie.

Banques : elles vont bien, merci.

Bike Bloc : drôle, non violent, beau, insurrectionnel. Vive la Vélorution !

Capitalisme : désigné par certains comme la cause du changement climatique.

Chameau : « passe plus facilement par le chas d’une aiguille qu’un riche n’entre au paradis » ; selon Jésus-Christ, rapporté par Hugo Chavez, lecteur de livres.

Changement climatique : volet de la crise écologique globale.

Chine : lancée sur une voie sans issue. Freiner avant la catastrophe.

Consommation : toxicomanie.

COP 15 : 15e conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique. Frénétique.

Danemark : confortable.

Développement durable : roue de secours de plus en plus dégonflée.

Double contrainte : ou injonction contradictoire. Exemple : vouloir obtenir en même temps la croissance économique et la décroissance des émissions de gaz à effet de serre (cf. effondrement).

Effondrement : solution trouvée par un individu ou une civilisation pour sortir d’une situation prolongée de double contrainte.

Empreinte écologique : méthode de mesure discutable, mais beaucoup moins que celle du PIB (produit intérieur brut).

Espoir : Plus d’infos »

Copenhague : les trous béants d’un projet d’accord

mediapart.fr, Jade Lindgaard, le 18 Décembre 2009

Copenhague : les trous béants d’un projet d’accord

Si le projet d’accord de Copenhague ne permet même pas de limiter la hausse de la température au-dessous de 2 °C, alors à quoi sert-il ? C’est l’interrogation explosive formulée dans une note confidentielle du secrétariat de la convention de l’Onu sur le climat – les organisateurs de la Cop 15 – révélée par Mediapart jeudi après-midi. Même si les pays respectent les objectifs qu’ils se sont fixés de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, la hausse de la température mondiale risque d’atteindre 3 °C.

Cette note est un désaveu cinglant. Elle met à bas l’une des principales bases des négociations climatiques: comment faire pour que les émissions de CO2 provoquées par l’activité humaine ne réchauffent pas la température mondiale de plus de 2 °C. Le Giec avait conçu des scénarios de l’évolution du climat. Les récentes données de l’agence internationale de l’énergie que cite la note interne de l’Onu les radicalisent : les objectifs de baisse de 25% à 40% des émissions de gaz à effet de serre, pour les pays industrialisés, et de ralentissement de 15% à 30% pour les pays en développement, ne suffiront pas à empêcher de forts dérèglements climatiques. 

« Ce document prouve que l’accord qui se prépare à Copenhague nous mène à la catastrophe si personne ne réagit, a fait savoir Kumi Naidoo, directeur de Greenpeace International, dans un communiqué. Une augmentation de trois degrés signifie la dévastation de l’Afrique et l’effondrement probable d’écosystèmes dont des milliards d’êtres humains dépendent. » C’est un brusque retour au réel dans la bulle des négociations du Bella Center danois.

Jeudi soir, assis dans l’atrium encore bondé du Bella Center, le climatologue Hervé Le Treut, membre du Giec, illustre la portée des chiffres brassés quasi-mécaniquement depuis qu’ont débuté les négociations climatiques : « Si l’on passe à plus de 2 °C, cela ne veut pas dire que la planète va mourir, mais qu’on rentre dans un monde de plus en plus conflictuel, explique-t-il à Mediapart. Des conflits pour l’eau, l’alimentation, le maintien d’agriculture et de sylviculture durables… Plus on dépasse ce seuil de 2 °C, plus la nécessité de construire un système qui permette le vivre ensemble au niveau politique est important. Mais le danger de conflit dans les sociétés existe aussi si on passe à des mesures trop rapides, mal comprises. »

Cette analyse impressionne beaucoup plus que tous les effets de manche entendus jeudi 17 décembre à la tribune de l’Onu, en ce premier jour de sommet climatique avec les chefs d’Etat. « Quand on a fait des études de vulnérabilité, en particulier des écosystèmes, on se rend compte qu’à partir de 2 °C, l’évolution devient non linéaire, poursuit Hervé Le Treut. Il n’y a plus de proportionnalité entre la cause et les effets. On pourrait avoir des effets plus grands que la cause qui les crée. C’est une zone de danger. Ce n’est pas un chiffre absolu. C’est un seuil, une zone grise dans laquelle il ne faut pas pénétrer. »

Le drame de la conférence de Copenhague, c’est que le nez collé aux documents, les yeux rivés sur l’évolution des alliances diplomatiques, petit à petit les grands enjeux de la négociation sont perdus de vue. C’est la raison pour laquelle l’accord de Copenhague – s’il existe – s’annonce si décevant. En deçà des préconisations scientifiques.

Et il y a la bataille financière. Dix milliards de dollars chaque année Plus d’infos »

Harald Welzer : Les nouvelles guerres seront climatiques

mediapart.fr, Jacques Dubois, le 15 Décembre 2009

Harald Welzer : Les nouvelles guerres seront climatiques

Dans Les Guerres du climat, Harald Welzer, psychosociologue et quelque peu géopolitiste, poursuit ses investigations sur la violence de masse de l’époque moderne. Mais à celle-ci il donne une actualité particulière en l’inscrivant au cœur de la crise climatique que vit notre planète. En fait, pour lui, de nouvelles formes de guerre vont marquer le XXIe siècle, qui seront particulièrement destructrices et qui vont aggraver ce que Welzer nomme l’asymétrie de notre univers, celle des pays riches face aux pays pauvres.

S’il peut ainsi jeter le pont entre un désastre écologique, qu’il tient pour gravissime, et la violence, c’est qu’il considère le premier sous un angle résolument social — mais culturel aussi, ainsi qu’on verra. Et cela donne un ouvrage certes alarmant mais tout autant passionnant en ce qu’il renouvelle largement le discours écologique habituel. Donc à lire de toute urgence.

Welzer a pour thème de départ la violence de masse. C’est pourquoi il remonte à l’Holocauste ou encore aux génocides rwandais ou bosniaque. Il y allait déjà, note-t-il, de l’élimination d’excédents de population. Or, l’extermination des Juifs n’est pas à lire comme un « retour à la barbarie » mais avant tout comme le produit d’une haute technicité qui permet d’éliminer des milliers de personnes rapidement et, si l’on ose dire, proprement. Ce qui donne valeur paradigmatique à cette violence abominable. Mais ce qui la rend encore « exemplaire », c’est que la population allemande s’est progressivement accommodée de la disparition massive d’une de ses composantes. Cela s’est mis sans retard à aller de soi. Et de même pour les hutus s’accoutumant sans mal à massacrer des voisins tutsis avec lesquels leurs relations étaient bonnes jusque là. Donc violence massifiée par la technique, conjointe avec une accoutumance collective au pire. Voilà le modèle que les catastrophes climatiques vont relancer de plus en plus en notre siècle.

Ici il faut partir de la détérioration de l’écosystème : déforestation et désertification, raréfaction du sol et de l’eau, épuisement des ressources énergétiques, réchauffement généralisé. Conséquence inévitable : les pays qui sont les plus atteints, c’est-à-dire les pauvres, sont aussi les plus mal équipés pour trouver des solutions protectrices ou novatrices. Dès lors, des conflits pour la possession des biens rares surviennent forcément entre groupes différents à l’intérieur d’une même zone. Par ailleurs, les phénomènes migratoires vont se multipliant : des groupes se réfugient là où des ressources subsistent et se heurtent aux populations indigènes ; de l’autre et plus individuellement, un certain nombre de gens tentent d’accéder aux pays riches avec tous les aléas de l’aventure. Dans tous les cas se dessine un horizon de misère qui atteint désormais des États entiers. On estime que trente de ces pays, pour la plupart africains, sont en voie de disparition.

Pour ce qui est des conflits internes, le Darfour est emblématique des  guerres climatiques à venir et qui marqueront le XXIe siècle. Un des aspects de ces drames est la création d’un marché de la violence où les États ne sont plus guère en mesure de jouer un rôle. Y interviennent des armées régulières mal contrôlées, des groupes paramilitaires, des unités d’autodéfense, des « prestataires privés ». Beaucoup de ces soldats étant peu ou pas payés se rétribuent sur l’habitant. Et l’on sait ce que cela veut dire.

Quant aux mouvements migratoires vers les pays riches, Plus d’infos »

La trajectoire verte de Nicolas Sarkozy

lefigaro.fr, Charles Jaigu, le 16 décembre 2009

La trajectoire verte de Nicolas Sarkozy 

Le chef de l’État arrive ce jeudi à Copenhague, où se tient la conférence sur le climat. Depuis 2002, il s’est progressivement rallié aux idées écologistes.

C’était pendant la traversée du désert de Nicolas Sarkozy, il y a plus de dix ans. Sonné par la défaite de Balladur, le quadra du RPR avait du temps. Et, comme il le dira plus tard, il «prend conscience de ses manques». Un jour, il croise dans un mariage à Neuilly Allain Bougrain-Dubourg, le fondateur de la Ligue pour la protection des oiseaux. Le maire de la ville le salue d’un «vous savez je ne suis pas chasseur !» «Ça tombe bien, moi non plus», répond l’ancien compagnon de Brigitte Bardot et militant antichasse. Ce dernier lui explique que l’écologie n’a pas vocation à être le monopole de la gauche. Le propos intéresse Nicolas Sarkozy, qui lui demande de venir le voir. «Nous avons eu depuis de nombreuses réunions de travail.» Au menu : biodiversité, règne animal en péril. Nicolas Sarkozy papillonne autour de ces sujets désertés par la droite, mais il est loin, très loin d’avoir accompli sa mue. Il se montre simplement conscient que la droite doit élargir son spectre vers les sujets plus sociétaux.

En 2002, Claude Guéant devient son directeur de cabinet au ministère de l’Intérieur, et il demande à la toute jeune Chantal Jouanno de suivre les dossiers environnementaux. «J’étais l’emmerdeuse qui travaille sur les sujets considérés comme risibles», se souvient-elle. Ancien haut fonctionnaire au ministère de l’Environnement, Guillaume Sainteny se souvient d’ailleurs que le ministère de l’Intérieur restait «totalement indifférent à ces problématiques». Aujourd’hui Chantal Jouanno est devenue secrétaire d’État chargée de l’Écologie. Elle a été la première issue du cabinet de Nicolas Sarkozy à entrer au gouvernement. Quand elle se retourne sur la trajectoire verte du président, elle indique une date : le début du mois de janvier 2007, quand Nicolas Sarkozy, qui a accepté de signer le pacte de Nicolas Hulot, se présente devant un parterre de militants associatifs au Musée de l’homme, pour y lire un texte dont la durée a été limitée à dix minutes précises. Mais le candidat dépasse d’une minute le temps prescrit : il est sifflé par une partie de la salle. Il ressort ulcéré de ces mauvaises manières. Pourtant, selon Jouanno, ce fut un moment décisif : «Nicolas Sarkozy avait mal vécu la pression exercée par Hulot pour signer le pacte. Dans les coulisses ils se sont expliqués franchement, mais il a apprécié des vrais pros qui connaissaient leur sujet», explique la secrétaire d’État.

Sarkozy endosse donc le combat de Hulot, qui fut si longtemps celui de Chirac. Il y voit un intérêt politique – ne pas laisser Ségolène Royal coloniser cet espace politique. Et il y est sans cesse encouragé par une partie de son cabinet, dont Claude Guéant et Emmanuelle Mignon.

La rencontre avec Al Gore

Dans l’intervalle, Sarkozy fait la connaissance de Yann Arthus-Bertrand, lors d’un déplacement resté fameux en Guyane, où il est accompagné de Cécilia Sarkozy. Survol en hélicoptère de la marée verte des huit millions d’hectares de la forêt guyanaise. Le photographe lui parle beaucoup de l’importance capitale des forêts primaires. Message reçu : c’est devenu, au fil des rencontres, l’un des sujets de prédilection du chef de l’État. Le jour de son arrivée à l’Élysée, le 18 mai 2007, le premier hôte de Nicolas Sarkozy sera d’ailleurs Arthus-Bertrand. «On a découvert ensemble son bureau de président», avoue le photographe qui a renoncé au vote vert pour voter Sarkozy, encore tout étonné de voir le tout nouveau chef d’État essayer devant lui le fauteuil de Chirac, et ouvrir la fenêtre pour admirer la vue.

Dès les premières semaines de son quinquennat, Nicolas Sarkozy reçoit les grands experts en matière d’écologie, avant de lancer le Grenelle de l’environnement. Il voit l’économiste Nicholas Stern, auteur d’un rapport sur le péril climatique commandé par Tony Blair, ou Al Gore, alors en tournée de présentation de son film, Une vérité qui dérange, qu’il rencontre trois fois en 2007. «C’est à ce moment-là qu’il s’est forgé une vraie conviction», raconte Chantal Jouanno : «Il était devant des experts de renommée internationale, ce qui le sortait du débat politicien avec les Verts.» Ils lui expliquent alors, diagrammes à l’appui, que le réchauffement climatique actuel – plusieurs degrés en trente ans – n’a rien à voir avec le cycle interglaciaire classique qui s’étale sur 150.000 ans, objection classique des «climato-sceptiques de droite devenus aujourd’hui pro-Allègre», résume l’un de ses collaborateurs. «Sur l’environnement, Sarkozy est à 50% sincère et à 50% dans la stratégie politique», conclut Nicolas Hulot. «C’est lui qui a porté le paquet climat en Europe, c’est lui qui Plus d’infos »

Les ONG et l’alerte écologique

laviedesidées.fr, Sylvie Ollitrault, le 8 décembre 2009

Les ONG et l’alerte écologique

La préoccupation écologique semble aujourd’hui faire consensus. On en oublierait presque que ce sont des ONG, longtemps perçues comme marginales, qui les premières ont donné l’alerte et porté le mouvement pour la protection de la planète. Retour sur trente années de mobilisations qui ont changé les représentations.

La défense de l’environnement appartient à la catégorie de ces grandes causes mondialisées comme la lutte contre les discriminations ou la promotion des droits de l’homme. Ce qui se joue à Copenhague relève d’un agenda international qui réunit les représentants des gouvernements, les experts internationaux et les organisations non-gouvernementales (ONG). Le rôle de ces dernières en matière de protection de la planète est complexe ; toutefois, depuis l’origine, le cœur de leur action consiste à informer l’opinion publique et à diffuser l’idée que les enjeux environnementaux réclament des décisions d’urgence. Il s’agit pour elles d’alerter l’opinion, de souligner les paradoxes des politiques publiques internationales – notamment les écarts de conduite des États.

Cependant, à l’occasion de cette conférence, on peut constater que les ONG ont peu renouvelé leur répertoire d’action collective, c’est-à-dire les manières et les mises en scènes permettant de porter la plainte ou de défendre un intérêt (en l’occurrence, la défense de l’environnement). Si le scénario est si bien réglé que les acteurs ne font pas preuve d’inventivité, c’est que les organisations sont de véritables professionnelles de la contestation et que leur savoir-faire militant est extrêmement bien rôdé.

Dans la galaxie des contestataires écologistes, certains groupuscules affectionnent l’action directe sans pesanteur organisationnelle (anti-pub, antivivisection, etc.), d’autres réseaux d’obédience anarchiste et antimondialisation peuvent choisir des modes de vie radicalement alternatifs (squatt, retour à la nature). Les partis politiques écologistes, quant à eux, impulsent de nouvelles orientations, relaient des préoccupations notamment environnementales. Tous ces acteurs interagissent, parfois se connaissent, se croisent au moment des grandes mobilisations fédératrices. Néanmoins, les ONG ont un profil tout à fait singulier et incontournable au niveau des négociations internationales. Tour à tour expertes mandatées par les institutions internationales (onusiennes) ou agitatrices maniant l’arme de la mobilisation de l’opinion publique, certaines savent jouer des deux registres tandis que d’autres, en raison de leur histoire, excellent dans l’un plutôt que dans l’autre. WWF, Sierra Club ou IUCN sont reconnus par leurs travaux d’expertise sur les questions de protection, tandis que Greenpeace ou Les Amis de la Terre ont une image de trublion qu’elles utilisent à dessein. Le paysage français de la défense de l’environnement à un niveau planétaire s’est trouvé, depuis le milieu des années 1990, transformé par l’action locale de ces ONG, nées outre-Atlantique, et par l’émergence d’un nouvel entrepreneur en mobilisation, Nicolas Hulot, qui reprend des registres d’action déjà éprouvés mais en y ajoutant son aura médiatique et son style personnel.

Au moment où commence la conférence de Copenhague, cet article se penche sur le dynamisme de la mobilisation écologiste qui, à force de persévérance, a réussi à imposer ses préoccupations sur les agendas internationaux. Les ONG, aux profils si variés, sont parvenues à impulser des orientations environnementales ambitieuses alors que les acteurs politiques locaux peinaient à exiger l’application de ces mesures internationales. Dans un contexte où les questions environnementales sont prises au sérieux par les opinions publiques nationales et où les bonnes volontés politiques s’affichent de toutes parts, les ONG doivent-elles renouveler leur positionnement ? En effet, de nouveaux acteurs se déclarent écologistes (entreprises) et d’autres se disent prêts à réformer dans ce sens (les dirigeants politiques). Par exemple, le style de la Fondation de Nicolas Hulot est-il Plus d’infos »

Climat : Dans les coulisses des lobbys pétroliers américains

novethic.fr, Béatrice Héraud, le 7 décembre 2009

Dans les coulisses des lobbys pétroliers américains

A l’occasion de la COP 15, France 4 diffuse le 9 décembre un documentaire aussi éclairant qu’inquiétant sur la façon dont les lobbys pétroliers ont influencé la position du gouvernement américain sur le climat pendant l’administration Bush. Alors que le « climategate » fait rage aux Etats-Unis, l’enquête de Paul Moreira nous donne des clés pour mieux comprendre le scepticisme des Américains.

Depuis quelques semaines, le « Climatgate » fait fureur aux Etats-Unis. Cette affaire, qui a finalement moins d’échos en France, est basée sur le piratage de 13 ans d’e-mails échangés par d’éminents scientifiques du Giec. Selon les « climato-sceptiques », ces conversations montreraient que ces climatologues ont cherché à « minimiser le déclin » des températures ces dix dernières années dans le but de renforcer la gravité du changement climatique. Outre-Atlantique, le buzz est tel que les Parlementaires républicains- et certains démocrates- brandissent l’argument du « doute » pour batailler contre le Plan climat d’Obama… A en croire les derniers sondages, ils sont d’ailleurs soutenus par une large frange de la population américaine : selon le Pew Research Center, ils ne seraient plus que 57 % à juger que les preuves du réchauffement sont solides et scientifiquement prouvées.

Pour comprendre pourquoi ces thèses ont tellement de résonnance aux Etats-Unis, le documentaire de Paul Moreira, « Enfumés », diffusé sur France 4, est particulièrement intéressant. Il montre comment les lobbys pétroliers, automobiles, énergétiques, etc, réunis dans ce que les écologistes appellent le « carbon club », se sont infiltrés au cœur même du gouvernement américain, faisant perdre 10 à la lutte contre la réduction des émissions de gaz à effets de serre. ExxonMobil aurait ainsi distribué près de 16 millions de dollars entre 1998 et 2005 à un réseau composé d’une quarantaine de think tanks et de lobbyistes. Si Exxon a ensuite commencé à admettre la réalité des changements climatiques, le retard qu’il a pris sur cette question a fait douter ses plus grands actionnaires. En mars 2006, 17 fonds de pensions américains contrôlant 110 millions d’actions de l’entreprise, avaient demandé à être reçus par le président du groupe pour évoquer sa stratégie sur ces questions.

Petit retour en arrière. En décembre 1997, au sommet de Kyoto, le vice-président Al Gore « prononce une phrase qui sonne comme une déclaration de guerre », commente Paul Moreira : «  Dans mon pays, nous nous souvenons des industriels du tabac qui nous expliquaient que fumer n’était pas mauvais pour la santé. A ceux qui vont chercher à faire obstruction à notre démarche, nous disons : nous ne vous laisserons pas mettre des intérêts privés étroits au dessus de ceux de toute l’espèce humaine… » Et pourtant, à son retour, le Congrès désavouera son engagement sur le protocole de Kyoto…

Les lobbys au cœur de l’administration

Mais c’est pendant les années Bush, où rappelons-le, au moins trois des dirigeants du pays – le Président lui-même, le vice-président Dick Cheney et la secrétaire d’Etat Condoleeza Rice- venaient de l’industrie pétrolière, que ces agents d’influence vont avoir la voie libre pour diffuser massivement leur thèse. Des lois aussi aberrantes que celle permettant Plus d’infos »

TCHAT avec Pierre Rabhi : Notre modèle de société va déboucher sur un dépôt de bilan planétaire»

liberation.fr, Pierre Rabhi, le 7 décembre 2009

«Notre modèle de société va déboucher sur un dépôt de bilan planétaire»

La conférence sur le climat sera-t-elle à la hauteur des enjeux? Le philosophe et agronome Pierre Rabhi, pionnier de l’écologie, n’y croit pas et propose des solutions pour protéger la planète. Il a répondu à vos questions.

Vrille. La crise économique pourrait-elle avoir un effet positif sur la crise climatique ?

Je crois que c’est abusif de donner le joli nom d’«économie», et incorrect. Ce que nous appelons économie n’est absolument pas de l’économie, puisqu’il s’agit du pillage généralisé de la planète. C’est-à-dire par cette croissance indéfinie sur laquelle nous avons fondé notre mode de gestion des ressources planétaires. Avant toute chose, il faut s’entendre sur ce qu’est l’économie, qui, pour moi, consiste d’abord à répartir équitablement les ressources entre les êtres humains.

Francoise. Cher monsieur Rabhi, mes respects et mon admiration. Voici ma question : comment décroître en France sans créer de chômage ?

Il faut se rendre à l’évidence : notre modèle de société, basé justement sur une vision erronée de la planète, ne pourra certainement pas se poursuivre sans aboutir à une sorte de désastre et de dépôt de bilan planétaire.

La décroissance doit être mise en perspective et graduellement organisée sur les bases d’un vivre ensemble fondé sur ce que j’appelle «la sobriété heureuse», un art de vivre fondé sur la modération. Cela passe, évidemment, par revoir nos comportements. Pour chacun de nous, au quotidien. Il faut aussi militer pour que le politique et l’économique soient révisés sur la base d’une réalité absolue. Nous ne pourrons pas continuer à appliquer le toujours plus sur une réalité planétaire limitée.

boudhinette@yahoo.com. La reforestation peut-elle avoir un impact contre l’effet de serre ?

Oui. Il est connu que la reforestation a des effets bénéfiques sur le climat. Cependant, cette reforestation devrait être précédée d’une réglementation drastique sur la destruction des forêts existantes. Il ne sert à rien de déforester d’un côté, et, de l’autre, prétendre corriger par la reforestation. En gros, cessons d’abord de déforester, et envisageons ensuite l’avenir avec la reforestation.

Kwami12. Pourquoi, selon-vous, la France est-elle aussi en retard par rapport à d’autres pays européens quant à la création de lieux de vie écologiques et solidaires (écovillages, etc.) ?

Je ne connais pas la raison pour laquelle il n’y a pas encore cet esprit ou cette réalité. L’avenir ne pourra pas être au chacun pour soi, ni à une urbanisation extravagante, comme nous en sommes témoins aujourd’hui. La question qui se pose, c’est: qu’allons-nous faire après que notre modèle de société, qui assure la survie des citoyens par des rémunérations et autres moyens, lorsque ce modèle arrivera à ses limites. Il faut absolument une politique Plus d’infos »

Xavier renou – Une idée à défendre : la désobéissance civile !

idee-jour.fr, le mardi 7 juillet 2009, par Xavier Renou

Une idée à défendre : la désobéissance civile !

Il y a près d’un quart de siècle, l’Europe passait en bloc au néo-libéralisme, à la suite des Etats-Unis. Vraies droites et pseudo-gauches renonçaient du jour au lendemain à leurs vieux habits keynésiens pour se convertir aux politiques dites du consensus de Washington : désinflation compétitive, dérégulation du crédit, des loyers, des taux de change et des marchés financiers, indépendance des banques centrales, politique de monnaies fortes, réduction du coût du travail, transfert massif des revenus vers le capital, sous-traitance et libre-échange imposés ou généralisés, privatisation ou démantèlement progressif des services publics… Avec pour résultat une explosion de la nouvelle pauvreté et de la population carcérale, une accélération du réchauffement climatique et des bénéfices tirés des revenus financiers, l’augmentation des morts aux frontières fermées et la précarisation d’une grande partie de la main d’œuvre.

Tout cela est relativement connu, au moins d’une partie significative de la population, qui a accès au minimum de culture politique et économique disponible dans la presse, dans les cours d’université, dans les livres et dans les interventions de nombre d’associations militantes, écologistes, de solidarité ou d’éducation populaire. Une partie de la population qui pour n’être peut-être pas majoritaire, n’en constitue pas moins une force capable de peser. Mais qui ne pèse pas. Pourtant, les victimes du néolibéralisme et les gens un peu éclairés continuent de défiler dans les rues, de mener des grèves d’une journée par catégorie professionnelle, de fréquenter les conférences où l’on s’indigne ensemble, en se tenant chaud, et n’oublient évidemment jamais de signer la pétition à la fin. Puis rentrent chez eux, en attendant la prochaine occasion de protester en chœur. Pour rien, bien souvent, mais qui ose se l’avouer ?

La contestation ne conteste pas ses propres méthodes

Parce que la contestation ne se conteste plus elle-même. Je veux dire qu’elle conteste l’ordre injuste des choses, mais assez peu ses propres méthodes. Elle soumet le monde à l’analyse, mais choisit de protéger de l’analyse ses modes d’action, dont l’efficacité est pourtant criante. Pour une part, cette absence d’auto-critique peut être mise au compte de responsables associatifs et syndicaux aux situations professionnelles confortables. C’est un processus classique, auquel il est difficile d’échapper : on proteste, puis on s’organise, et finalement certains conquièrent des positions, attachées à des rentes (symboliques ou matérielles) qui leur procurent de redoutables satisfactions : payés, travaillant dans des conditions de travail meilleures que la plupart des salariés, ils ont en prime un supplément d’âme, la considération de leurs concitoyens, et la reconnaissance des médias. Bref, ils ont réussi à se mettre à l’abri contre les maux qu’ils dénoncent par ailleurs, et tant mieux pour eux ! Seulement, du coup, ils regardent la possibilité de changer de méthode, de s’ouvrir à de nouvelles tactiques plus radicales comme présentant des risques incompatibles avec leurs sécurités professionnelles et personnelles. Les permanents du changement qui ne vient jamais n’aiment pas le changement quand il s’agit du leur, on peut le comprendre facilement.

Mimer la contestation d’un ordre sans jamais lui désobéir est devenu notre lot quotidien

Mais on serait de bien mauvaise foi si l’on s’en prenait aux seuls permanents des organisations progressistes : nous, les militants, avons aussi notre part de responsabilité dans cette attitude qui consiste à préférer le confort de moyens routiniers mais absolument sans risques à l’aventure de la radicalité, avec ses formes de résistance plus « désobéissantes ». Mimer la contestation d’un ordre sans jamais lui désobéir est devenu notre lot quotidien : nous déclarons bien sagement nos manifestations, et acceptons par conséquent qu’elles soient dirigées par les forces de l’ordre et qu’elles s’achèvent à l’heure et au lieu choisis par la préfecture de police. Nous continuons de proposer nos pétitions aux gens sans jamais questionner leur efficacité ni le signal qu’elles leur envoient : est-ce qu’on ne leur fait pas croire à la bonne foi des décideurs ? Est-ce qu’on ne les aide pas à se soulager la conscience à peu de frais, en leur garantissant une absence totale de risques ?

L’urgence sociale et environnementale exige pourtant de revenir à des modes d’action plus radicaux. Qu’on se rappelle un peu Plus d’infos »

Laure Noualhat – Climat : pédaler pour mieux sauter

environnement.blogs.liberation.fr, Laure Noualhat, le 15 décembre 2009

Climat : pédaler pour mieux sauter

Après plusieurs jours de négociations foutraques, l’invitation faisait carrément saliver: « Put the fun between your legs »! Et pour mettre de la joie entre ses jambes, il fallait à tout prix se procurer un vélo (muni d’une selle, rassurez-vous) pour se rendre à l’usine de bonbons, un squat situé dans le nord de Copenhague surveillé en permanence par une caméra de la police. C’est ici que devait officiellement avoir lieu le dernier entraînement des «Bike Bloc», dénomination du groupe de manifestants qui va pédaler aujourd’hui pour pénétrer le Bella Center, où se déroulent les négociations climatiques.

En réalité, c’est dans la cour d’un autre squat, sous de gros flocons de neige, que 150 bikers sont venus accompagnés de leur destrier pour organiser des actions de diversion. « Nous disposons de plusieurs machines pour notre manif’ », explique John Jordan, à l’origine des Bike bloc et fondateur de Reclaim the streets, un mouvement né en Grande-Bretagne dont le but ultime est la reconquête des rues, dessinées pour et colonisées par les voitures. La stratégie des Bike bloc se calque sur les regroupements naturels (essaim d’abeilles, nuée de criquets ou banc de poisson) et nécessite trois types d’appareils. Il y a d’abord le «swarm» ou essaim de vélos individuels, rapides, réactifs, se déplaçant en mode anarchique. Puis le Double, double trouble: deux vélos surélevés grâce à un cadre supplémentaire soudé au premier et reliés entre eux par une plate-forme. Pour finir, la machine… Celle-ci sera dévoilée demain. Motus sur la constitution de cet appareil révolutionnaire. Tout ce que je peux dire, c’est qu’elle alimente les spéculations des journalistes du Bella Center: catapulte? Bélier sauteur? Ressort géant? Rendez-vous demain à 8 heures à la station de métro Tarnby.

A l’entraînement cet après-midi, sous les flocons de neige et le froid, les bikers apprenaient surtout à pédaler ensemble. Pour réaliser un swarm, il faut beaucoup d’adresse, une parfaite maîtrise de son destrier, et surtout, exercer son don de l’anticipation: « voir les trous dans la meute, réagir aux mouvements des autres, c’est le plus dur », confirme John Jordan. Lui fait confiance à l’ingéniosité et à la créativité des manifestants, elles seules devraient assurer le succès de la prise du Bella center. Emmitouflée sous quatre couches de pull, Carla prévient: « moi je n’affronte pas la police, au mieux, je fais le clown pour les attirer à moi mais je ne me jette pas sur eux… » Volodia, venu s’entraîner pour la première et dernière fois, ne se fait pas d’illusion. « De toute façon, on va se faire arrêter tout de suite… »

Au fait, la prise du Bella center n’a pas pour objectif de foutre le bordel pour le plaisir de foutre le bordel. Simultanément, des participants à la COP15, qui négocient, ONG, délégués mais aussi diplomates et journalistes vont sortir du Bella center et tenir une Assemblée des peuples sur le parking. L’idée étant de fusionner les participants aux négos officielles avec ceux qui ont animé le sommet parallèle et citoyen qui se tenait au centre sportif Byen, le Klimaforum.

Toutefois, Volodia a raison, il se pourrait que l’action n’ait jamais lieu car la police poursuit ses arrestations préventives. Trois fourgons de police sont stationnés devant l’usine à bonbons, une arrestation. Puis une vingtaine de personnes ont été arrêtées au klimaforum. Par ailleurs, le porte-parole de Climat Justice Action, Tadzio Müller a été arrêté par trois policiers en civil alors qu’il sortait du Bella center. Lundi soir, il avait appelé à manifester pacifiquement lors d’une grande conférence sous un chapiteau à Christiana en compagnie de la journaliste Naomi Klein et de Michael Hardt. Pourtant, ses mots étaient clairs : de la Plus d’infos »

Corinne Lepage – Copenhague : La réalité en pleine figure

terra-economica.info, Corinne Lepage, Députée européenne (Modem), le 15 décembre 2009

La réalité en pleine figure

Il est désormais certain qu’il n’y aura pas d’accord au sens juridique et l’accord politique devient très aléatoire. Pour plusieurs raisons. D’abord, il est techniquement impossible qu’un texte de 250 pages comportant des centaines de points à régler au niveau ministériel puisse être adopté. Ensuite, parce que le travail préparatoire qui avait prévalu lors du burden sharing européen en 1997 n’a pas été fait. Autrement dit, il n’existe aucun GIEC pour l’application des politiques, capable d’étudier les capacités et les effets de réduction des GES pour chaque pays et de proposer une juste répartition.

Ensuite, encore, parce qu’il est possible de résoudre un problème mais qu’il est très difficile d’en résoudre simultanément 3 qui sont interdépendants et à somme multiple : les objectifs, la contrainte, les modalités de financement. Or, telle est l’équation actuelle. Enfin, parce que la vraie question, celle de trouver la voie d’une gouvernance mondiale pour résoudre un problème planétaire dans lequel il existe une interdépendance de toutes les Nations impliquant une action collective et non la somme d’actions nationales , est posée et que certains Etats refusent, par principe de s’engager dans cette voie.

Or, cette configuration nouvelle de l’interdépendance modifie profondément les rapports de force. Pour la première fois, l’Afrique et le groupe des 77 adoptent une attitude de grande fermeté à laquelle la Chine n’est probablement pas étrangère. Refusant de s’engager dans Kyoto et dans tout mécanisme de financement contraignant et automatique, les Etats-Unis mettent l’Europe en difficulté alors que les pays du sud font de la reconduction de Kyoto pour une seconde période un impératif absolu. La situation est d’autant plus difficile que la parole européenne est peu audible avec une présidence danoise jugée par certains maladroite et des pays à commencer par la France qui refusent de jouer collectif et veulent à tous prix faire croire à leur opinion publique qu’ils vont à eux seuls changer le monde.

Que va-t-il sortir de tout cela ?

Le risque est grand que nous soyons renvoyés à Mexico après que la conférence de Bali qui fut un échec ait renvoyé à Copenhague le soin d’agir. Si tel était le cas, les opinions publiques qui ont été chauffées à blanc et sont à juste titre inquiètes ne pourraient que constater la carence de leurs politiques à assurer la base, c’est-à-dire les conditions de la survie à moyen et long terme. C’est alors le problème de la gouvernance mondiale qui Plus d’infos »

Le pape donne sa feuille de route à l’écologie chrétienne

plunkett.hautetfort.com, Benoît 16, le 15 décembre 2009

Le pape donne sa feuille de route à l’écologie chrétienne (message du 1er janvier 2010)

Benoît XVI désigne les causes économiques  de la crise écologique et appelle à changer de modèle – L’écologie chrétienne est renforcée et encouragée -  Démarche de conversion – Débat de fond à ouvrir avec les écologistes non chrétiens et les altermondialistes -  Un message magistral, à lire entièrement : MESSAGE DE SA SAINTETÉ BENOÎT XVI POUR LA CÉLÉBRATION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX 1er JANVIER 2010 SI TU VEUX CONSTRUIRE LA PAIX, PROTEGE LA CREATION

1. Au début de cette nouvelle année, je désire adresser mes vœux de paix les plus fervents à toutes les communautés chrétiennes, aux responsables des Nations, aux hommes et aux femmes de bonne volonté du monde entier. J’ai choisi comme thème pour cette XLIIIème Journée Mondiale de la Paix: Si tu veux construire la paix, protège la création. Le respect de la création revêt une grande importance, car «la création est le début et le fondement de toutes les œuvres de Dieu»[1] et, aujourd’hui, sa sauvegarde devient essentielle pour la coexistence pacifique de l’humanité. Si, en effet, à cause de la cruauté de l’homme envers l’homme, nombreuses sont les menaces qui mettent en péril la paix et le développement intégral authentique de l’homme – guerres, conflits internationaux et régionaux, actes terroristes et violations des droits de l’homme – les menaces engendrées par le manque d’attention – voire même par les abus – vis-à-vis de la terre et des biens naturels, qui sont un don de Dieu, ne sont pas moins préoccupantes. C’est pour cette raison qu’il est indispensable que l’humanité renouvelle et renforce «l’alliance entre l’être humain et l’environnement, qui doit être le miroir de l’amour créateur de Dieu, de qui nous venons et vers qui nous allons».[2]

2. Dans l’Encyclique Caritas in veritate, j’ai souligné que le développement humain intégral est étroitement lié aux devoirs qui découlent du rapport de l’homme avec l’environnement naturel, considéré comme un don de Dieu fait à tous, dont l’exploitation comporte une commune responsabilité à l’égard de l’humanité tout entière, en particulier envers les pauvres et les générations à venir. J’ai noté, en outre, que lorsque la nature et, en premier lieu, l’être humain sont considérés simplement comme le fruit du hasard ou du déterminisme de l’évolution, la conscience de cette responsabilité risque de s’atténuer dans les esprits.[3] Au contraire, considérer la création comme un don de Dieu à l’humanité nous aide à comprendre la vocation et la valeur de l’homme. Avec le psalmiste, pleins d’émerveillement, nous pouvons proclamer en effet: «À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci?» (Ps 8, 4-5). Contempler la beauté de la création nous aide à reconnaître l’amour du Créateur, Amour qui, comme l’écrit Dante Alighieri, «meut le soleil et les autres étoiles».[4]

3. Il y a vingt ans, en consacrant le Message de la Journée Mondiale de la Paix au thème La paix avec Dieu créateur, la paix avec toute la création, le Pape Jean-Paul II attirait l’attention sur la relation que nous avons, en tant que créatures de Dieu, avec l’univers qui nous entoure. «À l’heure actuelle, on constate – écrivait-il – une plus vive conscience des menaces qui pèsent sur la paix mondiale […] à cause des atteintes au respect dû à la nature». Et il ajoutait que la conscience écologique ne doit pas être freinée, mais plutôt favorisée, «en sorte qu’elle se développe et mûrisse en trouvant dans des programmes et des initiatives concrets l’expression qui convient».[5] Auparavant, d’autres parmi mes Prédécesseurs avaient déjà fait allusion à la relation existant entre l’homme et l’environnement. Par exemple, en 1971, à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de l’Encyclique Rerum Novarum de Léon XIII, Paul VI avait souligné que «par une exploitation inconsidérée de la nature, (l’homme) risque de la détruire et d’être, à son tour, la victime de cette dégradation». Et il ajoutait qu’ainsi «non seulement l’environnement matériel devient une menace permanente: pollutions et déchets, nouvelles maladies, pouvoir destructeur absolu, mais c’est le cadre humain que l’homme ne maîtrise plus, créant ainsi pour demain un environnement qui pourra lui être intolérable : problème social d’envergure qui regarde Plus d’infos »

Copenhague J – 4 : Les points sensibles de la négociation sur le climat

tv5.org, AFP, le 14 décembre 2009

Les points sensibles de la négociation sur le climat

Beaucoup reste à négocier d’ici à vendredi pour conclure un accord mondial contre le réchauffement climatique susceptible d’entrer en vigueur au 1er janvier 2013. Voici les principaux points sensibles, selon les experts et négociateurs interrogés par l’AFP :

- CHIFFRES DE REDUCTION DES GAZ A EFFET DE SERRE

Du point de vue des pays en développement, les objectifs de réduction annoncés par les pays industrialisés sont encore loin du compte.

Mis bout à bout, les engagements annoncés à ce jour par les pays industrialisés à l’horizon 2020 représentent une baisse d’environ 12% à 16% de leurs émissions par rapport à 1990, loin de la fourchette de 25% à 40% mise en avant par les scientifiques pour se placer sur la bonne trajectoire.

Les annonces américaines (réduction de 17% en 2020 par rapport à 2005, soit -4% par rapport à 1990) en particulier sont jugées insuffisantes, y compris par l’Union européenne.

De leur côté, les Etats-Unis s’insurgent contre le manque de contraintes sur les grandes économies émergentes, singulièrement la Chine, premier pollueur mondial, et insistent sur la « comparabilité » des efforts.

- PROTOCOLE DE KYOTO

Les pays en développement s’inquiètent du manque d’attention portée à la seconde période d’engagement du Protocole, qui devrait s’ouvrir le 1er janvier 2013.

Compte tenu de l’impossibilité de conclure un traité contraignant à Copenhague, ils insistent pour garder ce traité, seul instrument légal international qui impose des contraintes aux pays industrialisés (à l’exception des Etats-Unis qui ne l’ont pas ratifié).

Mais le Canada, le Japon ou l’Australie, très loin d’avoir tenu leurs engagements, contrairement à l’UE, sont très réticents.

- MECANISMES DE CONTROLE, REPORT ET VERIFICATON (MRV) DES ENGAGEMENTS

Sans doute l’une des grandes batailles à venir d’ici à la fin de la semaine. Les Etats-Unis insistent pour des règles communes à tous, pays industrialisés et pays en développement.

L’ONU rappelle que selon l’accord de Bali (en 2007) seules les actions conduites par les pays en développement avec un soutien financier et technologique international doivent se soumettre à un mécanisme MRV extérieur.

La Chine a déjà prévenu qu’elle n’accepterait pas de contrôle international sur ses plans climats domestiques.

- LE FINANCEMENT

La lutte contre le réchauffement climatique suppose des dizaines de milliards de dollars par an à partir de 2013, pour Plus d’infos »

Copenhague : Le mouvement altermondialiste promis à un bel avenir !

copenhague.blogs.liberation.fr, Ronack Monabay (UCJS : Urgence climatique, justice sociale), ; le 13 décembre 2009

Le mouvement altermondialiste promis à un bel avenir !

La manifestation internationale du 12 décembre a été un succès. Plus de 100.000 personnes du monde entier se sont jointes à cette mobilisation unitaire. Au total, 538 organisations de 67 pays ont répondu à l’appel. C’est sous un soleil bienvenu, que le cortège coloré, et son lot de vélos comme c’est la tradition au Danemark, s’est rendu au Bella Center, lieu des négociations officielles. On pouvait lire sur les banderoles et les pancartes de nombreux slogans radicaux tournant autour de l’idée suivante: «Climate Justice means System Change not Climate Change».

On m’a demandé à plusieurs reprises, en tant que membre de l’équipe organisatrice du Klimaforum09, de m’exprimer sur la répression injustifiée qui a eu lieu lors de cette manifestation. Mais se limiter à ces seuls aspects conduirait à se détourner d’une mobilisation massive de fond et des vrais enjeux climatiques qui se jouent à Copenhague, en insistant encore et toujours sur les relations entre police et manifestants. Ce n’est pas un hasard si dimanche pour la première fois les écrans du Bella Center ont diffusé en continu des images de l’extérieur (et non pas des conférences comme c’est le cas habituellement), en l’occurrence celles des arrestations, comme pour assener l’idée que les mobilisations citoyennes sont vouées aux débordements et nier les messages portés des heures durant dans la marche par 100.000 personnes.

Certains médias auraient pu, s’ils l’avaient voulu, évoquer la franche solidarité des centaines de manifestants qui ont refusé de poursuivre la manifestation afin de soutenir les personnes injustement arrêtées, en interpellant les policiers qui constituaient le cordon par des slogans tels que «Let them go». Une action improvisée devant les lignes de la police interloquée par cette attitude bon enfant mais déterminée, le tout alimenté par les rythmes des «sambactivistes»…

Au-delà, cette manifestation est la preuve que les mouvements sociaux rejoignent largement désormais la bataille pour la justice climatique et constitue à ce titre un renouvellement du mouvement altermondialiste. Les mouvements sociaux et les mouvements environnementaux font en effet désormais front commun. Le bloc massif «System Change Not Climate Change» regroupait des mouvements divers tels que les Amis de la Terre, Attac, les réseaux Climate Justice Now! et Climate Justice Action, la Via Campesina et de nombreuses organisations du Sud comme Jubilee South ou Focus on the Global South.

Ces organisations ont défilé pour réclamer un véritable accord contraignant ne s’appuyant pas sur les fausses «solutions» qu’elles reposent sur le marché –dont les récentes crises devraient prouver à tous son inefficacité- ou qu’elles soient technologiques (OGM, agrocarburants, nucléaire, …). La reconnaissance des droits des peuples autochtones -notamment leur droit à participer réellement aux négociations- et celle de la dette écologique étaient également à l’ordre du jour. Derrière toutes ces revendications, c’est bel et bien la logique capitaliste qui est remise en cause et ce d’autant plus que les grandes entreprises ont envahi la ville de leurs logos et le Bella Center de leurs lobbyistes. Le grand prix de la Sirène en colère récompensera le 15 décembre l’entreprise ou le lobby qui a eu l’action la plus néfaste (efficace?) pour bloquer les négociations.

Pendant ce temps là au Klimaforum, le contre sommet de la société civile, une déclaration des mouvements sociaux également intitulée «System Change not Climate Change» a enfin été finalisée. Signée par près de 300 organisations en moins de 3 jours, elle sera présentée prochainement dans des modalités qui restent à déterminer au sein de la COP15. Depuis plusieurs mois, via un forum internet des personnes du monde entier ont envoyé leurs contributions autour d’un ou plusieurs des neuf thèmes du Klimaforum. Une partie de l’équipe du Klimaforum a synthétisé l’ensemble des propositions en rédigeant un premier document, lequel a été soumis à l’ensemble des participants qui ont alors renvoyé leurs commentaires et amendements, permettant la rédaction d’un second document.

Enfin, lors des séances plénières et ateliers des trois premiers jours, toutes les personnes qui le souhaitaient ont pu participer à la finalisation du document. Au terme d’une dernière séance épique, l’ensemble de l’assemblée s’est finalement mis d’accord sur une déclaration finale. Celle-ci est novatrice à plusieurs niveaux. Premièrement, à l’image de la manifestation, elle a rassemblé, les mouvements environnementaux et sociaux et par la même tissé des liens forts entre les questions écologiques et sociales. Si ce n’est pas la première fois, cette alliance très large est révélatrice d’une dynamique renforcée.

Deuxièmement, si elle s’est avérée beaucoup plus longue que les déclarations issues des Forums Sociaux Mondiaux, elle n’en est que plus précise. Radicale tant sur l’état des lieux qu’elle dresse de la situation -une crise multidimensionnelle qui voit converger chaque crise du capitalisme dans sa séquence libérale, elle se veut également source de proposition pour une transition vers des sociétés durables: abandon des énergies fossiles, Plus d’infos »

Climat : une semaine cruciale s’ouvre à Copenhague, place aux politiques

tv5.org, AFP, le 14 décembre 2009

Climat : une semaine cruciale s’ouvre à Copenhague, place aux politiques

Alors que s’ouvre une semaine cruciale pour les négociations sur le climat, les ministres se sont mis au travail à Copenhague, sous la pression d’une mobilisation croissante à travers le monde, pour tenter de parvenir à un accord mondial lors du sommet des chefs d’Etat prévu le 18 décembre.

Le document, qui sert désormais de base aux discussions et qui sera encore âprement négocié cette semaine a d’ores et déjà été fermement contesté par les Etats-Unis qui jugent inacceptable la terminologie utilisée dans le texte.

La semaine passée a été marquée par la présentation d’un premier projet officiel d’accord visant une riposte au réchauffement et soutenu par le déblocage par l’Union européenne de 7,2 milliards d’euros.

Ce premier projet d’accord de sept pages prévoit de limiter la hausse de la température moyenne de la planète à 1,5°C ou 2°C, sans trancher toutefois entre les deux options.

Le document, qui sert désormais de base aux discussions et qui sera encore âprement négocié cette semaine a d’ores et déjà été fermement contesté par les Etats-Unis qui jugent inacceptable la terminologie utilisée dans le texte.

Celui-ci « stipule que les pays industrialisés « doivent » prendre des engagements de réduction et que les pays en développement « pourraient’ » le faire, a expliqué Todd Stern, en insistant sur cette distinction entre « doivent » et « pourraient ». Ce dernier réclame une nouvelle formulation sur ce point.

En fait, ce point d’achoppement terminologique vise un pays plus que tous les autres: la Chine. Le deuxième pollueur de la planète (les Etats-Unis) refuse de ranger le premier (la Chine) parmi les pays en développement, ce qui supposerait que les efforts à fournir par ce dernier dans la lutte contre le réchauffement serait moindre.

« Les Etats-Unis ont une obsession: la Chine« , souligne Alden Meyer, directeur de l’Union of concerned scientists, un groupe de pression américain, qui appelle de ses vœux des discussions bilatérales entre les deux titans pour que les 191 pays représentés ne soient pas otages de leurs divergences.

« Personne n’est d’accord avec le texte dans son ensemble mais la plupart des pays y trouvent Plus d’infos »

Pourquoi le monde gaspille autant de nourriture

lemonde.fr, Gaëlle Dupont, le 11 décembre 2009

Pourquoi le monde gaspille autant de nourriture

Et si, au lieu de chercher à augmenter la production agricole pour nourrir le monde, les hommes commençaient par cesser de gaspiller la nourriture ? Une étude, parue dans la revue scientifique PLOS One de novembre, démontre que, chaque année, 40 % de l’alimentation disponible aux Etats-Unis est jetée. Ce gâchis entraîne la dilapidation d’un quart de l’eau douce consommée annuellement dans le pays (utilisée pour produire ces aliments) et de l’équivalent en énergie de 300 millions de barils de pétrole par an. Ces données confirment des estimations antérieures du gaspillage alimentaire dans les pays développés, évalué de 30 % à 40 % des denrées.

Le phénomène touche également les pays en développement. Les chiffres sont discutés, mais les pertes atteindraient entre 10 % et 60 % des récoltes, en fonction des produits agricoles. « La pensée dominante veut que pour répondre au doublement de la demande alimentaire dans les décennies à venir, il faut augmenter la production, affirme Jan Lundqvist, directeur du comité scientifique du Stockholm International Water Institute (SIWI). Il serait plus rationnel de chercher d’abord à réduire le gaspillage. Celui-ci conduit à une dilapidation de ressources qui se font de plus en plus rares, notamment l’eau. »

Pour aboutir à leur estimation du gaspillage outre-Atlantique, des physiologistes de l’Institut national de la santé américain ont calculé la différence entre les quantités de nourriture disponibles dans le pays et la consommation des habitants, estimée à partir de l’évolution de leur poids moyen.

Résultat : en 1970, chaque Américain absorbait en moyenne 2 100 calories par jour, tandis que la nourriture disponible par personne équivalait à 3 000 calories. Aujourd’hui, ces chiffres atteignent respectivement 2 300 et 3 800 calories. Dans l’intervalle, le poids moyen a augmenté de 10 kg. « La différence entre les deux chiffres correspond aux quantités jetées, explique Kevin Hall, responsable de l’étude. Elles s’élevaient à un peu moins de 30 % de l’alimentation disponible en 1970, contre 40 % aujourd’hui. »

Dans les pays riches, l’essentiel des pertes a lieu « en bout de chaîne ». La distribution rejette une partie des produits en fonction de critères esthétiques, et applique des marges de sécurité importantes sur les dates limites de consommation. Mais des pertes considérables ont également lieu dans la restauration collective et… dans les cuisines des particuliers.

Une étude détaillée du contenu des poubelles en Grande-Bretagne, parue en novembre 2009, estime que 25 % des aliments achetés par les ménages sont jetés. On trouve dans les détritus, par ordre d’importance, des légumes frais et des salades, des boissons, des fruits, des produits de boulangerie, de la viande et du poisson… Selon WRAP (Waste and resources action programme), l’organisme public qui a mené l’enquête, l’essentiel de ce gaspillage est évitable : soit Plus d’infos »

Eurobaromètre : le changement climatique est le deuxième problème le plus grave auquel le monde est confronté aujourd’hui

europa.eu, communiqué, 2 décembre 2009

Eurobaromètre : le changement climatique est le deuxième problème le plus grave auquel le monde est confronté aujourd’hui

Les Européens demeurent préoccupés par le changement climatique et ils croient que la lutte contre celui-ci pourrait relancer la croissance économique dans l’UE. Telles sont les principales conclusions d’une enquête Eurobaromètre spéciale sur l’attitude du public qui est publiée aujourd’hui.

Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne, a déclaré: «Le message des citoyens européens est clair : la lutte contre le changement climatique doit demeurer une priorité absolue de l’action de l’UE. Il confirme notre conviction que s’attaquer au changement climatique et surmonter la récession économique ne s’excluent pas mutuellement».

Le changement climatique est un problème très grave

63  % des citoyens européens estiment que le changement climatique est un problème très grave et 24 % un problème assez grave. Seuls 10 % ne le considèrent pas comme un problème grave et 3 % sont sans opinion. 47 % des personnes interrogées pensent que le changement climatique est l’un des deux problèmes les plus graves auxquels le monde est confronté aujourd’hui. Seule la pauvreté est considérée comme un problème plus grave, puisqu’elle est classée en première ou deuxième position par 69 % des citoyens. La plupart des Européens (62 %) croient qu’il n’est pas impossible de l’enrayer.

Une large majorité estime que le changement climatique peut relancer la croissance économique dans l’UE

Selon l’enquête, près des deux tiers des citoyens européens pensent que la lutte contre le changement climatique peut avoir un effet positif sur l’économie européenne. Au total, 63 % des répondants affirment que c’est le cas, contre 56 % en mars-avril 2008. 66 % sont aussi d’accord avec le fait que «la protection de l’environnement peut relancer la croissance économique dans l’Union européenne».

Demande d’une action renforcée

Une majorité d’Européens considère que l’industrie, les citoyens eux-mêmes, les gouvernements nationaux et locaux ainsi que l’UE ne font pas assez pour lutter contre le changement climatique. Seuls 19 % pensent que les entreprises et l’industrie prennent des mesures suffisantes pour lutter contre le changement climatique, contre 30 % dans le cas de l’UE. Bien que ces résultats marquent une évolution positive par rapport à mars-avril 2008, une majorité variant de 55 % à 72 % estime que les mesures sont insuffisantes à ces niveaux. 63 % des Européens confirment avoir agi d’une manière ou d’une autre pour lutter contre le changement climatique, alors que 31 % déclarent le contraire.

Les citoyens européens sont prêts à payer plus pour une énergie plus verte

49  % des citoyens interrogés indiquent qu’ils seraient prêts à payer plus cher une énergie produite à partir de sources émettant moins de gaz à effet de serre, alors que Plus d’infos »

ONG à Copenhague : Une mobilisation militante à l’ampleur inédite

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 12 décembre 2009

Une mobilisation militante à l’ampleur inédite

Pour Jorn Andersen, moustache et cheveux poivre et sel, le succès est déjà au rendez-vous : « 522 organisations de 67 pays ont appelé à la manifestation de samedi. Ce sera le plus grand rassemblement au Danemark depuis les protestations contre la guerre en Irak ». M. Andersen est un des militants danois qui préparent depuis des mois ce qui sera sans doute la mobilisation la plus importante jamais vue sur le changement climatique.

La manifestation devait partir en début d’après-midi de la place du Parlement, au centre de la capitale danoise, pour rejoindre le Bella Center, à six kilomètres, où se tient la Conférence sur le climat des Nations unies. Le mot d’ordre : « changer le système, pas le climat » (system change, not climate change). Multicolore et internationale, elle réunit les associations écologistes traditionnelles (Greenpeace, WWF, etc.), mais aussi le mouvement altermondialiste réuni dans la coalition Climate Justice Now, et une coalition plus nettement anticapitaliste, Climate Justice Action.

« JUSTICE CLIMATIQUE »

Ce rassemblement marque l’élargissement de la question climatique au-delà de l’environnement, jusqu’aux questions économiques et sociales. Pour Christophe Aguiton, d’Attac, « le premier enjeu est d’obtenir un bon accord, qui reconnaisse la responsabilité historique des pays du Nord, qui n’introduise pas les mécanismes de marché dans le changement climatique, qui trouve des ressources pour le Sud. Mais il y a un deuxième enjeu : que les mouvements sociaux s’impliquent dans cette bataille pour exiger la justice climatique ».

Depuis deux jours, les militants arrivent par train, auto ou bus, logeant en appartements communautaires, dans des entrepôts aménagés, chez des amis, voire dans des caravanes. Leurs motivations sont diverses. Pour Corrina Cordon, venue de Londres, « la croissance n’est plus possible, on attend de la manifestation que le public puisse dire qu’il faut faire quelque chose pour que ça change« . Jonas Schnor, étudiant danois en théâtre, pense que « la façon dont nous vivons est mauvaise pour la planète, nous devons changer. Moi, je vivrai avec moins de consommation que mes parents« . Karine Plantier est venue de Nantes dans un bus alimenté à l’huile de tournesol. Elle vient « dénoncer » le projet d’aéroport du Grand Ouest à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).

Si les Européens domineront la manifestation, la conférence de Copenhague suscite un intérêt planétaire exceptionnel. « La couverture de l’événement est très importante au Brésil, dit Andrea Fran, un journaliste brésilien, il y a même une télé qui fait une émission d’une heure par jour sur ce qui s’y passe. »

Quel impact la manifestation aura-t-elle sur la négociation ? Elle appuiera nettement Plus d’infos »

Copenhague, les actions sur Bordeaux – De Copenhague à Bordeaux : Climat, Pont BaBa, Agriculture, Vague bleue, Facteur 4…

Collectif Gironde Copenhague 09, Communiqué de presse, le 7 décembre 2009

De Copenhague à Bordeaux : Climat, Pont BaBa, Agriculture, Vague bleue, Facteur 4…

Les négociations de Copenhague sont dans l’impasse !

Girondine, Girondin, prends ton avenir en main

Du 7 au 18 décembre 2009, le plus grand sommet sur le climat jamais tenu, aura lieu à Copenhague. Nous sommes à un carrefour de l’histoire humaine. Ce sommet est considéré comme un de nos « derniers espoirs » d’arrêter le changement climatique. Les critères minimum de réussite des négociations sont la réduction de 40 % des GES des pays développés d’ici 2020 et une aide de 110 milliards d’euro par an aux pays du Sud.

Après la Flash Mobilisation du samedi 5 décembre à 12h18 devant le Grand Théâtre, à l’initiative de Greenpeace Bordeaux  avec 150 personnes le Collectif Gironde Copenhague 09 appelle les Girondines et les Girondins à se retrouver :

-        mardi 8 décembre – Soirée-débat à 19h00 au Boulevard des Potes 29 rue Bergeret à Bordeaux. Diffusion du film « Climat en crise » support à un débat sur le dérèglement climatique.

-         mercredi 9 décembre – A l’initiative du Collectif Gironde Copenhague 09 pour un concert de casseroles pour la pose par les élus de la première pierre du Pont Bacalan-Bastide. Rendez-vous à 18h30 sur les quais au niveau de Cap Sciences. A noter que Trans’Cub organise à 12H30 la pose de la première « pierre tombale ». 

- jeudi 10 décembre – A l’Athénée municipal de Bordeaux à 19h30, la Confédération Paysanne de Gironde organise une Conférence-Débat sur le thème : Agriculture et changement climatique. Comment assurer une production agricole répondant aux besoins des populations, dans un climat bouleversé,  tout en minorant radicalement les dégagements de gaz à effet de serre ?

samedi 12 décembre

Manifestation « Ni nucléaire, ni effet de serre » à partir de 11h00 au miroir d’eau sur les quais face à la Bourse à Bordeaux avec TchernoBlaye…

…ensuite à partir du miroir d’eau, à l’appel du Collectif Gironde Copenhague 09 en écho avec la manifestation qui aura lieu à Copenhague, déambulation festive dans Bordeaux avec une Batucada, musique brésilienne, tout le monde habillé en bleu, avec chapeau ou bonnet de bain, lunette de soleil ou de plongée, tuba… vos pancartes et vos banderoles,  vos casseroles ou autres ustensiles à faire du bruit… arrivée de la vague bleue au Grand Théâtre, place de la Comédie…

…où l’association TACA sera présente de 17h00 à minuit pour une veillée climatique (350.org, tck tck tck…). A 19h regroupement des jeûneurs volontaires en soutien des militants de Climate Justice Fast en grève de la faim pour le Climat depuis le 6 novembre. Plus d’information : <http://www.climatejusticefast.com/> <http://taca.asso-web.com/>

lundi 14 décembre – Spectacle débat « Les enjeux de Copenhague » de 20h30 à 22h30 salle La Glacière, rue Armand Gayral, à Mérignac. Le spectacle « Le grand Chaud du Facteur 4 », pédagogique et interactif, sera en introduction du débat entre la salle et les représentants associatifs et municipaux organisateurs de la soirée (entrée gratuite).

Les 26 membres du Collectif : Plus d’infos »

Atelier sur le Co-habitat à Bordeaux – Le partage fait maison : La longue route d’H Nord

sudouest.com, Julien Rousset, le 10 Décembre 2009

LOGEMENT. La mairie consacre un atelier de deux jours à l’habitat coopératif, qui voit des résidents s’associer pour créer puis gérer leur immeuble. Deux projets à l’étude sur Bordeaux

Le partage fait maison La longue route d’H Nord

Un « vivre-ensemble sobre » : c’est le mot d’ordre des militants de l’habitat coopératif, dont quelques représentants, venus d’Allemagne, de Mulhouse, de Lyon ou de Bordeaux, phosphorent depuis hier à la mairie, réunis dans un atelier que devrait conclure aujourd’hui Alain Juppé.

Relancé par la flambée des loyers et par les appétits de concertation, ce système d’habitat coopératif est encore, en France, embryonnaire. Si bien que pour cet atelier, il y a tout à penser, y compris la définition même de cette forme de logement.

Chambres d’hôtes partagées

La version orthodoxe veut que des habitants s’associent en coopérative pour concevoir, puis gérer leur propre immeuble. Ces coopérateurs sont propriétaires, non pas de leur appartement, mais des parts de la coopérative qui gère les appartements. « Chacun est locataire de son logement mais collectivement propriétaire de l’immeuble », résume Thomas Nesme, au nom de l’association H-Nord.

Les habitants sont ainsi liés par l’évolution de leur cadre de vie : chaque décision concernant leur résidence est prise lors d’un vote, où, en principe, un habitant ou un ménage valent une voix. Et, en vue d’économies d’énergie, pas mal de prestations sont communes, mutualisées : buanderie, laverie, garage à vélos, voitures en autopartage… ou même, selon le projet lyonnais du Village vertical présenté hier, des chambres d’hôtes, réservées pour moitié à des amis des locataires, et destinées, pour l’autre moitié, aux touristes, avec les recettes qui vont avec.

Festival de difficultés

Quand il s’agit de passer à la mise en oeuvre, ce modèle achoppe toutefois sur un festival de difficultés, largement abordées hier au cours d’une discussion qui slalomait entre enthousiasme et tâtonnements. Par exemple, il n’y a pas encore, en France, de statut juridique propre à cet habitat en coopérative. Plusieurs projets « explorés » hier se rapprochaient plutôt de la copropriété. La conduite d’une telle entreprise par de seuls habitants paraît par ailleurs périlleuse. « Les coopérateurs doivent apprendre cinq ou six métiers à la fois ! », a averti une cheville ouvrière du Village vertical de Lyon, un juriste ajoutant que tout projet d’habitat coopératif doit s’appuyer sur « au moins trois professionnels : un architecte, un notaire spécialisé dans ce régime et un expert-comptable ».

Autre aléa apparu dans diverses expériences d’habitat coopératif : la difficulté à mobiliser des volontaires. « Il n’est pas facile de toucher les ménages susceptibles d’être intéressés », Plus d’infos »

Croissance contre «décroissance», la guerre est déclarée

slate.fr, Thomas Legrand, le 8 décembre 2009

Croissance contre «décroissance», la guerre est déclarée

Le consensus autour du sommet de Copenhague dans la classe politique française est un leurre. Il existe un vrai clivage.

Depuis la signature du pacte de Nicolas Hulot, pendant la campagne de 2007 et le Grenelle de l’environnement, on a pris l’habitude d’entendre des accents écologistes dans le discours du président. C’est relativement nouveau (2007) et ça représente une virevolte idéologique assez spectaculaire, si l’on y réfléchit bien. Elle est soudaine mais personne ne peut dire (et finalement peu importe) si elle est due à l’analyse de l’évolution des rapports de force politique ou à une véritable prise de conscience de l’ampleur de la catastrophe annoncée. Un peu des deux sans doute.

Alors au fur et à mesure que se généralise l’idée de l’urgence écologique, on assiste aussi, et tout naturellement, à la naissance d’une écologie dite de droite et d’une écologie dite de gauche. La différence entre ces deux versants de l’écologie se cristallise autour de la définition de la croissance. Après avoir affirmé qu’il était écologiste et qu’il œuvrait pour le sauvetage de la planète, Nicolas Sarkozy, à l’approche des élections régionales, a dû réadapter son discours pour ne pas valider trop ouvertement les thèses des écologistes et risquer de subir la fameuse règle (qui ne se vérifie pas toujours d’ailleurs), la règle du «quand on a la choix entre l’original et la copie, on préfère toujours l’original»… donc il s’est démarqué. Ce n’est pas une démarcation que tactique, elle correspond d’abord à une différence idéologique.

Le chef de l’Etat développe l’idée d’une écologie qui ne fustige pas la croissance, qui, de ce fait, accepte et même promeut le nucléaire, présenté comme une énergie propre, non émettrice de CO2. En réaffirmant sa foi en la croissance, l’écologie dite de droite peut également se présenter comme une idéologie du progrès qui fait le pari que les avancées technologiques apporteront les solutions de remplacement à la raréfaction et au danger des énergies fossiles. Ces idées sont par exemple défendues par le philosophe Luc Ferry. C’est ce que le Président appelle la «croissance verte»... Réconcilier croissance et écologie correspond à un positionnement assez confortable. Il comporte une forme d’optimisme qui tranche avec les analyses déprimantes et catastrophistes des écologistes classiques. Il permet, en plus (et pour une fois), de mettre la droite dans le parti du mouvement, de la foi en l’avenir.

Un positionnement qui promet enfin de ne pas trop bouleverser nos modes de vie consuméristes, voilà pour l’aspect conservateur nécessaire pour rassurer l’électorat de ce côté du spectre politique. De l’autre côté, les Verts et Europe écologie se classent, eux-mêmes, à gauche. C’est assez cruel pour le PS parce que, en gros, la vision de l’écologie, telle que la développe en ce moment Nicolas Sarkozy, n’est pas éloignée de ce que peut dire un PS qui place aussi la croissance au pinacle. Mais le PS doit éviter l’affrontement idéologique avec les écologistes avec lesquelles ils comptent construire une alternance ! Ils sont donc, en quelque sorte, squeezés du débat !

Parce que de l’autre côté, les Verts et Europe écologie ont aussi un discours spécifique sur la croissance. Contrairement à la caricature que veut en faire Nicolas Sarkozy qui dénonce leur penchant pour la décroissance, les écologistes (la plupart d’entre eux en tout cas) refusent d’employer ce terme qui reprend Plus d’infos »

Jean-Paul Besset (Europe Ecologie) face à Pierre Moscovici (PS) : «Vive la sociale» ou «sauvons la planète» ?

hebdo.nouvelobs.com, Daniel Cohn-Bendit, Guillaume Malaurie, Maël Thierry, le 3 décembre 2009

Jean-Paul Besset (Europe Ecologie) face à Pierre Moscovici (PS)

«Vive la sociale» ou «sauvons la planète» ?

Taxe carbone contre pouvoir d’achat, croissance contre décroissance, progressisme contre environnementalisme… Entre écologistes et socialistes, l’échange est vif

Le Nouvel Observateur. – Vous avez politiquement grandi l’un et l’autre dans la religion du progrès servie par une croissance éternelle et une nature inépuisable. Et pourtant, à gauche, René Dumond, Edgar Morin, André Gorz ou… Serge Moscovici tiraient très tôt la sonnette d’alarme sur l’inévitable crise de ce modèle trahi par la finitude des ressources. On y est. Pourquoi un tel retard à l’allumage ?

Jean-Paul Besset. – Ce constat-là vaut tout autant pour la gauche que pour la droite. Ces deux grands courants idéologiques sont issus, pour aller vite, de la même matrice : la révolution industrielle. La grande ligne de clivage, c’était la répartition des fruits de cette croissance. Et c’est l’honneur de la social-démocratie d’avoir su utiliser cette richesse pour développer la justice sociale et forger les bases de l’Etat-providence. Mais quand cette manne de la croissance conçue comme une vis sans fin vient à disparaître sous l’impact de la crise écologique, la social-démocratie, qui fut la grande aventure de ces deux derniers siècles, arrive à bout de souffle.

Pierre Moscovici. – Vous semblez considérer que le clivage gauche-droite n’est plus pertinent. Et moi, je continue de penser qu’il l’est, peut-être plus que jamais face à un président liquidateur comme Nicolas Sarkozy ! La question écologique est certes essentielle, mais je ne crois pas du tout que la question sociale soit éteinte. Je note d’ailleurs que les pères de l’écologie qui étaient évoqués, vous avez cité à juste titre le mien, se situent tous dans le champ culturel de la gauche. Je reconnais bien volontiers que le manque d’appétence des socialistes pour l’approche écologique s’explique par leur passé ouvriériste, productiviste ou étatiste. L’avenir, aujourd’hui, je suis d’accord, c’est la social-écologie. Mais pas le dépassement de la gauche et de la droite.

J.-P Besset. – Ne faites pas comme si l’écologie politique ignorait la question sociale, dont vous seriez propriétaire ! Moi aussi, j’ai la question sociale rivée au cœur, mais elle est désormais indissociable de la question écologique. Les inondations, les sécheresses, les cyclones, les mers qui se dépeuplent, les forêts qui reculent et les déserts qui avancent, ça concerne quand même 60% de la population mondiale. La vraie question sociale contemporaine, massive, intolérable, elle est là !

N. O. – Et sur la croissance, verte ou grise, forte ou faible, vous pouvez trouver un langage commun ?

P. Moscovici.

Ce dont je suis sûr, c’est que nous avons toujours besoin de croissance. Prenons l’exemple de la France : il y a 3,7 millions de chômeurs, des déficits publics de 140 milliards d’euros, une dette publique équivalente à 82% du PIB. Je ne sais pas comment nous pouvons résorber ces gouffres financiers, investir dans des programmes écologiques lourds et réduire le chômage sans un taux de croissance significatif. Tout le défi est là : il faut à la fois Plus d’infos »

Michel Serres : « L’amorce d’un nouveau monde »

lejdd.fr, le 5 Décembre 2009, Michel Serres  

Michel Serres : « L’amorce d’un nouveau monde »

Le philosophe Michel Serres ne veut pas s’illusionner sur Copenhague. Sauf si les politiques admettent qu’ils ne sont pas à la hauteur…

Il a pensé l’écologie quand ce n’était pas à la mode, s’est fait vilipender en voulant introduire la nature dans le débat politique. Aujourd’hui que l’actualité lui donne raison, Michel Serres pense le Temps des crises (*) et se méfie d’un soulagement conjoncturel. Les politiques et les peuples sauront-ils retrouver un lien au monde? En dehors de cela, point de salut.

Copenhague commence, la planète est sauvée ?

Copenhague me passionne, mais méfions-nous de notre regard scotché à l’actualité. On ne rattrape pas si vite des années d’oubli. Les chefs d’Etat, les politiques, seront à Copenhague, chacun représentant leur Nation, leur peuple. Mais personne ne représente la terre; il n’y a pas de représentant des océans, de la banquise, des espèces menacées. Et nos gouvernants n’ont pas la culture nécessaire pour parler au nom de la planète. Elle, personne ne l’a invité au sommet…

Les politiques sont dépassés par la crise climatique ?

La crise climatique est un aspect d’une crise globale : l’homme, l’espèce humaine, a perdu son lien avec la terre, avec la planète, ses rythmes, ses limites et ses dangers. Cette crise-là, les politiques ne sont pas armés intellectuellement pour l’affronter. Depuis des millénaires, la politique, c’est l’art de gérer les relations humaines : les rapports de force, de pouvoir, de territoire, la liberté ou l’oppression.

Ce ne sont plus des sujets ?

Cela reste. Mais la terre, le monde, se dérobe à l’homme, et c’est le sujet politique majeur. Il y a vingt ans, j’ai écrit le Contrat naturel. J’y expliquais pourquoi la politique traditionnelle devait céder la place, puisque que la nature devenait l’enjeu. Tout le monde m’est tombé dessus. Réintroduire la nature dans le débat, c’était du fascisme! Je suis allé présenter ma thèse devant les députés à l’Assemblée nationale. Ils sortaient tous de sciences po, je leur disais qu’ils devaient apprendre la physique et l’écologie, sinon, ils ne s’en sortiraient pas. Ils ont éclaté de rire. Ils avaient un nouveau métier à apprendre, ils ne l’ont pas fait.

«Je tiens les philosophes pour responsables. Ils sont silencieux, pris par l’actualité immédiate»

Il n’y a donc plus d’espoir ?

Non, parce que la science est là. Les scientifiques appréhendent le risque climatique depuis un quart de siècle. La science est la clé, et ceux qui la portent. On le voit avec le GIEC, dont je partage l’optimisme de combat. Les politiques doivent écouter les scientifiques… Ils sont les seuls à avoir une expertise de ces questions complexes.

Mais où est la démocratie si les « sachants » mènent le monde ?

Je connais par cœur cet argument. Mais la clé de la démocratie, c’est le peuple, et le peuple bouge. La question, c’est d’établir un nouveau rapport entre le peuple et la science. Plus d’infos »

Mélenchon fan d’écologie

Mélenchon fan d’écologie

lemonde.fr, Sylvia Zappi, le 5 décembre 2009

Jean-Luc Mélenchon a décidé d’afficher son ancrage écolo. Lors de la convention du Parti de gauche (PG), qui se réunit samedi 5 et dimanche 6 décembre à Crosnes (Essonne), le député européen devrait annoncer que le nom du parti comportera dorénavant un sous titre Ecologie – Socialisme – République. Et que, comme porte-parole, il a choisi Martine Billard, partie des Verts pour le rejoindre. Aux yeux de la députée de Paris, qui amène avec elle quelque trois cents écolos, « la prise en compte de l’écologie est réelle » et pas seulement un vernis.

Les amis de Jean-Luc Mélenchon entendent proclamer leur flamme écolo aussi fortement que leur fibre sociale et républicaine. « Pour nous, c’est une refondation intellectuelle qui nous fait nous revendiquer de l’écologie politique au nom de l’intérêt général humain pour parvenir au socialisme et à la république« , affirme le président du PG. Pas moins. Plus question d’apparaître comme la « vieille gauche », le PG est moderne et donc écolo.

Et il recrute. Depuis sa fondation, voilà un an, les effectifs ont gonflé pour afficher quelque cinq mille cinq cents adhérents. Des recrues venues du PS – « une centaine depuis un mois », explique un communiqué – et de toute la gauche. « On ne fait pas de gonflette comme le NPA, mais nous, on ne s’est pas mangé de scission ni de tendances », ricane M. Mélenchon.

Faire la différence était vital pour ce petit parti qui a du mal à se faire entendre, coincé entre le PCF et le NPA. Alors, pestant contre le premier qui « reste l’arme au pied en attendant de régler ses équilibres internes » et le second qui « a préféré une ligne gauchiste en partant seul aux régionales », le député européen veut tendre la main aux Verts en préparation des régionales et, pourquoi pas, en faire un nouveau partenaire.

Jean-Luc Mélenchon l’avait déjà fait, mercredi 2 décembre, sur France Inter en lançant à un Cohn-Bendit médusé une proposition d’alliance « préalable » avant de négocier avec le PS au second tour des régionales. Il la refera dimanche en annonçant une rencontre, mardi 8 décembre, avec Cécile Duflot, la secrétaire nationale des Verts. « Je m’adresse aux Verts, car c’est là qu’il reste un rai de lumière après les déclarations de Martine Aubry sur France 2, où elle fait une offre d’alliance au MoDem », explique-t-il. Il sait que les écolos doivent décider de leur stratégie pour le second tour en janvier et veut « les aider ». Pour le député européen, l’objectif est simple, déloger le PS de sa position dominante à gauche, et tous les moyens sont bons. Y compris de passer un accord avec les Verts pour leur faire gagner des présidences de région en échange de quelques postes.

Il sait qu’il choque ses alliés du Front de gauche – PCF et Gauche unitaire –, mais n’en a cure. « Je veux être en mouvement, sinon Plus d’infos »

Copenhague: Juppé favorable à « une forme de décroissance »

tempsreel.nouvelobs.com, AP, le 4 décembre 2009

Copenhague : Juppé favorable à « une forme de décroissance »

Alain Juppé s’est déclaré vendredi favorable à « une forme de décroissance », à trois jours de l’ouverture du sommet de Copenhague, auquel le maire UMP de Bordeaux participera, entrant ainsi en contradiction avec des propos récemment tenus par Nicolas Sarkozy sur le sujet.

Interrogé lors d’une conférence de presse sur la croissance ou la décroissance verte, M. Juppé s’est dit en partie « en phase » avec l’eurodéputé d’Europe-Ecologie Daniel Cohn-Bendit: « La crise et la dégradation de notre planète reposent sur une forme de folie humaine basée sur la démesure généralisée. Faut-il faire de la décroissance? Je pense que dans les pays pauvres, il faut de la croissance et qu’ailleurs, là où l’on gaspille, il est nécessaire d’envisager une forme de décroissance« , a estimé l’ancien Premier ministre. « Le combat pour la sauvegarde de la planète ne doit pas passer au second plan du fait de la crise. La sortie de crise passe par le succès de toutes les initiatives« .

Le 28 novembre, lors de son discours devant les membres du conseil national de l’UMP, Nicolas Sarkozy s’était lancé dans une diatribe contre le principe de « décroissance », prôné notamment par les Verts. « Quand j’entends nos écologistes parfois dire qu’ils vont faire campagne sur le thème de la décroissance, est-ce qu’ils savent qu’il y a du chômage? Est-ce qu’ils savent qu’il y a de la misère dans le monde? Est-ce qu’ils savent qu’il y a près d’un milliard de gens qui ne mangent pas à leur faim et que la décroissance ça veut dire plus de misère pour tous ces gens-là? », avait lancé le chef de l’Etat.

Par ailleurs, M. Juppé a souligné l’importance du sommet de Copenhague: « Il n’y a pas de doute possible: l’enjeu est de sauver les espèces vivantes! Kyoto arrive à échéance en 2012 et il faut obtenir des objectifs chiffrés! », a-t-il lancé.

Alors que 57% des Français estiment dans un sondage (réalisé par l’institut BVA les 27 et 28 novembre auprès d’un échantillon de 1.012 personnes pour BFM/BFM-TV/ »La Tribune ») que Nicolas Sarkozy ne parviendra pas à obtenir un accord fixant des engagements contraignants en matière de réduction de gaz à effet de serre, Alain Juppé ne se « sent pas pessimiste »: « Je vois pour la première fois le président américain prendre des engagements chiffrés et cela va dans le bon sens », a-t-il expliqué.

A Copenhague, le maire de la capitale aquitaine participera notamment au « sommet des villes »: « j’y parlerai de l’implication citoyenne. Les villes sont en première ligne car elles englobent 80% de la population mondiale et concentrent les problèmes de déchets de transport et d’habitat« .

Coprésident, avec Michel Rocard (PS), de la commission chargée de réfléchir sur le grand emprunt, Alain Juppé a insisté sur « le fil conducteur écologique » qui a prévalu. Biotechnologie, énergies renouvelables, Plus d’infos »

Copenhague : il faut «un échec» affirme James Hansen de la NASA

sciences.blog.liberation.fr, Sylvestre Huet, le 3 décembre 2009

Copenhague : il faut «un échec» affirme James Hansen (Nasa)

Le climatologue James Hansen vient de déclarer au Guardian qu’il était préférable que la Conférence de Copenhague soit un échec. Tonitruante, cette déclaration vient prouver que les meilleurs scientifiques du sujet ne sont pas les meilleurs analystes de la géopolitique ou des sociétés. Elle a aussi été comprise de travers par des lecteurs si inattentifs (même à Libé, c’est dire…) qu’ils ont cru voir en James Hansen un « climato-sceptique »… alors qu’il est l’exact inverse, un climato-militant.

James Hansen est cet excellent scientifique qui mène depuis plus de trente ans un travail d’équipe pour retrouver et analyser l‘évolution des températures de la planète depuis 1880 (en gros, l’arrivée des stations météo) jusqu’à aujourd’hui. Il dispose pour ce faire du soutien technique et financier sans faille de la Nasa, au Goddard Institute for Space Studies. Il est le compétiteur amical de l’équipe de Phil Jones, à l’Université de East Anglia, qui fait le même travail (mais bosse aussi sur le climat depuis 2000 ans), avec des méthodes légèrement différentes. Ce doublon permet de comparer les résultats au plus grand bénéfice de la science. Et du public qui peut s’informer sur le web, directement, de leurs observations, ici pour celles de Jones. Et là pour celles de Hansen.

James Hansen a, du coup, assisté aux premières loges à l’irruption dans les statistiques de la météo de l’intensification de l’effet de serre par les émissions massives de gaz carbonique, méthane, oxydes d’azote et CFC d’une humanité industrieuse et agricole. C’est pourquoi, dès le milieu des années 1980, il commence à interpeller les cercles politiques, à commencer par la Maison Blanche et le Congrès américain. Auditionné dès 1988 par une commission du Congrès, il joue un rôle décisif dans l’irruption du changement climatique… sur l’agenda politique mondial. C’est d’ailleurs cette année là que l’ONU et l’Organisation météorologique mondiale créent le Giec dont le premier rapport sortira en 1990. Il débouchera sur la signature de la Convention cadre sur le climat de l’ONU au Sommet de la Terre à Rio en 1992.

Depuis, James Hansen a continué, de fort belle façon, son boulot de scientifique. Mais il a aussi multiplié les interventions publiques, médiatiques et auprès des politiques. Il est heureux qu’il n’ait pas mélangé les deux activités, car, autant il est bon sur la première, autant il est criticable sur la seconde. Manifestement très impressionné par ce qu’il observe, convaincu du risque pris à long terme, il a le sentiment que le message des scientifiques n’est, en réalité, pas écouté. Un sentiment qui a pris sa force tout au long des années qui ont suivi 1997, celle du Protocole de Kyoto. Logique car son pays, après avoir signé le Protocole, ne l’a jamais ratifié, la majorité Démocrate refusant de suivre Al Gore et Bill Clinton. Puis, les années Bush ont encore accentué ce sentiment, accru par des manoeuvres de la Maison Blanche pour tenter de le faire taire.

Du coup, il s’est petit à petit persuadé que l’argumentation rationnelle, limitée à l’exposé des résultats des scientifiques ne pouvait suffire à ce que les décisions soient prises. Il s’est mis à avancer des images chocs, parfois scandaleuses, comme la comparaison entre les convois de charbon alimentant les centrales électriques et ceux de la Shoah

Aujourd’hui, s’il veut «l’échec de Copenhague», c’est qu’il a le sentiment que Plus d’infos »

Prochains stages de l’Ecocentre de Gironde : restauration écologique, poêle de masse, ossature bois, terre, chaux, enduits, badigeons, moellonage, géobiologie, eau…

Ecocentre de Gironde, Communiqué, décembre 2009

Prochains stages

La restauration écologique du bâti ancien en avril 2010 :

Public : tout public désireux d’approcher la restauration/rénovation écologique d’un point de vue théorique et global à partir d’exemples concrets (professionnels, autoconstructeurs, amateurs éclairés… )

Formateur : Claude Micmacher, écoarchitecte fondateur de l’Ecocentre® du Périgord.

Il s’agira de faire un tour d’horizon de ce qu’il est nécessaire de maîtriser avant de programmer et d’entamer une restauration/rénovation.

Principaux thèmes abordés :

- typologie des constructions anciennes (avant 1920 jusqu’à nos jours), respect des caractéristiques de chaque mode constructif

- introduction au bioclimatisme, solaire passif, éco-conception

- propriétés des matériaux écologiques

diagnostics et résolutions des éventuels désordres,adaptations aux rénovations précédentes

- gestion écologique de l’eau et récupération des eaux pluviales

Poêle de masse ou à inertie : du 12 au 16 avril 2010, et un mois plus tard : 5 jours de spécialisation sur le même thème.

Public : Tout public ayant l’envie et/ou l’expérience de la maçonnerie.

Formateur : Sébastien Laplace concepteur/constructeur de poêle à inertie.

Conception et construction d’un poêle de masse de type « Rocket Stove ». Le principe : un foyer à chargement vertical et à double combustion (1200°C en température de croisière) brûle du petit bois pendant environ 2 heures (préférence aux résineux). Ensuite les calories des fumées chaudes sont captées dans des conduits de briques de terre crue compressée (BTC). Ces calories sont restituées dans l’habitation pendant 12 à 24 heures par des rayonnements infra-rouges d’une douceur incomparable. Les avantages en sont Plus d’infos »

Avis défavorable du commissaire enquêteur à Mérignac : L’aéroport entre deux eaux

sudouest.com, Olivier Delhoumeau, le 3 décembre 2009

MERIGNAC. Le commissaire enquêteur rend un avis défavorable concernant un dossier de rejet des eaux pluviales

L’aéroport entre deux eaux

Coup de tonnerre dans le ciel de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac. Le commissaire enquêteur chargé du dossier d’autorisation de rejet des eaux pluviales de l’aéroport dans les eaux du bassin-versant n° 3 vient de livrer son avis : défavorable (1). De quoi refroidir les projets de développement de l’aéroport.

D’autant que dans son analyse, Jean-Jacques Ducout porte le fer à plusieurs niveaux. Il estime ainsi d’entrée que les observations relatives au transport aérien en général et au low-cost en particulier et qui justifient la demande sont « hors sujet ». « Les aménagements projetés sont liés à une croissance du trafic qui, actuellement, n’est pas démontrée », détaille-t-il. Pourtant, la construction d’une aérogare à services simplifiés est l’élément déterminant dans la stratégie de l’aéroport pour faire face à la menace TGV. Selon les prévisions affichées, le nombre de passagers low-cost à Bordeaux devrait passer de 500 000 en 2008 à 1,2 million à l’horizon 2015. Et les projections portent ce segment à 40 % du trafic total en 2017.

Qualité des eaux

Le commissaire enquêteur s’avoue aussi dubitatif quant à la maîtrise du rejet des eaux pluviales. Le dossier expose la nécessité de travaux s’appuyant sur des données anciennes. « Des événements climatiques particuliers actuels, mettant en cause ces données, ne sont pas pris en compte. » Pire, Jean-Jacques Ducout estime que l’arrêté préfectoral d’autorisation de 1997 (voir ci-contre) formulait des exigences sur les retenues d’eau qui n’ont pas été suivies d’effet.

Côté pollution, il relève les carences dans la qualité des eaux rejetées. Qui seraient dues à la présence de micropolluants minéraux dont l’origine n’est pas déterminée. L’aéroport ne nie pas cet aspect des choses. « Toutefois, dans son mémoire en réponse, il ne donne aucune réponse claire sur la résolution du problème. Des actions de sensibilisation sont en cours. Est-ce suffisant ? L’ambition de qualité des eaux affichée par l’aéroport reste faible », assène Jean-Jacques Ducout. Sur ce point, Pascal Houbre, chargé des relations territoriales et de l’environnement à l’aéroport, plaide qu’il n’existe dans les textes aucun objectif de qualité des eaux de la Devèze sud, ce ruisseau où se déversent les eaux pluviales. Il souligne, par ailleurs, que toutes les préconisations techniques relatives au décret préfectoral de 1997 ont été respectées : création d’un bassin de stockage de 10 000 mètres cubes à côté de Météo France, régulation à 2 mètres cubes par seconde pour le rejet des eaux pluviales, mise en place d’un dispositif de traitement assurant la séparation des hydrocarbures… « On est même allé au-delà, en prenant en compte les autres micropolluants. Malgré notre transparence, on est pénalisé. Ce n’est pas très cohérent », regrette le représentant de l’aéroport.

En première ligne sur le front de l’attaque, les Verts de Mérignac se sont signalés début octobre en votant contre cette autorisation de rejet au conseil municipal.

Métaux lourds

Ils avaient formulé divers griefs : pollution par les métaux lourds (cuivre et zinc) et les pesticides, insuffisance de capacité du bassin de rétention pouvant générer Plus d’infos »

Laure Noualhat « Climat: militants malvenus à Copenhague ? »

environnement.blogs.liberation.fr, Laure Noualhat, Ronack Monabay, le 2 décembre 2009

Climat: militants malvenus à Copenhague?

Le flegme danois est en train d’en prendre un coup. Et c’est à croire que les autorités danoises commencent à se mordre les doigts d’avoir voulu organiser la 15ème conférence sur le climat, vous savez, la fameuse conférence internationale qui démarre lundi et qui doit enterrer ou mettre sous perfusion le protocole de Kyoto…

Demain, une énième manifestation est organisée devant le parlement danois. Pourquoi ? Parce que les autorités danoises ont durci la législation concernant les actes de désobéissance civile. Il faut dire que lesdites autorités paniquent un peu: 5000 journalistes déjà accrédités, 15000 délégués et des dizaines de milliers d’activistes prêts à en découdre pour faire de ce sommet un événement historique. Quelle qu’en soit l’issue.

Ci-après, vous trouverez un texte de Ronack Monabay, qu’il a gracieusement accepté de publier dans ce bistrot. Pour te remercier, cher Ronack, je t’amène un bon Côtes-du-Rhône lundi, en descendant du train. Tiens bon d’ici là!

Minority Report en danois

Jeudi 26 novembre, le parlement danois, dominé par les libéraux et les conservateurs avec le soutien du parti d’extrême droite dit du «Peuple Danois», a adopté une nouvelle loi renforçant les pouvoirs de la police dans le cadre des manifestations. Cette loi, proposée le 18 octobre par le ministère de la Justice, a pour but officiel d’instaurer des sanctions suffisamment dissuasives afin d’éviter tout débordement pendant les deux semaines de la conférence onusienne sur le changement climatique. Le point d’orgue de la mobilisation sera la manifestation internationale du 12 décembre.

Le texte procure à la police des pouvoirs élargis en matière d’arrestation préventive et accentue les sanctions à l’encontre des actions de désobéissance civile. La police aura la possibilité d’arrêter les manifestants pendant une durée de douze heures (contre six précédemment) si elle soupçonne ceux-ci de vouloir enfreindre la loi. «Si, par exemple, des manifestants étrangers louent un autocar pour se rendre à une manifestation légale au centre de Copenhague, la police aura la possibilité d’arrêter l’autocar et tous les passagers, même si ceux-ci ont des intentions pacifiques uniquement, parce qu’elle estimera que l’endroit où se rend l’autocar va être le lieu d’affrontements», explique l’avocat danois Bjørn Elmquist. La garde à vue pour les «étrangers» (nous ne sommes plus Européens dans ce cas) est portée à 72h, contre 24h pour les Danois. La police n’aura pas l’obligation de notifier aux personnes arrêtées ni le motif ou le soupçon à la base de leur arrestation, ni leurs droits – comme la possibilité de voir un avocat afin de contester par la suite cette arrestation – ce qui constitue une atteinte grave aux droits élémentaires

Au-delà de la garde à vue, si la police considère que les manifestants ont entravé le bon déroulement de son travail, elle pourra les embastiller pendant… 40 jours, sur simple décision d’un procureur ! Enfin, l’amende Plus d’infos »

Naomi Klein : Le passage à l’âge adulte des militants de Seattle sera désobéissant

mouvements.info, Naomi Klein, le 23 novembre 2009

Le passage à l’âge adulte des militants de Seattle sera désobéissant

Le sommet de Copenhague s’ouvrira quasiment 10 ans jour pour jour après que quelques milliers de militants ont bloqué le sommet de l’OMC à Seattle – le « coming out » d’un nouveau mouvement, dont Copenhague marquera le passage à l’âge adulte. Adulte, mais désobéissant, nous explique Naomi Klein.

L’autre jour, j’ai reçu une copie promotionnelle du livre « La bataille de l’histoire de la bataille de Seattle » par David et Rebecca Solnit. Le livre doit paraître 10 ans après qu’une coalition historique d’activistes ait réussi à bloquer le sommet de l’OMC à Seattle – l’étincelle qui a déclenché un vaste mouvement global contre les multinationales.

Le livre est un récit passionnant de ce qui s’est vraiment passé à Seattle. Mais quand j’ai discuté avec David Solnit, le gourou de l’action directe qui a aidé à organiser le blocage, je l’ai trouvé moins intéressé à nous remémorer ce qui s’est passé en 1999 qu’à parler du futur Sommet de Copenhague des Nations Unies sur le changement climatique et des actions pour la justice climatique qu’il contribue à organiser aux USA le 30 novembre prochain. « C’est clairement un événement de type Seattle », m’a-t-il dit. « Les gens sont prêts à tout renverser« .

De fait, la mobilisation pour Copenhague a quelque chose de Seattle : l’éventail des groupes impliqués, la diversité des tactiques qui seront mises en œuvre, comme le fait que les gouvernements de pays du Sud soient prêts à relayer les revendications des militants à l’intérieur du sommet lui-même. Mais Copenhague ne sera pas uniquement un autre Seattle. Il semble plutôt que les plaques tectoniques se déplacent, créant ainsi un mouvement qui construit à partir des forces issues d’une ère antérieure, tout en apprenant de ses erreurs.

Le mouvement que les médias s’obstinèrent à nommer « anti-mondialisation » a vivement été critiqué comme ne proposant qu’une liste fourre-tout de griefs, et très peu d’alternatives concrètes. Le mouvement qui va converger à Copenhague n’est en revanche focalisé que sur un seul sujet : le changement climatique. Il tisse par contre un récit cohérent sur ces causes et remèdes, qui intègre pratiquement tous les problèmes qui se posent de par le monde.

Dans ce récit, le climat ne change pas seulement à cause de pratique polluantes spécifiques, mais à cause de la logique sous-jacente du capitalisme, qui favorise le profit à court-terme et la croissance perpétuelle par-dessus tout. Nos gouvernements voudraient nous faire croire que cette même logique peut servir à résoudre la crise climatique – en créant un nouveau produit commercialisable appelé « carbone » et en transformant les forêts vierges et terres arables en puits censés compenser les émissions incontrôlées (runaway).

Les militants présents à Copenhague répondront que, loin de résoudre la crise climatique, le marché carbone représente une privatisation sans précédent de l’atmosphère, et que les compensations et puits menacent de déboucher sur un pillage des ressources d’ampleur coloniale. Ces solutions basées sur le marché ne vont pas simplement échouer à résoudre la crise climatique : leur échec augmentera de manière dramatique la pauvreté et les inégalités, parce que les plus pauvres et les plus vulnérables sont les premières victimes du changement climatique – en même temps qu’ils sont les premiers cobayes de ces marchés carbone.

Mais les militants présents à Copenhague ne se contenteront pas de refuser tout cela. Avec détermination, ils vont Plus d’infos »

Dominique Bourg : «  J’en appelle à la démocratie écologique  »

terra-economica.info, Dominique Bourg, le 29 novembre 2009

«  J’en appelle à la démocratie écologique  »

Dominique Bourg est directeur de l’Institut de politiques territoriales et d’environnement humain à l’Université de Lausanne.

 « A quelques jours de Copenhague, on est bien obligé d’être pessimiste. Les faits parlent d’eux-mêmes. Sous la pression des lobbies pétroliers et charbonniers, Barack Obama n’a pas encore réussi à faire avaliser par le Sénat son marché du carbone. De son côté, l’Europe a refusé de chiffrer sa contribution sur le climat aux pays pauvres tant que Washington ne dévoilera pas ses intentions. Et, plus généralement, seule l’Europe affiche pour l’heure des objectifs répondant aux appels du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Ce dernier recommande en effet une réduction des émissions de 25 à 40 % d’ici à 2020. 

Ce sont autant d’indices qui accréditent l’idée selon laquelle le gouvernement représentatif est aujourd’hui inadapté aux enjeux globaux et de long terme. Il est, par nature, coincé par des frontières spatiales et temporelles. En se développant dans le cadre d’Etats-nations, la représentation moderne impose des limites territoriales à la capacité des citoyens de se sentir concernés par les problèmes de leurs voisins. En outre, la démocratie vit au rythme électoral. Elle n’envisage pas la contrainte à long terme, ne serait-ce que sur les vingt ou trente ans à venir. Vulnérables face au court terme électoral, les élus sont réticents à considérer des changements politiquement risqués, dont les bénéfices ne concerneraient que de futurs électeurs.

L’écologie, ça n’est pas gentil

La légitimité de la représentation moderne est en outre conditionnée par une conception particulière de la liberté : la production et la consommation y sont virtuellement considérées comme illimitées et comme les instruments principaux du bonheur individuel. Or, l’écologie, cela n’est pas systématiquement gentil, ça impose des choses. Face à cette situation, j’en appelle à la démocratie écologique. Cette dernière nécessitera de faire bouger la représentation elle-même, notamment sa chambre haute. Il faudrait en effet pouvoir élire ses représentants sur un programme touchant exclusivement la défense du long terme, tant en matière environnementale qu’en ce qui concerne d’autres enjeux comme le devenir du soubassement biologique de notre condition humaine commune. Et concernant ces enjeux, à certains égards vitaux et à long terme, l’analyse coûts-avantages ne devrait pas avoir droit de cité.

Puis, face à une représentation qui flatte les intérêts particuliers, il faudrait renforcer dans l’espace public ce qui oblige à prendre en compte les causes. Par exemple, les ONG, vecteurs de démocratie écologique. Beaucoup sont de portée internationale ou sont organisées en fonction de territoires environnementaux définis. Leurs ordres du jour ne sont pas liés au court terme des cycles électoraux. Depuis trente ans, les ONG ont largement évolué dans l’espace politique mondial. En France, cette nouvelle gouvernance et la reconnaissance de ces structures ont pris forme depuis le Grenelle de l’environnement et la réforme du Conseil économique, social et environnemental. Plus les ONG feront pression, plus Plus d’infos »

Diplômé… maître composteur à l’initiative de l’ADEME et du Conseil général de la Gironde

aquí.fr, Piotr Czarzasty, le 26 novembre 2009

Diplômé… maître composteur à l’initiative de l’ADEME et du Conseil général de la Gironde

Plus de 330 girondins sont aujourd’hui guides ou maîtres composteurs. Les derniers viennent seulement de recevoir leurs diplômes le 25 novembre dernier au Conseil Général de la Gironde des mains de l’association formatrice Les Jardins d’Aujourd’hui. Cette curieuse formation, mise en place en juin 2008 par le Conseil Général et l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), a pour objectif de former au compostage et de favoriser ainsi l’essaimage de le pratique sur l’ensemble du département.

Avec 390 kg d’ordures ménagères par an et par habitant, la Gironde se situe aujourd’hui dans la moyenne nationale. Les autorités départementales ne comptent pas cependant en rester là. C’est notamment pour cela que le département a décidé d’encourager des actions comme le compostage afin de réduire le nombre de déchets (Selon les calculs, le compostage pourrait, à lui seul, diminuer jusqu’à 60 kg de biodéchets par an et par personne). Les chiffres sont d’ailleurs encourageants à ce niveau là ; car, en cinq ans, la quantité de matière compostée est passée de 207 à 6 200 t en Gironde. Quant à la pratique du compostage, celle-ci concerne aujourd’hui 33% des Girondins contre 26% il y a trois ans.

Un « achat raisonnable » c’est des déchets en moins

« On veut maintenir cette tendance. », affirme Alain Renard, vice-président du Conseil Général chargé du Patrimoine environnemental commun et du tourisme. L’initiative de la formation des guides et maîtres composteurs comporte d’ailleurs trois principaux « volets ». Le premier, déjà cité, consistant donc à diminuer, à l’échelle de tout le département, le volume des déchets. Deuxièmement, « il s’agit de d’insister sur la prévention, d’agir en amont du compostage lui-même ; car à la base de la majorité des déchets il y a l’acte d’achat. Il faut que celui-ci soit raisonnable. », ajoute Jean-Louis Bergey, directeur régional de l’ADEME. « Par exemple, on doit éviter de jeter des pommes, tout simplement parce qu’on en a trop acheté. »

Du geste individuel à l’action collective

A partir de ces expériences, il s’agit enfin de savoir « si on peut aller plus loin. », s’interroge M. Renard. « C’est-à-dire si l’on est en mesure de passer d’une dimension individuelle à des actions collectives. » On peut déjà noter ici plusieurs exemples d’actions réussies de tri et de compostage des déchets dans le département ; menées notamment par des groupes de jardiniers au Haillan ou les habitants d’une résidence à Saint-Yzan de Soudiac avec l’aide et le soutien de guides composteurs. « On essaie de fédérer les gens autour d’un projet commun ; il faut bien que tout le monde se sente concerné, c’est pour cela qu’on invite des personnes de tous âges, professions, milieux sociaux, pour qu’elles agissent ensemble dans l’intérêt de tous. », souligne Alain Renard.

« Un tas c’est pas du compost »

Quant aux guides composteurs, dernièrement diplômés, ils ne cachaient pas leur enthousiasme pour la formation: « J’avais depuis longtemps Plus d’infos »

Le PS veut convaincre de la réalité de sa conversion à la « social-écologie »

lemonde.fr, Jean-Michel Normand, le 1er décembre 2009

Le PS veut convaincre de la réalité de sa conversion à la « social-écologie »

A Copenhague, pour le PS, l’important ne sera pas tant de participer que de faire passer un message. Quelques jours avant l’ouverture du sommet mondial sur le climat, les socialistes ne lésinent pas sur les signaux. Martine Aubry a fait savoir qu’elle se rendrait les 15 et 16 décembre dans la capitale danoise avec une délégation.

En attendant, la première secrétaire préside mardi 1er décembre une réunion extraordinaire du bureau national consacrée aux enjeux de cette conférence dont les socialistes « souhaitent le succès ». Pour l’occasion, « des experts et des spécialistes » ont été invités afin « d’enrichir la réflexion engagée en faveur d’un nouveau modèle de développement« . Dans la cour de la Rue de Solferino, au siège du parti, les participants seront accueillis par une sculpture de glace, oeuvre éphémère représentant un globe terrestre.

« Il s’agit d’apporter la démonstration que les socialistes sont capables de prendre la question environnementale à bras-le-corps« , insiste Philippe Martin, député du Gers, récemment nommé secrétaire national adjoint à l’environnement en remplacement d’Eric Loiselet, qui a quitté le PS pour conduire la liste Europe-Ecologie en Champagne-Ardenne aux élections régionales. Ces dernières années, les socialistes avaient beau faire régulièrement référence à la « social-écologie » ou à « l’éco-développement » – le 29 novembre, devant l’UMP, Nicolas Sarkozy en a appelé à « l’écologie populaire » – ils admettent aujourd’hui que leur conversion était superficielle.

Le revers électoral des européennes de juin au profit d’Europe-Ecologie a agi comme un brutal rappel à la réalité. « Il ne faut pas noircir le tableau, plaide Géraud Guibert, co-fondateur du Pôle écologique au sein du PS. Le bilan de nos présidents de région est bon – financement des trains régionaux, interdiction des cultures OGM dans certains cas, fort développement des énergies renouvelables. Le problème est que ces expérimentations ne s’articulent pas avec un discours fort au plan national. »

A en croire Philippe Martin, les socialistes ont défini leur feuille de route. « Notre vision des choses, c’est que toute mesure environnementale doit être socialement acceptable« , dit-il. Au PS, le débat engagé sur la « fiscalité verte », s’est noué autour de l’idée d’une « contribution climat-énergie ». Cette proposition alternative à la taxe carbone vise à instaurer un prélèvement élargi aux entreprises et à l’ensemble de la consommation d’électricité. Encore faut-il s’accorder sur les mesures de compensation attribuées aux ménages, notamment en milieu rural ou péri-urbain. Pour l’heure, le dispositif envisagé reste flou. « Mieux vaudrait opter pour une politique de l’offre, comme en Poitou-Charentes, et concentrer les mesures fiscales vers ceux qui peuvent modifier leur comportement », considère Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres et proche de Ségolène Royal. « On ne peut tout de même pas considérer que la fiscalité écologique n’est envisageable qu’à condition de ne rien coûter ! », Plus d’infos »

2/3 des viticulteurs bordelais en dessous du SMIC

libebordeaux.fr, Laure Espieu, le 2 décembre 2009

2/3 des viticulteurs bordelais en dessous du SMIC

VIGNE – L’étude a été menée par la Chambre d’agriculture de la Gironde sur les dix dernières années. Elle se base sur le suivi d’un panel de cent exploitations en AOC Bordeaux, et fait le constat alarmant d’une situation qui, depuis cinq ans, ne cesse de se dégrader. «Il y a une morosité et une angoisse terribles», pointe Florence Lamoureux, l’auteur de la synthèse. «Deux tiers des exploitants ont dégagé moins d’un SMIC en 2007/2008, et parmi eux, 20% sont en perte. Les gens ne vivent pas de leur travail».

En dix ans, le chiffre d’affaire a baissé en moyenne de 27%. Les résultats économiques à l’hectare ont été divisés par quatre, voire même par cinq pour les viticulteurs qui vendent en vrac. Et les ressources globales des exploitations ont été réduites de plus de la moitié. «Avec d’aussi faibles ressources, les exploitations vont avoir du mal à faire face aux mises aux normes, tant au niveau du vignoble que des chais», souligne l’auteur, qui perçoit déjà la tendance des entreprises à se  «replier sur elles-mêmes».

Non seulement l’investissement est en berne, mais depuis 2007, les coûts sont brutalement remontés (+20%). «En effet, 2007 et 2008 ont été deux années difficiles d’un point de vue climatique (plus de traitements) et ont été des années de hausse du prix des intrants (phytosanitaires et fuel) ainsi que du barème des fermages», explique Florence Lamoureux. Comme les rendements ont également baissé, pour le millésime 2008, le coût de revient du tonneau était d’environ 1277 euros. Bien supérieur aux cours du vin de Bordeaux qui s’établissent plutôt entre 750 et 900 euros le tonneau.

Obligés de brader leur vin, les viticulteurs cherchent de l’argent ailleurs. Certains vendent leurs parcelles en terrains à bâtir. D’autres ont pu être tentés par l’arrachage, mais Plus d’infos »

Nanotechnologies: premier débat empêché par des opposants, à Grenoble

tv5.org, AFP, le 1er décembre 2009

Nanotechnologies: premier débat empêché par des opposants, à Grenoble

Plus d’une centaine d’opposants aux nanotechnologies ont empêché mardi soir un débat public à Grenoble, pour la première fois depuis le lancement de la consultation sur les nanotechnologies en France à la mi-octobre, a constaté une journaliste de l’AFP.

Dès la prise de parole de Jean Bergougnoux, président de la commission chargée d’organiser la consultation, plus de cent militants, sur les 600 personnes venues assister au débat, se sont mis à taper du pied.

Ils ont ensuite scandé des slogans comme « No, no, nano, le débat, on s’en fout, on veut plus de nanos du tout » et ont appelé à la fermeture de Minatec, principal centre européen de recherche en nanotechnologies, situé à Grenoble.

« Vous avez un comportement totalitaire qui consiste à empêcher les gens de parler », a regretté à la tribune M. Bergougnoux, avant d’annoncer la suspension de ce qui devait être le huitième débat organisé en France.

« Nous nous engageons à ce que le débat se déroule sous une autre forme », a-t-il ajouté. Les opposants ont ensuite quitté la salle dans le calme.

Depuis le lancement du débat public, ces opposants, dont de nombreux Grenoblois, avaient déjà perturbé les débats à Toulouse et Clermont-Ferrand.

Ils ont décliné des invitations à participer aux débats publics, en estimant que « participer, c’est accepter ».

Regroupés au sein d’un collectif, « Pièces et Main d’oeuvre », qui ne revendique aucune filiation politique même si les autorités les décrivent comme proche de la mouvance anarchiste ou de l’opposition aux OGM et au nucléaire, ils ont créé un site internet en 2002.

Avant le débat, une de ces militantes a expliqué à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, que les « nanotechnologies » engendraient selon elle « un monde machine, où l’humain n’a plus sa place ».

De plus en plus utilisés dans l’industrie ou la médecine, nanoparticules et nanomatériaux suscitent des craintes, l’Institut national de l’environnement et des risques (Ineris) estimant notamment dans un récent rapport que « les connaissances relatives aux dangers de ces nouveaux matériaux sont actuellement restreintes », car à l’échelle nanométrique (1 nanomètre = 1 milliardième de mètre), la matière acquiert des propriétés nouvelles.

Le débat grenoblois fait partie des 17 consultations publiques Plus d’infos »

Bassin d’Arcachon : La Sepanso et les associations critiquent sévèrement le projet d’aménagement du territoire

sudouest.com, Bernadette Dubourg, le 2 Décembre 2009

SCOT. La Sepanso et les associations regroupées au sein du Ceba critiquent sévèrement le projet d’aménagement du territoire

« Un brouillon à réviser »

 «Nous sommes déçus par le projet de PADD et très mobilisés pour y apporter les modifications qui s’imposent », résument Jean Mazodier, président de la Ceba qui regroupe 17 associations du bassin d’Arcachon et du Val de l’Eyre, et René Serrano, au nom de la Sepanso.

« On a salué, en son temps, le travail remarquable de l’État et sa note d’enjeux, rappellent les deux associatifs.

Aujourd’hui, nous désapprouvons les orientations qui sont prises par le Sybarval (Syndicat mixte du bassin d’Arcachon et du Val de l’Eyre), et nous tenons à le faire savoir, car ce texte doit être revu ». Explications.

1 Ateliers et séminaires

« Nous avons demandé à participer aux différents ateliers et groupes de travail mis en place pour élaborer le projet d’aménagement et de développement durable, préfiguration du futur Scot (schéma de cohérence territoriale).

Il a fallu une forte pression pour qu’on nous accepte. Il faut reconnaître que nous avons été aidés par certains élus.

Nous avons également participé aux deux séminaires des 16 juin et 15 octobre. Nous avons, chaque fois, fait des observations orales et écrites mais n’avons pas reçu un seul mot d’observation sur nos commentaires. Le sous-préfet que nous avons longuement rencontré nous a cependant assuré que nous interviendrions lors de la consultation. Le Scot est un document fondamental, il ne doit pas être élaboré en vase clos. »

2 La population et l’eau

« Le projet, qui privilégie très clairement les aspects économiques et démographiques, va à l’encontre des exigences de l’État quant à la hiérarchisation des priorités et la prise en compte des enjeux écologiques. L’État incitait à limiter l’accroissement de la population à 35 000 habitants de plus d’ici à 2030. Avec le PADD, nous atteignons les 70 000 habitants, soit une augmentation de la population de 4 % par an, c’est de la folie.

On ne sait pas comment alimenter cette population en eau potable. Le Siba ne sera pas non plus en capacité de traiter les eaux usées. Sans parler des risques Plus d’infos »

Le Vélib’ bordelais s’appellera VCUB et comptera 139 stations : Télécharger la liste des stations

sudouest.com,Yannick Delneste, le 2 Décembre 2009

TRANSPORT. Le système de vélos en libre-service sera mis en place le 22 février prochain sur Bordeaux mais aussi plusieurs communes de la première ceinture de l’agglomération.

Le Vélib’ bordelais s’appellera VCUB et comptera 139 stations

Télécharger le fichier (.pdf) de la liste des futures stations de vélo

Après le Vélib’parisien, le Vélo’v lyonnais ou encore le VélôToulouse… de Toulouse (bravo !), voici donc le VCUB sur l’agglomération bordelaise. Le nom n’est pas très sexy, on souhaite d’ailleurs du courage aux visiteurs extérieurs pour comprendre : VCUB ou V 3 la typographie sera double pour nommer le système de vélos en libre-service mis en place le 22 février prochain sur Bordeaux mais aussi plusieurs communes de la première ceinture de l’agglomération.

Depuis quelques jours, l’aménagement des 139 stations-vélos (1) a démarré. De 12 « bornettes » sur le quai de Paludate à 41 pour celle où on attend la plus grande fréquentation (Victoire, Stalingrad, Peixotto ou Forum à Talence), elles seront toutes construites dans les semaines qui viennent : outre ces points d’attache, chaque station est dotée d’un « totem », borne-client libérant les vélos à distance après règlement.

99 stations à Bordeaux

« Pour la première fois, un système de vélo libre-service est intégré à une délégation de service public », rappelait hier le président de la Communauté urbaine de Bordeaux, Vincent Feltesse sur le chantier de la station de la Buttinière à Lormont. « Pour la première fois aussi, il se déploie sur l’ensemble de l’agglomération. » 99 stations sur Bordeaux intra-muros (une tous les 300 mètres), 40 en périphérie : les emplacements ont été choisis pour optimiser la multimodalité. 9 sur 10 seront en effet au contact de lignes de tram et de bus.

Ces installations s’accompagnent sur le territoire de 1 050 places-arceaux de stationnement supplémentaires, dont 250 pour le seul pôle de la gare Saint-Jean.

Un vélo de moins de 20 kg

Comment ça va marcher ? Une adhésion à la carte (un jour, une semaine, un mois, une année), le dépôt d’une caution non encaissée et la première demi-heure gratuite, quel que soit l’abonnement souscrit. Les tarifs feront l’objet d’une délibération du conseil de CUB le 18 décembre. 80 stations seront équipées d’un terminal carte bleue. Et pour 31 d’entre elles, Plus d’infos »

La sortie de crise n’est pas pour demain, selon Groupama AM

boursorama.com, Raoul Sachs Reuters, le 27 novembre 2009

La sortie de crise n’est pas pour demain, selon Groupama AM

La crise des économies développées est sans précédent depuis 80 ans, tant les destructions de richesse sont importantes, et le retour à un régime de croissance antérieur semble éloigné, sinon impossible, estiment les économistes de Groupama Asset Management.

« Le retournement a été sans précédent depuis 80 ans« , a déclaré Laurent Berrebi, directeur des études économiques chez Groupama AM, lors d’une conférence. « La production industrielle a effacé depuis début 2008 plus de 10 années de croissance, le phénomène étant particulièrement marqué dans le secteur des biens durables. »

Michel Aglietta, professeur à l’université Paris-Ouest et conseiller économique de Groupama AM, a estimé que la sortie de crise serait semée d’embûches et que la destruction de richesse a été telle que les pays développés ne pourront retrouver ni le niveau de richesse ni le rythme de croissance potentielle dont ils jouissaient avant la crise.

« La crise financière de 2008 dans les pays occidentaux s’apparente au Japon par l’ampleur de la déflation des bilans, la progression des dettes publiques, le ralentissement des revenus salariaux et la déflation (des prix) », a-t-il dit.

Laurent Berrebi a souligné que les surcapacités structurelles des entreprises non financières étaient devenues considérables et « vont continuer à ponctionner les profits des entreprises qui demeurent très faibles ».

« Le seul moyen dont disposent les entreprises pour améliorer leur rentabilité est la réduction de la masse salariale qui va de pair avec les suppressions de surcapacités« , a-t-il dit.

Aux Etats-Unis, a-t-il expliqué, les surcapacités ont pour conséquence directe la dépréciation des actifs réels des entreprises pour la première fois depuis de la Seconde Guerre mondiale, soit -7% sur un an. « Cela constitue un frein à la hausse des marchés d’actions », a-t-il poursuivi.

DÉRIVE DE L’ENDETTEMENT

La zone euro est en retard sur les Etats-Unis dans le processus de réduction de la masse salariale, a noté Laurent Berrebi, et le taux de chômage dépassera rapidement les 10% en Europe comme c’est déjà le cas aux Etats-Unis.

Les entreprises s’emploient à réduire leur dette, les financières plus que les autres, et les crédits se contractent partout pour les entreprises non financières.

La dette des pays développés a atteint des records sous l’effet des plans de relance et des plans de sauvetage des banques. Le déficit budgétaire américain atteint les 10% du PIB.

Les deux économistes de Groupama AM estiment que la dérive de la dette des Etats va Plus d’infos »

Commission nationale du débat public Nanotechnologies : Débat bidon dans un bunker

piecesetmaindoeuvre.com, communiqué, le 28 novembre 2009

(CNDP-Nanos) Débat bidon dans un bunker

A propos de la réunion de la Commission nationale du débat public Nanotechnologies à Grenoble (Alpexpo) le 1er décembre

« Le grand public est au centre de notre mission », proclame la Commission particulière du débat public Nanotechnologies sur son site. Et Bergougnoux, son président, d’espérer dans Le Monde, le jour du lancement de sa campagne d’acceptabilité, la participation de 10 000 à 12 000 personnes aux pseudo-débats – soit une moyenne de 590 à 700 participants par ville.

Les compte-rendus des sept premières réunions, établis par la CNDP elle-même, nous informent que seules 200 à 300 personnes se déplacent en moyenne, soit moins de la moitié que prévu. Un échec pour la CNDP ? Certes non. En réalité, l’organisation de ces réunions bidon écarte minutieusement le « grand public » pour réserver le prétendu débat aux experts et contre-experts du nanomonde.

A Strasbourg, Toulouse, Orléans, Bordeaux, Lille, Clermont-Ferrand, Besançon et Grenoble, nul n’a vu d’affiches sur les murs, ni reçu de tract dans sa boîte aux lettres. A chaque étape le même refrain chez les habitants interrogés : personne n’est au courant. Ce n’est certes pas faute de budget – deux millions d’euros pour cette campagne de promotion – si la CNDP néglige la plus élémentaire information de la population.

Au contraire son agence de manipulations publiques, I&E Consultants, envoie-t-elle en masse des invitations insistantes aux universités, laboratoires, instituts de recherche. A Grenoble les chercheurs de l’Université Joseph-Fourier (scientifique) et des instituts de sciences dures du CNRS ont ainsi reçu des mails les incitant à bourrer la salle pour soutenir la tribune et riposter à d’éventuelles manifestations d’opposition. I&E invite également les associations environnementalistes ou de consommateurs à étaler leur contre-expertise pour un échange démocratique sur les taux de nano-pollution admissibles. Ainsi s’assure-t-on le respect de la consigne délivrée par Jean-Louis Borloo dans le film d’introduction aux réunions : « Notre façon de vivre va être bouleversée par ces nanotechnologies, la question c’est pas d’être pour ou contre » (sic).

Résumons : 250 personnes dans la salle. Les premiers rangs réservés aux représentants des sept ministères maîtres d’ouvrage. Des intervenants officiels disséminés dans le public. Les invités issus des labos, de la Chambre de commerce, des boîtes locales ; et des citoyens spécialistes délégués par leurs associations. Combien d’anonymes du « grand public » dans ces débats bidon ? Leur présence est si peu souhaitée que d’honorables représentants de ceci-cela ont pu s’offusquer de la distribution par des contestataires sans appartenance, de tracts « sans signature d’association« . La CNDP quant à elle le déclare tout de go : « Nous ne sommes pas intéressés par les slogans et les déclarations anonymes ». D’autant moins que la commission, tout en invitant le public à « éclairer les décisions du gouvernement », a établi à l’avance la liste des 147 questions susceptibles d’être soulevées en réunion, ainsi que Plus d’infos »

Elus, militants et habitants manifestent contre la LGV à Langon, en Gironde

tv5.org, Jean Pierre Muller AFP, le 28 novembre 2009

Elus, militants et habitants manifestent contre la LGV à Langon, en Gironde

« Halte au pillage à grande vitesse », ont réclamé samedi entre 1.200 et 2.000 habitants, militants et élus à Langon, dans le sud-Gironde, rassemblés pour dénoncer l’impact écologique et économique des futures lignes à grande vitesse Bordeaux-Espagne et Bordeaux-Toulouse.

Entre « 1.200 à 1.300 personnes », selon les gendarmes, et « plus de 2.000″ selon les manifestants, ont défilé de la gare à la sous-préfecture de Langon, où une délégation a été reçue en fin de matinée.

« Halte au pillage à grande vitesse » ou « Non aux dépenses inutiles », dénonçaient des banderoles dans un cortège où se côtoyaient des manifestants venus de toute l’Aquitaine, simples habitants, représentants d’associations écologistes et de chasseurs et élus locaux, a constaté un photographe de l’AFP.

« Ce sont plus de 2.000 manifestants qui rejettent ce projet destructeur dans son ensemble, pas forcément juste ce qui va se passer dans leur jardin. On ne veut pas de nouveaux ballasts, ici comme ailleurs », a lancé Philippe Barbedienne, directeur de la Sepanso, une fédération d’associations écologistes qui réclame un « moratoire » sur les projets LGV dans le Sud-Ouest.

« Ecologiquement, c’est un bilan désastreux qui pourrait se justifier s’il n’y avait pas moyen de faire autrement. Or, il y a d’autres solutions, comme de moderniser et de réutiliser la ligne actuelle Bordeaux-Espagne« , a-t-il ajouté.

Les associations dénoncent notamment « la fuite en avant énergétique pour quelques-uns » au détriment « de l’entretien des lignes existantes pour tous« .

« Les projets de LGV se multiplient, ce n’est plus de l’aménagement du territoire mais du déménagement du territoire« , a pour sa part dénoncé le député-maire (Verts) de Bègles, Noël Mamère, présent dans le cortège tout comme Marie Bové et Monique de Marco, les deux candidates pour la tête de liste Europe-Ecologie en Aquitaine pour les prochaines régionales.

« Pour nous, cela va être cher payé par rapport au gain que cette LGV va nous proposer« , a souligné Christian Tamarelle, président de la communauté de communes de Montesquieu, qui regroupe 36.000 habitants environ.

« Il y a beaucoup moins de maisons qui se construisent depuis qu’on sait que la LGV va passer chez nous. Les gens viennent ici pour être à la campagne, pas pour voir passer des trains qui ne provoquent que des nuisances », a approuvé Jean-Marc Pelletant, maire de Landiras, une commune de 2.000 habitants.

Les tronçons Bordeaux-Espagne et Bordeaux-Toulouse sont le prolongement dans le Sud-Ouest, prévu à l’horizon 2020, du projet de Plus d’infos »

Ultimatum climatique : CocliPau pousse sur le pavé palois

sudouest.com, Sébastien Darsy, le 28 Novembre 2009

ÉCOLOGIE. Un collectif de 26 associations béarnaises organise un sit-in permanent au centre-ville, dans une yourte jusqu’au 18 décembre. Son but : faire signer aux élus et habitants un « Ultimatum climatique »

CocliPau pousse sur le pavé palois

Une famille mongole aurait-elle décidé d’installer sa yourte cours Bosquet ? Que nenni. La tente, montée mercredi, est occupée depuis par des militants écologistes béarnais de tous poils. Leur objectif, par le biais de ce « symbole mongol signifiant le lien entre la terre et le paradis », est de relayer l’appel de l’Ultimatum climatique, lancé par un collectif d’associations écologistes de France et d’ailleurs (lire ci-contre) à l’intention des chefs d’État qui se réuniront du 7 au 18 décembre à Copenhague pour tenter d’endiguer le réchauffement climatique.

Fait inédit, en Béarn, 26 associations (lire par ailleurs) ont décidé, pour l’occasion, de se regrouper au sein du collectif CocliPau. L’idée est partie de l’un de ses porte-parole, Éric Cazenave-Tapie, natif de Pau, géologue… et « simple citoyen ». « J’ai pris connaissance de l’Ultimatum climatique et j’ai décidé de fédérer plusieurs associations locales, résume-t-il. J’ai alors contacté Sébastien Lamy de Greenpeace Béarn qui a été séduit par l’idée ».

Engagements drastiques

Le collectif oloronais pour la décroissance, (Gédeol), le Comité catholique contre la faim, la Sepanso Béarn, la Maison de la nature et de l’environnement de Pau et bien d’autres appellent les citoyens à se rendre à la yourte pour signer la pétition en faveur d’engagements drastiques contre les rejets de gaz à effet de serre responsables des catastrophes naturelles à venir (sécheresses, canicules, tempêtes…).

Des groupes de quatre personnes se relaieront en permanence pour les accueillir. Un sit-in rendu possible grâce à la yourte, copie quasi conforme de celle des habitants de Mongolie. Un habitacle relativement confortable, bien isolé et spacieux autour duquel des concerts et conférences sont prévues, histoire d’animer le lieu.

Cette occupation de l’espace public n’a rien d’illégale. Les militants ont traité avec les services techniques de la mairie qui leur a accordé cet emplacement, à côté du musée des Beaux-Arts. Au grand regret de Sébastien Lamy, de Greenpeace Béarn, qui aurait souhaité établir le « campement » sur la place Clemenceau, agora incontournable du centre-ville de Pau option « qui ne nous a pas été accordée ». « S’ils n’ont pas eu la place Clemenceau, se justifie de son côté la mairie, c’est parce qu’elle est occupée à partir du 4 décembre par les animations de Noël. »

Par ailleurs, le collectif regrette ne pas avoir traité directement avec la maire de Pau… élue qui ne fait, pourtant pas mystère au sein du Parti socialiste de ses préoccupations environnementales mais qui selon la mairie est fort occupée en ce moment.

Pain-bénit pour les élus ?

Les politiciens locaux, justement, sont concernés au premier chef par l’Ultimatum climatique relayé par CocliPau. « Pour porter haut et fort notre message en Béarn, spécifie Éric Cazenave-Tapie, le CocliPau transmettra par courrier ou en main propre un communiqué à l’ensemble des maires et des présidents de Communauté d’agglomération de Pau-Pyrénées, du Conseil général et du Conseil régional pour qu’ils signent la pétition de l’Ultimatum climatique. » Une initiative qui pourrait néanmoins se révélait être du pain béni pour les élus en mal de légitimité écologique. Ceux qui ont soutenu l’incinération, l’autoroute Pau-Bordeaux, le maintien du Grand Prix de Pau, l’agriculture productiviste, la création d’un nouvel axe Pau-Oloron seraient alors les mêmes qui appelleraient à limiter la pollution atmosphérique ? « C’est avant tout une question de Plus d’infos »

Manifestation anti LGV de Langon : « La vitesse, c’est dépassé »

sudouest.com, César Compadre, le 29 Novembre 2009

LANGON. Girondins, Landais, Basques ou Lot-et-Garonnais, ils étaient 1 800 hier à manifester contre les futures LGV

« La vitesse, c’est dépassé »

De mémoire de Langonnais on n’avait vu une manifestation telle dans la sous-préfecture du Sud-Gironde. Certes, nous étions loin des 10 000 mécontents rassemblés à Bayonne le 17 octobre, mais les anti-LGV ne désarment pas. Au contraire, ils s’organisent.

C’est en effet l’épineux dossier des futures lignes à grande vitesse ferroviaires devant desservir le Sud-Ouest qui a mobilisé hier matin. Le tronçon Tours-Bordeaux (ouverture à l’horizon 2016), mettant la préfecture girondine à deux heures de la capitale ; comme les lignes Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne, espérées vers 2020.

Mais sans attendre que « les bulldozers soient à l’ouvrage dans les salles à manger », et maintenant que des hypothèses de tracés sont dévoilées, le marteau-pilon des critiques était de sortie.

Des nombreux élus en tête de cortège aux fédérations de chasseurs, des écologistes aux associations de défense de l’environnement, des riverains des futurs tracés envisagés aux citoyens se disant engagés, ce fut une surenchère de propos plus durs les uns que les autres pour rejeter les futures lignes à grande vitesse voulues par la plupart des grandes collectivités locales et des acteurs économiques.

Le désert rural

« Écoles et postes ferment dans nos campagnes transformées en désert et on dépenserait des milliards pour quelques minutes gagnées entre Bordeaux et Toulouse ? Aménageons les voies existantes », plaidait le responsable de Très Grande Vigilance en Albret, association récemment créée en Lot-et-Garonne.

« Ce n’est pas un refus parce que les rails passeraient chez nous. Nous avons des contre-propositions pour repenser nos manières de vivre : la vitesse, c’est dépassé », a argumenté le maire de Landiras (33). « La France n’a plus les moyens de ses ambitions et le Pays basque serait défiguré par une nouvelle ligne », analysait un médecin d’Ascain (64) portant la banderole du Collectif des associations de défense de l’environnement (Cade). Après la réception d’une délégation par le sous-préfet, deux mobilisations sont annoncées : le 23 janvier à Plus d’infos »

Régionales : après la sécurité, l’UMP mise sur l’écologie

developpementdurable.com, Yann Cohignac, le  27 novembre 2009

Régionales : après la sécurité, l’UMP mise sur l’écologie

Quatre mois avant le scrutin des régionales, l’UMP se réunit demain (28 novembre) en conseil national à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, pour investir ses têtes de liste. La sécurité devrait rester un argument de campagne, mais l’écologie prend de plus en plus de place.

Lors de son conseil national, le parti de la majorité adoptera une double tactique pour les élections régionales : comme d’habitude, la droite jouera sur le terrain de la sécurité, et réaffirmera l’importance du débat sur l’identité nationale, histoire de capter les voix du FN. Mais séduire les électeurs frontistes ne sera pas la seule ambition de l’UMP : elle s’attachera aussi à rallier l’électorat écologiste, qui progresse en France depuis les européennes (Europe Ecologie y a talonné le PS avec 16,28 % des voix), en mettant l’accent sur la protection de l’environnement.

Et même si cette stratégie fait débat au sein de la formation politique, elle semble faire son chemin. Elle est notamment soutenue par le président de la République en personne, qui assistera d’ailleurs au conseil national. Chantal Jouanno, elle, plaide même pour que chaque candidat adopte des engagements concrets en matière de développement durable. Signe que le combat écologiste est devenu important pour l’UMP : l’invitation, demain, de Rajendra K. Pachauri, président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

Une polémique malvenue

La présence du climatologue parviendra peut-être à calmer la polémique qui enfle sur le vote de parlementaires UMP à Strasbourg, lors de la résolution sur les négociations de Copenhague le 25 novembre. Yannick Jadot, eurodéputé Europe Ecologie, a en effet constaté que les membres français du Parti populaire européen (PPE) ont « systématiquement tenté de réduire l’ambition du projet ».

« En supprimant la possibilité de recourir à une taxe sur les transactions financières pour financer le soutien aux pays du Sud, les députés UMP ont indiqué leur désaccord avec les propos du Président Sarkozy et, plus gravement, avec le Plan Borloo présenté comme l’étendard de l’ambition climatique française », lance-t-il.

Et d’ajouter : « En demandant explicitement que les pays émergents Chine, Brésil et Inde, aient des objectifs de lutte contre les changements climatiques équivalents aux pays riches, les députés UMP remettent en cause rien de moins que la structure de la négociation internationale et le principe inhérent au protocole de Kyoto : la responsabilité première des pays développés dans l’accumulation des gaz à effet de serre et donc dans la lutte pour leur réduction. En contradiction complète avec la ligne officielle française ».

Selon lui, « la position française dans les négociations, généralisée à l’ensemble de la planète, conduirait Plus d’infos »

Nicolas Hulot et la malédiction du « Titanic »

lemonde.fr, Laurence Caramel, le 26 novembre 2009

Nicolas Hulot et la malédiction du « Titanic »

Il y eut une véritable défermante médiatique, une promotion digne d’un blockbuster, des avant-premières avec ministres et même un ancien président de la République. Puis plus grand-chose. Le film de Nicolas Hulot et de Jean-Albert Lièvre, Le Syndrome du Titanic, sorti dans 178 salles, le 7 octobre, est vite tombé dans l’indifférence, perdant plus de la moitié de son audience dès la deuxième semaine. Depuis son lancement, il dépasse à peine 250 000 entrées, une misère quand « Ushuaïa nature », l’émission de Hulot diffusée sur TF1, attire en moyenne 5,7 millions de téléspectateurs. Premier dans la veine climatique, le documentaire de l’ancien vice-président américain Al Gore, Une vérité qui dérange, sorti fin 2006, a été vu, lui, par 741 000 spectateurs en France.

Loin de susciter le débat, la prophétie catastrophiste du reporter écolo, chouchou des Français et apprécié des politiques de tous bords, a fait office de repoussoir. Le ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo avait pourtant pris la peine de le défendre.

L’échec est plus ou moins assumé. L’auteur, en tournage en Afrique, n’est pas joignable. Sa fondation, au motif que « le film n’est pas son projet », botte en touche. Le producteur Eric Altmayer, de Mandarin Cinéma, lui, ne cache pas « une petite déception ». « Nous espérions entre 400 000 et 500 000 entrées pour une sortie prévue au mois de mai. Nous avons pris du retard, et le film Home, de Yann Artus-Bertrand, lancé gratuitement et à la télévision en prime time, nous est passé dessus. Notre différence n’a pas été perçue », explique-t-il.

Selon M. Altmayer, ce n’est pas la seule raison : « Les gens vont au cinéma comme ils vont à la pharmacie. Pour se soigner et se consoler. Voilà pourquoi Les Choristes ou Le Petit Nicolas ont du succès. C’est l’inverse de ce que propose Nicolas Hulot. On le savait, mais nous pensions que la curiosité médiatique permettrait de lancer le film. »

Trop noir, trop radical : le discours anticapitaliste et sans concession du nouvel Hulot a pris à rebrousse-poil ceux qui le trouvaient sympathique, notamment parce qu’il avait su garder une forme de neutralité politique. « Pour être populaire, il faut être consensuel. Les politiques font rarement partie de notre Top 50 des personnalités préférées des Français« , souligne Jérôme Fourquet, directeur adjoint au département Opinions de l’IFOP. En juillet, Nicolas Hulot arrivait en 7e position de ce classement, entre Mimie Mathy et Michel Sardou, et en 3e position auprès des électeurs de droite, à qui il offrait une version audible de l’écologie.

Erreur de stratégie donc ? « Non », répond Pascal Durand, porte-parole d’Europe Ecologie, « parce que Nicolas Hulot n’est pas dans une démarche marketing. Il a fait un film d’auteur qui exprime une souffrance face à la destruction de la planète ».

Il n’empêche. Avec l’échec du Syndrome du Titanic, l’auteur du Pacte écologique va devoir s’interroger sur son positionnement. Sa popularité Plus d’infos »

Et les lauréats des Prix Pinocchio du développement durable 2009 sont…

prix-pinocchio.org, communiqué, le 25 novembre 2009

Et les lauréats des Prix Pinocchio du développement durable 2009 sont…

Les Amis de la Terre ont décerné hier soir à Paris les prix Pinocchio du développement durable 2009, sur la base des votes des internautes. Cette année, les lauréats sont Bolloré dans la catégorie « droits humains », Total dans la catégorie « environnement » et EDF dans la catégorie « greenwashing ».

Dans la catégorie « droits humains », c’est le groupe Bolloré qui a reçu le prix avec 35 % des votes pour les conditions de travail déplorables des travailleurs dans les plantations d’huile de palme de sa filiale Socapalm (Cameroun), dont elle est actionnaire majoritaire.

Le groupe Total a quant à lui reçu le prix Pinocchio dans la catégorie « environnement » avec 29 % des votes de cette même catégorie. Les internautes condamnent la multinationale française pour son implication dans le méga-projet pétrolier Kashagan (Kazakhstan), qui s’annonce comme une catastrophe environnementale et sanitaire. Ce cas illustre le double discours du groupe qui, loin de l’image moderne et éthique qu’il cherche désespérément à se donner, continue à investir massivement dans des projets fossiles polluants et archaïques.

Pour le « greenwashing » enfin, c’est EDF qui remporte le prix avec 42 % des votes de cette catégorie pour sa récente campagne de communication « Changer d’énergie ensemble » qui a coûté plus cher que les dépenses du groupe en recherche et développement dans les énergies renouvelables. Ces dernières ne représentent elles-mêmes qu’une part infime du chiffre d’affaires du groupe par rapport au nucléaire.

Les Amis de la Terre organisent chaque année les Prix Pinocchio du développement durable pour dénoncer le bilan désastreux de grandes multinationales, en termes économiques, environnementaux ou sociaux. Les multinationales, toujours aussi peu encadrées, ont de plus bénéficié de financements publics sans précédent pour éviter de pâtir de la crise et ce sont les contribuables et les salariés qui doivent assumer les coûts.

Pour Gwenael Wasse, chargé de campagne pour la Responsabilité sociale et environnementale des entreprises aux Amis de la Terre, « malgré les beaux discours, les multinationales continuent à faire ce qu’elles veulent sans être inquiétées, en s’en tenant à des accords volontaires dont l’inefficacité est flagrante. Dans la crise systémique actuelle, il est plus que jamais temps que les décideurs prennent leurs responsabilités et mettent enfin en place des lois contraignantes. Il n’est plus admissible que les intérêts privés des multinationales continuent à primer sur l’intérêt général, l’avenir de la planète et le bien-être de ses habitants ».

Les résultats des votes détaillés par catégorie sont accessibles sur Plus d’infos »

Feltesse – Objectif pour la Communauté urbaine de Bordeaux : un million d’habitants en 2030

sudouest.com, Jean-Bernard Gilles, le 26 Novembre 2009

AMÉNAGEMENT. Feltesse veut une agglomération millionnaire. Il propose des contrats aux élus de la périphérie

Les élus se prononcent sur l’adhésion à l’Établissement public foncier départemental

Objectif : un million d’habitants en 2030

Les questions d’aménagement et de programmation urbaine ne sont jamais très parlantes. On y décrit souvent ce que sera la ville ou le territoire dans lequel nous vivons dans les vingt prochaines années. Les élus savent qu’il faut rester modeste car souvent dans la vie réelle (pratiques quotidiennes de déplacements, d’achat ou de consommation), les gens déjouent les scénarios des urbanistes même les plus savants.

Le bureau de la Communauté urbaine de ce soir a toutes les chances d’être fondateur. Il fixe le cadre de vie des habitants de l’agglomération bordelaise et au-delà, des vingt prochaines années. Il donne l’occasion au jeune président de la CUB de proposer une nouvelle gouvernance à l’immédiate périphérie de la CUB. Et à son premier vice-président, le maire de Bordeaux de réaffirmer sa volonté de redonner à sa ville un plus grand poids démographique. Les grandes manoeuvres de l’aménagement de l’aire métropolitaine bordelaise de demain commencent donc ce soir à la CUB.

1 Inciter la population à revenir dans la CUB

Formellement le document sur lequel se prononcent les élus ce soir est la contribution de la Communauté urbaine de Bordeaux au Schéma de cohérence territoriale que l’on peut définir comme le plan guide de l’aménagement du territoire des 90 communes de l’aire métropolitaine bordelaise. Il est en cours de révision. Hier matin, Vincent Feltesse a dit vouloir agir enfin efficacement contre l’étalement urbain. Trop d’habitants ont quitté la Communauté urbaine faute de pouvoir trouver une offre de logements satisfaisante. Alain Juppé lui-même veut que la ville centre retrouve un nombre de population voisin de 330 000 habitants, soit plus 100 000 par rapport à la situation actuelle. Vincent Feltesse double la mise en quelque sorte en affichant un objectif d’un million d’habitants, soit 200 000 de plus à l’horizon de 20 ans. « Les emplois, les services, les infrastructures de transport sont sur la CUB, nous faciliterons la vie des gens en leur proposant des logements plus proches », indique Vincent Feltesse persuadé que l’on peut atteindre cet objectif sans toucher à la trame verte de l’agglomération.

2 Plus de logements proches du tramway

La conséquence immédiate de cette ambition pour le moins radicale – rappelons que 750 000 habitants vivent aujourd’hui dans les 27 communes de la CUB – est l’augmentation de la construction de logements. Alain Juppé martèle depuis des semaines que la ville centre a les moyens fonciers de ses ambitions. Avec la Berge du Lac qui démarre, les bassins à flot où tous les promoteurs et bailleurs importants ont pris position, la ZAC Bastide Niel et les nombreuses friches du périmètre de l’Opération d’intérêt national Euratlantique, l’agglomération dispose en son centre d’un nombre de friches sans équivalent dans les métropoles de cette taille en France et probablement en Europe. Sur la périphérie, des espaces existent aussi. Il va falloir que le président de la CUB vende cet objectif à ses collègues maires. Les projets de construction de nouveaux programmes de logements à Saint-Médard, Eysines, Villenave ou Floirac demandent aux maires un sens aigu de la diplomatie.

Celui de Blanquefort le sait, mais il est persuadé que toutes les pistes n’ont pas été étudiées et que l’on peut construire sur les parkings, le campus voire sur les grandes surfaces de périphérie dont l’attractivité faiblit. De beaux débats sont à prévoir. « C’est à proximité des terminus et des arrêts de tramway qu’il faut Plus d’infos »

Sondage CSA : les associations, des acteurs majeurs face à la crise

cides.chorum.fr, NC, le 5 novembre 2009

Sondage CSA : les associations, des acteurs majeurs face à la crise

 « Les Français, les associations et la crise », tel est le thème du sondage réalisé par l’institut de sondage CSA pour Chorum, le Crédit coopératif et la Maif, et présenté au Forum national des associations et des fondations, le 5 novembre. Les résultats sont probants : les associations sont un acteur majeur pour faire face aux difficultés issues de la crise économique en ayant un rôle social fondamental et de lien social et un rôle important pour le développement économique régional ; elles devraient même relever d’un investissement stratégique dans le cadre de l’emprunt national révèle le sondage.

Dans la première partie du sondage qui porte sur les « associations, acteur social et économique », 68 % des personnes interrogées sur un échantillon national représentatif de 1010 personnes, estiment que « dans la période actuelle, pour agir efficacement face aux difficultés provoquées par la crise », les associations sont les plus efficaces, juste devant les citoyens eux-mêmes (65 %), et bien devant les entreprises (46 %), les syndicats (40 %) et les pouvoirs publics (38 %). Autres volets figurant toujours dans cette même partie : qui sont les acteurs les plus efficaces face à la crise pour le développement économique et social des régions ? Les collectivités locales (63 %) et les associations (63 %) arrivent en tête, l’Etat ne recueillant que 35 % de la confiance des Français ; le sondage approfondit ensuite les points précédents et une nette majorité (76 %) des personnes interrogées estime que les actions des associations en faveur des populations sont plus efficaces et plus adaptées que celles des entreprises, et que celles de l’Etat à 72 % ; dernier éclairage de cette première partie du sondage, il en ressort que dans un contexte de crise, les associations jouent un rôle certain en matière économique, mais elles sont toujours davantage perçues comme un acteur social (81 % dans l’aide aux personnes en difficulté, 79 % dans le maintien du lien social, et 61 % dans le développement des emplois).

La deuxième partie du sondage CSA aborde les « besoins de ressources des associations ». Dans le domaine du financement, une majorité de Français (55 %) considère que les associations n’ont pas les financements nécessaires pour mener à bien leurs missions et seulement 13 % « tout à fait ». Autre question en ce qui concerne l’emprunt national qui sera prochainement destiné à financer des investissements stratégiques, 50 % des personnes interrogées jugent nécessaire que l’on « y intègre le financement direct des associations ». Les deux derniers points du sondage ont trait au financement et à l’engagement des citoyens, 49 % des Français estiment que Plus d’infos »

Verts de rage : les nouveaux militants écolos

naturavox.fr, Samia Ferjani – Ecofaubourgs, le 13 novembre 2009

Verts de rage : les nouveaux militants écolos

Les années 2000 ont vu l’émergence d’un activisme acéphale, festif, non-violent et capable de séduire les médias. Si le droit au logement et la guerre aux affiches publicitaires sont les chevaux de bataille de ce nouveau militantisme, l’écologie mobilise aussi…

Quelle contestation possible dans une société qui se targue d’avoir vu la fin des idéologies ? Une contestation festive, répondent les nouveaux militants. Exit les manifestations et le syndicalisme à la papa, avec sa hiérarchie, ses rites et son formalisme. Pour les activistes nouvelle génération de Jeudi noir, Sauvons les riches ou la BAC (Brigade activiste des clowns), l’engagement doit être aussi léger que spectaculaire. Et pour cause : l’objectif est de frapper les esprits et d’interpeller l’opinion – ce qui revient à faire la une des médias. D’où des actions ponctuelles et à forte portée symbolique, où priment l’humour, la créativité ou l’émotion. L’occupation du Canal Saint-Martin par les tentes des enfants de Quichotte, les fêtes improvisées lors de visites d’appartements aux loyers abusifs et les manifs de droite en sont autant d’exemples.

Comme le droit au logement ou la résistance à la publicité, l’écologie est un thème de prédilection pour ce nouveau militantisme. Ainsi, nombre de collectifs ont fleuri ces dernières années autour de la protection de l’environnement. Revue des troupes.

La BAD, ou Brigade d’action contre la déforestation

Emanation informelle des Amis de la Terre (une association pionnière en matière d’écologie), la BAD s’est donné pour spécialité la lutte contre la déforestation. Son credo : mettre à jour les causalités à l’œuvre dans la destruction des forêts primaires. « Le problème est lié à la surconsommation, explique Sylvain Angerand, membre de l’association, dans Un nouvel art de militer. Il faudrait consommer moins de viande, moins de papier, s’approvisionner en bois local, prendre uniquement ce que la forêt nous donne. » D’où une série d’actions coup de poing : missions de sensibilisation des consommateurs dans les magasins de meubles de banlieue, plantations « sauvages » d’arbres sur la Butte Montmartre ou la Tour Eiffel, verbalisation d’une société importatrice de bois présumé illégal et apposition de scellés factices sur le stock saisi… L’enjeu est de sensibiliser l’opinion, mais sans la braquer.

Du Carré vert à la Vélorution

Ces dernières années ont vu naître nombre de collectifs affairés à reconquérir l’espace public hypothéqué par la bagnole. Leur modèle : Reclaim the streets. Créée en 1995, cette association anglaise s’est rendue célèbre par l’organisation de street parties, ou fêtes de rue spontanées destinées à paralyser totalement le trafic routier.

Parmi les rejetons du collectif anglais, le Carré vert. Son haut fait d’armes : avoir bloqué le périphérique parisien pour y dérouler un tapis vert de 200 m2 planté d’arbustes afin d’en appeler à un nouveau partage de la voirie. Voir la vidéo ci-dessous (on conseille vivement de couper le son) :

Carré Vert envoyé par DESOBEIR. -

La reconquête de l’espace public est la revendication phare d’un autre groupe de militants : Vélorution. « Nous ne bloquons pas la circulation, nous sommes Plus d’infos »

« UFC – Que choisir » – Comparateur énergie : A éviter !

quechoisir.org, le 9 novembre 2009

Comparateur énergie : A éviter !

Le médiateur national de l’énergie et la Commission de régulation de l’énergie ont mis en ligne un outil pour comparer les tarifs des offres de gaz et d’électricité. Mais comme redouté, ce comparateur va surtout servir les fournisseurs d’énergie au détriment des consommateurs.

 « Que Choisir » avait prévenu ses lecteurs du piège qui les attendait (lire notre enquête) et avait vu juste : le comparateur d’offres d’énergie (1) élaboré par le médiateur national de l’énergie et la Commission de régulation de l’énergie est bel et bien « la machine à faire quitter les tarifs réglementés » que l’UFC-Que Choisir dénonçait. Le médiateur national de l’énergie a eu beau parler d’une information impartiale et indépendante en présentant ce nouvel outil à la presse, on est plus près de la propagande. Ce sont en effet les fournisseurs eux-mêmes qui entrent les données et leurs arguments marketing ! Le résultat est édifiant, une offre du tableau comparatif annonce par exemple « -10 % sur les tarifs réglementés ». C’est faux, ces -10 % concernent le prix du kWh, pas celui de l’abonnement.

Et les offres vertes sont bien le leurre annoncé par « Que Choisir ». Le comparateur mentionne selon les fournisseurs « 100 % d’électricité verte », « 100 % d’énergies renouvelables certifiées », ce qui paraît formidable. En réalité, ces offres portent sur une électricité renouvelable produite depuis des lustres et acheminée jusqu’à nos compteurs depuis longtemps. La transformer en offre commerciale environnementale est très simple, le fournisseur achète des certificats verts à un coût dérisoire et l’affaire est jouée ! La seule véritable offre d’électricité renouvelable qui peut être qualifiée de verte sans abuser le client, c’est celle d’Enercoop, mais la coopérative a refusé de participer au comparateur car il ne faisait pas la différence et on la comprend.

Quant au piège des tarifs réglementés, il est total. Le comparateur incite de fait à quitter les tarifs réglementés sans signaler de façon immédiate et compréhensible par les non-initiés que ce choix-là, compte tenu de la réglementation actuelle, sera irrévocable s’il est fait à partir du 31 décembre. Un comparateur impartial l’aurait Plus d’infos »

Kempf – Une mesure écologique : réduire l’inégalité

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 25 novembre 2009

Une mesure écologique : réduire l’inégalité

Et le social ? C’est le troisième « pilier » du développement durable, avec l’environnement et l’économie, mais il semble toujours oublié du tableau. Sociologues et géographes rappellent cependant avec insistance que la question sociale s’articule fortement avec la crise écologique. L’université de Paris-X vient ainsi de tenir un colloque sur la justice environnementale, l’Agence française de sécurité sanitaire organise le 10 avril des débats sur le rapport entre inégalités environnementales et risques sanitaires, l’université de Bruxelles vient de publier un recueil sur Environnement et inégalités sociales…

Comme l’expliquent dans ce livre les sociologues Edwin Zaccaï et Pierre Cornut, l’inégalité environnementale revêt plusieurs aspects : d’une part, « les impacts subis par les populations du fait d’une dégradation de l’environnement, et les inégalités sociales face à ces impacts » et, d’autre part, « les impacts générés sur l’environnement par les comportements humains et les inégalités sociales relatives à ces impacts ».

De longue date, il a été observé que les couches sociales les plus défavorisées sont les plus exposées aux nuisances environnementales, que ce soit par leur habitat, situé dans les zones les plus polluées, ou par leur incapacité à s’en prémunir, faute de moyens. Le phénomène a été le mieux quantifié à propos du bruit : « Un ménage à faible revenu a quatre à cinq fois plus de probabilité d’être exposé à un bruit très gênant qu’un ménage à revenu élevé« , écrit Jacques Theys, chercheur au ministère de l’équipement.

L’impact environnemental des individus diffère par ailleurs selon leur degré de prospérité. Et de nombreuses études convergent pour conclure que les riches polluent plus que les pauvres, ou, pour le dire autrement, que l’ampleur de la nuisance environnementale des individus est liée à leur niveau de revenu. Par exemple, une note publiée en février par la direction des études économiques et de l’évaluation environnementale du ministère de l’écologie montre que 5 % seulement des Français contribuent à 50 % des émissions de gaz à effet de serre dus aux déplacements touristiques.

Les riches ont un effet négatif d’une autre manière, du fait que « la consommation est tirée par le mode de consommation ostentatoire des plus riches, qui, érigé en modèle, engendre envie et frustration dans le reste de la population« , rappelle Philippe Frémeaux dans L’Etat de l’économie 2008 (hors-série d’Alternatives économiques).

On redécouvre ainsi la pensée de l’économiste Thorstein Veblen qui, à la fin du XIXe siècle, avait analysé l’importance des phénomènes de rivalité ostentatoire et de consommation statutaire. Une leçon en est que réduire la surconsommation matérielle passe par un changement du modèle culturel dominant, donc par la réduction des inégalités.

Dans la foulée du rapport officiel Reconsidérer la richesse, animé par Patrick Viveret en 2002, l’idée d’un revenu maximal admissible (RMA) fait ainsi son chemin. Aux Pays-Bas, une loi va limiter en 2009 Plus d’infos »

Emissions de CO2 : « On est au-delà du pire scénario », dit le climatologue Hervé Le Treut

tv5.org, AFP, le 25 novembre 2009

Emissions de CO2 : « On est au-delà du pire scénario », dit le climatologue Hervé Le Treut

L’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère, à l’origine du réchauffement climatique en cours, se situe « au-delà du pire scénario » esquissé en 2007 par les scientifiques du monde entier, met en garde le climatologue français Hervé Le Treut.

« En termes d’émissions de CO2, on est au-delà du pire scénario qui avait été imaginé dans les projections du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec) », explique à l’AFP ce spécialiste de la modélisation du climat.

« Il n’y pas de signal fort qui nous incite à être optimiste. On est sur une trajectoire qui se traduirait, selon les modèles, par 4 à 6 degrés de réchauffement » d’ici la fin du siècle, ajoute-t-il, à dix jours du sommet de Copenhague qui vise à enrayer la hausse du thermomètre.

Les émissions mondiales de CO2 liées à l’utilisation d’énergies fossiles ont bondi de 29 % entre 2000 et 2008. Selon une récente étude du Global Carbon Project (GCP) elles ont atteint 8,7 milliards de tonnes en 2008, un nouveau record absolu après une hausse de 2 % par rapport à 2007.

Si ces chiffres donnent le tournis, Hervé Le Treut invite à être « prudent avec les trajectoires à l’horizon 2100″.

Face à l’ampleur de la menace, les scientifiques doivent-ils changer de tempo ? Le dernier rapport du Giec, publié en 2007, n’est-il dépassé et ne devrait-il pas être remis à jour sans attendre sa prochaine version, prévue pour 2013 ?

S’il reconnaît que le document est conservateur sur l’élévation du niveau des mers – nombre d’études, qui prennent notamment en compte la fonte du Groenland, évoquent désormais une hausse d’un mètre d’ici 2100 – il réfute fermement l’idée d’une actualisation permanente qui « offrirait un front fragile à toutes les critiques ».

« Le texte est suffisant pour donner les ordres de grandeur avec lesquels il faut agir », souligne le climatologue, qui participe aux travaux du Giec et dirige l’Institut Pierre Simon Laplace, fédération de six laboratoires de recherche en sciences de l’environnement.

Face à la réelle difficulté d’imaginer ce que pourrait être, concrètement, « un monde plus chaud », Hervé le Treut souligne la nécessité d’intensifier les efforts pour expliquer, en dépassant « les modèles de physicien », quel visage pourrait offrir la planète demain.

« Au-delà de deux degrés, on change de monde. Mais comment cela se traduit-il ? Plus d’infos »

Borloo – Climat : «Tout le monde est dans l’évitement»

liberation.fr, Guillaume Launay, Christian Losson, le 24 novembre 2009

Climat : «Tout le monde est dans l’évitement»

A quinze jours de Copenhague, le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, confie ses doutes, ses espoirs et évoque son avenir.

La réussite du sommet climat de Copenhague est menacée par la frilosité américaine, estime le ministre français de l’Ecologie Jean-Louis Borloo, qui juge indispensable de prévoir un dispositif – concret et chiffré – de solidarité envers les pays les plus vulnérables.

A deux semaines du sommet climatique de Copenhague, beaucoup craignent un échec des négociations. Entre deux déplacements en Afrique et en Amérique du Sud, le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, a répondu à Libération.

Le sommet de Copenhague sera-t-il le fiasco annoncé ?

Bien sûr que non. L’enjeu est de taille. Il s’agit de convaincre les pays industrialisés de réduire leurs émissions de gaz à effets de serre de 25% à 40% d’ici 2020 par rapport à leurs émissions de 1990, et de 80% d’ici 2050. Il faut aussi que les pays émergents s’engagent sur des cibles concrètes de maîtrise de leurs émissions de CO2 et les fassent accepter par leur population. C’est énorme, difficile, mais essentiel. Mais on ne peut pas demander à des pays qui ont un fort taux de pauvreté de choisir entre réduction de CO2 et croissance. Ce serait irréaliste.

Un texte fort avec des chiffres et des dates d’engagement est-il possible ?

Plus le texte sera emphatique, plus il sera vide. Plus les chiffres seront globaux et lointains, plus on voudra repousser une décision ou un traité, à six mois ou davantage, plus on cherchera à gagner du temps inutilement. Je le dis à ceux qui parlent déjà d’un Copenhague bis dans six mois : «De quelle information disposera-t-on dans six mois qu’on ne connaît pas déjà aujourd’hui ?»

Pourquoi est-ce si délicat alors que les opinions publiques sont volontaristes ?

Parce que cela engage de vraies révolutions. Or la réalité, c’est que tous les gouvernements réfléchissent et hésitent. Que tout le monde est dans l’évitement. Mais que sans initiative forte, on va dans le mur. Or il faut que l’on parvienne à un texte clair, avec des objectifs précis, et des mesures opérationnelles. Que les chefs d’Etat s’impliquent et soient là, sinon, on fera du surplace malgré tous les efforts déjà accomplis depuis deux ans. A l’image du pas réalisé par l’Europe il y a un an, quand elle a fait voter son paquet énergie climat, avec 20% de baisse des gaz à effet de serre, 20% d’économie d’énergie, 20% d’énergies renouvelables…

La contribution française, «Justice climat», vise-t-elle à court-circuiter le processus de l’ONU ?

Non, elle cherche juste à infuser des idées complémentaires et on l’affine tous les jours. On essaye de tenir compte de la vérité de chacun, dans la droite ligne de ce que veut l’ONU. L’idée, c’est de créer quatre catégories de pays en fonction de leurs émissions de CO2 et de leur PIB par habitant. Et pour les plus pauvres et vulnérables, Plus d’infos »

Allemagne : Rai-Breitenbach, village énergétiquement indépendant

novethic.fr, Claire Stam à Francfort (Allemagne), le 24 novembre 2009

Allemagne : Rai-Breitenbach, village énergétiquement indépendant

Autosuffisante, la commune de Rai-Breitenbach,produit électricité et chauffage à partir de copeaux de bois, sans émissions de carbone. Alors que les tractations diplomatiques précédant Copenhague s’avèrent difficiles, le concept des villages énergétiquement indépendants « Bioenergiedörfer », gagne toujours plus de terrain en Allemagne.

« Notre village ne fait plus parti du problème. Si la lutte contre le réchauffement climatique capote, nous n’y serons pour rien », déclare, non sans fierté, Horst Stapp, le maire de Rai-Breitenbach, un village situé au sud de Francfort. Cela fait maintenant plus d’un an que cette petite commune de 900 habitants, située dans l’Odenwald, la région forestière qui s’étend au sud de Francfort, se chauffe et s’éclaire grâce aux copeaux de bois de la région. Ce sont 600 000 litres de fuel et 1 200 tonnes de CO2 qui sont ainsi économisés chaque année.

Un projet qui part de la base

Cinq ans auront été nécessaires entre la visite à Jühnde, le premier village énergétiquement autosuffisant d’Allemagne, et la mise en service de la centrale à cogénération à Rai-Breitenbach en août 2008. Mais contrairement à Jühnde, le projet de Rai-Breitenbach « est parti du bas vers le haut », insiste Horst Stapp. De fait, Jühnde, devenu entre-temps une référence mondiale, est l’aboutissement d’un projet d’étude mené par l’université de Göttingen et encadré à l’époque par le Ministère de l’éducation et de la recherche. Le but de la démarche universitaire était de démontrer qu’il était possible de transformer un village classique en un village autosuffisant, en faisant de Jühnde un modèle à suivre. Un pari gagnant : « Ce qui est faisable à Jühnde l’est également à Rai-Breitenbach », conclut l’ingénieur. 

Or, si Jühnde a pu profiter des subsides de l’Etat prodigués dans le cadre du programme de recherche (environ deux millions d’euros), le village de Rai-Breitenbach n’a pas eu d’autre choix que de s’appuyer sur ses propres deniers. Première étape : convaincre les habitants du village de l’opportunité économique du projet, son coût total s’élevant à 3,5 millions d’euros. Le maire de la petite commune ne s’appesantit pas sur l’énergie qu’il a fallu déployer pour convaincre les 150 ménages… Toujours est-il qu’une coopérative a été créée, chaque ménage ayant versé 4500 euros – auxquels il a fallu ajouter les frais individuels de démontage des chaudières de fuel. Le Land de Hesse a participé à hauteur de 300 000 euros et le canton à 130 000 euros. Les 2,4 millions d’euros restant ont été financés via la Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW), le pendant allemand de la Caisse des dépôts.

Un projet politique

La coopérative engendre actuellement un chiffre d’affaires de 500 000 euros et fixe elle-même ses tarifs à l’énergie. Pour le moment, le prix du kilowatt/heure est fixé à 11 centimes – contre une moyenne nationale oscillant autour des 20 centimes. « Nous travaillons de manière neutre : nous ne voulons pas Plus d’infos »

Revue EcoRev’ : numéro spécial André Gorz « Penser l’après capitalisme »

Ecorev, communiqué, le 23 novembre 2009

Je ne dis pas que ces transformations radicales se réaliseront. Je dis seulement que, pour la première fois, nous pouvons vouloir qu’elles se réalisent. Les moyens en existent ainsi que les gens qui s’y emploient méthodiquement. » André Gorz (2007).

Il y a deux ans nous recevions le dernier texte de notre parrain André Gorz, seulement quelques jours avant que sa femme et lui ne nous quittent.

Le présent numéro d’EcoRev’ rend hommage à ce penseur de l’écologie politique et prend une forme particulière puisqu’il parait dix ans après notre premier numéro : Survivre au capitalisme. Mais ce n’est pas un hommage qui tenterait de sacraliser « une pensée gorzienne », c’est plutôt – dans un contexte de crises systémiques globales – une réflexion qui vient interroger et prolonger l’idée centrale de son dernier texte : La sortie du capitalisme a déjà commencé.

Ce numéro a également pour objet de montrer combien ses intuitions sont plus que jamais actuelles et capables de contribuer à la construction, certes complexe mais nécessaire, d’une écologie politique alternative au capitalisme.

Une revue ne vit que par ses abonnements, alors n’hésitez pas !

Penser l’après capitalisme avec André Gorz

Dossier coordonné par Anita Rozenholc et Emmanuel Dessendier

Editorial par la rédaction

Classique : Les limites de l’adaptabilité du capitalisme par Ernest Mendel

La sortie du capitalisme a bien commencé par Yann Moulier-Boutang

Transformation/révolution/transition revisitées au tranchant de l’écologie politique par Yann Moulier-Boutang

La crise de l’immatériel, la production entre pairs (P2P) et l’économie éthique à venir par Michel Bauwens

Pour une science écologique par Marc Robert

L’après consumerisme par Emmanuel Dessendier & Anita Rozenholc

Autoproduction et numérique par Daniel Kaplan/Rémi Sussan

De la transformation des modes de vie. Quartiers populaires et écologie par Élise Lowy

Changer de système de production par Plus d’infos »

Surfrider Foundation : Soirée cinéma mêlant glisse et écologie le 3 décembre à Bordeaux

Surfrider Foundation Europe – Gironde, communiqué, le 23 novembre 209

L’antenne Gironde de Surfrider Foundation Europe s’invite à nouveau au Cinéma Jean Eustache à Pessac (Gironde) en partenariat avec l’association Mandora (www.asso-mandora.com).

Jeudi 03 décembre 2009 à 20h00

L’antenne Gironde de Surfrider Foundation Europe se joint à l’association Mandora pour proposer une soirée cinéma mêlant glisse et écologie afin de sensibiliser à la nécessité de préserver notre environnement et notamment notre littoral.

Ugo Benghozi nous fera l’honneur de présenter 3 épisodes de la saga Riddim qu’il a réalisé (Maroc, Ecosse et Timor).

L’antenne Gironde de Surfrider a souhaité également inviter Pierre Troquereau artiste peintre bordelais qui nous présentera ses toiles sur le thème de la pollution (www.pierretroquereau.fr) et Jérémy Ferrara shaper qui exposera des planches uniques qu’il a réalisé entièrement à la main en utilisant différentes techniques de résines teintées (www.ferrara-surfboards.com)

Le tarif pour cette soirée est de 6 Euros par personne ou 5 Euros pour les personnes venues en vélo, tram ou bus !

En fin de soirée l’association Mandora vous convie à un apéritif qui vous permettra de rencontrer les bénévoles de l’antenne Gironde de Surfrider ainsi que les artistes présents, venez nombreux !

Plus d’infos : Plus d’infos »

Patrick Viveret : La démesure est au cœur de la crise systémique que nous traversons

bloguez.com, Patrick Viveret, le 23 novembre 2009

La démesure est au cœur de la crise systémique que nous traversons

Dans l’entretien qu’il a accepté de nous accorder, l’essayiste et militant altermondialiste Patrick Viveret revient sur la nature et les origines de la crise. Il insiste sur l’illégitimité de certaines rémunérations dans l’entreprise et sur la nécessité d’un débat autour de la redéfinition des indicateurs de richesse. Et surtout il évoque la question de l’institution, à l’échelle mondiale, de nouveaux rapports de pouvoir, à laquelle l’Europe, forte de son héritage historique, pourrait contribuer.

L’Elysée et le gouvernement expliquent aujourd’hui que la sortie de crise est proche et que la récession est dernière nous. Quelle a été, à votre sens, ici nature de cette crise et qu’a-t-elle révélé ? Peut-on aujourd’hui considérer que les racines du mai ont été traitées ?

Patrick Viveret : Absolument pas. La sortie de crise n’est pas du tout proche, même s’il y a des éléments conjoncturels de reprise. Il faut d’ailleurs mettre le mot reprise entre guillemets. Il convient en effet de regarder l’ensemble de la crise et de repérer ce qui la rend systémique, et identifier par conséquent ce qui est commun aussi bien à la crise écologique, qu’à la crise sociale ou à la crise financière. On observe des éléments structurels et aucun ne semble à court terme en voie d’amélioration. Prenons la crise écologique et les grands défis auxquels nous sommes confrontés : c’est bien sûr la question du dérèglement climatique qui est l’enjeu de la conférence de Copenhague. Ce sont aussi les risques sur la biodiversité. On évoque même des hypothèses de sixième grande extinction qui concernerait, cette fois, l’espèce humaine. Il faut rappeler que 2010 sera l’année de la biodiversité.
Or les évaluations qui ont été conduites montrent qu’en matière de biodiversité, on est très loin de remplir les objectifs qui avaient été fixés aux niveaux national et international. Ainsi la crise écologique est structurelle. Pour s’en sortir, il faudra assurément beaucoup plus que des mesures conjoncturelles. La crise sociale mondiale est due au creusement des inégalités qui conduisent, comme l’avait montré le programme des Nations unies pour le développement, à ce que trois personnes au monde aient le revenu cumulé des 48 pays les plus pauvres, que 225 personnes aient l’équivalent du revenu de 2 milliards et demi d’êtres humains. Cette crise sociale se trouve aussi à l’origine des crises alimentaires et atteint la substance même du vivre ensemble de la communauté humaine. Cette crise est structurelle et elle est loin d’être terminée, tout comme la crise financière.

En réalité, nous allons certainement vers des répliques — au sens sismique du terme — de ce qui s’est produit avec la crise des subprimes et la faillite de Lehman Brothers, dans la mesure où perdurent les éléments structurels qui ont conduit à cette crise, et en particulier le décalage entre l’économie spéculative et l’économie réelle. Un des anciens responsable de la banque centrale de Belgique, Bernard Liétaer, mettait en évidence que sur les 3 200 milliards de dollars qui s’échangeaient quotidiennement sur les marchés financiers, seulement 2,7 % correspondaient à des biens et des services effectifs, donc à de l’économie réelle. Le problème structurel auquel on est confronté est la sous-monétarisation dans l’économie réelle. Les chiffres du rapport du PNUD s’agissant des 2 milliards et demi d’êtres humains qui vivent avec 1 ou 2 dollars par jour, montrent bien que nous sommes dans une situation de sous-monétarisation. Même avec une théorie tout à fait classique de la monnaie, la monnaie est supposée faciliter l’échange et la création de richesses. Au plan économique, les capacités (les « capabilités » au sens de Aniartya Sen) de ces 2 milliards d’êtres humains se trouvent « stérilisées » par le fait que la monnaie en leur possession n’est pas à la hauteur de leur potentiel d’échanges et de richesses. Inversement, dans l’économie spéculative et dans le monde (les 225 personnes qui disposent de l’équivalent du revenu des 2 milliards et demi d’êtres humains, on assiste à un phénomène de sur-monétarisation.

Quel que soit leur degré de luxe, qui est pourtant élevé, ces personnes n’ont en effet pas la possibilité de recycler dans l’économie réelle des avoirs absolument colossaux. Le résultat, c’est l’économie spéculative qui tourne en boucle sur elle-même, et c’est l’hyper-inflation dans l’économie spéculative. Pour toutes ces raisons, la démesure est au coeur de la crise systémique que nous traversons. On est loin d’en avoir tiré toutes les conséquences. On le voit aussi avec Plus d’infos »

Flipo et Gaudillière : Inégalités écologiques, « croissance verte » et utopies technocratiques.

mediapart.fr, Fabrice Flipo, Jean-Paul Gaudillière, le 23 Novembre 2009

Première publication par Mouvements

Inégalités écologiques, « croissance verte » et utopies technocratiques.

Les auteurs de ce texte, tout en définissant la notion de « décroissance », déclinent trois priorités : reconnaître une « valeur » et non un prix à la nature ; redistribuer et réduire les inégalités tant celles sous-jacentes à la crise écologique que celle induites par les mesures imaginées pour y remédier ; relocaliser et resocialiser l’économie pour démocratiser les choix.

La crise écologique et financière oblige les décideurs à se pencher sur les scénarios de sortie de crise verte. Mais cette prise de conscience court le risque de s’arrêter à mi-chemin. « Capitalisme vert », « croissance verte », « keynésianisme vert » et « technologies propres » constituent autant de confortables mirages destinés à nous épargner les nécessaires remises en cause liées aux limites écologiques d’une planète aux ressources finies. La prise en compte conséquente de ces limites amène à aborder de front la question des inégalités écologiques et sociales et à changer les modes de production, de consommation et donc les modes de vie les plus prédateurs. Sans autre échappatoire, dans cette redistribution des richesses à opérer, que la redéfinition collective du sens de ces richesses elles-mêmes.

Grenelle de l’environnement, succès aux élections européennes, invitation des leaders écologistes à l’Élysée, débat (difficile) sur une loi créant une taxe carbone…L’écologie politique semble avoir gagné un statut nouveau sur la scène politique française. La crise écologique et la dégradation de notre environnement ont apparemment cessé d’exister comme cette chose dont il faut parler en fin de discours pour faire bonne mesure pour devenir un enjeu à propos duquel il est bon de réfléchir, voire même d’inventer des événements.

Cette nouvelle donne doit beaucoup à la conjonction des deux crises : la crise climatique et la crise financière. La visibilité de la première tient bien sûr à l’agenda des négociations internationales, aux discussions sur l’après Kyoto. Au-delà de la conjoncture, en matière de climat, tous les signaux sont en effet au rouge. Les organisations internationales, du GIEC aux grandes ONG environnementales en passant par le PNUD, multiplient les mises en garde sur l’accélération du réchauffement, sur l’ampleur de ses effets à relativement court terme, sur la vulnérabilité phénoménale des pays d’Afrique, d’Asie du Sud et d’Amérique Latine, sur les inégalités que le changement climatique va créer ou renforcer. Les médias européens et nord-américains relaient désormais le consensus des experts du climat sur la réalité du phénomène et font largement écho à la fonte des calottes glaciaires, aux migrations d’espèces ou encore aux nouvelles « guerres » de l’eau. Parallèlement, l’éclatement de la crise financière a rouvert un espace pour discuter des changements du capitalisme, du fonctionnement des marchés financiers, des effets « pervers » du déplacement de pouvoir vers l’actionnariat et les places boursières, des défauts de « l’auto-régulation » des marchés et du même coup signé le retour en grâce de l’intervention publique, ne serait-ce que pour sauver les banques et assurer la pérennité d’un régime d’accumulation (légèrement) amendé.

À gauche, cette conjonction des deux crises a paradoxalement des effets délétères. En rendant la question écologique plus visible et urgente, elle rend encore plus patente la difficulté à proposer des réponses autres que cosmétiques. La vivacité et surtout la nature des dénonciations venant tant du parti socialiste que de la gauche de la gauche d’un projet de taxe carbone présenté comme « anti-sociale » alors qu’il s’agit au contraire de le configurer pour en faire un outil liant redistribution et changement des façons de produire en a été un bien triste révélateur.

On n’aurait toutefois tort de considérer que les discours sur la sortie de crise « verte » ou le Green Deal ne sont que des temporaires, de simple effet de couverture médiatique grâce auxquels on découvre ces exotiques décroissants du midi de la France. Bénéficiant des acquis de l’expertise économico-climatique poursuivie depuis une dizaine d’années dans et autour du GIEC et des institutions en charge des politiques énergétiques, les propositions – voire les scénarios – liant réponse à la crise financière, re-régulation et investissements écologiques massifs tendent à faire référence, y compris du côté de la présidence américaine. Les registres varient, depuis la simple mise en avant d’un recours significatif aux sources d’énergie renouvelables dans le « bouquet » énergétique jusqu’à des argumentations plus fondamentales sur la nécessité d’une politique écologique globale faisant intervenir des transferts importants de ressources vers les pays du Sud. Dans un ouvrage récent, Lester Brown évoquait ainsi la perspective d’une « éco-écologie » Plus d’infos »

Aquitaine : Ça bouge dans le bio !

sudouest.com, Jacques Ripoche, le 24 Novembre 2009

AGRICULTURE. Le nombre de producteurs et la surface en bio augmentent, mais il reste encore du chemin à parcourir

Ça bouge dans le bio !

Ce mardi, la Chambre régionale d’agriculture d’Aquitaine consacre une session spécifiquement dédiée à l’agriculture biologique. Demain, dans les locaux du Conseil régional, à Bordeaux, Arbio, l’interprofession du bio, invite 1 700 gestionnaires de cuisines collectives à un grand « forum » sur l’introduction des produits bio dans les cantines, relativement aux prescriptions du Grenelle. Les ambitions sont élevées : 20 % des menus à l’horizon 2012 ! Aujourd’hui, on est encore (très) loin du compte. Malgré un taux de croissance à deux chiffres ces dernières années, le bio, avec 600 000 hectares cultivés, ne représente que 2,1 % de la surface agricole utilisée (SAU) en France, tandis que son chiffre d’affaires, 2,6 milliards d’euros, n’atteint guère que 1,7 % de la consommation agroalimentaire nationale.

Le mouvement s’accélère

Pour autant, les choses bougent. L’Aquitaine et Midi-Pyrénées, qui se rangent parmi les premières régions bio en France, enregistrent une progression significative : + 7,5 et + 7 % entre 2007 et 2008. L’Aquitaine, avec 28 000 hectares cultivés, compte aujourd’hui 1 125 producteurs certifiés (1 005 en 2007). Les chiffres 2009 ne sont pas encore arrêtés mais, fait notable, 130 exploitations nouvelles sont en cours de conversion.

« On sent bien que le mouvement s’accélère. Depuis quelques mois, chacune de nos réunions d’information fait le plein. On voit que la réflexion est installée dans les têtes », souligne Patrick Grizou, producteur en Lot-et-Garonne et président d’Arbio. Trois éléments, selon lui, concourent à l’intérêt que les « conventionnels » portent désormais au bio : « Il y a, bien sûr, l’effet crise. Mais il y a aussi les obligations de plus en plus contraignantes sur l’emploi des intrants qui aboutissent même parfois à des impasses techniques. Enfin, il faut considérer le fait que les agriculteurs intègrent de mieux en mieux la notion d’agriculture durable. »

Les 28 000 hectares bio en Aquitaine se décomposent en 11 000 hectares de fourrage, 9 000 hectares de céréales et d’oléoprotéagineux, 2 000 hectares de fruits et légumes, 4 000 hectares de vigne. « Le mouvement est particulièrement important sur la vigne », relève Jérôme Cinel, directeur d’Arbio : « Le nombre des producteurs indépendants convertis progresse régulièrement, mais le phénomène intéressant et nouveau réside dans l’implication des caves coopératives comme Landerrouat, Hauts de Gironde, Unimédoc, Mesterrieux. » Gwenaëlle Le Guillou, directrice du Syndicat des vignerons bio, confirme : « Nous sommes sur une progression moyenne annuelle de 20 % en surface. » En fruits et légumes, la production s’organise principalement autour de deux coopératives, Caspo et Biogaronne, à Port-Sainte-Marie (47). « Leur nombre d’adhérents aussi augmente, ce qui va les amener à créer prochainement des points de collecte », précise Jérôme Cinel.

Coordonner l’ensemble

Du côté des productions animales, une filière viande bio s’est récemment constituée Plus d’infos »

Alexandra Siarri, « l’inattendue » : Portrait de la N°2, peu connue et non encartée, de la liste Darcos (UMP)

sudouest.com, Julien Rousset, le 24 Novembre 2009

RÉGIONALES. Portrait de la numéro deux, peu connue et non encartée, de la liste Darcos (UMP)

Alexandra Siarri, « l’inattendue »

Elle est peu connue, et n’a sa carte dans aucun parti : Alexandra Siarri figurera, en Gironde, à la deuxième place de la liste UMP, entre Xavier Darcos, numéro un, et Nicolas Florian, numéro trois (1).

Une surprise ? Oui et non : il fallait, en vertu de la parité, une femme. Une femme bordelaise, pour représenter la ville-centre et Alain Juppé. Et une candidate jeune, pour incarner le renouveau dans une équipe dont les piliers sont plutôt… expérimentés – Xavier Darcos, ministre, Nicolas Florian, secrétaire départemental, Jean-Paul Garraud, député…

Une jeune élue bordelaise donc ? Le choix s’est vite orienté sur Alexandra Siarri, 37 ans, entrée en politique lors de la réélection, en 2008, d’Alain Juppé. Encore que la politique lui soit familière depuis l’enfance. « Ma famille compte beaucoup d’agriculteurs, de fibre gaulliste, qui se sont impliqués dans des mandats locaux. »

Internaute militante

À la mairie de Bordeaux, Alexandra Siarri est simple conseillère municipale déléguée, mais elle s’est bâtie une légitimité sur l’éco-habitat ou sur le développement durable. Et sur la forme, son sens du contact et son accent charentais, que certains prennent à tort pour un accent québécois, font mouche. Y compris parmi les opposants à la majorité municipale, qui saluent sa « pêche ». Dynamique, Alexandra Siarri l’est aussi sur le Net : elle a animé sur le web des croisades pour le boycott des fraises espagnoles, des annuaires papier, ou dénoncé dans un blog l’excès de marketing Nespresso…

C’est Alain Juppé qui a proposé son nom pour la deuxième place de la liste UMP. L’info a été rendue publique ce week-end, et, depuis, c’est l’emballement. « Mon portable ne cesse de sonner », confiait hier la candidate, dont la désignation devra toutefois être validée officiellement samedi par le conseil national du parti. Et si elle l’a eu au téléphone, Alexandra Siarri n’a pas encore rencontré son coéquipier Darcos. « Tout va se mettre en place : l’équipe, le projet, les thèmes de chacun… »

À la CUB comme Marie Bové

Ses envies la portent vers « l’aménagement du territoire », la « recherche », et le développement durable, dans une approche plus globale que la simple défense de l’environnement : « Le développement durable, c’est Plus d’infos »

Sandrine Mathy du Réseau Action Climat : Lobbyiste du climat

terra-economica.info, Benjamin Bonneau, étudiant au CFPJ (Centre de formation professionnelle des journalistes), le 22 novembre 2009

Lobbyiste du climat

A 35 ans, Sandrine Mathy a déjà un emploi du temps de ministre, qu’elle partage entre son travail de chercheuse au CNRS et la présidence du Réseau Action Climat (RAC). A quelques jours du sommet de Copenhague, rencontre avec l’une des lobbyistes françaises les plus compétentes sur le sujet.

Militante ? « Oui, c’est un sacerdoce, mais ça donne du sens à ma vie. » Sandrine Malthy, chercheuse en économie de l’environnement, tient les rennes du Réseau Action Climat (RAC) depuis 2006, un collectif d’associations qui fait référence en matière de lutte contre le changement climatique. Être née en 1974, au lendemain du second choc pétrolier, prédestine-t-il à acquérir très vite des réflexes verts ? « Éteindre la lumière quand on sort de la pièce ou couper l’eau pendant que l’on se brosse les dents ? » : Sandrine Malthy en rit comme pour rejeter tout héritage familial. Tout juste consent-elle à rappeler, sourire au coin, que son papa « fait son jardin depuis toujours » et qu’il « ne met ni engrais ni pesticides ». Un peu juste pour se forger une conscience verte. C’est donc seule que sa destinée de militante écologiste s’est forgée.

Au cours de ses études d’ingénieur, elle rejoint l’Inde. Ce voyage « confirme une sensibilité déjà présente. Étudiante, je travaillais déjà bénévolement pour Ingénieurs sans frontières. Cela m’a permis de me poser des questions sur le monde dans lequel on vit. » A la fin de ses études, c’est l’heure des choix : « Si j’étais partie bosser dans le privé, je n’aurais jamais obtenu les réponses à mes préoccupations de militante. Du coup, comme les problématiques environnementales sont étroitement liées au secteur économique, je me suis lancée dans l’éco. » Une thèse sur l’intégration des pays en développement dans les politiques climatiques, un poste de chargée de recherche au CNRS en économie de l’environnement au CIRED (Centre International de Recherche en Environnement et Développement), de multiples publications et colloques : sa route est tracée. Enfin presque. En 2006, en acceptant la présidence du RAC, la vie de la jeune femme bascule.

Pas intimidée par Sarkozy

Depuis, Sandrine Mathy, mère d’un garçon de sept ans, a mis sa vie privée entre parenthèses. « Le gros problème est apparu lors du Grenelle de l’environnement où le RAC coordonnait l’action des ONG sur le thème du climat, avoue-t-elle. Cela a été très compliqué au niveau personnel. Mais je m’étais engagée, je devais assumer. Les gens attendaient des choses de moi et il ne fallait pas les décevoir. Depuis, je pose un peu plus de limites… » Mais se profile déjà la Conférence sur le climat de Copenhague. C’est plus fort qu’elle. Elle ira, dit-elle. Pour sentir l’ambiance. Seulement ?

Avec sa tignasse rousse, ses yeux pétillants et sa tenue décontractée, Sandrine Mathy ne passe pas inaperçue. Quand elle prend la parole, elle est de celles que l’on écoute. Avec un CV long comme le bras en guise de caution, la jeune femme n’a peur de rien, ni de personne. Beaucoup disent s’être sentis intimidés face à Nicolas Sarkozy. Pas elle. « Je l’ai vu souvent. Je le trouve hautain et agressif, mais cela ne m’a jamais empêchée de lui dire ce que j’avais à lui dire, notamment sur son paquet énergie-climat, dont il n’y avait pas de quoi se vanter… » La franchise est sa vertu cardinale. On la croit sur parole. « Mais je manque parfois d’assurance. » Là, on ne la croit plus. L’un des administrateurs du RAC confirme pourtant : « Elle a parfois du mal à se mettre en avant, à être proactive, mais elle s’est nettement améliorée depuis le Grenelle. »

Stop ou encore ?

La jeune femme ne rejette pas l’idée d’une éventuelle entrée en politique, . « Si Plus d’infos »

AG de Vive la forêt : Mer et bois sous haute surveillance

sudouest.com, Céline Diai, le 23 Novembre 2009

VIVE LA FORÊT. L’association a tenu son assemblée générale, hier matin à Lacanau, en présence de 90 adhérents. Les débats ont été plus calmes que l’année dernière

Mer et bois sous haute surveillance

L’association de défense du massif forestier et du littoral girondin a fêté cette année ses 20 ans. « Le combat reste permanent », explique sa présidente, Dominique Gisson. « Nous avons toujours autant de difficultés à être intégrés aux projets des collectivités locales. » Dimanche, l’absence des maires de Lacanau, d’Hourtin et de Soulac-sur Mer a été particulièrement remarquée. Conséquence directe : les débats, qui ont suivi l’adoption du rapport moral et du budget, ont été beaucoup moins houleux que l’année passée. Voici les principaux points abordés, commune par commune.

1 Carcans : un permis de construire non gratta

L’association a déposé un recours gracieux « il y a une quinzaine de jours » contre le permis modificatif délivré à la SARL Océan Panoramic, par la mairie. « Le site est situé dans une zone du lac classée de Carcans-Hourtin. Une résidence de tourisme est en projet. Nous avons appris l’existence de ce permis que très récemment. »

2 Hourtin : mezza voce sur la création de port

Vive la forêt est préoccupée par la création d’un port de 330 anneaux sur plus de 3 hectares et demi par creusement et agrandissement du lac classé, près de l’ancien Centre de formation de la marine (CFM). Une enquête publique a déjà eu lieu et un avis favorable a été rendu. Dominique Gisson rappelle pourtant « qu’il y avait de nombreuses réserves au projet sur ce site classé. La décision reviendra au ministre de l’Environnement qui seul peut autoriser un tel projet sur un site classé. » La présidente a toutefois dressé un bon point au projet de réserve naturelle entre le lac et l’océan sur 2 000 hectares.

3 Les dossiers chauds de Lacanau

Les dossiers chauds sont nombreux. Vive la forêt s’inquiète de la construction d’une résidence de tourisme sur la plage du Moutchic. Le projet, porté par la société Inaphis, est présenté comme écologique. Le permis de construire a déjà été accordé, sans que l’association n’ait eu son mot à dire. Résultat, Vive la forêt a déposé un recours gracieux en mairie, demandant l’annulation de ce permis « modificatif ». « Aucun projet écologique ne peut être implanté sur un site sensible. »

Autre cheval de bataille, les deux projets immobiliers du Huga et Talaris, qui mettent en péril l’espace boisé et le littoral.

4 Au Porge : associée ou non au PLU ?

L’association regrette de ne pas être associée à l’élaboration du plan local d’urbanisme (PLU) de la commune. Le maire, Plus d’infos »

L’association Taca teste une méthode pour calculer le bilan carbone des familles

sudouest.com, Gilles Guitton, le 23 Novembre 2009

BÈGLES. L’association Taca teste une méthode pour calculer le bilan carbone des familles

A chacun son carbone

Il n’y a pas foule en ce samedi, à la bibliothèque de Bègles, au rendez-vous proposé par l’association Taca (pour taxe carbone). Du coup, Jean Sireyjol, son président, a tout le temps d’expliquer comment on calcule son propre bilan carbone domestique. C’est à cela que sont conviés les participants : objectif Copenhague, bien sûr.

Impossible de résumer ici la méthode, mise au point par Jean-Marc Jancovici, cet expert en réchauffement climatique, co-auteur du « bilan carbone » de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). L’exercice révèle quelques surprises. Un des testeurs, pourtant écolo, mesure ainsi qu’habiter seul dans une maison de 180 mètres carrés, c’est très mauvais. En revanche, tel autre, qui partage 35 mètres carrés à deux, « chauffé par les voisins » peu économes en calories, va voir sa note carbonique s’élever « grave » dans sa future échoppe. Vivons petit…

Jean Sireyjol, qui a fait le calcul pour son couple, a renoncé à aller visiter leur fille au Brésil : catastrophique pour son bilan. Plus d’avion : « Ça change aussi toutes nos destinations de vacances. » La peur de l’avion résout le problème. Vivons proche plutôt que lointain. Qu’est-ce qui ne va pas ? La viande rouge, à cause notamment du méthane produit par les vaches. « Mais il faut quand même des vaches pour le lait, non ? », objecte un des testés.

Concerner tout le monde

Et les tomates, tiens : « Acheter un kilo de tomates produites sous serre, c’est comme consommer un litre d’essence. » Haro sur le raisin d’Italie. « Mais pourquoi c’est moins cher ? » s’indigne un testé : « Il faut des taxes aux frontières. » Taca a une autre logique : « Que ce soit de Provence ou d’Italie, c’est presque pareil. Il faut taxer le carbone, mais avec redistribution. »

Au rayon vins, le bilan inclut la production du verre, et les transports. Buvons en Bordelais (il y a pire !) et en vrac… Même l’eau minérale est très chère en gaz à effets de serre. Il faut aussi économiser sur l’ordinateur ou l’électroménager. Ce qui n’empêche pas Taca d’être très actif sur Internet : on peut faire son bilan carbone à partir de son site (1). Il faut ses factures de gaz et d’électricité, son kilométrage, et une estimation de ce que l’on consomme en produits alimentaires, vêtements et chaussures… Moyennant quoi, « on sait où on peut agir individuellement ».

Car le président de Taca, qui milite pour que les communes proposent ces bilans à leurs administrés, est convaincu d’une chose : « Il faut bien sûr que les entreprises et les politiques réduisent. Mais si on veut diminuer par quatre, les émissions de gaz à effet de serre, il faut que Plus d’infos »

Ligne grande vitesse en 33, 40, 47 et 64 : le tracé se précise [Téléchargez les trajets]

sudouest.com, Bruno Béziat, le 23 Novembre 2009

TRANSPORTS. Alors qu’au nord de Bordeaux, le tracé est déjà connu, les fuseaux de 1 000 mètres viennent d’être présentés au sud. Un seul sera bientôt choisi

Ligne grande vitesse : le tracé se précise [Téléchargez les trajets]

Au sud de Bordeaux, l’étau de la future ligne LGV se resserre. Les élus concernés par le tracé entre Bordeaux et Toulouse ou Bordeaux et l’Espagne ont pu découvrir la semaine dernière les hypothèses de fuseaux de 1 000 mètres de large. « Sud Ouest » les présente à partir d’aujourd’hui en exclusivité à ses lecteurs.

Des fuseaux plus précis

La carte que nous publions ne donne certes qu’un aperçu très schématique de ces futurs tracés au sud de Bordeaux. Cependant, les personnes concernées par le passage de cette ligne LGV pourront examiner demain dans leur journal une carte bien plus précise de leur département (Gironde, Lot-et-Garonne, Landes et Pyrénées-Atlantiques), avec le dessin des fuseaux possibles sur les communes traversées.

Si RFF (Réseau ferré de France) a choisi de rendre publiques ces hypothèses de fuseaux, c’est que l’une d’elles sera bientôt choisie par des comités de territoire, puis par un comité de pilotage qui réunit des représentants de l’État, de RFF et des deux régions (Aquitaine et Midi-Pyrénées). Verdict le 11 janvier de l’année prochaine. Mais il n’y aura probablement pas de grandes surprises. La concertation menée durant l’année écoulée a souvent permis de dégager quelques tendances. Ainsi, pour aller de la Gironde à Agen, l’hypothèse qui tient la corde est celle du passage au sud, moins coûteuse, et non pas d’une ligne qui suivrait l’actuelle autoroute et voie de chemin de fer.

Des choix délicats

Le choix de ce fuseau de 1 000 mètres est une étape d’autant plus importante qu’elle détermine l’emplacement du tracé final dans le dernier fuseau de 500 mètres établi un an après.

Au début du mois de janvier, il ne restera en fait qu’une quarantaine de kilomètres incertains, sur les 430 kilomètres de lignes nouvelles au sud de Bordeaux. « Des secteurs où l’on va conserver deux ou trois hypothèses de fuseaux de 1 000 mètres parce qu’il est impossible de trancher tout de suite », précise Christian Maudet, chef de mission à RFF.

Cette indécision sera liée au niveau de contestation dans certaines zones, particulièrement au sud de la Gironde, vers Captieux, ou entre Bayonne et l’Espagne. Une manifestation a ainsi rassemblé pas moins de 10 000 personnes au Pays basque il y a trois semaines. Du jamais-vu. RFF propose déjà une traversée du secteur avec une ligne enterrée à 60 %, et pourrait bien laisser planer le doute quelque temps encore sur le choix définitif des fuseaux de 1 000 mètres parmi ses différentes hypothèses. C’est aussi pour cette raison que les lignes potentielles se divisent autour de Captieux, afin de laisser des portes ouvertes à la discussion.

Mais la difficulté du choix d’un fuseau peut également s’expliquer lorsque Plus d’infos »

Aux Etats-Unis, la « Transition » prépare l’après-pétrole

lemonde.fr, Grégoire Allix, le 21 novembre 2009

Aux Etats-Unis, la « Transition » prépare l’après-pétrole

Boulder (Colorado) Envoyé spécial

Au beau milieu des Etats-Unis, l’après-pétrole a commencé. Au pays de l’essence pas chère et de la négation du réchauffement, des groupes de citoyens se sont donné pour mission d’aider les communautés américaines à se préparer à la double échéance de la fin du pétrole et du changement climatique. Leur mouvement a un nom : la Transition. Son cœur bat à Boulder, dans l’Etat du Colorado (Etats-Unis), une enclave libérale et progressiste de 100 000 habitants au sein de montagnes Rocheuses, réputées très conservatrices.

Tous les mercredis, on se bouscule sur le marché fermier de Boulder – une curiosité en soi au royaume du centre commercial. Entre les étals de fruits et légumes des agriculteurs bio, les militants de la Transition distribuent leurs tracts. « L’agriculture industrielle, fondée sur des carburants bon marché, va s’effondrer« , prédit Michael Brownlee, chef de file du mouvement aux Etats-Unis. « Tout notre mode de vie est condamné. C’est très dur à entendre pour les Américains, élevés dans l’idée qu’ils le méritent. »

Fondé par Rob Hopkins, le mouvement de la Transition a pris corps en 2006 à Totnes, petite ville anglaise de 8 000 habitants, avant d’essaimer dans le monde entier. Ses militants ont un but : rendre leurs villes résilientes avant le chaos qui s’annonce, par la quête de l’autarcie énergétique et alimentaire. Avec une conviction : c’est l’opportunité pour l’humanité de construire un monde meilleur. Et un credo : la relocalisation de toutes les productions.

Formé par les fondateurs du mouvement à Totnes, Michael Brownlee, ancien journaliste, a créé à Boulder, en 2008, la première initiative américaine de la Transition. Depuis, l’association locale, qui emploie trois salariés, a mué en centre de formation de nouveaux groupes dans tout le pays et accouché d’un Transition Colorado, puis d’un Transition US. En un an, quarante initiatives ont vu le jour aux Etats-Unis.

« 80 % de notre travail est centré sur l’agriculture locale, c’est le levier le plus efficace à court terme, ce dans quoi les gens peuvent le plus facilement s’engager« , explique M. Brownlee. « 1 % seulement de notre nourriture est produite à l’intérieur du comté, or ses habitants dépensent 650 millions de dollars par an pour l’alimentation. Il y aurait là de quoi sauver notre économie ! » Les groupes créent des potagers communautaires, encouragent l’installation d’agriculteurs bio par des systèmes d’abonnement proches de ceux des Associations de maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) en France.

Au sein d’une nation où le sens de la communauté et du lobbying ne sont pas des vains mots, le message passe. Soixante-quinze restaurants du comté affichent leur engagement à privilégier les produits locaux. Même les supermarchés mettent en valeur sur leurs rayons la production de la région. « La Transition ne doit pas juste être un groupe de gens dans leur coin. Il faut engager toute la communauté pour avoir une chance de réussir », explique M. Brownlee.

Le comté de Boulder soutient et finance le mouvement. La collectivité a créé un Plus d’infos »

CURUMA et pointe du Médoc : Des actions en faveur des zones humides

sudouest.com, MC, le  21 Novembre 2009

Des actions en faveur des zones humides

L’association Curuma, née en 1993, veut sensibiliser le public aux enjeux de la préservation des zones humides de la Pointe du Médoc. Bertrand Iung assure la présidence de l’association qui emploie cinq salariés à temps complet. Les activités de Curuma se sont diversifiées au cours des années grâce aux partenariats développés au titre de la gestion d’espaces naturels et à la participation à plusieurs études menées par les collectivités locales.

Projets territoriaux

En 2009, Curuma a déjà participé à trois réunions du Conseil de développement du port de Bordeaux, aux travaux du Sage Estuaire de la Gironde, au Docobs Natura 2000, aux travaux des groupes techniques sur le Parc naturel marin aux consultations préalables sur le futur Parc naturel régional Médoc, au schéma de préservation de zones humides de la Gironde, au comité de pilotage du plan de gestion de la zone industrialo-portuaire du Verdon. Toujours en 2009, Curuma a aussi réalisé des actions plus locales. La quatrième phase du plan de gestion du Marais du Logit mené en partenariat avec la mairie du Verdon a porté sur le pâturage, l’installation de structures de sécurisation pour le public, des travaux hydrauliques, la validation de bioindicateurs, la mise en place d’un sentier de découverte, l’installation de panneaux sur le parking.

Sur le Marais du conseiller, troisième année du plan de gestion en partenariat avec le port de Bordeaux et dossier « espaces naturels sensibles » avec le Conseil général. Enfin, avec la Fondation Nicolas Hulot, l’EDF délégation régionale et la Fondation nature et découverte, via « Les saisons du marais », Curuma sensibilise les élus et les techniciens communaux à l’amélioration des pratiques.

La sensibilisation du public a touché 3 254 personnes en 2009 : sentiers de découverte, animations scolaires, balades découvertes sur les espaces naturels sensibles, visites guidées tout public sur des thèmes précis (histoire, faune, flore…), circuit « patrimoine », découverte du milieu dunaire, etc. L’association organise aussi des jeux de piste, des conférences,…

L’attribution du label CPIE Médoc en 2009 lui confère Plus d’infos »

La Société Générale tire la sonnette d’alarme : nouvelle chute des marchés, inflation galopante et forte chute du dollar

lefigaro.fr, NC, le 20 novembre 2009

La Société Générale tire la sonnette d’alarme

Dans un rapport adressé à ses clients, la banque française les appelle à dessiner une stratégie d’investissements de défense afin de se préparer à l’explosion éventuelle de nouvelles bulles financières.

Le pire pourrait être devant nous. C’est une des hypothèses qui ressortent d’un rapport de la Société Générale, intitulé « le pire scénario de la dette», selon lequel les récents plans de sauvetage mis en place par les gouvernements mondiaux ont simplement transféré des passifs du secteur privé au secteur public, créant une nouvelle série de problèmes. Premier d’entre eux, le déficit. «Le niveau de la dette paraît tout à fait insoutenable à long terme. Nous avons pratiquement atteint un point de non retour en ce qui concerne la dette publique», précise le rapport de 68 pages.

L’endettement global est beaucoup trop élevé dans la plupart des économies des pays développés, par rapport à leur PIB. Aux Etats-Unis et dans l’UE, la dette publique représentera ainsi 125 % du PIB dans deux ans. Au Royaume-Uni, elle s’élèvera à 105 % et au Japon, à 270 %. Le problème de la dette sous-jacente est plus important qu’il n’était après la seconde Guerre Mondiale, alors que les taux nominaux étaient similaires. Sauf que cette fois-ci, les gouvernements seront pris à la gorge, le vieillissement de la population rendant plus difficile qu’auparavant l’effacement de cette dette avec la croissance. Les pays émergents ne seraient pas non plus épargnés, même si leur marge de manœuvre sera plus importante qu’au sein des grandes économies occidentales.

Parmi les pires scénarios envisagés, le rapport évoque une nouvelle chute des marchés, une inflation galopante ainsi qu’une forte chute du dollar. Or quand la crise bat son plein, tout le monde se retourne vers la valeur refuge par excellence, l’or. Dans ce contexte, le prix du métal jaune atteindrait des sommets jamais vus. En plus du métal jaune, le rapport table qu’une autre valeur refuge devrait tirer son épingle du jeu, les denrées alimentaires. A contrario, la banque conseille de se désengager du dollar et des valeurs cycliques, telles que les technologiques ou celles liées au secteur de Plus d’infos »

Entretien avec Antoine Waechter: « Ni droite, ni gauche, une nouvelle pensée globale ! »

« Ni droite, ni gauche, une nouvelle pensée globale ! » (entretien avec Antoine Waechter)

europamaxima.com, Maximilien Malirois, le  22 novembre 2009

Conseiller municipal de Fulleren (Alsace), Antoine Waechter est le président-fondateur du M.E.I. (Mouvement écologiste indépendant). Il a été président de la Commission du développement régional d’aménagement du territoire du Parlement européen en tant que député européen de juillet 1989 à décembre 1991. Candidat écologiste à l’élection présidentielle de 1988 (3,77 %, soit 1 149 897 voix), il a voulu être candidat à l’élection présidentielle de 2002, mais il n’a pu obtenir que 152 parrainages sur un minimum obligatoire de 500.

Antoine Waechter est l’auteur de plusieurs ouvrages, entre autres : Vosges vivantes, avec Daniel Daske (Éditions S.A.E.P., 1972), Animaux d’Alsace, avec Daniel Daske (Éditions Mars et Mercure, 1974) et Dessine-moi une planète. L’écologie, maintenant ou jamais (Albin Michel, 1990).

L’Esprit européen : Pouvez-vous, Monsieur Waechter, présenter brièvement le Mouvement écologiste indépendant ?

Antoine Waechter : Le Mouvement écologiste indépendant est né d’un éclatement des Verts en 1994, lorsque la Gauche prit le pouvoir au sein de cette organisation. Ses animateurs sont des écologistes historiques, qui ont créé l’écologie politique en France en 1973-74.

Le Mouvement écologiste indépendant défend un écologisme affranchi des pensées libérales et socialistes, avec l’ambition de promouvoir une société capable de privilégier la Vie avant toutes autres considérations.

L’E.E. : Dans votre livre Dessine-moi une planète. L’écologie, maintenant ou jamais, vous écrivez que « les références de la pensée écologiste n’ont aucune parenté avec le socialisme ou avec le libéralisme économique, dont les partisans ont en commun la même foi dans les capacités inépuisables de la planète et dans un progrès technologique salvateur, la même adhésion à un économisme dominant et à une conception matérialiste du bonheur, la même quête de puissance ». La pensée écologiste est-elle la théorie du XXIe siècle ?

A.W. : La pensée écologiste est, en effet, au XXIe siècle ce qu’est la pensée socialiste au XIXe siècle et le libéralisme économique au XXe siècle.

L’E.E. : En quoi votre vision de l’écologie diffère-t-elle de celle des partis Verts européens dont certains participent à l’action gouvernementale ?

A.W. : La majorité des partis Verts est culturellement à Gauche : ce parti réduit l’écologisme à sa dimension environnementale, considère qu’il est plus important de devenir ministre que de convaincre l’opinion publique, privilégie les conflits sociaux au détriment d’une recherche d’adhésion majoritaire de l’opinion, et rêve de construire une troisième Gauche.

Notre priorité est de diffuser une culture (sensibilité) écologiste, de convaincre tous les citoyens, que leur origine soit de Droite ou de Gauche, de donner une traduction politique à cette culture, en privilégiant le vivant et la non violence, en refusant les manichéismes. Notre ambition est de